Le jour se lève sur Lisbonne. Fébrilement la lumière éclaire les reliefs de la ville. Elle est belle mais pourtant,aujourd’hui, nous allons lui être infidèle.

Nos mines endormies arrivent presque mécaniquement à la gare de Sete Rios. Nos billets pour Setubal en poche, nous nous installons dans un train de banlieue.

Le roulis du train envoie de nouveau dans les bras de morphée mes deux amours. Leurs visages ensommeillés ont une sérénité qui donne une poésie à ce moment de banalité ordinaire.

Je profite donc seule du paysage qui défile au fur et à mesure. Les édifices élégants de Lisbonne laissent place à une banlieue insipide où la beauté n’est pas visible à première vue. Rapidement, la brume envahit mon champs de vision. Seules quelques silhouettes ligneuses se détachent de l’horizon, des chênes sans doute. A cet instant, j’aurai envie de stopper le train pour aller contempler cette campagne portugaise. Envie aussi de réveiller Sébastien pour qu’il en profite. Mais son sourire détendu et innocent du sommeil est un spectacle encore plus beau… Alors je me ravise.

Le souffle d’Hélio me réchauffe le cou et le cœur et confère à la fin du trajet un petit goût d’instant parfait.

Mes deux amours, à l’approche de Setubal se réveillent. L’impatience commence alors à me gagner.

bateau setubal
Hâte de trouver notre bateau

Il nous faut encore traverser la ville pour rejoindre l’embarcadère. Un peu paumés, nous demandons notre chemin à un monsieur. Un vrai personnage de cinéma. Costume sombre, ventre rebondi et  veste étriquée, il fume énergiquement sa cigarette sans les mains. A notre demande, il dégaine son téléphone dernier cri pour nous indiquer le chemin. La cendre s’affaisse jusqu’à s’effondrer sur l’écran à plusieurs reprises. Cette manière de fumer me rappelle celle des papis qui se moquent éperdument des descentes vertigineuses et non contrôlées de leur cendre.

Nous obtenons les indications nécessaires et traçons notre route. Portugal oblige, nous faisons une halte pour boire un café, croquer dans une pâtisserie et acheter quelques sandwichs pour le midi. Quand on voyage avec un enfant, la règle n°1 est de toujours (vraiment toujours) avoir à boire et à manger avec soi ! La paix réside souvent dans un biscuit au chocolat.

Arrivés à Vertigem Azul, la compagnie que nous avons choisi, l’intérêt d’Hélio s’attise à la vue des dessins de dauphins et d’une reproduction grandeur nature. Je trépigne tandis qu’Hélio dessine tranquillement.

catamaran setubal
C’est parti !

C’est parti. Le groupe rejoint le catamaran. Le soleil du matin illumine notre embarcation, nous admirons ses lignes et sommes rapidement pris dans ses filets (au propre comme au figuré). Trop tentant de sautiller à l’avant en attendant que les cétacés pointent le bout de leur nez.

La côte s’éloigne, la ville et ses quelques usines aussi. Rien que l’horizon et le soleil intense malgré le mois de décembre. Nous inspectons les moindres recoins du catamaran, le gouvernail, les instruments de navigation avec une vive curiosité.

Les dauphins nous font bientôt l’honneur de leur présence. D’abord un, puis plusieurs. Leurs corps fuselés glissent agilement dans l’eau. A chaque plongée, nous retenons notre souffle jusqu’à ce qu’ils apparaissent de nouveau.

J’aime le jeu qui consiste à deviner à quel endroit le dauphin remontera. Le catamaran s’arrête à plusieurs reprises pour laisser les dauphins s’approcher à leur guise. Ils passent littéralement sous nos pieds, les mailles du filet nous laissent les contempler furtivement. L’agitation est à son comble sur le bateau. Je tente désespérément de communiquer ma ferveur à mon fils. Le triturage d’un sandwich au jambon (avec option éparpillage des miettes dans la mer) remporte davantage son attention.

« Poisson, poisson » je crie telle une vendeuse de marché ! Une fois rassasié, son regard s’aiguise et il profite lui aussi du spectacle (NDLR : pour une vulgarisatrice scientifique, je sais que le dauphin n’est pas un poisson. Mais la différence entre un cétacé et un poisson à 2 ans ne me semble pas être une priorité). Et si je veux être précise je vous dirais que ce sont des dauphins « Bottlenose » ou grands dauphins en français.

dauhin bateau
Le dauphin nargue un bateau

Bientôt il est temps de les quitter, afin de ne pas les déranger trop longtemps. Le catamaran fait demi tour et c’est en ombre chinoise qu’ils disparaissent. Le souvenir et l’émotion de leur rencontre demeurent et seront tenaces. L’impression d’avoir rêvé.

Seb s’offre ensuite une micro-sieste au soleil avant qu’Hélio ne lui saute dessus. Il a compris qu’au delà du flippe que peut provoquer cette drôle d’installation, le filet joue le rôle de trampoline et… C’est drôle.

Moi, je les regarde.  Leurs sourires éveillés n’est pas mal non plus !

catamaran dauphin
Seb s’installerait bien davantage sur le catamaran

Vous avez déjà eu la chance de voir des dauphins ? Racontez nous en commentaires et donnez nous de bons spots pour nos futurs voyages !

Informations pratiques – observer les dauphins de l’estuaire du Sado

 

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Se rendre à Setubal depuis Lisbonne

Il y a de nombreux trains de la compagnie Fertagus qui partent régulièrement (environ toutes les heures) depuis Lisbonne jusqu’à Setubal. Vous pouvez prendre ce train à différentes stations dans Lisbonne (Sete rios, Roma-arreios, Entre campos).

Nous avons payé 17,90 pour 2 allers-retour. Attention, en prenant les billets au distributeur automatique, prenez bien une carte par personne. Ensuite vous pouvez charger les cartes avec le nombre d’aller retour pour la personne concernée.

Le trajet dure environ 55 min.

Arrivés à la gare de Setubal, vous pouvez rejoindre l’embarcadère à pied (20-25min environ).

Agence pour observer les dauphins

Vertigem Azul est la compagnie que nous avions repéré lors de nos préparatifs du voyage. Le caractère respectueux des animaux a guidé notre choix. Celle ci nous a gentiment invité à tester leur activité.

Le tarif est de 35 € par personne pour les adultes et 20 € par enfant de moins de 12 ans. La balade dure aux alentours de 2h30-3h00.

Les départs ont lieu à 9h30 ou 14h30 (horaires légèrement variables) de Setubal. Le catamaran s’arrête également pour prendre des passagers à Troia.

Les dauphins sont visibles toute l’année. Cependant nous vous conseillons d’y aller plutôt en hors saison. En plein été, le soleil tape fort et le bateau peut être bien rempli. Nous avons testé cette activité fin décembre et nous avons eu beaucoup de chance avec la météo !

Vous allez à Lisbonne ? Visez nos autres articles sur la région !

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