Depuis le sud de l’Équateur, la voie royale pour aller vers le Pérou est de prendre la panaméricaine passant par Tumbes, amenant à la côte Pacifique. C’est facile, c’est rapide, c’est « l’autoroute des gringos ». L’alternative, c’est de passer par Zumba, rien que le nom de la ville frontière est une invitation à l’aventure, alors ça nous a forcément tenté. Nous n’avons pas été déçus…

Il est facile de comprendre pourquoi ce poste frontière est très peu emprunté : il faut deux jours pour rejoindre la première ville d’intérêt au nord du Pérou depuis Vilcabamba (une des villes les plus au sud d’Équateur), en passant par des routes non pavées, avec des transports parfois peu confortables. De plus, la montagne du nord du Pérou est très peu touristique comparée à la côte et surtout au sud du pays.

Alors pourquoi s’embêter vous dites vous ? Parce que le jeu en vaut largement la chandelle et qu’on est souvent récompensé lorsqu’on s’éloigne des sentiers battus.

Un passage de frontière Equateur Pérou au milieu de nulle part

Tout d’abord, départ en bus depuis Vilcabamba (ou Loja) jusque Zumba, le trajet dure environ 6 heures et coûte 7,5 US$. Le trajet est passé rapidement puisque nous avons eu le loisirs de donner des cours d’Anglais et Français à des ados en quête de mots d’amours à envoyer à leurs chéris. La route n’est pas encore bitumée sur la majeure partie, mais c’est en cours.

frontière équateur pérou
Cours d’anglais improvisé avec nos élèves. Les phrases que nous avons du traduire « Je t’aime mon amour, tu me manques, ma vie, … ». En partant, le petit garçon nous a gratifié d’un Hello. Pas sûr qu’il est suivi tout le cours.

Depuis cette petite ville du bout monde, il faut encore prendre une « ranchera », un camion/bus ouvert pour vous amener jusqu’au poste frontière de la balsa. Il n’y en a pas beaucoup et cela prend deux heures trente (1,75 US$) sur une route difficile, c’est tape-cul, mais cela vaut la peine :

camion frontière équateur pérou
Dans l’attente de prendre la ranchera à savoir une sorte de camion à bétail avec des bancs

En cours de route, au milieu de nul part, un check point. Un militaire nous demande de descendre du camion, nous nous exécutons.
Là, la ranchera commence à repartir… Évidemment nous faisons signe que nous devons remonter dans le camion, que nos sacs sont dedans (et de toute façon il n’y a pas d’autre transport après). Le militaire nous dit de pas nous inquiéter, le camion va revenir. Bon… pas trop le choix ! Les frontières sont toujours des endroits sensibles en Amérique latine, lieux de disputes territoriales et traffics en tout genre.

A partir de là, tout le monde se détend, les militaires tapent la discut’, nous parlent de leur vie, et vont même jusqu’à nous offrir des bananes ! Ils veulent qu’on ai une bonne opinion de leur pays, le meilleur évidemment…
Nous aurons le temps de savoir qui veut rester militaire de carrière ou non, de rencontrer le commandant du poste… avant que la ranchera ne revienne finalement nous chercher, pour nous emmener jusqu’à la balsa, vers 21h.

ranchera
Au coeur de la ranchera, c’est tellement tape cul qu’il est impossible de prendre une photo nette

La balsa, c’est deux boutiques et une cabane pour l’immigration côté Equatorien et un petit village côté Péruvien. L’atmosphère est très trèèèès détendue. Côté Péruvien il faudra quand même qu’on fasse le tour du bâtiment pour trouver quelqu’un et attendre que l’officier remette son tee shirt…

Depuis le poste frontière de la Balsa, encore beaucoup de chemin à parcourir…

Le hic de ce périple, c’est le transport de ce poste frontière jusqu’à la ville la plus proche côté Péruvien. Il n’y a que des taxis collectifs et leurs prix sont assez élevés. De plus, s’il n’y a pas assez de monde, pas le choix, vous devrez payer les places vides si vous voulez partir. Vu qu’il faisait nuit, pas d’autres passagers possibles, nous avons négocié pour payer l’équivalent de trois places au lieu de 4 (nous somme deux, vous suivez ?). On s’en est sortis pour 50 soles (environ 13 €) au lieu de 17 soles par personnes, pour environ une heure 15 de trajet accélérateur au plancher jusque San Ignacio.
Le chauffeur nous laissera dans une hospedaje dans le centre tout à fait correcte, la chambre double avec sdb coûtant 25 soles (7 €).

Mais le périple n’est pas fini avant de se rendre à Chachapoyas, petite ville tranquille dans la sierra qui cache de nombreux trésors à proximité.

Il faut tout d’abord se rendre à Jaen (3h en minibus – 12 soles), puis Bagua Grande (1h en minibus – 5 soles) et enfin prendre un dernier transport pour Chachapoyas (2h en taxi collectif, un peu plus cher – 18 soles mais bien plus rapide). Il faut chaque fois changer de gare routière, ce serait pas marrant sinon… Un moto-taxi fait bien l’affaire.

Une deuxième longue journée de transport en somme, complètement hors radar touristique sur une route d’une beauté incroyable, particulièrement à l’approche de Chachapoyas. Tout le trajet s’effectue en montagne, sur une route en bonne partie bitumée, parfois à travers des canyons très impressionnants. Sur la même route, nous avons croisé des étendues désertiques puis des rizières. Intriguant.

taxi frontière équateur pérou
Bon, autant vous dire que c’est une photo prise à l’arrachée depuis le taxi en mode fast and furious

C’est long de passer par ce poste frontière, mais on ne voit franchement pas le temps passer et toutes ces surprises en font une attraction à part entière.

Nous recommandons !

Si vous n’avez pas beaucoup de temps, le poste frontière le plus direct passe par Macara. Si vous allez au plus simple, des bus vous transportent de Loja en Equateur à Piura au Pérou, en 10h pour un tarif raisonnable de 12 dollars. Enfin pour vous rendre sur la côte nord du Pérou, il y a également l’option de passer par Tumbes (Haquillas / aguas verdes), qui vous permettra d’aller vers Mancora facilement. Mais attention, le no mans land fait trois kilomètres et ce passage à mauvaise réputation (corruption, faux taxis). Préférez donc les motos taxis et traversez à plusieurs si possible.

 

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