Un nouvel an à Vilcabamba


Au départ de notre voyage, nous n’avions aucune idée de l’endroit où nous passerions notre nouvel an. Aucune importance, la route se chargerait de nous déposer dans un lieu sympa. Et ce fût le cas.  Après un Noël à Otavalo, puis quelques jours autour de Cuenca, nous voici à Vilcabamba au sud de l’Équateur. Une halte pour nous reposer et passer le nouvel an avant de commencer notre voyage au Pérou.

Vilcabamba, un village atypique d’Équateur

Tout d’abord plantons le décor. Vilcabamba est un village bien curieux. Réputé pour la longévité de ses nombreux centenaires qui demeurent un mystère malgré les études en cours, il attire de nombreux voyageurs qui choisissent même de s’y sédentariser pour certains d’entre eux. Ce mélange d’équatoriens et d’expatriés donne une ambiance singulière à ce lieu. Le village est petit mais cela ne l’empêche pas d’être doté  d’une boulangerie française, d’une crêperie (aussi française), de restaurants aux influences diverses ainsi que d’un bar à jus de fruits bio et trendy prisé des américains.
Géographiquement parlant, il est entouré de montagnes. Son altitude modérée lui permet de jouir d’un climat agréable, ni trop chaud, ni trop froid.

Vue sur Vilcabamba

Vue sur Vilcabamba

En préliminaire de ce réveillon, nous avons passé quelques jours à faire de petites balades aux alentours (rien de bien violent) ou à buller tout simplement. Il faut dire que ce lieu invite à la paresse (d’autant plus qu’il y a souvent une piscine dans les hostals).

Les drôles de Monigotes où l’art de la caricature

Puis le jour J arrive, un petit tour en fin d’après midi pour détecter les premiers  soubresauts de la fête. Il ne tardent pas à arriver sur le perron des maisons. De drôles de personnages en papier mâché affublés de vieux vêtements accueillent désormais les visiteurs de passage. On les appelle ici, les monigotes ou munecas (poupées). Ils caricaturent essentiellement des personnes publiques et de préférence les hommes politiques. Une manière divertissante et drôle de dénoncer ce que l’on aimerait plus voir se reproduire pour la prochaine année.

On trouve également des versions de Monigotes moins subversives et plus enfantines à savoir la reproduction de personnages fictifs tels que Mickey, Spiderman ou Homer simpsons.

Monigotes anciens et modernes

Monigotes anciens et modernes (Homer simpsons, batman et spiderman)

Une maison décroche la palme avec son stand qui montre quelques politiciens reconvertis en proctologue (vous aurez compris le message). Pour ceux qui n’auraient pas cerné la nuance du propos, de nombreuses affiches détaillant l’objet de la contestation peuvent être lus.

Où comment dire ce qu'on pense de la politique de manière imagée

Ou comment dire ce qu’on pense de la politique de manière imagée

A minuit, ces monigotes subissent un triste sort, mais nous n’en sommes pas encore là.
Cette tradition existe aussi dans d’autres pays d’Amérique du sud mais semble bien plus vivante en Équateur. Les monigotes sont aussi utilisées lors de manifestations ou de contestations politiques.

Quelques bombas à esquiver

Sur la place du village, une estrade est montée. Bonne nouvelle, un concert aura bien lieu ! En attendant, les restaurants et stands de rues sustentent les passants qui attendent le début des festivités. Les enfants eux n’ont pas attendu le lancement. Comme partout en Amérique du Sud, qui dit fête dit pétards et feux d’artifice. Ça explose dans tous les sens, on déjoue ceux qui pourraient se retrouver à nos pieds pour atteindre une zone de neutralité histoire d’analyser la situation.
Seb reste pantois devant un gosse un peu benêt qui essaye désespérément de faire péter les siens. Le problème ? Une fois allumés, il les lance dans la fontaine. Oui, dans l’eau c’est plus compliqué !
Nous lançons des pronostics sur le nombre de fois qu’il lui faudra pour enfin comprendre le pourquoi du dysfonctionnement. Résultat : cet enfant n’est vraiment pas futé, mais il aura fini par nous attendrir.

Pinchos et papas où comment se faire des amis de toutes sortes

Souhaitant profiter de l’ambiance, nous dégustons des brochettes de viandes (pinchos) et galettes de pomme de terre délivrées d’une main de maître par un vendeur de rue, sur le parc central. Au passage, on se fait quelques amis poilus qui dévoreront les restes.
Le hasard faisant bien les choses, pour faire passer le tout, nous sommes invités à boire un digestif local. Il aura suffit d’un petit geste de la main que nous attrapons au vol pour nous retrouver à l’arrière d’un pick up à déguster un alcool de Cuenca (dont nous avons aussitôt oublié le nom).

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Alfonso, après les quelques questions d’usage habituelles (d’où venez vous ? En vacances ? Vous n’avez toujours pas d’enfant ?), se chargera consciencieusement de ne pas laisser nos palais secs. Alcool aidant, la discussion va bon train. On apprend que sa femme l’a quittée car elle le trouvait trop vieux pour lui faire suffisamment bien l’amour (il tente de mon côté, voir si je ne suis pas trop difficile mais Seb a vite fait de lui faire comprendre que la place est déjà prise). Il nous fait la promotion de son village, non loin de là, qui selon lui mériterait davantage d’être connu.
Seb s’est carrément installé à l’arrière du pick up et a entamé une discussion écologique avec l’acolyte d’Alfonso. La bouteille étant bien entamée, je ne préfère pas relater les propos. Sur le plan éthylique cela tenait la route, sur le plan scientifique, beaucoup moins.
Les deux hommes sont conduits par de jeunes hommes (sûrement leurs fils) s’ennuyant ferme. Ils repartiront une fois la bouteille terminée, avant minuit, nous laissant la possibilité d’étudier la suite du programme.

Et pour finir Salsa et feux de joie

Entre temps, l’orchestre a démarré aux sons de la salsa, de la cumbia et autres danses latines. La foule timide observe pour le moment.

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A minuit, un feu d’artifice éclaire la place centrale et aussitôt des feux de joie démarrent aux quatre coins du village.

C’est l’heure de brûler les Monigotes. On les voit voler dans les airs et atterrir dans les flammes. Une fois le feu bien entamé, les adolescents et les hommes en quête de virilité s’amusent à sauter au dessus. Ce feu symbolise tout ce que l’on souhaite laisser derrière soi et le renouveau de l’année à venir.

Un petit coup de chaud, ça vous dit ?

Un petit coup de chaud, ça vous dit ?

 

Il faut croire que tout le monde attendait 2014 pour commencer à danser. La foule est désormais mouvante. Nous y allons de nos quelques pas de danse, amusés d’entendre toujours les mêmes chansons du moment (que l’on connaît désormais par cœur). Nous sommes étonnés de voir autant de monde pour ce si petit village, c’est comme si tous les habitants sans exception étaient sur la place à danser.

Trois bières et quelques gouttes de pluie plus tard nous retournons à l’hôtel pour notre première nuit de 2014 tandis que de nombreux équatoriens continuent de se déhancher.

A notre réveil au matin, nous faisons la connaissance d’une équatorienne et de sa fille qui nous racontent que le nouvel an est aussi fait de petits rituels de superstition. Les leurs sont de manger 12 grains de raisins en faisant un vœu par mois et par grain, faire le tour d’un lieu plusieurs fois pour être sûre de voyager dans l’année et enfin se mettre un billet dans la chaussures pour s’attirer la fortune.
Espérons que même sans ces rituels, l’année 2014 puisse être belle, douce, remplie de ces moments de surprises qui nous redonnent le sourire même dans les heures les plus sombres.

Infos pratiques – visite de Vilcabamba

Hébergement à Vilcabamba

Hostal las margaritas. Jolie maison dans le centre avec des chambres double avec salle de bain, TV, propreté impeccable. Wifi accessible dans la partie commune. Une piscine extérieur et le petit déjeuner inclus. Ambiance familiale. 30 Dollars (on s’est fait plaisir pour une fois !).

Nourriture

Pour un menu pas cher (3 dollars) et bon, nous vous recommandons le restaurant Katherine non loin de la place centrale.
Pour le petit déjeuner, si vous êtes en manque de pain au chocolat, vous pouvez aller à la boulangerie française (rue qui part de la place centrale). Cela ne vaut sans doute pas celui de votre boulanger préféré mais ça ressemble à un pain au chocolat et on n’en attendait pas tant.
Le bar à jus de fruits sur la place centrale a du bon café et sa terrasse permet de le déguster en observant la vie de la place.

Activités à Vilcabamba et ses environs

Pour connaître les possibilités de balades, trouver un hôtel ou tout autre renseignement, il y a un office de tourisme au niveau du parc central.
La visite de la réserve de Rumi Wilco Lodge est sympa mais pour les vrais amateurs de forêt, elle n’aura rien d’exceptionnelle.
La balade jusqu’au Cerro Mandango nous a davantage plu même si ça grimpe un peu.

Après ce beau jour de l’an, nous filons vers le Pérou, à Chachapoyas, après une traversée de la frontière en deux jours épique !


A propos Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.

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