Quand on évoque la Colombie, la plupart d’entre nous imaginent des plantations de café sur des montagnes verdoyantes, une jungle impénétrable ou encore des palmiers au bord d’une mer turquoise. C’est vrai, ces paysages sont bien le reflet de la Colombie, mais il y a aussi des « anomalies » au milieu de ces océans de verdure, le désert de la tatacoa (une espèce de serpent) en est le parfait exemple.

Désert est un bien grand mot pour être honnête, il s’agit en fait d’une forêt tropicale sèche, mais avec une érosion très importante qui donne une allure de petit Colorado à cet espace de 330 km2.

relief désert tatacoa
Les sublimes relief du désert rouge de la Tatacoa

Un sol rouge sombre ou gris clair, des petits canyons, des températures qui peuvent atteindre les 50°, le contraste avec le reste du pays est saisissant. Mais pour en profiter, il faut le mériter ! Situé au cœur de la Colombie, à bonne distance des autres centres d’intérêt, il faut un peu de temps pour s’y rendre.

Prélude à Neiva peu engageant…

Nous sommes partis de Cali. Sur une carte, cela semblait une bonne idée, vu qu’à vol d’oiseau, c’est à moins de 100km du désert. Mais c’était sans compter sur la topographie et un réseau routier efficace, mais pas aussi développé qu’en Europe où le maillage est sur-développé.
Du coup, le trajet qui semblait si rapide sur une carte s’est avéré long dans la réalité. Il nous a fallu pas moins de 14h pour aller de Cali à Neiva (11h en théorie), la grande ville la plus proche du désert. Heureusement, nous avons rencontré un Allemand (Félix) très sympathique en route, ce qui nous a rendu le trajet plus agréable, malgré des travaux interminables.
Arrivés de nuit à Neiva, nous n’avons pas trouvé d’hôtel potable à proximité de la gare routière (une chambre glauque avec une bonne partie de mur en moins donnant sur l’extérieur, vous auriez pris ?) et le centre ville n’était pas non plus une partie de plaisir. Nous avons finalement atterri dans un hôtel qui devait avoir eu son heure de gloire dans les années 80, mais lentement tombé en décrépitude depuis.
Des Colombiens dans le hall m’interpellent en me voyant. Le classique, tu viens d’où ? Suite à ma réponse, un des gars me répond avec un bel accent « vous parlez français monsieur ». Je lui demande alors avec le sourire s’il parle réellement français, et là son pote me répond en Espagnol « moi je ne parle que la langue des armes blanches ». Sympa, ça met en confiance.

Bref, nous n’avons pas traîné dans cette charmante ville. Le lendemain matin, nous filons vers Villavieja, le village aux portes du desierto de la Tatacoa. De là, il faut encore quelques kilomètres pour se rendre au hameau situé dans le désert où se trouvent des lieux d’hébergement et un observatoire astronomique.

Ces quelques kilomètres se font sur une route asphaltée, mais vu qu’il n’y a quasiment que des touristes qui s’y rendent, les transports qui s’y rendent font flamber les prix… C’est 15000 pesos – 6 € (minimum, en négociant bien) pour deux, ou bien faire quelques 8 km à pied avec le sacs sous une chaleur d’enfer…

Enfin arrivés sur place, nous explorons les différentes possibilités d’hébergement avec Félix, c’est plutôt simple, un peu plus cher qu’ailleurs (vu l’éloignement c’est normal), mais sympathique. Il n’y a pas d’électricité. Parfait pour profiter de la voûte céleste la nuit tombée !

Ce premier jour, la chaleur nous a assommés. Après pas mal de temps en montagne ou le climat est doux, voir frisquet, le contraste est rude. Nous attendrons la fin d’après midi pour aller marcher dans la partie « désert rouge » ou Cuzco.

Le labyrinthe de Cuzco

Avant de s’y promener, on se demandait franchement si tout ce trajet valait vraiment la peine. Une fois dedans, les doutes se sont pulvérisés. Nous sommes entrés dans une sorte de labyrinthe de rouge raviné par la pluie. Le soleil de fin d’après midi encore mordant donnait des couleurs sublimes aux parois rocheuses.

parois rocheuses

 

Dans ce dédale sans vent, le son semble comme étouffé, l’air paralysé. Seuls quelques oiseaux et chèvres viennent de temps en temps troubler cette quiétude, voire torpeur.

Nous sommes tous trois enchantés par les lieux, et nous n’avons qu’une seule envie, nous enfoncer d’avantage dans ce labyrinthe, malgré la lumière déclinante. Je sais bien que nous n’avons pas de lampe torche, mais nous avons vu que c’était la pleine lune la veille, alors nous avançons…

coucher de soleil
Magnifique coucher de soleil sur le désert

Ce n’est pas si grand, et au loin, nous avons un bâtiment comme point de repère. Malgré tout, cela reste un canyon, les rares mais fortes pluies ont creusé de profonds sillons et il est quasiment obligatoire de les suivre pour progresser. Du coup, nous avons eu quelques difficultés à retrouver notre chemin de nuit. Nous voulions faire une boucle, finalement nous serons obligés de revenir sur nos pas. Je ne sais pas si ces marches de nuit sont courantes, mais une fois revenus à l’entrée du sentier, nous avons du escalader la clôture laissée fermée…

Une piscine au milieu du désert de la Tatacoa

Le lendemain matin, réveil très matinal pour profiter de la fraîcheur. Nous partons une fois de plus avec Felix pour explorer la partie « grise » du désert, bien plus vaste.

Le désert blanc

Nous nous rendons en moto taxi jusqu’à un autre petit canyon, tout aussi impressionnant que le rouge.

cheminées naturelles
les cheminées naturelles sculptées par les éléments

Sur le chemin, nous observons une forêt de cactus, les oiseaux sont nombreux et faciles à observer dans cet environnement. Difficile de se cacher !

Le désert de la Tatacoa n’en étant pas totalement un, il y a tout de même un peu d’eau. Ce qui offre des opportunités étonnantes, comme une piscine (quasi) naturelle en plein désert. Pas de chance pour nous, ce jour là elle était vide… Mais peu importe, la balade est superbe avec des formations rocheuses très surprenantes.

Après une sieste réglementaire aux heures les plus chaudes, nous retournons en solo dans le désert rouge en fin d’après midi pour profiter une dernière fois de l’endroit.

 

Nous n’aurons passé au final que deux journées complètes dans le désert, sûrement qu’il mériterait plus, notamment pour explorer des parties plus isolées, avec des curiosités telles que des arbres fossilisés. Mais la chaleur était vraiment très forte et le distributeur de billet nous appelait…

A moins que ce ne soit cette bestiole accrochée à la porte de notre chambre qui nous ait fait fuir, le mystère reste entier…

Effrayante chenille qui deviendra un joli papillon
Vilaine chenille deviendra un joli papillon

Notre prochaine étape, San Agustin, son canyon et son parc archéologique !

Infos pratiques – visite du désert de la Tatacoa

Transport jusqu’au desert de la Tatacoa via Villavieja / Neiva

C’est le point noir de cette excursion. Pour se rendre jusqu’au désert, il vaut mieux profiter d’un trajet est-ouest entre Bogota (5h) et Arménia (8h). C’est quasiment sur le trajet, cela ne vous fera qu’un petit détour.

Le passage par Neiva est obligatoire pour vous rendre à Villavieja. Des minibus font régulièrement le trajet (45 minutes – 1h).

De Villavieja au désert, plusieurs possibilités :

  • continuer avec le minibus, moyennant un supplément. C’est ce que nous avons fait, par simplicité
  • négocier le trajet avec une moto taxi depuis Villavieja. De ce que nous avons pu voir, pour une personne, c’est minimum 10000 pesos (4 €), pour deux 15000 pesos (6 €), en tout cas on a pas réussi à avoir mieux (c’est ce qu’on a fait pour le retour)
  • faire le trajet à pied. Si vous n’êtes pas trop chargés, c’est faisable en un peu plus d’une heure
  • dernière possibilité, si vous souhaitez faire un tour organisé, vous pouvez le faire depuis villavieja. Le guide comprendra alors le trajet jusqu’au désert et pourra vous laisser sur place au retour. Ce n’est pas le plus économique cependant
Désert de la Tatacoa en Colombie
Epingles moi sur pinterest !

Visite du désert rouge : pas besoin de guide, difficile de se perdre, même de nuit 😉

Visite du désert gris : transport quasi obligatoire, sinon il faut se préparer à marcher sous le soleil pour le retour, même en partant très tôt avant le lever du soleil (2h de marche aller, un peu de temps sur place pour visiter, 2h de marche retour). Nous avons négocié notre visite guidée avec transport à 60000 pesos pour trois personnes (8 € par personne).

Hébergement

Estadero Dona Lilia situé a 200 mètres après l’observatoire. Chambres simples mais propres avec salle de bain 40000 pesos (16 €).

Repas

Les repas à notre hôtel étaient entre 7000 et 10000 pesos, parmi les moins chers et les meilleurs du hameau, avec le restaurant situé en bordure du désert, en face de l’observatoire. De manière générale, c’est un peu plus cher qu’ailleurs pour la nourriture, normal vu l’environnement. Quasiment tout est importé, sauf la spécialité locale, la chèvre.

 

Vous aimeriez découvrir la Colombie ? Vous planifiez un voyage là bas ? Nous vous recommandons chaudement ces articles :

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Vous avez aimé ? Alors ne gardez pas tout pour vous, partagez ;)


Soyez foudingues, abonnez-vous à notre newsletter !