On a marché sur le paramo 3


Vous aussi vous rêvez de découvrir des planètes inhabitées, avec des paysages inédits, des plantes inconnues, une atmosphère bizarre ? Bonne nouvelle ! Pas besoin de voyage intergalactique, visitez le paramo, un biotope unique présent entre 3000 et 4000 mètres d’altitude dans certains coins des Andes. Et si ce n’est pas suffisant, vous pourrez découvrir une plage de sable blanc et même vous baigner au lac de Tota à 3000 mètres…

C’est dans la région du Boyaca en Colombie, après nos aventures aériennes à San Gil que nous avons découvert ce joyau naturel. La Colombie possède en effet 60% de la superficie de ce milieu si particulier présent uniquement dans les Andes, situé en zone tropicale entre la limite de la forêt et des neiges éternelles. Pour ne rien gâcher à l’affaire, nous sommes partis d’une zone peu touristique de la région et pourtant magnifique, sur les conseils de voyageurs rencontrés au Panama (merci Valérie et Thibault !).

Sogamoso, ville de taille moyenne située à l’ouest de la région est une bonne base de départ pour rayonner dans les environs. C’est pas beau, mais les gens sont vraiment accueillants et c’est pas cher… Bien sûr, il est possible de se baser dans l’un des charmants villages des alentours, bien plus tranquilles, mais moins pratiques pour les transports.

Parmi les attractions de ce coin, qui ne se résume pas au paramo, des villages coloniaux, un paysage escarpés de montagne et surtout la lagune de Tota.

lagune de Tota : Lac ? Plage ? Les deux !

Ce lac d’altitude (3015 m), le second en taille de Colombie, en plus d’être entouré d’une belle campagne à flanc de montagnes, possède un atout étonnant : un plage de sable blanc !

Plage du lac de Tota en colombie

Plage de la lagune de Tota

Se retrouver dans cet environnement plutôt frisquet sur une plage de sable blanc avec des eaux turquoises a quelque chose de surréaliste. D’ailleurs, les gens des principales villes alentours ne s’y trompent pas, beaucoup viennent camper le week end, faire un barbecue, se prélasser sur la plage, faire trempette pour les plus courageux, voire même faire un tour de scooter des mers…

Charbon, gâteaux, bâtisses coloniales, des villages aux spécialités étonnantes

Sur la route du retour, pour vous remettre de vos émotions, le village d’Iza vous proposera les fins de semaine un incroyable marché aux gâteaux ! Après 5 mois de voyage, ponctué des desserts pas toujours fameux, ce fut un vrai régal. La plupart des « postres » sont à base de génoise et de crème, agrémentés de fruits. On se demande comment ce marché  a débuté, mais c’est un vif succès, pour notre plus grand plaisir.

Le village d’Iza en lui même est assez mignon, vous pourrez également vous prélasser dans des thermes, l’autre spécialité du coin.

Mais ce n’est pas le seul village colonial qui vaut le déplacement, nous avons également visité Mongui, situé à une petite heure de Sogamoso. Village patrimonial, il est l’un des plus beaux de Colombie. Son église, le couvent et un pont de l’époque coloniale valent largement une visite.

village de mongui colombie oceta

Vue sur le village de Mongui

Vue sur le village de Mongui

 

Mais son vrai charme réside dans ses habitants, souriants, accueillants, simples. Peut être que nous aurions dû loger ici, il y a d’ailleurs quelques options intéressantes de ce côté.
Car Mongui, c’est aussi la base de départ pour le Paramo d’Oceta, la principale raison de notre venue dans les parages.

Un office du tourisme situé sur la place principale nous a fourni les informations nécessaires. Un guide est fortement conseillé pour aller dans le paramo, d’une part parce qu’il n’y a pas de sentier balisé et qu’il est très facile de se perdre (c’est arrivé à des touristes), et surtout parce qu’il vous montrera des petits coins secrets incroyables.

A 50000 cop (20 €) le guide pour la journée, nous allions sûrement nous laisser tenter quand un couple de colombiens en vacances est venu nous trouver (pas dur de nous repérer vu qu’on a pas croisé d’étrangers dans la région en 5 jours…). Ils souhaitaient justement visiter le paramo le lendemain. Parfait ! C’est encore mieux ainsi. Nous en profiterons pour aller avec eux jusqu’à un autre village prêt de Mongui le jour même, spécialisé dans l’artisanat avec du charbon : Topaga. Nous avions l’intention de pousser encore un peu jusqu’à la visite de moulins, mais la pluie nous a stoppés. Mais un chocolat chaud ou une agua de panela caliente, c’est pas mal non plus !

 

Le paramo d’Oceta, ça se mérite, mais c’est beau !

Le lendemain, c’est le jour de la grosse rando (8h). Nous sommes prévenus : nous partons de Mongui à 2900 m et irons jusqu’à 4100 m. Pour des sportifs, rien de bien méchant, mais ça fait quand même une belle grimpette pour nous. Heureusement, la montée est plutôt progressive et surtout, le paysage vous fait très vite oublier la fatigue.

Vue ultime de la balade

Vue ultime de la balade

Après quelques centaines de mètres, une fois sortis du village, notre guide Felix commence par nous montrer les cultures du coin, quelques plantes spécifiques et son chez lui. Il nous annonce alors un de ses autres métiers : conteur poète !

Il nous offre alors une déclamation de son cru, que nous ne comprendrons malheureusement pas très bien, mais la gestuelle, le ton dans ce cadre, c’était tout de même magique.

Après une bonne heure et demi de marche, nous arrivons enfin dans le paramo d’Oceta et là, nous en prenons plein les mirettes. Après 5 mois ponctués principalement par de la forêt tropicale dense, cette étendue montagneuse avec une végétation rase, fleurie, agrémentée de plantes étranges, de petites falaises, de canyons miniatures, dans une atmosphère propre à la haute montagne, c’est tout simplement incroyable.

Il y a beaucoup de milieux naturels extraordinaires et impressionnants, comme les déserts, les forêts tropicales, les grands canyons les îles coralliennes etc. mais nous en avons vu des tas d’images, des films mêmes. C’est bien sûr toujours différent en vrai, mais pas aussi dépaysant que le paramo, dont nous n’avions aucune image préconçue. La surprise en est d’autant plus grande et le plaisir avec. Ce paysage est certainement l’un des plus beaux que nous ayons vu, sûrement le plus surprenant, presque sorti d’un épisode de star trek.

paramo oceta colombie

Pour ne rien gâcher, lors de notre retour au village, Don Marco nous invite à déguster de l’agua ardiente, l’alcool phare en Colombie avec le rhum (60 ° la bestiole tout de même). Après une grosse marche sans beaucoup manger et 3 bons verres, notre Espagnol nous parait bizarrement plus fluide… Quelle région !

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Mais alors pourquoi est-elle si peu visitée ? La principale explication réside dans l’histoire récente du pays. Ce coin était en effet encore contrôlée par les FARC il y 5-6 ans. Il y a fort à parier que le tourisme va connaître un fort développement dans les années à venir dans ce coin. Alors si vous souhaitez découvrir cette perle avant de voir fleurir hôtels, restaurants, agences et tout ce qui va avec, dépêchez vous !

Infos pratiques – visite de Mongui et du paramo d’oceta

Ces informations ont été mises à jour en octobre 2016.

Hébergement à Sogamoso

Sogamoso est une ville centrale pour pouvoir rayonner par la suite. Des hôtels bon marché (hotel Miami 20000 cop – 8 € la chambre double) très corrects se situent autour du terminal de bus (ce qui s’avère pratique pour bouger tous les jours).

Si vous souhaitez un hôtel plus sympa, allez à la Finca San Pedro, on nous en a dit le plus grand bien.

Transports vers/depuis Sogamoso

Sogamoso-Mongui : bus toutes les 20 min depuis le terminal, environ 1h, 3800 pesos.

Sogamoso-Iza-Lago de Tota : le bus pour le lago de tota passe par Iza, vous pourrez donc faire les deux dans la même journée. 6500 pesos par personne pour le lago de Tota.

Guide pour le paramo d’Oceta

Pour le paramo d’Oceta, vous pouvez faire appel à un guide en contactant l’office de tourisme sur la place centrale. Nous vous recommandons Felix Montanes, guide/poète, joignable au 3107827469. Le tarif est environ de 50 000 cop pour le groupe (tarif qui peut être variable, à négocier sur place)

Pour garder en mémoire cet article, vous pouvez l’épingler avec cette image sur Pinterest !

Le paramo d'Océta en Colombie

Après cette étape rafraichissante, nous filons vers Villa de Leyva, sur les traces des dinosaures…

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A propos Seb

Jeune homme bien sous tous rapports aimant manifestement voyager. Accessoirement, entre deux voyages, je tente de sauver le monde en bossant comme animateur d'un réseau d'éducation à l'environnement. Heureusement, je suis pas tout seul, parce qu'il y a du boulot !


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3 commentaires sur “On a marché sur le paramo

  • Arnaud

    Merci pour cet autre article qui nous a bien servi !
    Honnêtement, au départ, j’étais moyen chaud pour y aller, venant de passer 6 mois en Amérique du Nord, je pensais ce type de « grand espace » un peu déjà-vu pour moi. Votre enthousiasme m’a convaincu, et je ne regrette absolument pas !
    Felix est toujours présent, nous sommes… Non, il est tombé sur nous et avons randonné avec lui jusqu’au Paramo, départ 6h, sous une pluie battante mêlée de quelques éclaircies, l’atmosphère était saisissante. Ce paysage est unique, surtout grâce à ces plantes d’un autre monde.
    La rando est loin d’être facile, mais Felix nous a bien fait passé le moment, notamment avec son poème sur…. le pet !
    Petit bémol sur le retour, Felix était davantage motivé pour revenir très vite au village trouver ses randonneurs du lendemain, qu’à partager ces dernières heures avec nous.

    Niveau prix : Felix prend toujours 50 000 COP, nous avons séjourné à l’hospedaje La Capella à Mongui (40 000 COP la chambre double), le bus Sogamoso-Mongui est passé à 3800 COP et le Sogamoso-Playa Blanca à 6500 COP.

    Le plus : prendre du queso campesino avec du miel ou des mûres sur la place (ça s’appelle Cuajada, je crois), dans la petite boutique à côté de l’office de tourisme, c’est la magie ! Son queso con bodadillo est au top aussi.

    • Laura

      Merci beaucoup arnaud pour ton commentaire qui nous fait sacrément plaisir. Je suis bien contente d’avoir contribué à ce que vous puissiez découvrir ce si bel endroit. Dommage que Félix n’ai pas été aussi disponible que pour nous. Je prends note des différences de tarifs, ça va nous permettre de faire une mise à jour, c’est super sympa d’avoir pris le temps de nous donner ses précisions. On avait également goûté le fameux fromage mais j’avoue que je n’avais pas trop aimé cela. Mais c’est un goût assez étonnant alors effectivement il faut y goûter ! Je vous souhaite un très bon voyage.