Nous avons une passion sans limite pour tous les êtres à plumes, à poils ou à carapace. Nous gardons toujours des souvenirs très intenses de nos rencontres avec des animaux sauvages. Dans cet article, nous vous dévoilons tous nos conseils pour avoir plus de chances de les débusquer et les observer dans leur milieu naturel, sans les perturber.

Par animaux, nous engloberons dans cet article les oiseaux, les insectes, les reptiles, poissons, bref pas uniquement les mammifères qui sont souvent les animaux les plus recherchés mais aussi les plus rares.

Les règles d’or pour l’observation des animaux tiennent en peu de mots : connaissance des espèces, de leur milieu de vie, discrétion, patience, respect.

1. Connaître l’espèce que vous souhaitez observer

Pour observer votre animal fétiche dans de bonnes conditions et vous offrir un maximum de chances de vous en mettre plein les mirettes, apprenez tout sur elle : ses habitudes, son habitat, son alimentation, son comportement, son cycle de reproduction etc.

Plus vous en saurez sur les animaux que vous souhaitez observer, mieux vous saurez à quel moment, à quel endroit et dans quelles conditions vous aurez le plus de chance de la voir. Aussi, quand vous l’aurez sous les yeux, vous saurez quelle attitude adopter pour ne pas la perturber, voir créer de l’interaction dans certains cas.

SInge hurleur
Singe hurleur qui à l’air d’en avoir rien à faire de notre présence !

Par exemple, il vaut mieux savoir que les singes hurleurs d’Amérique centrale ne doivent jamais être regardés dans les yeux, c’est un geste de provocation pour eux. Aussi, il ne vaut mieux pas se placer juste sous eux, sous peine de se retrouver aspergé d’urine et d’excréments acides…

La plupart des conseils suivants découlent de cette bonne connaissance des animaux sauvages que vous voulez rencontrer.

2 – Repérer les lieux propices à l’observation de la faune

Tous les écosystèmes ne sont pas propices pour l’observation de tous les animaux. Bien sûr, en fonction des animaux que vous souhaitez observer, certains milieux seront à privilégier. Mais sachez que mêmes dans les milieux les plus extrêmes (déserts, volcans …) vous pourrez observer des animaux intéressants.

Le tout est de trouver l’écosystème en adéquation avec vos envies d’observation et de balades. Si vous souhaitez par exemple rencontrer des nasiques, vous serez obligé de passer par la case jungle tropicale avec son lot d’humidité et d’insectes en tout genre.

Certains animaux dits endémiques (c’est à dire ne se trouvant que sur un périmètre très restreint sur cette planète) ne sont visibles qu’en des lieux très précis, comme les dendrobates. Alors autant mettre toutes les chances de votre côté pour ne pas être déçu à chercher une marmotte au milieu du désert.

Dendrobate

L’observation animalière, c’est une question de préparation !

3 – Tenir compte des saisons

Les saisons sont aussi un point essentiel de l’observation animalière notamment chez les animaux qui migrent. C’est le cas des baleines qui peuvent s’observer en des saisons précises en fonction des pays. Si vous planifiez un voyage en ce sens, prenez en compte la saison d’observation des baleines pour choisir la date de départ. Attention, les animaux ne choisissent pas nécessairement la saison la plus favorable en terme de météo pour faire leur apparition donc à vous de choisir ce qui est le plus important.

Saut de la baleine à bosse à l'isla de la plata
Saut de la baleine à bosse à l’isla de la plata

La saison est également importante par rapport à la présence de nourriture pour les animaux. Par exemple, dans les réserves malgaches, il est plus facile d’observer des lémuriens quand les fruits arrivent à maturité sur les arbres longeant les allées.

4 – Tenir compte des habitudes des animaux

Vous ne croisez jamais votre voisin dans l’entrée de votre immeuble à l’heure où vous déposez votre enfant à l’école. Normal, lui n’a pas d’enfant et est déjà au boulot à ce moment là. Vous voyez où je veux en venir ? Les animaux aussi ont des habitudes. Les oiseaux s’observent généralement plus facilement aux aurores ou au coucher du soleil, car la chaleur est plus supportable en milieu tropical et qu’ils sont moins visibles des prédateurs partout dans le monde.

Certains mammifères ne sont visibles que la nuit, car la journée ils pioncent outrageusement et sont donc difficiles à apercevoir. Nous en avons fait l’expérience à Madagascar notamment, avec l’observation de certains lémuriens nocturnes. Lors des safaris, prenez garde de ne pas éclairer trop longtemps et avec une lampe trop forte les animaux, idem évitez de les flasher.

lémurien nocturne
Coup de chance, un lémurien nocturne en plein jour

5 – Passer en mode camouflage

Vous l’aurez compris, le tee shirt fluorescent n’est pas des plus adapté pour être discret et ne pas se faire griller par le quetzal de passage. Sans pour autant opter pour la tenue complète vert kaki mode militaire, préférez des vêtements aux couleurs neutres (beige, marron) ou se retrouvant dans le milieu où vous allez observer les animaux (nuances de vert).

Heureusement notre aventurier maîtrise l'art du camouflage
Heureusement notre aventurier maîtrise l’art du camouflage

Beaucoup d’animaux ont un odorat très développé. Pas sûr que votre after shave ou votre lotion antimoustique soit un avantage ! De manière générale, vous serez plus vite repérés si vous êtes sous le vent.

Affût ou balade ?
Deux modes d’observation sont privilégiés, selon les animaux qu’on souhaite observer. Le plus courant : la promenade, ou balade.

Si vous choisissez cette option, ne passez pas en mode randonnée ou marche sportive ! Essayer de couvrir un maximum de distance ne vous permettra pas d’augmenter vos chances de rencontres avec des animaux sauvages, même si vous allez vers des zones moins fréquentées dans un parc naturel ou une forêt. Tout simplement parce que vous serez moins attentif et plus bruyant !

Si vous optez pour l’affût, alors il vous faudra vous armer de patience. Indiqués pour l’observation des oiseaux et des espèces les plus farouches, ces abris vous camouflent parfaitement à la vision de l’espèce que vous souhaitez voir. Le choix du lieu de la cache est alors primordial, sous peine de revenir bredouille. Faites confiance aux personnes expérimentées pour vous donner les bons tuyaux : lieux de nourrissage, point d’eau, tanière…

6 – Apprendre à être discret

Au delà des couleurs de vos vêtements (qui n’effraieront que ceux qui ont la capacité de distinguer les couleurs) et de votre odeur, ce sont les bruits que vous allez émettre qui risquent fort d’être vos pires ennemis lors d’une séance d’observation.

Pour cela, évitez les sacs trop encombrants qui lors de passages étroits dans la végétation vont faire un boucan de tous les diables. Exit aussi les vêtements bruyants (type Kway). Bien entendu, autant vous dire que la sonnerie du portable, la musique ou les bavardages intempestifs sont à proscrire.

Si vous êtes en excursion organisée, il sera important de vérifier la taille du groupe prévue. Plus celle ci est importante plus vos chances de voir quelque chose sont réduites à néant. D’autant plus que même dans des excursions 100% nature, on trouve toujours des personnes qui s’en foutent comme de l’an quarante.

7 – Tendre l’oreille

Avant de voir un animal, vous l’entendrez, à condition bien sûr de tendre l’oreille et de mettre votre sens de l’ouïe en mode superhéros. A force de vous exercer, vous apprendrez à reconnaitre le son de certains types d’oiseaux ou le bruissement subtil d’un singe en train de se déplacer.

Ce son sera un de vos meilleurs alliés pour tenter de repérer la localisation de la bête.

L’observation animalière, c’est une question de concentration !

sol oiseau ometepeLes oiseaux se repèrent bien souvent par le son

8 – Observer les mouvements, les formes et les couleurs

Une fois le son de l’animal détecté, il ne vous reste plus qu’à le voir. Et c’est là qu’en général cela se corse. Tout d’abord car certains animaux font des sons si intenses qu’à plusieurs kilomètres à la ronde on peut les entendre (alors que la bête est hors d’atteinte de votre vue, si excellente soit elle). Et d’autre part car certains animaux maîtrisent l’art du camouflage, à l’instar des phasmes ou des caméléons.

Un caméléon rencontré lors de notre balade à Iala tsara à Madagascar

Pour mettre toutes les chances de votre côté, une fois que vous avez entendu un son prometteur, arrêtez vous, ne bougez plus. Si l’animal sent votre présence il risque soit de déguerpir, ce qui vous permettra de le voir mais durant un temps court, soit de ne plus bouger (et là pour le débusquer, court toujours).

Une fois à l’arrêt, faites un rapide tour à 360° pour observer autour de vous. Tentez de détecter des couleurs, des formes ou des mouvements qui ne sont pas du fait de la végétation. Le mouvement est souvent le deuxième indice le plus simple à observer.

Pour repérer les mouvements, apprenez à utiliser votre vision périphérique
Dans notre vie quotidienne, nous sommes amenés à concentrer notre vue sur des objets précis, droit devant nous. Or, si nous avons une vision à 180°, ce n’est pas pour rien !

Notre œil est fait pour distinguer précisément des formes quand elles sont en face de nous et pour percevoir les mouvements quand ils sont en périphérie.

Ce type de vision nous a grandement aidé pour développer nos aptitudes de chasseur. Aujourd’hui cette aptitude est encore disponible, simplement, il faut apprendre à l’utiliser.

Pour vous exercer, essayez de regarder au loin, sans fixer de point en particulier, en vous concentrant sur l’ensemble de votre champ de vision. Vous serez alors beaucoup plus sensible aux mouvements. C’est assez impressionnant vous verrez !

9 – Garder ses distances avec les animaux

Une fois que vous avez repéré la localisation de la bête, mesurez si vous pouvez vous approcher un peu plus de l’animal.

Là aussi c’est une question d’expérience et de connaissance des animaux. Il est plus facile de se rapprocher près d’un insecte rampant que d’un oiseau. Pour certains animaux il faut aussi prendre en compte le degré de sociabilité de celui-ci et sa dangerosité éventuelle.

On ne s’approche pas d’un lion, ni même d’un buffle encore moins d’un hippopotame (plus dangereux que les deux premiers réunis). Pour les singes, cela va dépendre des espèces et aussi de leurs habitudes ou non à croiser des humains. Les capucins par exemple sont souvent peu farouches dans les parcs naturels fréquentés, mais aussi très agressifs.

csc2060huaraz.jpgCes deux là étaient trop occupés pour remarquer notre présence.

Dans tous les cas de figure, faire en sorte de garder suffisamment vos distances pour ne pas gêner l’animal. Cela le préserve du stress et évitera de le faire fuir.

Ne négligez pas votre impact sur la faune sauvage lors de vos observations en milieu naturel. Surprendre un animal, le déranger, c’est potentiellement un motif suffisant pour déclencher une fausse couche ou pour causer l’abandon d’une portée, d’un territoire. Discrétion, respect, connaissance sont les maîtres mots !

NB : une bonne paire de jumelles peu calmer les frustrations ! Si elles seront peu utiles en forêt (quoi que…), en milieu ouvert et particulièrement pour l’observation d’oiseaux, elles peuvent être de puissants alliés !

10 – Profiter de l’instant

A l’heure des réseaux sociaux et de l’hyper communication, on pourrait être tenté de vouloir immortaliser l’instant par une belle photo. J’ai moi même souvent envie de ramener un petit souvenir de ces belles rencontres animales. Cependant, je vous conseillerai dans un premier temps d’observer puis de sortir éventuellement votre appareil par la suite. En effet, si vous essayez de dégainer votre reflex de suite, cela fera inévitablement du bruit. Cela aura pour conséquence de faire fuir l’animal sans que vous ayez pu ni le voir ni le photographier, double peine.

De plus, si vous n’avez pas le matériel adapté, notamment en terme de zoom, c’est peine perdue pour avoir une photo de qualité. A de nombreuses occasions, nous avons vu des personnes très bien intentionnées (ou pas…) sortir leur appareil photo qu’elles ne maîtrisent pas, flashant allègrement des animaux sensibles à la lumière.

colibri vallée cocora
Une mangeoire à colibri peut vous permettre de photographier à loisir cet oiseau peu farouche quand il se goinfre de sucre. Mais attention à ne pas perturber son régime !

Les très belles photos animalières sont le fruit de passionnés acharnés qui passent des jours, des semaines voir des mois à attendre le moment parfait, le plus souvent dans des affûts.

11 – Respecter le côté sauvage

Si vous aimez voir les animaux sauvages dans leur milieu naturel, c’est sans doute que vous aimez aussi observer leur comportement natif. Pour cela, il est important de ne pas nourrir les animaux, ni les approcher de trop près, ou tenter de les caresser. A force d’avoir des comportements de domestication, les animaux s’habituent trop à l’homme au point de perdre leurs habilités naturelles (chercher de la nourriture notamment…).

singe cambodge
Singes voleurs dans les temples d’Angkor

Dans de trop nombreux parcs naturels, on observe des singes à l’affût des sacs des visiteurs, plus intéressés par leurs sandwichs que par les fruits des arbres. Cela ne s’est pas fait en un jour et c’est bien car de nombreux visiteurs nourrissent les animaux que ces derniers en ont pris l’habitude. Ils deviennent alors agressifs et envahissants. Certes, il n’y a plus besoin de les chercher pendant des heures pour les observer mais je trouve que cela perd réellement de son charme. Autant aller au zoo !

Conseil bonus
Intéressez vous à toutes les espèces animales, mêmes banales. La biodiversité est tellement impressionnante sur cette planète qu’à chaque balade vous ferez, à coup sûr, la connaissance d’un nouveau spécimen.

C’est un peu notre credo : Une balade nature réussie est une balade où on a découvert une nouvelle espèce animale !

Après les conseils théoriques, les récits et photos !
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NB : cet article contient une vidéo sponsorisée

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