Parc national de Jozani : à la rencontre du colobe roux, singe emblème de Zanzibar 4


En voyage, il est une chose qui nous anime particulièrement, c’est la rencontre. Humaine surtout, mais aussi animale. Alors, quand à Zanzibar, nous avons eu l’occasion d’approcher de près une espèce endémique rare, le colobe roux nous n’avons pas couru… nous avons foncé !

Le colobe roux, un singe rare et sympathique à Zanzibar

Zanzibar est avant tout connue pour sa profusion d’épices, son métissage culturel et ses plages idylliques. Derrière ces trésors s’en cachent un autre, celui d’une nature unique.

Sur l’île de Unguja (la principale) se trouve la forêt de Jozani. Celle ci est protégée par le parc national de Jozani Chakwa bay. La star de cette réserve est le colobe roux. Il s’agit d’une espèce de singe endémique (comprenez qui ne se trouve qu’ici).

Les colobes font partie d’une famille de singes qui ont la particularité de ne pas avoir de main préhensile (qui forme une sorte de pince grâce à la position opposée du pouce). Ils consomment des feuilles, graines et fruits non mûrs. Alors oubliez le stéréotype du singe avec sa banane, ça ne marche pas dans ce cas là.

Il est reconnaissable par son pelage tricolore, blanc côté ventral, roux coté dorsal et un petit gilet à longues manches noires.

Sa bouille est d’une sérénité incroyable lorsqu’il pique un somme. Ses poils ébouriffés lui donnent un caractère sympathique dès le premier regard. Et si j’en parle avec autant de détails c’est parce qu’il est très facile de les observer de près dans ce parc national de Jozani Chakwa bay.  D’une part un sentier permet de parcourir aisément leur territoire et d’autre part ces singes sont étonnamment sociables et ne prennent donc pas la fuite.

colobe roux zanzibar

Colobe roux en train de roupiller

A pas de loup, tels des voyeurs nous observons les scènes de leur vie quotidienne : la toilette aimante de la maman, le roupillon du père et les chamailleries des petits. Le meilleur moment pour les observer est entre deux repas. Au moment de la digestion, ils sont plus tranquilles et détendus.

A quelques mètres seulement, nous sommes comme des gosses, scotchés, médusés, subjugués. Ces bêtes nous toisent ou nous ignorent royalement. Mais même s’ils sont habitués par ce ballet de visiteurs, il est très important de savoir garder ses distances pour préserver leur tranquillité.

La forêt de Jozani, un trésor à protéger

Le colobe roux est malheureusement une espèce en danger. Seuls quelques milliers d’individus subsistent au sein de la forêt de Jozani et en dehors. Différentes mesures de protection ont été tentées depuis les années 70. La réintroduction dans d’autres îles de l’archipel de Zanzibar (Pemba, Uzi) n’ayant pas été satisfaisante, la stratégie qui apparaît aujourd’hui la plus efficace est de le faire connaître auprès des populations locales et du grand public.

La connaissance de son existence par le plus grand nombre permettra à la fois de lutter contre certaines croyances (il est perçu comme un symbole de malchance), de sensibiliser sur les causes de sa disparition (déforestation, chasse…) et de comprendre qu’il est plus rentable vivant que éteint. Le colobe roux étant un animal très sociable, il est très facile de l’observer et donc de pouvoir développer une forme de tourisme nature autour de sa conservation. Ces projets peuvent générer des revenus pour la population tout en préservant les ressources naturelles.

Le parc national de Jozani Chakwa bay
D’une surface relativement modeste (50 km2), le seul parc national de Zanzibar à la particularité de se trouver à cheval entre terre et mer. L’intérêt principale est bien sûr de protéger la forêt tropicale abritant les colobes roux, mais aussi d’autres espèces. Des singes bleus notamment autrement appelés cercophitèque à diadème, des damans des arbres (gros rongeurs), de nombreuses espèces d’oiseaux et de papillons. Aussi, le parc abrite la baie de Chakwa, une zone de mangrove importante pour la reproduction des poissons. Celle-ci ne se visite pas vraiment, ou alors par bateau par des opérateurs privés.

Si vous allez à Jozani, vous pourrez aussi contribuer à la préservation des singes, n’hésitez pas à aller leur rendre visite ! Et afin de garantir au maximum leur bien être dans ses zones protégées, il est important de prendre quelques précautions :

  • Ne vous approchez pas trop près (même s’ils vous laissent faire) et ne tentez pas de les caresser (ça c’est pour vos doigts !)
  • Laissez votre flash au placard
  • Ne leur donnez pas à manger. Ils n’en ont pas besoin car la forêt leur fournit tout ce qui leur faut et vous risqueriez de leur donner des aliments non adaptés et donc de les rendre malade. De plus, nourrir des animaux sauvages contribue à une forme de domestication nuisible, car elle rend les animaux dépendant des humains et bien souvent agressifs

 

Observation des dauphins à Kizimkazi : attention aux dérives !
La proximité avec les animaux sauvages peut être un repère de gestion responsable (ou non) de la faune. En effet, plus on vous permet de vous approcher des animaux, voir de les toucher ou d’interagir avec eux, plus cela est un gage de gestion non respectueuse. En effet, cela nuit à leur tranquillité et donc leur reproduction. Je vous parle de cela car non loin du parc national de Jozani se trouve la réserve de Kizimkazi où il est possible de partir en bateau pour nager avec les dauphins. Malheureusement le nombre d’embarcations est trop importante et elles s’approchent tellement des cétacés que certains touristes sautent littéralement sur les animaux au risque de les effrayer voir de les blesser. Nous ne vous conseillons pas ce genre d’excursion qui a moyen terme ne favorise pas la préservation de ses espèces.

Alors envie de découvrir ce drôle d’animal ?

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Informations pratiques – visite de la forêt de Jozani

La forêt de Jozani est accessible depuis Stone Town  en bus (35 km). Si vous ne partez pas de la capitale, vous aurez la possibilité de prendre un taxi ou bien d’opter pour une excursion organisée qui s’occupera du transport. Nous étions basés au bord d’une superbe plage à Jambiani, un lieu de rêve : calme, vivant, en contact avec les habitants.

Il y a quelques années, le tarif d’entrée guide inclus était de 8 dollars pour un adulte. Je n’ai malheureusement pas trouvé les nouveaux tarifs.

Il est conseillé de s’y rendre tôt le matin ou en fin d’après midi pour observer au mieux les animaux. Le sentier de 45 minutes de marche est très accessible même pour des enfants.

Si vous êtes à la recherche d’un circuit individualisé, de nombreux voyages en Tanzanie sont organisés par Comptoir des Voyages, dont beaucoup passent par Zanzibar. Si vous croisez les colobes roux, faites leur un coucou de notre part !

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A propos Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.


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4 commentaires sur “Parc national de Jozani : à la rencontre du colobe roux, singe emblème de Zanzibar

  • Voyage Nord du Perou

    Bonjour Laura,
    Quelles jolies images de ces singes !! Il y a tellement d’animaux à protéger au monde. Le problème finalement est toujours le même : déforestation, manque d’aires de conservation. Le tourisme est toujours à double-tranchant. Mais je crois aussi qu’il a plus d’avantages que d’inconvénients. Il faut juste bien le mettre en place, organisé et en respect avec l’environnement.
    A bientôt,
    Martina

    • Laura Auteur du billet

      Bonjour,
      Effectivement le tourisme nature peut être à double tranchant en fonction de la manière dont il est pensé et des intentions qui sont derrière. Il n’est pas toujours évident d’analyser différents critères pour savoir s’il faut ou pas y participer. C’est pourquoi nous avons évoqué le cas de la nage avec les dauphins de kizimkazi qui de notre point de vue n’est pas faite de façon satisfaisante et respectueuse de l’environnement et ne peux pas être durable.

  • kelly

    bonjour! je m’appelle Kelly, je fais un exposer oral sur le colobe roux avec mon amie. nous aimerions beaucoup en savoir plus sur la longévité du colobe roux de Zanzibar (combien de temps le colobe roux peut-t-il vivre ) nous aimerions beaucoup avoir la réponse avant minuit s.v.p. Merci!!! 🙂

    Kelly xx

    • Seb

      Bonjour Kelly,
      J’ai beau chercher en français ou en anglais, je n’ai pas réussi à trouver l’information… Désolé ! D’après ce que j’ai lu, on ne connait pas très bien ces sympathiques singes et leur comportement. Bon courage pour vos recherches !