Être grand, c’est génial pour plein de situations. Attraper les bocaux en promo situés tout en haut des rayons, voir la scène du concert alors que le autres ne respirent que vos aisselles, entendre mamie vous dire « mais t’as encore grandi » à Noël alors que vous avez 36 ans, etc. Mais en voyage, ça peut se compliquer…
Entre les transports en commun interminables où l’espace entre deux sièges semble parfait pour un enfant de 8 ans et les lits sortis tout droit de blanche neige et les 7 nains, les grands ne sont pas toujours à la fête.

Alors du haut de mon mètre quatre vingt dix, qui n’est pas si haut que ça, je voulais déclamer avec ferveur toute mon empathie pour la confrérie des grands.

Chers grands dadais, levons nous (enfin si le plafond n’est pas trop haut) ! Luttons contre cette dictature du minimalisme, vive les lits de 210 cm !

Si au quotidien j’ai aménagé mon petit confort pour faire en sorte de pouvoir lever le menton bien haut, en voyage, ça se gâte facilement.

guide pratique voyageur de grande taille
Tapie dans l’ombre, le grand rôde…

Situation délicate pour le grand n°1 : l’avion

Bien que le trajet en avion soit somme toute limité dans le temps sur la totalité d’un voyage, c’est tout de même souvent le point de départ et d’arrivée, alors mieux vaut le soigner !

Problématique

L’espace intersiège a géométrie variable selon la compagnie aérienne peut induire des « ouille ouille ouille » dans les jambes et provoquer des « rooooo », voir des « pffff faites attention » de la part du voisin avant, pour cause de tapage de genoux dans le siège.

Des cas sévères ont été rapporté : des symptômes de « Aie, oh putain ! », lors du rabattage brutal du siège situé devant le patient grand.

Contournement ou diminution des facteurs de risque

Faire les yeux doux à l’hôte ou hôtesse d’accueil enregistrant vos bagages en vous redressant le plus possible. En usant de tout votre charme, vous obtiendrez peut être le sain Graal : les places situées à proximité des sorties d’urgence, qui disposent d’un espace plus important pour étendre ses jambes.
Si comme moi vous êtes accompagnés d’un rejeton, ces places vous sont désormais inaccessibles. Question de sécurité soit-disant… Moi je pense plus à un complot ourdi par les illuminatis.

Dans le cas d’une impossibilité d’obtenir ce placement tant espéré, les solutions de recours :

  • dans certains avions, prendre les premiers sièges de la rangée, vous serez collé à une paroi, mais vos genoux n’exploserons pas (attention, dans certains avions, c’est encore pire, pas d’espace pour les genoux et pour les pieds)
  • si l’avion n’est pas très rempli, dès que le signal lumineux s’éteint après le décollage, squattez comme un chacal les 4 sièges du milieu, ou deux sièges de côté
  • en ultime recours, prenez le côté couloir pour avoir au moins une jambe qui ne décédera pas
  • certains n’hésitent pas à la jouer « à l’aise blaise » en envahissant de leurs immenses guiboles l’espace du voisin. A vos risques et périls…
  • dernière recommandation dont votre serviteur use pour les voyages long courrier : opter pour les vols avec escale. Ils permettent de faire une « pause » pour se délasser et sont souvent plus économiques que les vols directs
La légende de la business class
Certaines personnes plus ou moins farfelues ou crédibles rapportent une légende étonnante. Il existerait au sein des avions, généralement à l’avant de l’appareil, un univers parallèle où les sièges disposeraient de tout l’espace nécessaire pour étendre ses jambes, et même s’allonger presque entièrement… Mais au même titre que le bigfoot ou la licorne, je reste sceptique : avec le nombre de grands qui voyagent, ça se saurait !

Situation délicate pour le grand n°2 : le bus, voir pire, le minibus

Nous ne sommes pas égaux devant le bus. Dans ce domaine l’anarchie règne et bien malin celui qui tire son épingle du jeu.

Le bus, c’est un peu le far west des temps modernes et les grands en sont les premières victimes (à lire sur un ton très grave et solennel, style reportage de zone interdite).

Problématique

Ce moyen de transport quasi incontournable lors d’un voyage peu provoquer des troubles de la circulation, voir du comportement chez les personnes de grande taille. Les paramètres sont très changeants selon le pays, la compagnie, la lourdeur de la bourse du sujet. L’espace alloué entre deux sièges pouvant aller de « wouah énorme », à « putain mais je vais jamais pouvoir m’assoir ».
Dans certains cas extrêmes, une double peine semble être prodiguée : le sujet se voit contraint de rester debout, le plafond lui intimant de se voûter dangereusement.

Contournement ou diminution des facteurs de risque

Oubliez toutes vos bonnes manières, en particulier en Amérique latine et en Afrique, et foncez pour obtenir à n’importe quel prix les meilleurs places, quitte à écraser une mamie ou gifler un gosse : la santé de votre dos en dépend !

Ces sièges tant convoités se situent généralement devant les sorties du bus : à côté du chauffeur, et au milieu du bus si une sortie secondaire existe. 4 places sur une cinquantaine.

Soyez prêts, il faudra être vil et vif.

Un ultime siège peut vous tendre les jambes : le siège du milieu de la banquette du fond. Le pied intégral, vos jambes n’en finiront plus de s’étirer, narguant les voisines engoncées.

Le cas échéant, les mêmes stratégies de substitution que pour l’avion s’appliquent (côté couloir, étalement…).

Le cas particulier du mini-bus ou taxi brousse
Ennemi ultime du grand, le mini-bus ou colectivo ou taxi brousse se caractérise par un taux de remplissage de passager au mètre carré absolument phénoménal. Vous aller prendre cher dans tous les cas, mais rassurez vous, vos voisins également.

L’aménagement de ces camionnettes de passagers étant aléatoire, difficile de vous donner des astuces.

Le plus courant est l’aménagement en trois rangées + strapontins et porte latérale coulissante. Dans ce cas, tentez de prendre la place strapontin située devant la porte. Avec un peu de chance, vous n’aurez pas le petit siège en bois supplémentaire comblant l’espace laissé vide. Mais attention, pour les vans à capacité illimitée, ce choix ne sera pas payant, des personnes mi debout venant sans doute s’assoir sur ce qui vous reste de mollets.

Non, la meilleure stratégie est sans aucun doute de viser les places de devant, à côté du chauffeur. Parfois il faudra donner quelques pièces en supplément, mais quel soulagement ! La promiscuité avec le gros moustachu à votre gauche et petit nerveux qui sue à droite vous importera moins si vos gambettes sont à la fête.

Situation délicate pour le grand n°3 : le lit

Oui les transports sont le point noir du grand en voyage. Mais ce n’est pas la seule situation délicate, qu’on se le dise messieurs dames ! Vous les bienheureux qui n’avez pas à vous soucier de la longueur de votre couchage.

Problématique

La longueur des lits n’est pas un standard universel. Bien que la norme soit d’environ 1m90 selon une étude personnelle extrêmement (non) documentée. Outre la qualité du rembourrage des matelas inversement proportionnel au prix de la chambre, certains gérants d’hôtels pervers osent insulter la congrégation des grands en raccourcissant les matelas, voir pire : ils ajoutent des pieds de lit à barreau ou autres panneaux en bois.

Le sujet se voir alors contraint de dormir les jambes dépassant d’un demi mollet du bord du lit, ou recroquevillées, provoquant des accès de mauvaises humeurs et flopées injurieuses que nous ne rapporterons pas dans cet article de haut standing.

Contournement ou diminution des facteurs de risque

Les solutions sont simples :

  • Vérifiez votre couche en vous allongeant dans la configuration technique dites « de tout votre long ». En cas de non conformité, fuyez respectueusement.
  • Si vous avez réservé à l’avance (pauvre de vous, un grand ne réserve jamais à l’avance !), tentez la disposition « diagonale » si vous êtes seul dans un lit double ou avec un partenaire très conciliant. Sinon, déposez le matelas au sol.

Mes chers frères et sœurs de grande hauteur, j’espère de toute la force de mon cœur blessé (trémolos) que ce message d’alerte sera entendu par les non grands, pour un monde meilleur, sans distinction de taille.

Puissent ces quelques observations d’une rigueur scientifique extrême vous apporter paix et sérénité. Tout complément ou remarque face à cette analyse sera bien sûr étudiée avec la plus grande rigueur, afin d’en faire bénéficier à notre mouvement de sauvegarde du grand voyageur, s’il s’avère pertinent (ou pas).

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