Il est de drôle de signe de la vie, de ceux qui malgré toute notre rationalité ne peuvent être perçu comme le fruit du hasard. Ces petits signes de la vie qui ravivent les blessures et les soignent à la fois.

Il faut croire que les capitales sud américaines avaient des choses à me dire, les pires comme les meilleures. Ce n’est donc peut être pas une coïncidence non plus si nous en avons évité quelques unes.

Avant d’arriver à la paz, de drôles de signes

Arrivés en Bolivie, nous avons suivi le circuit tout tracé. Fatigués, en manque de temps et saison des pluies obligent, nous avions décidé de nous cantonner à la partie ouest et sud du pays.

Premier arrêt sur l’Isla del Sol où Seb vous a conté les légendes et l’histoire du lac titicaca.

Ce qu’il a omis de vous dire c’est que des phénomènes très étranges (sur le moment) commençaient à s’emparer de moi.

graff street art la paz
Quel est ce mal qui prend possession de moi ?

Premièrement une fatigue intense, mise sur le coup de l’altitude, qui me plongeait dans les bras de morphée dès 20h. Une mouche tse tse aurait-elle profité d’une minute d’inattention pour m’inoculer sa célèbre maladie ? Seb s’étonne et en profite pour s’accaparer l’ordinateur.

Deuxièmement, mon sens de l’odorat commence mystérieusement à devenir sur-développé. Les odeurs me sautent au nez violemment et si insinuent durablement. Nous serions nous retrouvés dans une série télé ? Serais-je devenu un personnage de Heroes ? Dans ce cas, je suis un peu dégoûtée (c’est le cas de le dire) car ce super pouvoir ne sert à rien, à part subir de foudroyantes nausées. Dans la loterie des supers habiletés, je me suis fait arnaquée.

Troisièmement, je ne respecte plus mon rôle de testeuse locale de spécialités culinaires. Je ne peux plus voir la bouffe sud américaine en peinture, la soupe me révulse et pendant trois jours mon estomac ne réclamera qu’à corps et à cris des hamburgers-frites.

spécialité bolivienne
Une petite spécialité bolivienne, euh non merci !

De ces trois symptômes, mon Dr house improvisé et moi-même en tirons trois hypothèses de diagnostic :

– Une tourista-sympa, forme très rare de tourista qui vous épargne des allers retours fréquents aux toilettes à l’hygiène douteuse, d’où son nom.

– Une voyagite aiguë, maladie répandue chez le voyageur au long cours qui a trop bougé et a voulu en faire trop. Trop fatigué, il devient blasé et las.

– Une peruanite infantile, affection qui atteint quelques couples désireux de faire un enfant et qui ont commencé « à s’y mettre » dans ce fameux pays.

Aveuglés par l’évidence, nous penchons pour le moment pour la voyagite aiguë et continuons notre route (naïf que nous sommes) jusqu’à La Paz

A La Paz, c’est plutôt l’agitation que la paix

Mon super odorat me lamine complètement, aux odeurs de gaz d’échappement se combinent la friture et les odeurs d’encens chelou.

Marché "aux sorcières" de la paz
Marché « aux sorcières » de la paz et ses senteurs étranges

La visite du marché (qui est pourtant hyper soft en comparaison du marché de San Pedro à Cusco) est une épreuve.

marché baby foot la paz
Le seul coin du marché qui trouve grâce à mes narines, le coin baby foot inodore !

Ma seule question durant ces journées passées à la Paz sera : « mais qu’est ce que je vais bien pouvoir manger ? ». On trouve finalement refuge dans un petit snack pour touristes où ma manie des hamburgers cédera la place à celle des salades composées.

La marche est rendue difficile par l’inclinaison des rues et l’altitude. Ne pouvant crapahuter dans toute la ville cela nous donnera l’occasion de faire du shopping pour la famille et les amis.

D’ailleurs, même si cela porte bonheur, nous avons fait l’impasse sur le fœtus de lama en guise de souvenir (c’est pourtant ce que nous avons vu le plus).

lamas séchés marché sorcières la paz
Après enquête, nous apprenons que ces lamas séchés portent bonheur lorsqu’ils sont enterrés dans une nouvelle construction. Sympa !

Les drôles de symptômes persistants malgré un repos acharné, nous ne pouvons qu’opter pour une autre hypothèse. La première s’avérant improbable (une tourista qui ne te mène pas aux toilettes… franchement !), nous commençons sérieusement à pencher pour la péruanite infantile.

Mais c’est pas possible  ! On a juste essayé une fois ! On peut pas être aussi balèze tout de même. Après quelques tergiversations, nous décidons de faire un test, tant pis si c’est trop tôt, ça coûte que dalle ici (on est vraiment des romantiques hein !)

Notre test de grossesse à 1€ en poche, direction l’hôtel… Je vous passe les détails de la complexité de faire entrer une goûte de mon précieux liquide dans une micro pipette.

Seb tambourine à la porte des toilettes, tente à plusieurs reprises de faire coulisser la porte, je la retiens tant bien que mal, je suis quand même dans une posture peu flatteuse (on oubli pas sa dignité même en ces moments là).

Après avoir vérifié auprès de Seb les consignes, je laisse glisser un Oh putain (qui ne laisse pas de doute à Seb, quoi que…). Rigoureuse jusqu’au bout, j’attends sagement les 3 minutes réglementaires avant d’ouvrir la porte et de confirmer ce que nous espérerions en secret depuis ces quelques jours.

Oui, on va avoir un bébé !

On a l’air tout bête, pantois mais heureux dans notre chambre d’hôtel de la Paz.

futur papa heureux
Un futur papa heureux, il est content !

Qu’est ce qu’on est censé faire après une nouvelle comme celle là ?

On a envie de le crier à la terre entière, de partager ce bonheur qui nous arrive dans une période à la fois magique (celle du voyage) mais douloureuse (le deuil des personnes qui nous ont quitté).

Et c’est là la magie du voyage puisque nous nous étions justement liés d’amitié pour un couple de français, Nico et Chacha, depuis 2 jours. Nous avons rendez-vous dans quelques heures au bar de l’hôtel.

Nous ne tardons pas à leur annoncer la nouvelle. Je n’oublierais jamais l’émotion et l’empathie qu’ils nous ont communiqué. Se rendre compte qu’on peut partager des choses aussi intimes et essentielles, de manière si forte avec des personnes qu’on connaît si peu, cela à une dimension vraiment spéciale.

Après la paz, on the road again, again 

Après, il faut avancer, le voyage continue mais à trois ! Je vous raconterais peut être les aventures et déboires d’une femme enceinte en voyage car cela peut arriver, j’en suis la preuve.

Pour ceux qui se poseraient la question car ce fût celle des voyageurs rencontrés : oui c’était voulu ! C’est juste qu’on pensait pas être si… comment dire… efficaces !

J’aime l’idée qu’il ai décidé d’arriver en cours de route pour nous accompagner dans cette expérience incroyable qu’est ce voyage.

J’aime l’idée qu’il va traverser de nombreuses frontières sans passeport en se moquant des conventions internationales.

J’aime l’idée de ramener un petit clandestin en France.

J’aime l’idée qu’il se soit manifesté à nous sur l’île du soleil et que nous avons appris son existence dans une ville dont le nom est la Paz (la paix).

J’aime l’idée que cet enfant naisse avec déjà une sacrée jolie histoire. Ce sont de jolis signes qui résonnent en moi, qui me font sentir que c’est le camp de la vie qui est en train de gagner. Que ça ne devait être que lui.

Je me sens plus forte quoique déboussolé. Je suis un culbuto émotionnel. Et même si c’est difficile de vivre ce moment là maintenant, je me sens chanceuse et heureuse.

Et enfin, pour l’anecdote, dans les alentours de sa conception, nous avons joyeusement randonné sur un parcours qui s’appelle la laguna 69… mais ça on attendra un peu pour lui raconter.

 

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