Mini guide de survie : voyager en bus ! 8


Que ce soient les anciens bus scolaires béliziens, les cars maxi classe de Turquie avec service à bord, les minibus, les taxis collectifs sénégalais, les engins improbables qui n’ont pas de nom, il faut bien y passer lorsque l’on entreprend un voyage dans un pays et que l’on souhaite l’explorer. A moins de disposer de son propre véhicule bien sûr… Mais nous partirons de l’hypothèse que vous devez utiliser les transports en commun pour ce guide pratique sur les transports en voyage.

Croyez moi, je sais ce que signifie voyager en bus en voyage. Mon record aura été de prendre un « car rapide » (ils ont de l’humour au Sénégal) pendant 24h pour faire tout le tour du Sénégal car celui-ci était fâché avec la Gambie son voisin, ce qui nous a empêché un raccourci considérable.

Après de douces et reposantes journées passées dans un endroit de rêve, il nous faut bien souvent consacrer une journée entière de transport pour retrouver un autre paradis… Entre temps, ça peut être l’enfer.

Alors comment survivre à ces journées en bus ? Voici quelques conseils

1 – Oubliez votre montre, le temps n’existe plus

Le meilleur moyen de trouver que le transport est interminable, c’est bien de regarder l’heure sans arrêt et de se demander « Quand est-ce qu’on arrive ? »

Mettez vous dans la tête que vous arriverez bien un jour mais ne vous fixez pas d’horaires précis, vous serez moins déçu à l’arrivée. Dans certains pays, il faut parfois attendre plusieurs heures pour que votre bus partent enfin (le temps qu’il se remplisse), ou pour certaines destinations, il y a peu de transport et les correspondances ne sont pas toujours à votre avantage.

 Profitez en pour observer la vie d’une gare routière.

Distra - Licence creativecommons.org

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2 – Habillez vous en conséquence

Je ne vous ferais pas le couplet sur le fait qu’il faut être habillé confortablement blablabla, ça va de soi. Deux petites choses à penser tout de même :

Quelle température va-t-il faire dans mon véhicule ? Au Mexique par exemple, les bus sont over-climatisés, si vous ne voulez pas finir congelé, prévoyez un pull et couvrez vous les jambes et les pieds au risque de perdre un orteil.

Au contraire, si vous êtes dans un collectivo blindé, sans air conditionné mais avec les fenêtres ouvertes, la chaleur sera supportable mais considérez que vous partagerez sans doute votre sueur avec le monsieur d’à coté… Prévoyez aussi de vous attachez les cheveux car ça souffle dur et je vous dit pas le travail après 5h de route, ça évitera aussi au voisin ou à la voisine de se les prendre en pleine face (ça fait super mal un jet de cheveu dans l’œil).

Dans les transports en mode boite à sardine, vous allez être collé-serré donc je vous déconseille le décolleté ou le mini short si vous ne voulez pas être reluqué de très (très) près.

3 – Apprenez les rouages des gares routières

Chaque gare routière est unique mais elles ont souvent en commun d’être dans une effervescence perpétuelle. Elles constituent une des étapes stressantes dans la vie du voyageur qui doit alors comprendre ses ficelles rapidement.

Dolanh - Licence creativecommons.org

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Si vous êtes dans une gare routière bien organisée, avec des guichets, des compagnies identifiées, ce sera très simple. De plus, il y aura moins de risque que les prix soient différents. En revanche, le guichetier aura souvent la fâcheuse tendance de vous proposer les bus de première classe.

Demandez donc ce que vous souhaitez réellement en fonction de votre envie et de votre budget.

Si vous êtes dans une gare routière en mode « C’est la loi de la jungle », voici quelques clés de compréhension et des conseils pratiques.

Adam Cohn - Licence creativecommons.org

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  • A votre arrivée à la gare routière, vous serez très vite repéré et beaucoup de personnes viendront vous demander votre destination et vous indiquer le bus qu’il vous faut ! On les appelle : Les rabatteurs. C’est bien (si vous êtes complètement paumé) et c’est moins bien aussi (quand vous n’aimez pas que l’on vous presse).

Sachez juste que si vous suivez un rabatteur, vous paierez un peu plus cher, pour le service qu’il vous rend et car il touche une commission. Ne soyez pas naïf, il n’y a pas de mecs dans les gares routières qui attendent juste les touristes dans l’espoir de leur rendre service.

  •  Renseignez vous avant sur les modes de transport (et leur prix) existant pour votre destination.

L’arnaque n°1 consiste à vous dire que le bus que vous souhaitez prendre vient de partir ou n’existe pas. Et que par conséquent, êtes dans l’obligation d’opter pour celui que l’on vous propose

  • Prenez votre temps une fois à la gare routière, ne suivez pas la première personne, y’a pas le feu !

Pour vous embobiner, l’arnaque n°2 consiste justement à vous stresser afin que vous réfléchissiez le moins possible. Regardez autour de vous pour repérer les bus qui attendent avec les destinations écrites dessus ou les différentes officines. Dirigez vous vers l’endroit où votre destination est mentionnée et demandez des infos aux personnes présentes. Vous vous rendrez souvent compte que le bus dont on vous avait juré l’inexistence part en réalité dans 5 min.

  • Demandez toujours le prix avant de monter et vérifiez que cela correspond à ce que les autres passagers paient (si ça vous semble un peu élevé).

Si le prix n’est pas le même, négociez et demandez le prix local. S’il ne veut pas, faites mine de partir… Dans 90 % des cas, il vous rattrapera et vous paierez comme les autres. Pour les 10 % restant, soit vous êtes bornés et vous tentez un autre bus, soit vous cédez car l’écart n’est pas dément.

  •  Lorsque vous aurez choisi votre bus, d’autres personnes peuvent vous solliciter pour vous aider à porter vos bagages, ce sont les porteurs. si vous acceptez leur aide, ils attendront quelque chose en retour puisque c’est leur boulot, prévoyez donc de la monnaie.

Cependant, sans vouloir sombrer dans la paranoïa, je reste assez prudente et je ne confie jamais mon sac à quelqu’un. On peut parfois être assez loin du bus en question, et notre sac peut partir assez vite sans qu’on puisse le suivre, étant donnée l’effervescence du lieu. Les seuls cas où j’accepte de l’aide c’est pour monter mon sac sur le toit et dans ce cas là c’est souvent le chauffeur ou l’apprenti du bus qui s’en charge. Je ne vous conseille d’autant plus de ne pas laisser votre bagage car il existe de « faux porteurs » ou « non officiels » qui s’immiscent dans ce joyeux bordel et qui peuvent vite se carapater avec vos effets personnels ou les mettre dans un autre bus (pour vous forcer la main) sans que vous ayez un recours possible.

Déposer soit même son sac dans le bus, c’est l’assurance de savoir exactement où il se trouve et d’y jeter un coup d’œil de temps en temps durant le trajet.

  • Payez votre ticket dans le bus (c’est ce qu’il se fait dans la plupart des cas dans les gares routières bordéliques)

Il n’y a pas vraiment de règle générale, cela dépend pas mal des pays et des gares, mais il n’est pas rare qu’on vous demande un prix bien plus élevé dans l’officine de la compagnie de bus… C’est le cas dans la plupart des pays d’Amérique centrale notamment.

De manière générale, n’hésitez pas à demander aux autres voyageurs comment cela se passe. Par exemple, ils vous apprendront que ce bus n’a pas d’horaire fixe, qu’il n’est pas direct ou le tarif réel…

4 – Apportez à manger et à boire mais laissez vous surprendre

Pondspider - Licence creativecommons.org

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Un de mes grands plaisirs en voyage est la découverte des nombreux mets de street food que les vendeurs ambulants vous proposent dans les bus à toute heure de la journée. C’est pas cher et c’est souvent bon. Vous verrez vous y succomberez vous aussi car les vendeurs s’enchainent tellement qu’à force cela pique votre curiosité et votre gourmandise.

Plusieurs modes de ventes ont cours en fonction des bus et des pays :

  • Les vendeurs qui montent à bord (ce qui signifie qu’il y a un couloir accessible et que vous êtes donc déjà dans un bus pas trop pourri) et font le tour des voyageurs pour proposer leur délice.
  •  Les vendeurs « à la fenêtre », qui profitent d’un très rapide arrêt pour vous tendre eau, sodas, fruits, sandwichs et plats locaux. Là il faut se décider très vite d’autant plus que c’est la bousculade entre les vendeurs qui jouent des coudes pour réussir leurs ventes. Parfois, vous attrapez un soda dans une main et vous ne savez plus à qui le payer. Un conseil, ayez de la monnaie, car le temps nécessaire pour faire le change est très court et vous risqueriez de repartir sans.
  • Les échoppes sur le trottoir pour choisir plus tranquillement ce que l’on souhaite déguster lors des pauses (pour les trajets longs).

Faites confiance à votre intuition pour détecter ce qui n’a pas l’air très frais et donc l’éviter !

En conclusion, n’ayez crainte, si vous n’avez pas prévu votre pique nique, il viendra jusqu’à vous !
Quoique… Encore une fois, selon les cas, il peut être prudent d’avoir de l’eau et quelques victuailles de réserve pour les trajets longs. Il nous ai arrivé plusieurs fois d’être bloqués au milieu de nulle part plusieurs heures.

5 – Dans le bus ouvrez grand vos yeux… et vos oreilles

 Une des meilleures façon de faire passer le temps est bien sûr d’observer le paysage défiler.

Bien sûr l’intérêt sera différent en fonction des trajets, la monotonie de certains paysages sur 5h de route peut parfois être barbante. Cela vous permettra néanmoins de rester à l’affût de votre destination de descente. Si vous avez peur de rater votre arrêt, demandez à l’apprenti (qui récupère l’argent des billets) de vous indiquer le moment où vous devrez vous dire adieu.

_DSC2660_floresN’oubliez pas qu’il y a d’autres passagers et que vous pouvez donc aussi tapez la discut’ avec eux. N’hésitez pas à poser des questions sur des choses que vous venez de voir et que vous ne comprenez pas, vous aurez des infos précieuses que vous ne trouverez pas dans votre guide.

Un dernier conseil pour la route

  • Choisissez le mode de transport qui correspond à votre état d’esprit (quand c’est possible bien sûr).
  • Si vous êtes patraque, de mauvais poil ou que vous voulez tout simplement plus de confort et que vous avez le budget, préférez des transports touristiques ou des bus de première classe (dans beaucoup de pays, il y a plusieurs catégories de bus).
  • Si vous êtes pressés, privilégiez les bus directs et non pas ceux qui vont s’arrêter pour prendre de nouvelles personnes sur la route. Il faudra alors peut être davantage anticiper et vous renseigner sur les horaires.
  • Si vous voyagez de nuit en Amérique du sud, ce qui est une bonne idée vu les distances parfois énormes, privilégiez les bus « cama » ou au moins « semi cama ». Les sièges s’inclinent respectivement à 160° et 140°. Vous pourrez a peu près dormir pour seulement quelques sous en plus. Vu que vous économisez une nuit d’hôtel, ça vaut largement le surcoût.
  • Enfin, si vous êtes patient, prêt à partager votre sueur, avoir mal aux fesses pendant quelques jours et que vous avez envie de discuter et de tester l’ambiance locale, prenez les transports locaux populaires. Je caricature bien sur car dans beaucoup de pays comme le sud de l’Amérique du sud par exemple, même les bus bons marchés sont très confortables.

Vous pourriez même avoir de grosses surprises, de celles qui vous font sourire après l’événement, comme cette fois où nous nous sommes retrouvés coincés en pleine nuit par un glissement de terrain au Pérou

Bonne route !

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Voyager en bus, un jeu d'enfant !

Voyager en bus, un jeu d’enfant !

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A propos Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.


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