Sur la route des lémuriens – épisode 4 – le parc national d’Isalo 8


Le parc national de l’Isalo, c’est un des meilleurs révélateurs de la beauté de Madagascar. Un massif en apparence aride et caillouteux qui se révèle être une explosion de vie dans ses interstices, au creux de canyons somptueux.

Après la réserve de Ialatsara et le parc de Ranomafana situés dans des forêts humides luxuriantes, le contraste est saisissant. Pourtant, nous ne sommes pas si loin, moins de 200 km. La diversité des paysages sur les hauts plateaux n’a cessé de nous surprendre. Rien que la route pour se rendre à Isalo suffit à apprécier le voyage. L’alternance entre les rizières, les massifs rocheux, les petits villages animés et les hautes plaines fait oublier la fatigue et la dureté de la route.

Ranohira, porte de d’entrée vers le parc national de l’Isalo

Passage obligé pour visiter les environs, Ranohira, allongé sur les bords de la route nationale 7, ne paye pas de mine au premier abord.

Mais nous avons fait de très belles rencontres en nous laissant aller à errer dans les, ou plutôt la… rue du village. Il faut dire qu’avec notre lémurien, rien n’est plus aisé pour entamer le dialogue. « Quel age a-t-elle ? », est systématiquement la première question qu’on nous pose. « Elle », parce qu’Hélio n’a pas les cheveux rasés, ce qui est très peu courant pour un garçon ici. « Quel age » parce que les malgaches trouvent que les bébés occidentaux paraissent plus vieux que les bébés malagasy.

hélio voiture

Une agréable surprise
Il y a une chose très appréciable dans les parcs naturels de Madagascar et qu’on n’a pas souvent retrouvé dans les pays que nous avons visité : les tarifs d’entrée ET de guidage sont fixes et affichés ! Une belle organisation qui évite de se demander à chaque visite si on paye le bon prix (trop ou pas assez) et qui n’empêche pas de laisser un petit supplément quand on a passé un bon moment.

Randonnée dans les entrailles d’Isalo

Le massif d’Isalo est situé à quelques kilomètres de Ranohira, ce qui donne l’occasion de l’observer de loin, le village étant situé dans une plaine. Les reliefs en forme de plateaux semblent être sortis de terre comme si une force gigantesque avait poussé le sol vers le haut.

En réalité, il s’agit de l’œuvre de l’eau et du vent, érodant les sols les plus tendres pour ne laisser que les plus durs affleurer.

Accompagnés par Daniel (un nom francisé pour faciliter le dialogue) durant toute la randonnée, nous sommes partis au petit matin explorer les montagnes d’Isalo. Quel plaisir de se faire conter les paysages, la faune et la flore, la culture locale par une personne maîtrisant parfaitement son sujet et surtout aimant transmettre sa passion pour son territoire.

Discussion avec notre guide dans le Parc national du massif de l'Isalo à Madagascar.

Plusieurs parcours sont possibles, allant d’une demi journée à 10 jours de trek ! Ce qui laisse imaginer la taille du parc national de l’Isalo… Avec Hélio dans le dos, nous sommes restés sages en ne faisant qu’une journée de randonnée.

Un peu court pour apprécier toute la splendeur des montagnes et canyons, mais suffisant pour en avoir pris plein les yeux de la première à la dernière minute.

Accueillis par les lémuriens et les serpents

Dès le début de notre marche, au point de départ nommé « l’oasis », nous sommes tombés nez à nez avec un groupe de lémuriens bruns peu farouches.

Visiblement habitués à l’homme et à ses victuailles, ça ne m’étonnerait pas que ces charmants brigands soient à l’affût du moindre sandwich déballé pour aller le faucher ! Heureusement, des poubelles fermées présentes sur place montrent une volonté de limiter l’accès à une nourriture inadaptée à leur régime et style de vie.

Toujours est-il que nous n’avons pas boudé notre plaisir à côtoyer de très près ces adorables lémuriens et leurs trognes de peluche.

Mais ce coin nous a réservé d’autres surprises faunistiques, avec un beau grand boa qui s’est faufilé entre nos pieds et une sympathique couleuvre. Heureusement, le guide nous a immédiatement rassurés : il n’y a pas d’espèce dangereuse de serpents à Isalo.

Une piscine naturelle au cœur du massif d’Isalo

Randonner à Isalo, c’est passer de canyon en canyon. Et qui dit canyon dit généralement rivière.

Si les plateaux du massif sont plutôt arides et peu boisés, les canyons plus ombragés et surtout humides favorisent une végétation luxuriante. La descente du sommet jusque dans une vallée permet en quelques dizaines de mètres de voir la végétation changer de manière radicale.

Si les plateaux permettent d’observer de superbes panoramas et d’avoir un bel horizon dégagé, j’avoue ma préférence pour les canyons regorgeant de vie.

rando isalo

Crapahuter dans les rochers en longeant de petits cours d’eau ponctués de piscines naturelles, quel bonheur ! Ces lieux encaissés me procurent un sentiment de protection, de quiétude avec ce côté rafraîchissant de la végétation et du petit cours d’eau qui suit son chemin. Bref, j’adore.

Dans le parc de l’Isalo, j’ai été plus que servi. Une piscine naturelle en particulier m’a ébloui : imaginez une eau fraîche, d’une transparence parfaite, avec une petite cascade au fond… Je n’ai pas pu résister à l’appel de la baignade !

La piscine bleue comme on l’appelle ici, est un point incontournable d’une randonnée à Isalo. Juste à côté se trouve la piscine noire, un peu moins attirante pour la baignade, mais très belle également.

cascade isalo

De belles rencontres animalières

Le reste de la balade nous a offerts des moments émouvants, entre les points de vues, les discussions passionnées avec notre guide, et les rencontres animalières.

Il faut dire que Daniel a l’œil. Je ne reviens toujours pas de sa capacité à nous dénicher un phasme à plusieurs mètres de distances, alors que l’œil collé à l’insecte j’arrivais à peine à le distinguer d’une branche.

Dans le même genre, il nous a débusqué un caméléon feuille, un minuscule reptile doté d’un incroyable art du camouflage.

caméléon feuille main isalo

Mais le clou du spectacle, que nous avons failli louper, est arrivé en fin de randonnée.

Alors que nous étions revenus à notre point de départ, faisant une petite pause avant de reprendre la route, Daniel nous a quitté pendant quelques minutes. Nous le voyons revenir très excité, nous pressant de le suivre immédiatement.

Quelques centaines de mètres plus loin, il ralenti et nous demande d’avancer silencieusement, scrutant les arbres. Nous percevons d’abord des petits bruits de branchage, puis voyons quelque chose bouger.

Nous approchant prudemment, nous les voyons alors très distinctement, ce sont des lémuriens blancs ! Une espèce devenue extrêmement rare à Isalo depuis un incendie survenu il y a quelques années. Il n’a épargné que 4 individus, et ils sont juste devant nous !

lémurien blanc accroché bis isalo

Une superbe conclusion pour cette randonnée dans le parc national de l’Isalo qui restera un moment phare de notre séjour à Madagascar.

Pour vous plonger un peu plus dans l’ambiance, vivre un peu ce moment avec nous, nous avons monté un petit clip vidéo de la randonnée.

Merci à nos amis de Mpamanga, un groupe d’Antisrabe de nous avoir permis d’utiliser leur musique. Si vous adorez autant que nous, vous pouvez vous procurer leur excellent album ici.

Informations pratiques – randonnée dans le parc national d’Isalo

Transports : se rendre à Ranohira, la porte d’entrée vers le massif d’Isalo

Ranohira, le camp de base pour l’accès au parc, se situe sur la RN7 entre Ilakaka et Ihosy. Si vous êtes véhiculé, vous n’aurez aucun souci pour trouver votre chemin, il suffit de rester sur la RN7…

Si vous êtes en taxi brousse, deux cas de figure :

  • Taxi brousse depuis Tana ou Finarantsoa. C’est assez simple, il suffit de prendre un véhicule en direction de Ilakaka et de demander qu’on vous dépose à Ranohira.
  • Taxi brousse depuis Tulear. C’est un peu plus compliqué, car les bus s’arrêtent à Ilakaka. Il faut alors prendre un autre taxi brousse pour Ihosy ou Fiana et vous arrêter à Ranohira, mais vous devrez sûrement payer le trajet complet.

Climat- meilleure saison pour visiter le parc national d’Isalo

Mieux vaut éviter la saison des pluies pour se rendre à Isalo et à Madagascar en général si on a le choix. Il fait plus chaud et les précipitations peuvent êtres intenses et longues, surtout dans l’est du pays, sur la côte.

La période idéale se situe donc entre avril et octobre, avec une petite préférence personnelle pour le début de saison sèche, les champs de riz étant encore verts !

Tarifs d’entrée et des guides pour le parc national de l’Isalo

Prix de l’entrée à Isalo (fixe)

65000 Ar par personne (20 €) + 5000 Ar de taxe locale. Une partie des revenus allaient auparavant à la communauté de Ranohira, mais ce n’est plus le cas, d’où cette nouvelle taxe pour compenser.

Prix des guides (fixe)

Les tarifs varient selon le circuit emprunté (en fait, cela correspond à une durée). Ils sont également fixés et affichés au bureau du parc. Certaines agences se permettent un supplément, mais si vous passez par des guides locaux ou voyez directement sur place, vous n’aurez pas de mauvaise surprise.

Pour le circuit Namaza (et quelques petits détours) que nous avons fait en 7 heures (nous avons pris le temps), nous avons payé 120 000 Ar – 36 €, valable pour des groupes jusque 4 personnes.

Nous vous recommandons chaleureusement de faire appel à Danniellsom Zamoro. Sans doute le meilleur guide que nous avons eu lors de notre séjour.

vonjyguide@gmail.com – 0337420330

guide isalo

Prix de la voiture jusqu’à l’entrée du parc

Là, c’est le côté moins sympa du parc et qui le rend plus cher. Pour se rendre au parc, il faut emprunter une route difficile qui nécessite une voiture adaptée. Du coup, si vous n’avez pas de 4×4 ou êtes venus en taxi brousse, il faut faire appel à des chauffeurs locaux et le trajet aller retour vous coûtera une dizaine d’euros (nous n’avons pas noté le prix exact, désolé !).

La petite astuce repas

Prévoyez vous même votre pique nique, cela vous fera économiser quelques sous par rapport à ce que peut vous proposer votre guide.

Circuits de randonnée / trek dans le parc d’Isalo

Vous pouvez faire des randonnées d’une demi journée à 10 jours de trek dans le parc. De quoi ravir tout le monde ! Les points d’intérêts principaux sont les canyons et les piscines naturelles, ainsi que de beaux points de vues sur les plateaux.

Voici une carte du parc de l’Isalo pour mieux se rendre compte des possibilités :

carte du parc national d'isalo - circuits de randonnée

A savoir également, il existe une via ferrata et un circuit en VTT dans le parc d’Isalo pour les amateurs de sensations fortes.

Hébergement à Ranohira

Chez Alice – nous avons logé dans un bungalow, simple mais accessible au niveau des prix. Le gros point fort de ce lieu, c’est son restaurant, absolument exquis !

Nous avons même eu le droit à la meilleure glace au chocolat que nous ayons jamais goûté, une pure merveille !

Tarifs : bungalows à 38 000 Ar (11 €) pour deux (salle de bain privée, eau chaude). Ou paillotes doubles à 22 000 Ar (sanitaires communs, eau froide).

panorama faille isalo

Autres activités autour de Ranohira et du massif d’Isalo

La fenêtre d’Isalo

Nous avions entendu parler d’un sublime coucher de soleil sur le massif d’Isalo depuis un point de vue appelé la fenêtre d’Isalo. Une arche en pierre à travers laquelle passe le soleil, avec un beau panorama.

Le souci, c’est que nous n’avons trouvé personne pour nous emmener… Des incidents ont eu lieu entre des bandes rivales liées au trafic de zébu (un véritable fléau à Madagascar dont on vous parlera une autre fois). Des affrontements violents ont eu lieu avec plusieurs morts. Depuis les chauffeurs ne veulent plus prendre le risque d’emmener des voyageurs.

Peut être que l’activité pourra reprendre quand (si) les choses seront calmées.

Le Massif du Makay

Situé au Nord du Parc National de l’Isalo, le Massif du Makay possède des paysages au moins aussi impressionnants qu’Isalo. Doté d’une biodiversité exceptionnelle et méconnue, il est néanmoins plus difficile d’accès. Il vous faudra donc au minimum 6 jours de trek accompagnés d’un guide pour le découvrir.

Découverte du pays Bara

Les Bara, une ethnie locale, possèdent une culture riche que vous pouvez découvrir depuis Ranohira. Chez Alice propose un circuit pour aller passer du moment dans un village Bara à la découverte de leur culture, de leurs traditions, de leur cuisine. Nous aurions bien aimé faire cette découverte pleine de promesses de belles rencontres. C’est tout le problème des séjours courts, il faut faire des choix frustrants…

Durée : une journée et une nuit

Tarif : de 50000 à 60000 Ar par personne (minimum 4).

Rodéo malagasy : le savika

Ranohira possède une arène de savika, une sorte de rodéo de zébu. L’animal se trouve dans une arène, entouré par une ou plusieurs personnes qui l’excitent. Il s’agit alors d’épuiser l’animal sans se faire blesser. Cette activité à surtout lieu lors de fêtes traditionnelles.

Nous ne sommes pas fans de ce genre de pratiques, même s’il s’agit d’une tradition populaire, alors nous ne sommes pas allés voir de nos propres yeux.

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Le parc national d'Isalo à Madagascar

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A propos Seb

Jeune homme bien sous tous rapports aimant manifestement voyager. Accessoirement, entre deux voyages, je tente de sauver le monde en bossant comme animateur d'un réseau d'éducation à l'environnement. Heureusement, je suis pas tout seul, parce qu'il y a du boulot !


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8 commentaires sur “Sur la route des lémuriens – épisode 4 – le parc national d’Isalo

  • Jérôme

    Salut les Globe blogueurs,

    J’ai vraiment apprécié votre article. Je ne connaissais pas du tout ce parc national et ça me donne bien envie de partir le découvrir. Vos photos sont superbes, puis voir des lémuriens de près dans leur milieu naturel, ouah ça n’a pas de prix. Toujours un plaisir de suivre vos aventures en tout les cas 🙂 Bonne route à vous 😉

    • Seb Auteur du billet

      Merci Jérôme !
      Ce parc est effectivement superbe et côtoyer les lémuriens est une belle expérience. Mais le pire, c’est qu’il y a beaucoup d’autres parcs tous aussi impressionnants les uns que les autres 🙂
      Nous avons pu en visiter 4 lors de notre séjour et ils étaient tous superbes et très différents. Quand on sait que nous n’avons explorer qu’un petite partie de l’île, ça laisse songeur…
      Si tu as l’occasion, fonce vers Mada ! J’espère que nous pourrons également y retourner vite.

  • Laurent

    Je confirme et plussoie plussoie plussoie la recommandation d’aller chez Alice, sans doute le meilleur accueil que j’ai pu avoir dans une guesthouse à Mada et en effet de bons petits plats.
    Je vois en tout cas que vous avez été beaucoup plus chanceux que moi niveau faune. J’avais adoré les paysages, mais n’ai pas vu beaucoup d’animaux dans le parc.

    • Laura

      En lisant ton article sur Isalo, on craignait un peu que ce soit le désert côté animaux et finalement c’est là où on en a vu la plus belle diversité. il faut dire qu’on était avec un super guide qui a compris assez vite qu’on adorait les animaux en tout genre et qui a fait beaucoup d’effort pour nous dénicher toutes sortes de bêtes (insectes, oiseaux…) pour lesquels d’ordinaire les guides ou les visiteurs ne prêtent pas beaucoup d’attention. Avant la fin de la randonnée, sachant qu’on adorait les amphibiens, il a même fait demi tour pour scruter les environs et trouver cette belle petite grenouille dorée et les lémuriens blancs, le clou du spectacle. Et puis c’est vrai on a eu aussi un peu de chance, ça compte beaucoup en observation animale. C’est ce qui en fait tout le charme. Merci de ta visite ici Laurent !

  • Itinera Magica

    J’adore ! Complètement dépaysant et beau. Je suis allée à Madagascar petite, j’en ai quelques souvenirs (j’avais 4 ans), rares mais très vifs :
    – une énorme mygale qui traverse un magasin juste à côté de moi
    – des singes aux grands yeux
    – des poissons grillés au citron vert sur une plage paradisiaque
    J’adorerais y retourner un jour.

    • Laura

      Quelle chance d’avoir voyagé si jeune. Même si à cet âge on ne se rappelle pas de tout je pense que cela forge le caractère, l’ouverture d’esprit, développe les rêves, bref que de bonnes choses utiles pour la suite de sa vie. J’espère que mon fils pourra avoir de jolis souvenirs de nos voyages ensemble.

  • Ania

    Merci pour cet article! les adresses et les petits conseils vont bien m’être utiles
    Je suis moi même malgache et je vais visiter ce parc pour la première fois cette année.
    J’espère apprécier la visite autant que vous!!!