A quelques jour de Noël, nous étions en Colombie, nous avions prévu d’aller à Cali pour ses férias mais l’appel de la route a été le plus fort. Ainsi comme par un heureux hasard, nous voici à Otavalo en Equateur, célèbre pour son marché artisanal.

Otavalo, 8 ans plus tard

Il y a 8 ans, nous étions passés par là, juste avant de repartir en France. Venus davantage pour la laguna de Cuicocha que pour son marché, nous étions tout de même repartis avec de nombreux souvenirs.

Dès les premiers instants, nous tentons de retrouver les sensations, de reconnaître les lieux, d’analyser ce qui a pu changer. Le marché est identique, coloré, dense et tentant. Les rues de la ville nous semblent bien différentes, de larges boutiques de « ropa americana », des jeunes en jeans, quelques graffitis, cohabitent désormais avec les « anciens » en habits traditionnels.

tag otavalo murales

Si vous avez l’œil, vous remarquerez très vite que le port d’une longue natte est ici unisexe. C’est une des spécificités des habitants d’Otavalo. Il parait même qu’une loi interdit aux coiffeurs de couper la natte d’un mineur sans l’aval de ses parents et ce de manière à préserver les traditions. Cela n’empêche pas à certains ados d’arborer fièrement les coupes catastrophiques imitées de célèbres joueurs de foot (la coupe mulet quand tu nous tiens !).

Mais fini la digression capillaire ! l’idée est de vous raconter un noël à Otavalo vu par deux gringos en mode observation.

24 décembre, le cœur en vrac, une cascade d’émotion

Avant de vous raconter ce fameux noël, il est bon de savoir mon état d’esprit du moment pour mieux comprendre ce qui va suivre. Je n’ai jamais vraiment aimé les fêtes de fin d’année. Elles me font toujours penser aux personnes de ma famille qui nous ont quitté et qui ne sont plus là pour profiter de ce joyeux moment. Cette année, plus que jamais. De plus, nous sommes tous les deux loins de nos parents et malgré quelques tentatives d’appel via viber (fichu réseau wifi), l’absence est bel et bien là. C’est donc dans une drôle d’humeur entre tristesse et curiosité que nous appréhendons ce noël.

24 décembre au matin, rien de spécial, la vie semble suivre son cours sans une effervescence particulière. Les vendeurs du marché artisanal déballent comme chaque matin leur montagne de marchandises nonchalamment, les boutiques ouvrent assez tard. Les décorations de Noël se font relativement discrètes en comparaison de la Colombie.

Le charmant sourire de la vendeuse m'a convaincu, je suis repartie avec un foulard
Le charmant sourire de la vendeuse m’a convaincu, je suis repartie avec un foulard
A la folie consumériste de Noël, je repart avec deux doudous en alpaga pour deux charmants bébés
A la folie consumériste de Noël, je repart avec deux doudous en alpaga pour deux charmants bébés

Enfin si, quelque chose nous surprend grandement, cela n’a surement rien à voir avec les fêtes de fin d’année mais pour prévenir de leur passage, les éboueurs locaux diffusent la même musique que celle de notre marchand de glace d’enfance. Un joli leurre.

En attendant la soirée, nous décidons d’aller nous balader dans un village proche et sa célèbre cascade. On y croisera quelques familles en vacances et on entendra quelques chants de noël sur la place du village, mais rien de plus.

peguche église noël équateur
Sur la place de Peguche seuls les chants de noël diffusé par l’église trouble le silence
Un dernier cadeau utile pour un gringo ... de l'antimoustique ou une mignonette ?
Un dernier cadeau utile pour un gringo … de l’antimoustique ou une mignonette ?

En revenant, on commence à détecter une petite activité dans le parc central, une crèche s’installe et des tribunes également. Un monsieur m’explique qu’il y aura un concert la nuit. Notre programme de Noël consistera donc à trouver un resto un petit peu plus élaboré qu’à l’accoutumé et à profiter de l’ambiance du parc centrale. Au menu de l’assiette, un légère soupe, de la dinde sauce langoustine et ses pommes de terre, et en dessert de la glace qui a un goût très prononcé de lait à la limite du fromage. C’est très étrange. En bon français, on s’est même offert un verre de vin rouge, à la fois fort en bouche et légèrement sucré… une découverte.

repas noël
Un repas de noël light, ça change

Au menu côté fête, nous avons assisté à une partie de la messe, où les enfants déguisés en ange n’avait pas pour autant un comportement exemplaire. Ils se battent tous pour avoir une de ces bougies pétillantes impossible à éteindre. Leurs étincelles éclairent joliment leurs visages et effraient au passage les plus jeunes.

L'église est pleine à craquer
L’église est pleine à craquer

Puis changement d’ambiance, nous assistons au concert, un peu de salsa pour réchauffer le cœur. Les vendeurs ambulants de barbe à papa, de brochettes ou de jouets profitent de cette allégresse. Fait surprenant, les boutiques ainsi qu’un marché de fringues attirent encore jusqu’à 23h une foule importante. A cette heure là en France, y’a pas un chat dans les rues et le repas pantagruélique se poursuit.

La friperie continue même à 22h un soir de Noël
La friperie continue même à 22h un soir de Noël

Ici, il y a également un repas pour Noël mais celui ci est plus basique et surtout il ne dure pas des heures. En revanche, la famille se réunit pour prier, lire et chanter des textes religieux durant ce que l’on appelle la novena (les 9 jours précédents noël).

Nous voyons aussi de nombreuses femmes portant un petit panier contenant un nourrisson (en plastique) symbolisant jésus. Elles le porteront jusqu’à la crèche en temps voulu.

Nous sommes étonnés de voir l’église du parc central fermée. Et la messe de minuit alors ? Pas d’inquiétude, elle aura lieu au même endroit que le concert pour conclure les festivités et son public n’en sera que plus large.

eglise otavalo

Conclusion de ce noël en Équateur, il aura été gai mais discret, exactement ce qu’il nous fallait pour le passer le plus en douceur possible. Et sans excès !

25 décembre, un lac à l’ambiance familiale : le lago pablo

Le lendemain, pour faire passer la dinde et la glace goût fromage, nous sommes simplement allés nous balader près du lago Pablo où un groupe de villageois s’est presque battu pour nous indiquer le chemin. Ils s’étonnent aussi qu’on leur souhaite un joyeux noël. Arrivés au lac, nous trouvons une ambiance joyeuse et familiale, quelques équatoriens font une micro balade de 10 min à cheval, les plus courageux affrontent le vent à bord d’une lancha pour admirer le lac et la vue sur un magnifique volcan.

Concept original à Otavalo : le parking à vache
Concept original à Otavalo : le parking à vache

Mais cette petite marche nous a finalement creusé et pour le 25 ce sera un énorme plat de nouilles chinoises.

plat chinois équateur
Un doggy bag nous a été nécessaire pour en venir à bout le soir

Prochaine étape, nous retournons à Cuenca et son sublime parc El Cajas

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