La réserve de Monteverde : des quetzals dans la forêt des nuages 2


Vous êtes vous déjà demandé à quoi peut ressembler une forêt tropicale en altitude ? La réserve biologique de Monteverde au Costa Rica nous a donné une superbe réponse.
Nichée à 1500 m d’altitude, dense, mystique, brumeuse, bienvenue dans la forêt de nuages.

Située à proximité de Santa Elena, cette réserve privée gérée par un organisme à but non lucratif n’est pas aussi accessible que certains parcs naturels nationaux du Costa Rica. Mais le trajet en bus, la montée vers la réserve est une belle expérience à part entière pour les passionnés de nature.

Dès que le bus quitte la panaméricaine, une petite route serpente à travers la forêt. Au fur et à mesure que le véhicule s’enfonce dans la jungle, le relief se fait plus accentué et la végétation se transforme au fur et à mesure que l’on prend de l’altitude. L’influence de la température, de la topographie et de la pluviométrie sur la végétation sont évidents vu de notre bus.

Si la température se rafraichit, elle reste agréable et relativement stable au cours de l’année. La végétation se fait encore plus dense qu’en plaine, les arbres semblent eux mêmes être de mini-forêts, portants un nombre de plantes impressionnant sur leurs troncs et branches. L’humidité est omniprésente, même quand il ne pleut pas, les feuilles sont détrempées et l’environnement brumeux.

Monteverde, une forêt primaire dans les nuages

L’explication est simple, nous sommes dans les nuages ! Cette atmosphère brumeuse, dans une forêt dense, épaisse donne une ambiance très particulière aux lieux. Rassurante pour certains, oppressante pour d’autres. Pour ma part, je me suis senti comme dans une sorte de cocon dans cette jungle, cette cloud forest comme disent les anglophones ou bosque nuboso pour les hispanophones.

forêt monteverde costa rica

La forêt de Monteverde

Mais avant de s’enfoncer dans la réserve de Monteverde, il faut passer par le village de Santa Elena. Entièrement dédié au tourisme, ce village n’a rien de bien charmant, mais a l’avantage de proposer toutes les commodités pour un séjour confortable et facile. Nous avions jeté notre dévolu sur une petite pension en bordure de la ville, un peu en retrait. Chaque appartement possédait une petite terrasse envahie par les colibris. Un bien bel accueil !

La réserve accueille principalement des amateurs de nature, mais aussi des voyageurs adepte du tourisme d' »aventure ». De nombreuses agences proposent donc du tubbing (descente de rivière sur une bouée), rafting, canopy tour (accrobranche et tyroliennes) et autres activités du genre.

 

Nous nous sommes contentés de la visite de la réserve à pied, en long, en large et en travers !

Pour profiter au mieux de ce joyau naturel, nous sommes partis tôt le matin pour arriver dès l’ouverture du parc et nous sommes joins à un petit groupe pour profiter de l’expérience d’un guide naturaliste chevronné. Le groupe étant en Espagnol et l’heure étant matinale, nous n’étions que 5, ce qui est largement suffisant pour de l’observation. Le plus discret on est, le plus on a de chances de faire de belles rencontres.

En grands amateurs d’observation d’oiseaux, nous avons été plus que comblés. Grâce à sa longue vue et son œil aiguisé, le guide a su nous dénicher de superbes espèces rares et colorées, comme des perroquets, des motmot, des trogons, des colibris…

 

Un superbe endroit où observer le timide quetzal resplendissant

Mais notre rêve secret, ce que nous n’osions pas espérer tant cet oiseau mythique est devenu rare et difficile et à observer, c’était de rencontrer un quetzal resplendissant. Cet oiseau érigé au rang de divinité par les mayas résonne encore aujourd’hui comme un symbole en Amérique centrale. Le Guatemala en a même fait sa monnaie !
Après seulement quelques minutes de marche dans la réserve, un employé de la réserve vient à la rencontre de notre petit groupe, dans un état d’excitation contenue pour ne pas faire de bruit. Notre guide nous invite à le suivre à pas rapides, mais le plus silencieusement possible. Il se garde bien de dire de quoi il s’agit pour nous réserver la surprise.
Nous nous retrouvons alors à quelques mètres d’une famille de quetzals resplendissants. Le mâle avec ses deux longues plumes caractéristiques, sa crête de punk et son poitrail aux couleurs irisées, la femelle et un petit !
Après avoir observer ces superbes oiseaux, on comprend facilement pourquoi ils fascinent tant, leurs couleurs sont incroyables, leur regard envoutant.

 

Rien que pour ce moment, nous étions ravis d’être venus à Monteverde…

Pour avoir une chance supplémentaire d’observer des quetzals et autres oiseaux, la réserve privée de Curi Cancha à proximité de Santa Elena également peut offrir une belle alternative, moins fréquentée que la réserve biologique de Monteverde.

De nombreux autres espèces peuvent être observées, notamment des singes hurleurs, araignées ou capucins, des coatis, des agoutis, des batraciens, d’innombrables insectes et même des ocelots si vous êtes très chanceux.

La cloud forest de Monteverde, un écosystème foisonnant de biodiversité

Mais même sans parler d’observation de la faune, le paysage, le biotope de la forêt de nuage est en lui même exceptionnel.
Les arbres sont immenses, s’enchevêtrent sans jamais se toucher, formant un tapis végétal paraissant impénétrable vu du dessus, vu de la canopée. A l’intérieur de cette jungle, tous les étages sont occupés par la végétation, du sol jusqu’au cimes. Cette explosion verte va même jusqu’à avoir des végétaux poussant sur d’autres végétaux ! Un guide nous apprendra qu’on peut retrouver jusqu’à une trentaine de plantes, les bromeliaceae, sur un arbre. Ajoutez à cela les lianes, les mousses, les orchidées et vous aurez une idée de la richesse de la forêt.

L’eau étant omniprésente et le relief accidenté, de belles cascades et des points de vues impressionnants sur la forêt parsèment le parc (la ventana en particulier). L’occasion d’une petite baignade ou d’un pique nique bien mérité avec de longues heures de marches. Car s’il est possible de visiter rapidement Monteverde, nous avons voulu profiter à fond de l’expérience et emprunter la plupart des chemins de randonnée.

Chemins de randonnées de la réserve de monteverde

Source : Monteverde info

En tant que fans absolus de grenouilles et autres dendrobates, nous ne pouvions partir de Monteverde sans passer par le Ranario, un vivarium consacré aux batraciens. Plutôt bien fait, le centre permet d’observer les bestioles facilement, dans des reproductions de leur habitat naturel.

N’ayant jamais observé de dendrobates, ces petites grenouilles colorées mais terriblement venimeuses, nous étions ravis. Depuis nous avons eu la chance d’en observer directement dans la forêt au Nicaragua dans la réserve d’indio maiz.

monteverde au costa rica

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Informations pratique – visite de la réserve de Monteverde

Notre voyage a eu lieu en 2010 (ce qui explique la qualité des photos) mais nous avons actualisé les infos pratiques (début 2016).

Logement à Santa Elena

Vous n’aurez que l’embarras du choix à votre arrivée à Santa Elena. Si vous arrivez hors saison, n’hésitez pas à arriver sans avoir réservé et négocier les prix ! Les rabatteurs à la descente du bus peuvent être un peu insistants, mais je vous conseille de décliner leur offre poliment, ceux ci prenant souvent une commission pour vous amener vers un hébergement.

Accès à la réserve de Monteverde

  • prix de l’entrée : 20 $ / adulte ; 10 $ / enfant (6-12 ans)
  • horaires d’ouverture :
  • visite guidée : 37 $
  • accessibilité : les sentiers sont très bien entretenus, certaines parties sont mêmes bétonnées (beurk) ou sur des planches de bois. Pas besoin de bottes, des chaussures de marche suffisent
  • pas de restauration sur place

Activités

Pour prolonger le plaisir de votre visite de la réserve biologique, vous pouvez visiter les réserves de Santa Elena ou Curi Cancha à proximité, moins fréquentées.

Le Ranario ravira les amateurs de batraciens, tandis que les amateurs de sensations fortes pourront s’essayer au canopy tour, au tubbing ou au kayak.

A noter que des tours guidés spéciaux de la réserve sont possibles : de nuit (20$) ou bien pour l’observation des oiseaux (65 $)

Transports vers Santa Elena

De nombreux bus touristiques vous amèneront jusque Santa Elena, quelque soit votre point de départ ou presque. Pour notre part, nous somme venus directement depuis San Jose. Il faut compter environ 3h de routes après que le bus ai quitté la Panaméricaine.

Prochaine étape : le parc Manuel Antonio, ses singes, ses paresseux, sa plage…

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A propos Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.


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2 commentaires sur “La réserve de Monteverde : des quetzals dans la forêt des nuages

    • Laura Auteur du billet

      Bonjour Martina, effectivement je pense que nous avons été très chanceux !
      On avait un bon karma ce jour là 🙂 En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il faut arriver dans les premiers pour espérer voir des quetzals, après il y a trop de monde. C’est le soucis au Costa Rica, il y a de superbes régions, de très beaux parcs naturels, mais ça se sait ! Du coup il y a parfois embouteillage sur les parcs les plus connus ou les plus accessibles…