Panama ciudad : Des Buildings, un canal y mucho mas*


Le Panama et plus particulièrement sa capitale traînent derrière eux deux images d’Épinal, le célébrissime canal de Panama et les buildings hyper modernes qui tranchent avec le look des autres capitales centro-américaines.

Bien sûr nous n’avons pas dérogé à la règle de rendre plus tangibles et réelles ces images. Mais nous avons trouvé beaucoup plus à Panama ciudad, des ambiances, des contrastes, une effervescence, bref la vie !

Panama ciudad, une ville, des ambiances contrastées

Revenant tout juste de Santa Fe et sa quiétude montagnarde, se retrouver à Panama ciudad nous déboussole, peu accoutumés que nous sommes à fouler les terres hyper citadines. Et nous ne parlons pas d’une petite ville, Panama ville c’est 1 million d’habitants dont une proportion très importante de retraités américains qui occupent les plus beaux quartiers de la capitale. En effet, le gouvernement panaméen a déployé un arsenal de mesures avantageuses à leur intention afin de les convaincre de venir couler des jours heureux ici (et accessoirement dépenser leur argent). Dans un parc naturel à proximité, nous avons pu vérifier que les retraités étrangers peuvent même avoir des tarifs plus avantageux que les panaméens !

Le ballet de bus est impressionnant et afin de nous déboussoler davantage, il n’existe évidemment aucun plan de transports en commun (c’est bien connu, tous les étrangers prennent le taxi…).

Les fameux Diablo Rojo, bus typique du Panama, riche en décoration et qui s'éclairent de milles feux la nuit. Licence cretive commons - Rob Tiggelman

Les fameux Diablo Rojo, bus typique du Panama, riche en décoration et qui s’éclairent de milles feux la nuit. Licence cretive commons – Rob Tiggelman

Nous avons donc opté pour nos baskets et notre tchatche pour affronter la circulation, la foule et visiter la ville sans nous perdre. Pour commencer, nous nous dirigeons vers le centre historique : Casco Antiguo, reconnu patrimoine mondial de l’humanité. Après quelques indications contradictoires de la part des passants et quelques mises en garde sur des chemins à ne pas emprunter, nous semblons nous diriger dans le bon sens même si notre parcours n’est absolument pas le plus court.

Avant d’atteindre Casco Antiguo, nous nous baladons sur la Cinta Costera, une promenade aménagée en bord de mer.

panama cuidad cinta costera

Un ado sur la costera cinta qui tente d’échapper aux fans de Justin Bieber en transe !

D’ici, les fameux buildings s’étendent et se concentrent dans le quartier moderne. Tout un symbole, puisqu’ils ont poussés comme des champignons depuis que le Panama a récupéré, en 1999, l’entière souveraineté du canal et les revenus mirobolants qui l’accompagnent.

Quelques yachts sont amarrés à la marina et le yacht club a son propre immeuble. N’oublions pas que le panama est aussi un paradis fiscal !

D’ici nous avons également une vue sur le quartier moderne et ses immeubles imposants, ainsi que le quartier historique et ses édifices coloniaux. Le contraste est saisissant entre ces deux entités de la ville.

Casco Antiguo, le centre historique de la ville de Panama

A l’entrée de Casco Antiguo, quelque chose me frappe, la limite entre le centre historique et le quartier populaire, qui le borde, est réellement palpable. Une rue les séparent, presque tout les opposent.

En 1673, la ville de Panama après avoir subi des incendies, tremblements de terre, révoltes et pour terminer une terrible attaque de pirates est déplacée à 7km dans un lieu stratégique permettant une défense plus efficace. Cette nouvelle position, face à la mer et à l’embouchure d’un fleuve, permettait la fortification du centre que l’on appelle aujourd’hui Casco Antiguo. L’ancien centre de la ville, Panama Viejo, conserve de nombreux vestiges qui peuvent être visités.

A Casco Antiguo, on retrouve une architecture riche mêlant style colonial espagnol, influences françaises et américaines.  Les différents édifices ont énormément été détériorés mais de nombreuses restaurations à l’identique ont été réalisées et se poursuivent aujourd’hui.

cathédrale panama cuidad

Le quartier est donc un mélange d’édifices superbement restaurés, colorés et de bâtiments quasiment en ruines, décrépis où vivent encore des familles qui craignent d’être un jour ou l’autre délocalisés pour satisfaire les investissements touristiques en tout genre. Il en résulte une atmosphère particulière mêlant tourisme chic et vie populaire, opulence et précarité, uniformisation et singularité.

casco viejo panama cuidad

Côté pile …

Côté face.

Côté face.

Comme beaucoup de centres historiques touristiques, Casco Antiguo nous a semblé manquer cruellement de vie et semble être sur la voie pour devenir un quartier « musée ».

Casco Viejo panama city téléphone

Petit roupillon, ici la chaleur accable aussi les locaux

Cependant, il reste très agréable de s’y promener, ne boudons pas notre plaisir !

stand hot dog Casco Viejo panama city

Quelques stands pour manger sur le pouce. Au menu hot dog et glace pillée aromatisée !

Pour rejoindre ensuite notre hôtel, nous avons traversé différents quartiers populaires de la ville qui eux ne manque pas d’ambiance. Sur le trottoir, devant les commerces classiques, sont alignés de nombreux stands et guérites de fortune proposant différents services allant de la manucure-pédicure (oui en pleine rue !) au déblocage de son téléphone. J’hallucine complètement devant la folie que prend la loterie ici, le nombre de vendeurs de tickets est incalculable, ils crient à tue tête des numéros. Nous n’avons toujours pas compris le système, affaire à suivre…

Stand de loterie

Stand de loterie

Le choix est aussi vaste pour les barberias (coiffeur pour homme). Pour affronter une telle concurrence, tous les moyens sont bons pour attirer la clientèle : retransmission d’un match de foot, diffusion de reggaeton à s’en faire péter les tympans, tags flashy sur la devanture…

J’ai beaucoup aimé cette ambiance à la Barbès : « besoin de quelque chose, pas de problème j’ai ce qu’il vous faut. »

vendeur de rue à panama city

Une belle rencontre franco panaméenne

Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Javier, notre première rencontre via le site couchsurfing. Et pour une première, quelle première ! Dès les 5 premières minutes, le feeling passe, la discussion s’enchaîne (et en espagnol s’il vous plaît) et ne s’interrompra qu’aux alentours d’1h du matin. Javier est panaméen, il travaille depuis peu chez Dell, il a fait des études quelques années à Taïwan où il a appris le français avec une prof colombienne ! Il connaît très bien l’histoire de son pays, de sa ville et tout le long de la Cinta Costera, nous avons le privilège d’assister à un vrai cours, passionnant et truffé d’anecdotes. Il souhaite également nous faire vivre une expérience typique : manger un ceviche au marché de poissons. Il a lui même expérimenté cela il y a tout juste un mois !

Nous ne manquons pas de remarquer que le lieu est très populaire, il nous aura fallu des yeux de lynx et la rapidité d’un aigle pour dégoter une table puis des chaises. Ceviche de crevettes, de poissons en tout genre, le choix est vaste. Le tout arrosé d’une bière locale bien entendu.

Une bière oui mais panaméenne !

Une bière oui mais panaméenne !

Nous poursuivons la soirée au Casco Antiguo, où l’ambiance est déjà beaucoup plus festive. Javier nous fait connaître différents bars dont un dans un bâtiment en ruine sans toit ! Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est aéré !

bar casco viejo panama

Pourquoi se prendre la tête avec la déco, 4 murs en ruines et voilà un bar digne de ce nom.

Nous ne voyons pas le temps passer et rentrons à pied à travers la ville aux alentours d’1h du matin.

Panama ciudad, des buidings… et des parcs naturels

Aussi curieux que cela puisse paraître, Panama ciudad est aussi une bonne destination pour les passionnés de nature que nous sommes. A seulement 30 minutes de la ville, plusieurs réserves naturelles sont accessibles comme le parc de la Soberania, dans le prolongement du parc métropolitain.

Dans le premier se trouve un sentier bien connu des ornithologues : Pipeline Road. Et pour cause, en une matinée, on y a recensé plus de 400 espèces différentes d’oiseaux.

Cette diversité s’explique par la géographie. Le panama par son emplacement est un couloir que les oiseaux d’Amérique du nord et du sud doivent emprunter pour migrer. Pipeline Road est situé dans la partie la plus étroite de ce couloir, c’est donc en quelque sorte un goulot d’étranglement qui provoque un embouteillage d’oiseaux.

Il nous aura fallu un peu de ténacité pour trouver le moyen de se rendre par nous même et de manière économique à ce sentier. Au final c’est très simple, il faut croire que pour beaucoup de personnes prendre 2 bus et marcher 15 min c’est déjà beaucoup trop aventureux (plus de détail dans les infos pratiques).

La réputation de ce lieu a tenu sa promesse, même à 9h (heure déjà tardive pour observer les oiseaux), c’est un piaillement continu qui nous accueille. A peine entré sur le sentier, nous observons déjà 3 espèces nouvelles pour nous.

trogon pipeline road camino oleoducto

Baird’s Trogon, assez sympa pour s’approcher suffisamment de mon objectif.

En chemin, nous croisons un groupe accompagné de guides et nous profitons un instant de leurs découvertes : une colonie de fourmis soldat en chasse faisant sortir tous les insectes du sol attire beaucoup d’oiseaux désirant profiter du festin. Au delà des oiseaux, nous croisons aussi une tortue feignasse, un iguane monstrueux, des agoutis craintifs et des écureuils hyperactifs.

Tortue feignasse

Tortue feignasse

A la sortie du sentier, nous rejoignons le village de Gamboa, il longe le canal de Panama, c’est en fait un port de dragage. Nous voyons passer le train de la railway panama qui transporte les containers des bateaux qui veulent s’alléger et donc payer moins cher leur passage. La taxe dépend en effet du nombre de containers ou du tonnage, elle est en moyenne de 54 000 dollars. Si vous souhaitez le passer à la nage comme l’américain Richard Halliburton, cela ne vous coûtera que quelques cents.

train gamboa panama

Un énorme dragueur et une immense grue complètent le tableau. Si près d’un site naturel aussi exceptionnel, c’est un peu déroutant.

Panama ciudad, une ville… et un canal mondialement connu

Malgré un temps maussade, nous ne pouvions pas partir du Panama sans avoir fait la découverte de son fameux canal et d’une de ses trois paires d’écluses. Nous mettons donc notre flemmardise de côté pour aller à Miraflores, la plus grande écluse du canal (trois bassins successifs).

Écluse de Miraflores

Écluse de Miraflores

L’écluse en elle même n’est pas très impressionnante, en revanche, quand un bateau approche, tout devient différent.

Une des écluses et le personnel du canal.

Une des écluses et le personnel du canal.

Lors de leur passage, ces monstres des mers passent littéralement au millimètres près, tirés par deux machines sur rails qui assurent la trajectoire. Un bâtiment de 4 étages accueille un musée et permet aux touristes d’assister au passage des bateaux.

passage bateau canal panama

On est presque seuls pour assister au passage… ou pas !

Il faut venir avant 11h ou après 14h pour pouvoir assister à ce spectacle. La précision ne rimant pas avec rapidité, il faut un peu de patience, plus d’une heure, pour apprécier le passage d’une écluse dans son intégralité.

Panama ciudad, une ville y mucho mas

Panama ciudad m’a séduite et encore nous sommes très loin de l’avoir découverte intégralement. Panama viejo, les ruines de l’ancienne ville, par exemple, sont également un lieu intéressant à découvrir. Cette ville a beaucoup plus à offrir que ce que nous décrivons ici. Alors, vous partez quand pour le Panama ?

* Le titre de l’article fait référence aux nom des boutiques qui utilisent très souvent le « y mucho mas (et beaucoup plus) pour préciser qu’elles ont d’avantage que ce que n’indique la devanture. Ex pour un restaurant : Almuerzos, bebidas y mucho mas, pour un magasin de fringues : Vêtements, accessoires y mucho mas.

Épingle moi sur Pinterest !

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Infos pratiques :

Transports publics et excursions autour de Panama cuidad

Pour utiliser le terminal de bus d’Albrook, vous aurez besoin d’une carte magnétique rechargeable qui vous donne accès aux bus. Vous la trouverez facilement sur place.

Pour les bus urbains, vous aurez aussi besoin d’une carte qui est rechargeable en différents endroits de la ville (terminal Albrook, supermarchés…). Le tarif d’un trajet est de 0,25 Balboas (aka US Dollars).

Pour aller aux écluses de Miraflores

  • Prenez un bus urbain jusqu’au terminal Albrook (0,25 Dollars l’aller )
  • Prenez ensuite un bus qui indique Miraflores ou Gamboa. Les chauffeurs habitués, préviennent de l’arrivée éminente aux écluses. (0,30 Dollars l’aller)
  • Marchez 5 min jusqu’à l’entrée

En savoir plus sur le canal de Panama

Pour aller à Pipeline Road

Même trajet que pour les écluses sauf qu’il faut s’arrêter au terminus à savoir Gamboa. Dites au chauffeur que vous allez à el camino del oleoducto. Le nôtre ne connaissait pas mais des passagers nous ont renseigné et ont indiqué au chauffeur où nous déposer exactement (pour éviter un peu plus de marche).

A partir de là, il vous faudra 15 min de marche pour atteindre l’entrée du sentier, c’est clairement indiqué. Vous devez longer la voie de chemin de fer et le canal un moment puis bifurquer. Guettez les panneaux.

Le trajet à partir d’Albrook coûte environ 0,65 Dollars l’aller.

Le parc de la Soberania est normalement payant (5 dollars) mais aucun employé n’était présent aux différents points d’accueil, donc pour nous ce fût gratuit !

Si vous souhaitez passer par un tour organisé et guidé, ça casque puisque les tarifs que l’on a pu voir oscillait entre 130 et 180 dollars la journée.

Si vous y allez sans guide, prévoyez des jumelles, essayez d’être sur le site le plus tôt possible et une fois sur le sentier, marchez lentement et soyez à l’affût des sons et mouvements.

Hébergement à Panama cuidad

Auberge de Jeunesse Mamallena. L’endroit est assez chouette, cuisine, laverie, terrasse, wifi, tous les services sont présents pour vous faciliter la vie. En revanche, les tarifs pratiqués ne sont pas des plus économiques (33 Dollars la chambre double, 13 le dortoir).

Autour du Mamallena, il y a différents hôtels économiques allant de 16 à 25 dollars la nuit pour une chambre double. A ce prix là, en revanche, ne soyez pas surpris si vous croisez de jeunes femmes légèrement vêtues ou des couples illégitimes. Nous avons expérimenté, à nos dépens !

On nous a dit qu’il y avait aussi quelques hôtels économiques dans le Casco Antiguo, a vous de les dénicher !

Prochaine étape, nous quittons le Panama et l’Amérique centrale pour la Colombie, à Cartagène. Si vous cherchez des infos sur le passage de frontière Panama – Colombie, c’est par ici

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A propos Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.

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