Je le confesse, avant de partir à Madagascar, je ne me doutais pas que ses hauts plateaux regorgeaient de rizières luxuriantes. Souvent disposés en plateaux, les couleurs des champs au moment de la récolte semblent presque artificielles. Autour de Betafo, une ville d’histoire située près d’Antsirabe, le paysage entre rizières et cascades offre un panorama exceptionnel. Randonner à travers champ, c’est la garantie d’une évasion douce, apportée par la quiétude des lieux et l’enchantement des sourires.

Une escapade champêtre

Si nous nous sommes rendus à Betafo, c’est grâce à Emmelie et Bema qui nous avaient invité à Madagascar à l’occasion de leur mariage. Connaissant notre irrépressible soif de découverte, il n’aura pas fallu longtemps pour nous convaincre. Si découvrir par soi même est toujours un énorme plaisir, suivre les conseils d’amis habitants sur place et connaissant vos gouts, c’est un cadeau inestimable.

En l’occurrence, ils ne se sont pas trompés en nous emmenant dans ce coin de nature modelé par l’homme.

Après un petit morceau de chemin quelque peu périlleux à emprunter en voiture, nous atterrissons directement au cœur des rizières, dans un paysage tendrement vallonné.

Dans les rizières de Bétafo à Madagascar
Les rizières de Betafo

L’agencement en terrasses laisse présager un système d’irrigation rustique et complexe, issu d’un savoir faire séculaire. Et la saison (avril) est idéale pour profiter des rizières qui sont au paroxysme de leur beauté. Les récoltes sont en cours, une belle occasion d’observer ce savoir faire et de constater le dur labeur.

Nous avons un objectif pour cette randonnée, rejoindre les chutes d’Antafofo. Pour y parvenir, nous prenons l’option de la clé des champs, en coupant par les rizières, accompagnés dans un premier temps par un homme du village passant par là. Sans cette aide, nous aurions probablement eu quelques difficultés à trouver notre chemin.

Nous voici donc arpentant les petites levées de terre délimitant les rizières, bébé au dos. Entourés d’étendues d’eau calmes et fertiles, nous tombons immédiatement amoureux transis de ce paysage. Les terrasses creusées dans la roche volcanique sont tantôt emplies de riz prêt à être récolté, tantôt nues, laissant apparaitre de petits poissons, et même quelques serpents inoffensifs.

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Les chemins étroits entre les parcelles de riz

Il faut dire que la composition est parfaite : un ciel légèrement nuageux, des rizières aux nuances vives, allant du brun au vert quasiment fluorescent, des zébus paissant tranquillement, des sourires de travailleurs des champs, quelques hérons s’envolant au loin…

Une halte rafraichissante aux chutes d’Antafofo

Après une heure de marche paisible, mais en faisant tout de même attention à ne pas s’écarter de l’étroite bande de terre, nous arrivons dans une vallée un peu plus encaissée. Les terrasses se font plus étroites, la végétation plus dense et au loin commence à gronder l’eau cherchant son chemin.

Approchant du cours d’eau, nous découvrons avec émerveillement une belle cascade d’une vingtaine de mètres, à la fraicheur salvatrice après cette marche sous le soleil des hauts plateaux. Au pied de la chute, une piscine naturelle m’appelle et j’y plonge avec délectation, observant d’immenses racines dévalant la falaise pour plonger dans l’eau.

Notre lémurien en profitera également pour se délasser à barboter dans la rivière sous le regard discret d’enfants du village venus nous montrer la partie finale du chemin.

Une fin de randonnée idéale : les thermes de Betafo

Après un halte dans l’eau très fraiche, et un retour de randonnée sous le soleil déclinant, de quoi peux-t-on rêver ?
D’un bon bain d’eau thermale ! Ça tombe bien, les thermes de Betafo, surnommées  » ranomafana  » (rien à voir avec le parc naturel du même nom) sont réputées dans toute la région.

Pour quelques ariarys, de petites cabines spartiates sont proposées aux amateurs, permettant de se mettre à l’aise et se délasser dans une eau aux vertus thérapeutiques.
Manque de chance pour nous, l’eau était trop chaude pour réellement en profiter… Malgré l’apport d’eau fraiche, l’eau n’avait pas eu le temps de tiédir. Mais rassurez vous, nos compagnons n’ont pas eu ce soucis et il nous aurait suffit d’attendre un peu plus pour en profiter pleinement.

thermes Betafo
A l’entrée des thermes, nous attendons que la pluie cesse

Cette journée passée à Betafo et ses environs nous a démontré que Madagascar n’est pas qu’un pays avec des parcs naturels fabuleux. Les campagnes offrent également des paysages somptueux que les hommes ont façonné depuis des siècles, appelant à connaitre d’avantage ses habitants, leur culture, leurs savoirs faire. Nous n’avons qu’un regret : ne pas avoir passé plus de temps sur place pour les découvrir !

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Les rizicultrices intriguées par nos regards ébahis devant ce paysage

Pour terminer ce récit, avant de vous laisser voir les informations pratiques, je vous propose une courte vidéo pour vous immerger dans l’ambiance de Betafo.

Gardez en mémoire cet article grâce à Pinterest en épinglant cette image …

betafo madagascar
Épingle moi !

Informations pratiques – Chutes d’Antafofo et thermes de Betafo

Transport jusqu’à Betafo

Le plus simple pour se rendre à Betafo est de louer un véhicule avec chauffeur si vous êtes un petit groupe. Les possibilités sont nombreuses à Antsirabe et les tarifs raisonnables.

Si vous êtes seul ou à deux, que votre budget est serré, il est possible de se rendre à Betafo en taxi brousse. La ville se situe à environ 20 km d’Antisrabe, sur la RN34 en direction de Morondava.

Randonnée jusqu’aux cascades d’Antafofo

Une fois dans la ville, il vous faudra trouver quelqu’un pour vous guider jusqu’aux chutes d’Antafofo. Vous ne pourrez pas les trouver seul. Pour quelques ariarys, vous devriez trouver quelqu’un pour vous accompagner. Nous étions avec un ami malgache, alors c’était facile pour nous, mais je pense que c’est possible en ne parlant que français. Les étrangers ne sont pas légions, mais il y tout de même quelques visiteurs.

Thermes de Betafo « ranomafana »

Situées à trois kilomètres de la ville, il est possible de s’y rendre en vélo. Vous devrez quitter la route au panneau Tetezant Simbtsymamazaka. Au lieu-dit Ranomafama, prenez le chemin de terre, passez un petit pont, et vous y êtes !
Les anciens thermes sont assez rudimentaires, mais toujours en activités. De nouvelles cabines sont également disponibles.

Il est également possible de se faire masser.
Malheureusement je ne me souviens plus des tarifs… Mais ce n’est pas cher du tout.

Logement à Betafo

Betafo possède un accueil villageois. Il faut appeler auparavant pour permettre à vos hôtes de préparer votre accueil. Nos amis qui ont résidé sur place nous ont chaudement recommander de passer du temps au sein du village.

Autres activités à Betafo

Ceux qui s’aventurent un peu plus longtemps à Betafo pourront observer d’autres centres d’intérêt :

  • l’église luthérienne du 19e siècle, la première a s’être implantée à Madagascar, possède une architecture en brique remarquable
  • la région est parsemée de stèles à la gloire d’anciens guerriers locaux, vestige de l’ancien royaume de Vakinankaratra, dont Betafo était la capitale
  • le lac de Tatamarina, situé à 1 km au nord de Betafo. D’origine volcanique, il offre de belles vues sur les rizières alentours

Pour aller plus loin
Betafo faisait partie de notre road trip sur la RN7, que nous avons surnommé la route des lémuriens. A cette occasion nous avons visité de superbes parcs naturels :

Et bien sûr dans chacun de ces parcs, les lémuriens !

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