Chiloé une architecture entre terre et mer 2


Chiloé ou plutôt les îles de Chiloé puisqu’il s’agit d’un archipel sont définitivement un incontournable d’un voyage au Chili. D’une part car l’ile principale est la deuxième ile la plus importante du continent sud américain et d’autre part car sa richesse culturelle ne manquera pas de vous étonner.

Légendes, traditions populaires, gastronomie, architecture rien n’est laissé au hasard pour un dépaysement garanti.

Penchons nous dans cet article sur l’architecture chilote et ses spécificités.

Les églises chilotes, une tradition architecturale entre terre et mer

Chiloé est connue à travers le monde pour ses églises en bois, uniques en leur genre en Amérique latine. l’Unesco ne s’y est pas trompé puisque depuis 2000, 16 d’entre elles sont inscrites au patrimoine mondial. Label qui permet d’avoir une attention toute particulière sur leur restauration et conservation tant du point de vue du bâti que des coutumes populaires qui y sont attachées.

Castro église

Eglise de Castro

Un metissage historique capable de prouesses

Ces constructions démarrèrent au XVIIème siècle avec l’arrivée des jésuites sur l’île. Le bois étant le matériau le plus abondant à disposition, c’est tout naturellement qu’il a été choisi pour bâtir ces nombreux édifices. A l’origine, c’est une espèce de cyprès, l’alcerce, qui était l’essence de prédilection. Aujourd’hui ce bois noble tout comme le mañío, pellín, raulí et coiguese se fait plus rare.

Tsunami chiloé

Le calme du lieu ne laisserait pas présager le risque de tsunami et pourtant

Chiloé est une terre de pêcheurs. Rien d’étonnant alors à retrouver des éléments de construction navale dans l’architecture de ses églises. Autre lien avec la mer, elles ont été construites en haut de collines face à la mer, afin d’être visibles des marins mais aussi pour être à l’abri d’éventuelles inondations.

Voici un petit tour d’horizon en vidéo des principales églises de Chiloé.

Ces églises illustrent à merveille la pertinence et la beauté d’un métissage réussi. Celui des techniques européennes combinées au savoir faire des indigènes. Elles sont aussi un bon exemple de la prise en compte de l’environnement. Utilisant une ressource locale, le bois, cette architecture répond aux enjeux que le climat impose (pluie et vent violent) et que la topographie exige. Le vent soufflant au nord, les églises sont renforcées sur les façades exposées.

Métissage culturel et relation terre-mer participent de la poésie de ces lieux.

Des lieux au cœur de la vie communautaire

Les missionnaires se déplaçant fréquemment, ils firent construire progressivement aux quatre coins de l’archipel des maisons et des églises qu’ils confièrent pendant leur absence à des habitants laïcs appelés fiscales. Rapidement, la concentration d’églises est devenue hallucinante pour un si petit territoire, on en dénombre pas loin de 150. Les laïcs étaient formés pour assurer l’essentiel des besoins spirituels de la communauté. Ce sont eux également qui ont développé une vie locale riche basée sur l’entraide communautaire.

Les esplanades devant les églises servaient à accueillir les différentes fêtes religieuses.

Les maisons de Chiloé, rustiques, coquettes et mouvantes

Les palafitos, des maisons les pieds dans l’eau

Les maisons chilotes sont réalisés à partir de bardage en bois. Les différentes tuiles présentent des formes arrondies, incurvées qui une fois assemblées rappellent les écailles de poisson.

Une partie de ces maisons à la particularité d’être sur pilotis. On les appellent les palafitos. Ils apparurent à la fin du XIXème siècle au plus fort de l’exportation de bois de Chiloé pour répondre à l’activité économique galopante. Plus tard, vers 1940, c’est l’exode rural qui fit croître ces quartiers sur l’eau. La production de pomme de terre (aliment principal) ayant été touchée par uné épidémie, les cultivateurs furent contraints de « grignoter » sur la côte afin de pouvoir profiter des ressources de la mer, tout en maintenant une petite production locale pour leurs besoins.

palafitos gamboa chiloé

Palafitos de Gamboa

On peut admirer un bel exemple de palafitos dans le quartier de Gamboa à Castro.

Au delà des palafitos, il suffit de se balader dans les différentes villes de l’île pour observer les maisons en bois traditionnelles.

 

Un déménagement pas banal

Je parlais plus haut de la vie communautaire développée par les fiscales. Cette solidarité se concrétisait par des mingas qui sont des travaux collectifs à vocation sociale. Alors que dans le reste de l’Amérique du Sud, les mingas peuvent désigner des actions diverses, à Chiloé ce mot désigne implicitement la tradition de « tiradura de casa« , comprenez le déplacement de maison.

Cette tradition se fait de plus en plus rare mais avait pour vocation de permettre aux habitants de déplacer leurs maisons au gré des besoins et des envies. Ce déplacement pouvait avoir lieu par voie terrestre grâce à la force de puissants bœufs ou par voie maritime. La maison était alors arrimée à un bateau. Pour comprendre le travail que cela représentait, je vous ai trouvé une vidéo qui présente surement une des dernières mingas, celle de la maison de l’écrivain chilien Francisco Coloane.

 

Evènement de plus en plus rare, il attire les chiliens et les touristes. C’est souvent également l’occasion de faire une grande fête. Même si aujourd’hui les personnes qui y participent ne le font plus bénévolement, le savoir-faire et les traditions qui entourent cette pratique demeurent intactes.

 

Et ce que j’allais presque oublié c’est que toutes ses constructions font la part belle aux couleurs mais vous l’aurez sans doute remarqué !

Alors, ça vous a donné envie d’y aller ? Si ce n’est pas le cas, on vous réserve bientôt un article sur une autre facette de l’île.

Vous utilisez Pinterest ? Gardez cet article en épinglant cette image !

chiloé architecture

Épinglez moi !

Infos pratiques

Comment découvrir les églises de Chiloé

Pour découvrir les églises, deux options s’offrent à vous. Une visite organisée est proposée par de nombreuses agences. Elle coûte environ 50€

Si vous souhaitez le faire par vous même, il y a certaines églises accessibles en utilisant les transports en commun.  L’église de Castro est facilement accessible puisqu’elle trône au centre de Castro.

A Dalcahue, vous pourrez découvrir l’église « Nuestra senora de los dolores ». Des bus relient Castro à Dalcahue.

A Dalcahue, vous pourrez prendre un bac avec votre bus pour rejoindre Achao (sur l’île de Quinchao). A mi-chemin entre Dalcahue et Achao, vous pouvez vous arrêter à l’église de Curaco de Velez.

A Achao, l’église Santa Maria de Loreto est au centre ville. de là vous pouvez prendre un autre bus qui va plus loin sur l’île de Quinchao dans la localité de Quinchao où vous pourrez voir l’église Notre dame des grâce.

Ceci ne sont que des exemples mais vous pouvez aussi aller à Chonchi … Suffit d’avoir un peu plus de temps et si vous n’avez pas envie d’attendre les correspondances de bus, faites comme nous, tentez le stop ! (Vous tomberez peut être sur un chilien très sympa qui est déjà venu en Bretagne, et a trouvé comme vous, que ça ressemblait aux îles de Chiloé.)

Comment visiter les Palafitos

A Castro sur la place centrale devant l’église, vous avez un kiosque de l’Office de Tourisme qui vous donnera une carte de la ville qui comporte notamment les spots où voir les palafitos. Un jeu d’enfant !

Enregistrer

Enregistrer


A propos Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.


Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 Prévenez moi de tous les nouveaux commentaires siouplé !

 Je veux recevoir les réponses à mon commentaire uniquement

2 commentaires sur “Chiloé une architecture entre terre et mer