Faut-il être courageux pour se lancer dans un voyage au long cours ? 6


Mais t’as pas peur pour ton boulot au retour ? Mais comment tu vas faire avec seulement un sac à dos pendant un an ? Tu vas faire quoi de ton appart ? Et si tu tombes malade à l’étranger ? T’as pas peur de déprimer à ton retour ? Tu crains pas d’en avoir marre de partir si longtemps ? Vous êtes vraiment courageux…

Petit florilège des questions (qui n’en sont pas toujours) qui nous ont couramment été posées suite à l’annonce de notre projet.
Questions ou remarques légitimes, bienveillantes, mais qui me paraissent assez disproportionnées à bien y penser.

Si voyager longtemps c’est courageux, bosser c’est quoi ?

On a quand même passé 10 mois à glander au soleil ! Et à notre retour, nous avions la garantie de retrouver notre boulot grâce au congé sans solde accepté par nos gentils employeurs (vive le monde associatif !).

Haut les cœurs braves gens, nous avons dans notre grande mansuétude,  sacrifié plusieurs mois de notre vie pour le bienfait de… de… ba de nous.

Enfin déserte, y'a toujours quelques touristes qui en profite pour faire des photos à la con entre deux baignades

Si ça c’est pas du courage… Trop dur de faire le tour de l’Amérique latine !

Trêve de galéjades, je peux comprendre ces craintes exprimées par certains de nos proches ou des lecteurs qui hésitent à se lancer. Il n’est pas facile de sortir de ses repères, se lancer dans l’inconnu, si attrayant soit-il.
Lorsque ces interrogations, voir ces remises en question viennent des proches, cela me touche, dans un sens positif. Car c’est quelque part une preuve de considération, d’empathie, d’affection.

Seulement, il y a parfois une forme d’admiration dans ce « vous êtes courageux » que je n’assume pas du tout. Non pas que je rejette toute forme d’admiration, je serai bien hypocrite de faire croire que ça ne flatte pas mon ego. Seulement je ne trouve aucune gloire dans une forme d’admiration si je ne la trouve pas légitime…

Non, partir faire le tour du monde n’est pas admirable

Vous voulez un exemple ce que je considère comme admirable ?

Un surfeur aveugle… Ce n’est pas seulement admirable, c’est réellement courageux. Mais pour autant, peut être qu’il ne le pense pas de cette manière. Bref, tout ça pour dire que quelque part, je crois que le moteur est plus l’envie que le courage.

Quand des aspirants voyageurs au long cours ou tourdumondistes nous exposent leurs craintes, leurs doutes, je n’essaye pas de les pousser à se lancer, contrairement à ce que font beaucoup de blogueurs voyageurs.

Pourquoi ? Parce que sortir de son confort, se bousculer, prendre des risques (très mesurés), ne doit pas être une marque de courage, mais une envie.

Vous avez peur ? Est-ce vraiment une bonne idée de partir ?

Si l’envie est réelle et forte, presque irrépressible, alors tous les doutes éclatent, les obstacles deviennent une partie stimulante de l’expérience, les conséquences sont assumées d’avance.

Alors quitte à paraître un peu dur, ou radical, j’irai jusqu’à dire que si vous avez réellement des doutes, si vous n’arrivez pas à vous décider, si ce n’est jamais le bon moment, alors peut être que l’envie n’est pas assez forte. Peut être que le jeu n’en vaut pas la chandelle, et ce n’est pas grave… Il y a tant d’autres choses à faire que de voyager !

Pour pousser la réflexion un peu plus loin, si un sujet très lié, je vous invite à lire l’article de Laura sur les risques que l’on prend en voyage.

NB : la vidéo de cet article est sponsorisée


A propos Seb

Jeune homme bien sous tous rapports aimant manifestement voyager. Accessoirement, entre deux voyages, je tente de sauver le monde en bossant comme animateur d'un réseau d'éducation à l'environnement. Heureusement, je suis pas tout seul, parce qu'il y a du boulot !


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6 commentaires sur “Faut-il être courageux pour se lancer dans un voyage au long cours ?

  • Voyage Nord du Perou

    C’est vrai, ces réflexions, on les reçoit tous. Alors imagine une famille avec 2 enfants comme nous. Tu peux rajouter dans la liste des commentaires : « ils sont fous ». J’en suis arrivé à la conclusion que les plus courageux sont ceux qui restent. Les voyages nécessitent une bonne organisation, mais du courage, c’est autre chose, non?

    • Seb Auteur du billet

      Nous sommes bien d’accords !
      Là nous partons dans quelques jours à Madagascar avec notre fils qui a un an et demi. C’est pour un séjour court, mais nous découvrons d’autres types de remarques qui rejoignent ton « ils sont fous »…
      Ce sont surtout des inquiétudes dues à une mauvaise connaissance de ce que peut être le voyage. Au fond c’est assez touchant dans la plupart des cas (mis à part quelques rares manifestations de jalousie mal placée).

  • Les voyages de Cléobulle

    J’aime bien. Il prend à contre-pied les articles habituellement écrit.
    Après en ce qui concerne le courage, je pense que malgré tout il en faut un peu. Osez s’affranchir du qu’en dira-t-on, osez tout lâcher (pour ceux qui n’ont pas la possibilité de prendre un an sans solde), osez suivre ses envies tout simplement est une forme de courage. Parce que finalement, on se laisse facilement vivre et prendre dans le quotidien. Et nos envies passent à la trappe. Mais je suis d’accord, pour partir au long cours, le »courage » n’est pas le moteur principal, juste l’envie et un petit grain de folie 🙂

    • Seb Auteur du billet

      Tu résumes parfaitement ma pensée ! Je prends un ton un peu ironique pour appuyer le propos dans cet article, mais ce n’est pas forcément une évidence qui se décrète du jour au lendemain (quoi que…). Lâcher son boulot pour voyager se réfléchit un minimum, surtout quand on a un ou des enfants comme nous.
      Mais si l’envie est très forte, je suis persuadé qu’on peut trouver les ressources pour contourner les obstacles, faire des économies, sécuriser au maximum son retour et faire pencher la balance bénéfice risque dans le bon sens.

  • CLAIRE

    « T’as pas peur de t’ennuyer ?  »
    -> c’est vrai qu’avant de partir 9 mois toute seule, je me disais que ca pourrait être un peu long parfois…. ben non !
    En fait c’est même assez génial, de faire exactement ce qu’on veut au moment où on le veut – voire même de décider de rien faire du tout simplement parce que.
    Autre gros bonus du voyage solo : les rencontres se font beaucoup plus facilement avec d’autres voyageurs, ou avec les gens du coin.

    • Laura

      Effectivement ça parait compliqué de s’ennuyer. Quand on part en voyage il y a tant de découvertes à faire ou de rencontres. Et au pire, si on manque d’inspiration, on peut toujours se poser en mode contemplatif devant un superbe paysage. Elle est pas belle la vie ?