Dans notre série passage de frontière terrestre, voici la tatillonne, voire carrément procédurière. Nous avons expérimenté le passage Costa Rica vers Panama par Sixaola (Guabito du côté Panama), sur la côte caraïbes, et nous n’avons pas trop kiffé…

Pas de soucis pour les transports, un grand classique : arrivée en bus jusqu’à la frontière, passage à pied, puis autre bus de l’autre côté. Donc normalement, rien de plus simple, mais c’était sans compter sur le zèle des agents douaniers.

frontiere costa rica panama
Frontière côté Costa Rica, toujours un petit air de No man’s land

Du côté Costa Rica, pas de soucis, un coup de tampon, rien à payer, parfait !

Un peu de marche à pied sur un pont, comment dire… un peu vétuste. Mais c’est sympa, comme ça on à l’occasion d’admirer la rivière sous nos pieds entre les planches de bois qui font office de plancher.

L’accueil au Panama s’annonce prometteur, un gars sur l’autre rive s’exerce au clairon. De toute évidence il débute, mais ça met dans l’ambiance.

Une fois traversé le pont, nous sommes du côté Panama et ça se corse. Avant toute chose, un petit passage par la douane où l’on nous soutire quelques balboas, la monnaie du Panama (qui est en fait le dollar, ce sont bien des billets made in US que nous avons dans les mains). On sait pas trop si c’est une taxe officielle ou une taxe officieuse par des officiels. Le refus de l’agent de nous donner un reçu nous donne une idée sur la réponse…

Ensuite, il y a pas mal de gars qui essayent de nous rabattre vers leurs minibus pour continuer la route, normal, mais parfois un peu chiant. Enfin, il faut passer par le poste frontière (immigration) qui est bizarrement situé au fond d’une ruelle un peu glauque, plutôt que direct sur le bord de la route. Un des rabatteurs qui nous indique le chemin nous dit qu’il nous attend, il n’y a qu’a montrer son passeport et son billet d’avion retour. Billet d’avion retour ? Ba on en a pas ! On prête pas trop attention à ce détail, même si on sait que c’est effectivement possible que ce soit demandé (en théorie c’est le cas pour la plupart des pays d’Amérique, mais rarement demandé dans les faits).

Le sourire de Seb c'était avant qu'on nous ennuie avec la paperasse. Publicité mensongère ici car nous ne sommes pas encore au Panama.
Le sourire de Seb c’était avant qu’on nous ennuie avec la paperasse. Publicité mensongère ici car nous ne sommes pas encore au Panama.

Nous patientons quelque peu devant l’énorme file d’attente constituée d’une personne. Et le gringo devant semble avoir quelques difficultés, nous comprenons très vite qu’on lui demande un billet d’avion retour ou vers un autre pays. Or, comme nous, il n’en a pas. Là, on se dit que ça risque d’être chaud pour nos matricules. Après quelques minutes, le gars est emmené à l’intérieur du poste par un policier…

Le Panama bat le record de zèle administratif d’Amérique centrale…

A nous. Nous tendons nos passeports avec notre plus beau sourire, l’air confiant dans la mesure du possible et bien sûr, vient la question du billet d’avion retour. Nous nous étonnons, prenant un air candide digne des plus grands acteurs de telenovela, en expliquant que nous ne pouvons pas avoir de billet d’avion puisque nous ne savons pas la date exacte de notre retour en France et que nous comptons sortir du Panama par voie maritime. La préposée à l’immigration nous regarde alors sans ciller : il me faut une preuve que vous allez quitter le pays sinon vous ne pouvez pas rentrer.

Argh, ça pas être simple… Nous tentons d’autres approches, nous ré-expliquons la situation, toujours souriants et de bonne humeur : quedal.

Après quelques minutes et un sourire qui commence à tomber, elle nous demande notre billet d’avion aller… Pourquoi, j’en ai aucune idée, on lui explique qu’on est arrivés au Mexique, elle peut voir le tampon sur notre passeport, mais non, il lui faut le billet aller imprimé. Bien sûr on l’a que par mail et bien sûr, elle va pas nous offrir un accès internet… Mais même avec le billet aller, ce sera pas suffisant pour passer.

Je pense alors à la lettre de mon employeur m’accordant le congé sans solde. C’est en français, mais il y a mon nom et les dates. Elle examine le papier minutieusement, sans rien y comprendre manifestement, et pas question de lui traduire, elle refuse catégoriquement.

Le papier passe de mains en mains et après un suspens insoutenable, l’officier nous dit d’aller faire des copies de ce papier, d’un papier identique pour Laura et de nos billets d’avions aller jusqu’au Mexique.

Ouf ! Ça devrait passer, on galère bien à retrouver les papiers à imprimer dans le petit cybercafé du coin, où internet semble encore fonctionner avec un modem 56k, mais on y arrive !

Après encore un bon temps d’attente, nos passeports sont enfin tamponnés !

Ce passage de frontière entre le Costa Rica et le Panama nous aura donné du fil à retordre. Mais en même temps, on était pas tout à fait en conformité avec la loi, même si celle-ci peut sembler un peu absurde.

Petite précision si jamais vous allez à Bocas del Toro un jour…

Pendant les quasi 3 heures passées à cette frontière, un rabatteur nous a suivi de bout en bout, voulant nous aider dans les démarches, mais surtout nous convaincre de prendre son minibus. Au début nous n’étions pas du tout disposés à prendre un minibus, mais plutôt un bus classique, comme nous avons l’habitude. Mais à force de nous amadouer et surtout de baisser ses tarifs, nous nous sommes laissés tenter : « surtout, ne dites pas le tarif aux autres personnes dans le minibus » nous a-t-il chuchoté…

Donc si vous allez à Bocas del Toro, ça peut valoir le coup de prendre ces minibus qui sont directs jusqu’au port d’Almirante, d’où partent les bateaux. Nous avons payé 7 $ par personne (contre 10 proposés à la base).

En transports en commun, je ne sais pas le prix exact, mais ça doit être à peu prêt la même chose, car il faut prendre un premier bus jusque Changinola (2,50 $), puis un nouveau bus jusqu’au terminal d’Almirante (2-3 $). De là, soit vous êtes encore en forme et vous marchez à pied jusqu’au port, mais il faut compter une demi heure environ (on l’a fait dans l’autre sens). Soit vous prenez un taxi qui vous proposera bien sûr des tarifs « spéciaux », 5 $ par personne… C’est peut être négociable, mais de toute façon excessif (les locaux payent 2 à 3 $).

Total pour cette option : entre 5,5 et 10 $ selon que vous marchiez ou preniez le taxi.

Enfin, pour les bateaux allant d’Almirante à Bocas del Toro, comparez rapidement les différentes compagnies, elles ne pratiquent pas le même tarif pour exactement le même service. Nous avons payé 4 $ par personne, le trajet dure environ 30 minutes.

Récapitulatif des formalités administratives [Mise à jour 2016]

Apparemment le Costa Rica demande désormais une taxe de 7 dollars à la sortie du pays (mais pas de taxe d’entrée, enfin ça dépend du point d’entrée, certaines municipalités peuvent demander 1 $).

Aussi, le Panama continue le resserrement des conditions pour entrer dans le pays :

  • avoir 500 $ minimum sur son compte
  • disposer d’un vol retour (certains avec un billets de bus ont eu des soucis)
  • posséder deux photocopies de son passeport
  • l’entrée coûte désormais 1$

Et les autres postes frontière ?

Le plus fréquenté : paso canoas

Et pour cause, il est situé sur la panaméricaine. Il faudra vous armer de patience étant donné les longues files d’attentes qui caractérisent ce point de passage

Le plus tranquille : San vito / rio Sereno

Situé dans la cordillera Telemanca, ce poste frontière n’est pas ouvert toute la journée, mais bien plus paisible

NB : les informations que nous donnons sont à prendre avec vigilance, il n’est pas rare de voir des subtilités dans les formalités entre les différents points de passage, voire même selon le douanier que vous avez en face de vous. Mais c’est toujours mieux de savoir ce qu’officiellement on est en droit de vous demander…

Un passage entre deux paradis
La côte Caraïbes est connue dans le monde entier, à juste titre, pour ses plages et fonds marins de rêve. Mais si les îles remportent bien plus de succès que le continent, ce n’est pour nous pas justifié !

Entre Cahuita et Manzanillo côté Costa Rica et Bocas del Toro côté Panama, il n’y a guère que cette frontière qui troublera votre séjour au paradis…

Pour aller plus loin, si vous aussi vous voyagez sans billet retour, vous pouvez lire notre guide répertoriant les astuces pour passer les frontières sans anicroche.

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