Rencontres à Miraflor, une réserve privée, un idéal socialiste ! 1


Voyager, c’est (pour nous) découvrir des paysages inédits, des cultures différentes et rencontrer des gens. Quand on peut avoir les trois à la fois, alors c’est le moment parfait. C’est ce que notre visite à la réserve de Miraflor nous a offert : paysage de montagne brumeuse, histoire encore brûlante de la révolution sandiniste et immersion dans une famille des plus chaleureuses.

Miraflor, c’est une réserve au nord du Nicaragua, près de la ville d’Esteli, bastion du FSLN (Front Sandiniste de Libération National), région qui a vu les plus rudes combats lors de la révolution qui a renversé la dynastie Somoza et les guerres civiles qui ont suivies dans les années 80-90.

Esteli au nord du Nicaragua, le bastion de la révolution sandiniste

_DSC5142modif_miraflor

Déjà, ça plante le décor historique. Dans ce coin du pays, pas un poteau électrique n’est aux couleurs du FSLN, le rouge et le noir. Les maisons ont quasiment toutes leur drapeau du parti, même les papillons sont rouge et noir… Les hommes de plus de 40 ans ont tous ou presque porté un fusil à l’épaule pour combattre les « contras », ces contre révolutionnaires venus du Honduras ou du Costa Rica, soutenus par les États Unis qui voyaient d’un très mauvais œil ce nouveau régime socialiste se mettre en place dans leur zone d’influence.

Quelques « murales » à Esteli, rappellent cette histoire récente tout comme dans d’autres grandes villes du nord, notamment Leon (voir notre article lors d’un précédent voyage).

Murale du centre culturel d'Esteli

Murale du centre culturel d’Esteli

Une des conséquences directes de cette alternance douloureusement acquise, c’est une vision actuellement plus « socialisante » de la société, après 40 ans de dictature très à droite. Le tourisme ne fait pas exception à cette volonté de faire participer l’ensemble de la société civile aux activités de tout genre.

Une expérience de tourisme communautaire au Nicaragua

Ainsi le Nicaragua, à ce que nous avons vu, est un des pays ou le tourisme communautaire est le plus développé et le mieux organisé. Pour notre plus grand plaisir il faut l’avouer !
Il y a quatre ans déjà, nous avions été accueillis dans la communauté de la Reyna, une expérience très forte qui nous a donné envie de retenter l’expérience à Miraflor.
Nous n’avons pas été déçus !

  • Debout à 4h45 pour aller prendre l’un des deux bus quotidiens desservant la réserve
  • Descente du bus à 7h (nous avons fait une vingtaine de km seulement, je vous laisse calculer la moyenne horaire et deviner l’état de la route)
  • Rencontre avec une partie de la famille Ruiz Alaniz qui nous accueille et départ à pied (avec les sacs) vers la Labranza, la communauté où nous logeons
  • Arrivée vers 8h à la maison de la famille qui nous accueil et gros petit déjeuner bien mérité après une rude montée
  • Matinée balade à cheval avec le père de famille qui nous emmène voir de superbes cascades
Réserve de Miraflor

Réserve de Miraflor

cascade miraflor nicaragua

  • Après midi découverte de la famille, de la maison, des alentours (petite balade avec une des filles vers un mirador)
Monument en l'honneur de Leonel Rugama Gozo, Poète mort lors d'affrontement avec la garde nationale

Monument en l’honneur de Leonel Rugama Gozo, Poète mort lors d’un affrontement avec la garde nationale

Nature, convivialité, authenticité dans la réserve de Miraflor

  • Concert privé en fin de soirée par le père de famille et une de ses filles, émotions garanties ! Pour les hispanophones, les paroles sont un régal, elles vous informerons sur la région et son histoire. Chansons maison s’il vous plaît.
  • Nuit calme, réveil matinal, ici les gens se lèvent à 4h30… Pas nous.
  • Lendemain, début de journée tranquille, hamac, balade dans les cultures de la famille…
hamac miraflor

Elle est pas belle la vie ?

  • Tentative de retour vers Esteli en début d’après midi, nous faisons le chemin sous une pluie battante… Nous attendons le bus pendant une heure, puis rebroussons chemin un peu dépités et trempés, fatigués à l’avance par la montée qui nous attends. Après 15 minutes de marche, nous entendons au loin le bus qui klaxonne… Trop tard pour le rattraper et il n’y en a pas d’autre avant le lendemain. Argh !
  • Retour tout penauds dans la famille pour passer une belle soirée pleine de rires et d’échanges à bâtons rompus sur nos histoires et cultures respectives. Finalement, c’est pas si mal qu’on ai loupé le bus !
  • Retour par le bus le lendemain matin, qui est a peu près à l’heure cette fois ci.

C’était court, nous aurions pu (dû ?) rester plus longtemps, mais c’était très intense. Ce genre de rencontre est très difficile en milieu rural par d’autres moyens. D’une part parce que ce sont des endroits où l’on irait pas s’il n’y avait pas un minimum de moyen de logement ou une attraction touristique particulière (c’est vraiment isolé), d’autre part parce que le fait de dormir, de manger, de se laver, de ch… dans la même maison, dans les mêmes conditions que ces familles (où le confort est rudimentaire), ça change totalement les rapports.

famille nicaragua réserve miraflor

La famille Ruiz Alaniz

Au final, nous sommes repartis avec la volonté de faire la promo de ce genre de tourisme, réellement différent sur des plans multiples (d’ailleurs je me suis engagé à leur faire une brochure promotionnelle). Car ce n’est pas seulement la famille d’accueil qui « profite » de notre venue. Une partie des sous va à la communauté, notamment pour aider les familles les plus en difficulté. Une organisation à but non lucratif gère l’accueil des touristes dans les familles et veille à une bonne répartition des sous récoltés.

Ironie du destin, cette organisation, née de la révolution, initiée par les gens des communautés de Miraflor eux mêmes, avec un idéal sandiniste, plutôt porté très à gauche, ont du passer par une constitution en réserve privée pour leur organisation… Comme quoi, un peu de pragmatisme ne fait pas de mal !

Infos pratiques

  • Pour loger dans une famille au sein de la réserve de Miraflor, renseignez vous auprès de l’hôtel luna ou du café luz à Esteli (tous deux des établissements à but non lucratif).
  • Pour vous rendre directement auprès de la famille Ruiz Alaniz, c’est aussi possible (au final ce sera le même tarif et passera par la même organisation).

Prendre le bus de 5h45 à la station essence Uno (anciennement star mark) sur la panaméricaine (vous devrez prendre un taxi pour vous y rendre).
Arrêtez vous à la labranza (après la communauté d’el coyolito).
Prendre le chemin vers la labranza (environ 3km) et demander la finca « ojo de agua »
Les tarifs : 7,5 dollars par personne la nuit, entre 3 et 5 dollars par repas.

Petit conseil si vous allez dans le nord du Nicaragua, ne loupez pas Somoto et son canyon, une très belle expérience hors des sentiers battus !

Prochaines étapes, Leon où nous avons fait une rencontre émouvante avec un ancien combattant sandiniste, puis la réserve de Padre Ramos pour libérer des bébés tortues


A propos Seb

Jeune homme bien sous tous rapports aimant manifestement voyager. Accessoirement, entre deux voyages, je tente de sauver le monde en bossant comme animateur d'un réseau d'éducation à l'environnement. Heureusement, je suis pas tout seul, parce qu'il y a du boulot !


Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 Prévenez moi de tous les nouveaux commentaires siouplé !

 Je veux recevoir les réponses à mon commentaire uniquement

Commentaire sur “Rencontres à Miraflor, une réserve privée, un idéal socialiste !

  • Camélia

    la lecture de votre blog est un régal pour revivre mon périple en Amérique centrale et pour préparer le prochain en Amérique du sud.
    j’ ai beaucoup aimé le Nicaragua, encore très authentique, et ses belles rencontres.
    je fais part aux lecteurs d’ une super adresse pour apprendre l’ espagnol:

    NORMA MORALES LIRA
    Estelí, Nicaragua
    Tel: (00 505) 2713 7580
    http://www.sacuanjochespanishschool.wordpress.com
    vu son sérieux et les progrès enregistrés, j’ y suis allée plusieurs fois.