Durant notre séjour à Chachapoyas, nous n’avons pas arrêté d’entendre parler de Cajamarca comme étant The place to be dans le nord du Pérou. Après quelques hésitations, nous avons décidé d’aller jeter un coup d’œil pour voir de quoi il en retournait.

Cajamarca, à la découverte de nouvelles saveurs

Cajamarca est une ville de 153 466 habitants avec une jolie plaza des armas et une ambiance plutôt sympathique et décontractée pour une ville de cette taille.

plaza de armas cajamarca

En flânant quelques minutes dans la ville, on découvre assez vite les spécialités locales que sont le fromage, le manjar nature ou aromatisés aux fruits (sorte de confiture de lait) et aussi le chocolat (attention, on prévient les amateurs qu’il s’agit de chocolat pur genre 99 %, impossible à croquer tel quel).

Impossible d’y échapper les échoppes se suivent et lorsqu’il n’y a pas de boutiques formelles, ce sont les vendeuses de rues qui vous proposent ces mets.

Nous n’avons pas pu résister à un tel déballage et en bons français, notre curiosité a été piquée au vif lorsqu’il s’agit de fromage. Nous en avons donc testé deux, un « typo suizo », crémeux et un à pâte dur fumé.

Résultat : Ils sont dans le top des fromages que l’on a mangé depuis le début de notre voyage en Amérique latine mais ils sont très loin d’égaler leurs homologues français, suisses ou italiens.

Dans les restaurants, une autre spécialité nous attend, il s’agit du Cuy (cochon d’inde). J’ai testé pour vous une patte de Cuy. Mon verdict, ça casse pas trois pattes à un canard, visuellement pas terrible et gustativement un peu fade (entre le poulet et le lapin).

Patte de Cuy et patate "picante"
Patte de Cuy et patate « picante »

La ville comporte également un petit marché couvert non loin de la plaza des armas où nous avons vite pris l’habitude de prendre notre petit déjeuner. C’est là qu’en tant que cafeinomane, j’ai fait une découverte saisissante sur la manière de servir le café au Pérou.

Non ! On ne t’apporte pas ton café tout prêt et tu ne retrouves pas non plus ton eau chaude accompagnée d’un petit sachet de granulé (qui n’augure rien de bon pour un fan de café).

Au Pérou, le café est généralement servi comme suit : un tasse d’eau chaude accompagnée d’un flacon contenant de l’extrait de café. En mélangeant les deux, cela te permet d’avoir un café doux ou corsé, à ton goût.

Complètement fascinée (oui il en faut peu), je demande à la serveuse où elle se procure cet extrait. En fait, cela ne s’achète pas, il est préparé par les restaurants ou les échoppes.
C’est aussi au marché que je rencontrerais deux péruviens, l’un vend des légumes, l’autre est artiste. Nous discuterons de tout et de rien pendant un petit moment avant d’immortaliser cela comme il se doit. Les marchés sont des lieux idéaux pour sentir le pouls d’une ville, découvrir des saveurs inconnues et provoquer des rencontres.

Les alentours de la ville ne manquent pas de charme non plus et il y a quelques curiosités archéologiques à découvrir.

Banos del Inca, une relaxation historique

Pour commencer en douceur, rendez vous au Banos del Inca. Les péruviens sont fous d’eaux thermales et d’autant plus quand elles ont un rapport avec les incas. Nous décidons donc d’aller étudier de plus près cet endroit dont on nous vante tellement les mérites.

Les Banos del Inca sont des sources d’eau chaude qui ont été aménagées du temps des Incas. Le célèbre Atahualpa (un des derniers empereurs Inca) les a longuement fréquenté en son temps avant d’être capturé puis tué par Pizarro (après l’avoir largement rançonné…).

bassin eaux chaudes cajamarca
Les bassins extérieurs, beaucoup trop chauds pour s’y baigner, sauf pour une espèce de crevette mutante qui résiste à des températures extrêmes

Aujourd’hui, des installations modernes côtoient les anciennes et permettent pour 20 soles de louer une piscine privée pendant 30 minutes (il n’est pas conseillé d’y rester plus longtemps).

En ce jour pluvieux et froid, rien de tel pour nous revigorer.

L’ambiance y est très familiale et conviviale. Apparemment je ne passe pas inaperçue, un péruvien me saute dessus pour me demander s’il peut me prendre en photo avec son fils. Pas le temps de dire oui, la photo est dans le téléphone. Après leur départ, je me dis que c’est bien la première fois qu’un inconnu total souhaite me photographier et il a fallu qu’il choisisse le jour où j’étais complètement cramée par le soleil, en mode mue reptilienne.

Bref, j’ai une photo de moi horrible qui circule désormais au Pérou.

Cumbe Mayo, créativité naturelle et ingéniosité humaine

Une forêt de pierre ancestrale, lieu de rites sacrés et de prouesses d’ingénierie hydraulique à la fois et tout ça bien avant les incas : c’est Cumbe Mayo.

Cumbe Mayo est un site naturel remarquable. Ses formations rocheuses, érodées au cours des millénaires forment un paysage spectaculaire. Cette beauté n’a pas échappé aux civilisations pré-incas de la région qui en ont fait un lieu de rite comme en témoignent les quelques dessins retrouvés sur des parois.

cumbe mayo pierre
Vue sur la « forêt de pierre » de Cumbe Mayo

Ces grandes roches cachent aussi un autre trésor : une source d’eau.

Cette eau était précieuse pour les populations aux alentours, mais restait la question de l’acheminement. Et bien figurez vous qu’à une époque (1500 avant Jésus Christ) où les outils en fer n’existaient pas encore, cette population a su construire un canal sur plus de 20 km en creusant dans la roche avec de la pierre. C’est difficilement compréhensible lorsque l’on voit la régularité du creusé du canal. Et pourtant ! Cette construction fait partie des plus anciennes recensées en Amérique du Sud.

Ce site nous a également surpris par sa gestion touristique. Les lieux sont une propriété privée mais les droits d’entrée vont dans les poches de l’état péruvien. Seule compensation pour le propriétaire, il touche un salaire mensuel. Il semblerait que les habitants des villages autour ne profitent pas beaucoup des revenus de ce site. C’est difficile à vérifier mais en tout cas c’est le sentiment du guide. Sur le chemin, vous verrez de nombreux vendeurs tentant de gagner leur vie comme ils le peuvent. De nombreux enfants posent avec une brebis à la main en échange de quelques soles, ma naïveté m’a fait déclencher avant de réaliser la mise en scène. Si ce sont des adultes cela ne me dérange pas qu’ils tentent de gagner leur vie de cette manière mais pour les enfants c’est autre chose.

Le guide est assez remonté contre les politiciens qu’il accuse de ne prendre en considération que leurs intérêts personnels. Il pense que les revenus générés par le tourisme dans le nord du Pérou servent exclusivement à développer celui du Sud car les politiciens y ont des business.

Autre combat de la région, les mines. Depuis des années, des mines extrêmement polluantes ont défiguré et pollué les environs de Cajamarca. Ces entreprises sont étrangères, le personnel aussi et peu de retombées pour la population si ce n’est d’avoir un grave problème d’eau contaminée.

Otuzco, un drôle de cimetière

Dans notre précédent article sur Chachapoyas, nous vous avions parlé des cimetières à flanc de falaise. Autour de Cajamarca, on retrouve également de drôles de sanctuaires. A Otuzco, la roche a été creusée de manière à disposer les défunts. Chaque niche s’appelle une ventanilla, elle peut être simple ou complexe. Ces enterrements remontent à l’époque entre 1130 avant Jésus christ et 1240 après.

Nous avons d’ailleurs fait une compilation de cimetières qui nous ont étonné autour du monde. Ces endroits si révélateurs de notre rapport à la mort et aux anciens.

cimetière ventanillas d'Otuzco
Vue d’ensemble des ventanillas d’Otuzco

En conclusion, même si Cajamarca ne bénéficie pas de sites exceptionnels en comparaison d’autres régions du Pérou, nous avons beaucoup aimé nos découvertes et l’ambiance de cette ville qui sent bon l’authenticité.

Infos pratiques :

 

cajamarca
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Se rendre à Cajamarca à partir de Chachapoyas

10-12h de bus en principe (voir notre péripétie routière à ce sujet).

Hébergement Cajamarca

Hostal Jusovi, 637 Amazonas. 60 soles pour une chambre privée avec salle de bain, eau chaude et Wifi.

Se rendre aux Banos del Inca

Prendre un combi à partir du centre ville. Pour une piscine privée, il vous en coûtera 20 soles pour 30 minutes.

Se rendre à Otuzco

Il est possible de prendre un tour qui combine Otuzco et une visite sur un autre site. Sinon prendre un combi à partir du centre ville (1 sol aller). Entrée d’Otuzco : 10 soles. Si vous souhaitez des compléments d’information, vous pouvez prendre un guide sur place. Des enfants proposent aussi leur service mais l’accepter ce serait les inciter à ne pas aller à l’école.

Se rendre à Cumbe Mayo

Il y a l’option pied, il faut environ 5h de Cajamarca mais les alentours ne sont pas si beaux. Il y a beaucoup d’érosion sur les montagnes. Sinon vous pouvez prendre un tour d’une demi-journée. Vous pourrez alors profiter des explications d’un guide. Excursion aux environs de 18 soles (dépend de la saison).

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