Il fait la fierté des nicas, avec sa nature sauvage, son histoire tumultueuse à l’époque des flibustiers et autres pirates des caraïbes. Il coule du lac  Nicaragua jusqu’à l’Atlantique. Autant le dire, le rio San Juan nous a enchantés ! Même si je me suis fait mordre par un caïman…

Il y a trois ans seulement, le trajet pour se rendre sur le fleuve était long et pénible par la route. Maintenant, deux possibilités s’offrent au voyageur. L’option rapide par la route flambant neuve qui relie Managua à San Carlos (situé à l’embouchure du fleuve sur le lac Nicaragua). Cela vous prendra environ 5h, ou l’option plus tranquille mais plus longue du ferry.

Nous avons choisi cette option, d’une part parce que le bateau c’est rigolo, mais surtout parce que ce ferry part de Granada et fait une halte sur l’île d’Ometepe. Or, nous souhaitions retourner quelques jours sur cette île en eau douce aux deux volcans parfaits. Vous pouvez retrouver notre dernier article à ce propos : 5 idées pour se relaxer sur l’île d’Ometepe.

Entre lac et océan, un fleuve qui se mérite

Après une dizaine d’heures passées à bord, en première classe (obligatoire pour les étrangers), à tenter de dormir sur un bout de banquette, nous arrivons un peu bouffis à San Carlos, à l’entrée du rio San Juan.

San Carlos matin nicaragua
Arrivée à San Carlos de bon matin

Mais ce n’est pas le but de notre visite, il faut aller plus loin sur le fleuve pour apprécier sa nature, aux portes de la réserve d’indio maiz. Il est 5h du matin, nous attendons donc une petite heure au port avant de prendre une « panga » pour El Castillo. Ce village, qui porte bien son nom, n’est accessible qu’en bateau.

Ses principaux attraits résident dans sa situation géographique et son fort Espagnol destiné à repousser les attaques des pirates qui convoitaient les richesses amassées par les conquistadors.

El castillo rio san juan nicaragua
Nous entrons dans le castillo
Rio san juan
Le Rio San Juan qui serpente jusqu’au pacifique

Le voyage en « panga » est déjà une excursion à part entière, malgré la vitesse du bateau, il est possible de voir des tortues, des oiseaux, des singes avec un peu de chance et de petites communautés aux bord de l’eau. Les 2h du trajet sont courtes !

Nous sommes venus à cet endroit pour le fleuve bien sûr, mais aussi et surtout pour la réserve d’indio maiz, une des plus grande et riche en biodiversité d’Amérique centrale. Mais nous avions une idée encore plus précise en tête : voir des dendrobates pour Laura, et voir des crocodiles pour moi. Oui, on est comme ça !

Une expédition nocturne pleine de mordant

Le premier soir de cette longue journée, nous sommes partis pour une sortie nocturne en bateau. A la lueur d’une lampe torche, notre guide inspecte dans le silence le plus total les berges. Après quelques minutes seulement, nous nous arrêtons et il me met dans la main un bébé caïman d’une 15e de centimètres ! La bestiole qui pousse de petits cris aigus possède déjà une belle rangée de petites dents et me prouve qu’elles sont destinées à grandir en me gratifiant de petites morsures aux doigts. Je vous rassure, on ne sent presque rien, mais on imagine bien ce que ça peut donner si administré par le papa ou la maman, brrr.

Seb a le chic pour se faire des potes bizarre !
Seb a le chic pour se faire des potes bizarre !

Après ce premier épisode fort distrayant, nous poursuivons notre chemin pour nous arrêter une nouvelle fois dans un endroit plus boisé. Là, nous côtoyons des oiseaux endormis à moins d’un mètre de nous, juste à côté d’iguanes et de basiliques. Ces derniers, qui sont en fait une sorte de lézard à tête chelou, sont capables de courir sur l’eau sur plus de 5 mètres ! Une des variétés de basilique s’appelle Jésus Christ, allez savoir pourquoi…

lezard marchant sur l'eau nicragua rio san juan
Et encore un ! Celui là se prend pour Jésus.

Le guide nous laisse à notre contemplation quelques minutes avant de revenir avec la plus belle grenouille du monde selon moi, emblème du Costa Rica.

grenouille rio san juan nicaragua

Seule petite déception, on a vu les bébés caïmans, alors on aurait bien aimé voir les grands, tant qu’à faire. Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté de notre guide qui à quelques centaines de mètres du retour, s’approche de nouveau en silence de la berge, saute dans l’eau pour attraper un beau caïman d’un mètre cinquante ! Après m’être posé une demi seconde la question sur le bien fondé d’une telle pêche, je me laisse aller à l’émerveillement en observant cette bestiole de très près (en espérant que ça ne la dérange pas trop tout de même).

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Pas de crocodiles mais des caïmans, pas de dendrobates mais des grenouilles, nos désirs sont quasiment comblés !

Canot, rando, dodo : en route vers la réserve d’Indio Maiz

Mais comme nous en voulons toujours plus, le lendemain, c’est l’expédition : deux heures trente de canoë jusqu’à la réserve d’indio maiz, puis trois heures de marche dans la forêt primaire, ensuite petite baignade et retour vers El Castillo.

Nous n’étions que deux pour faire cette excursion, nous avons demandé à tous les touristes présents à El Castillo (8 pour être exacts) s’ils voulaient partager les frais avec nous, mais nous sommes rentrés bredouilles. Alors autant vous dire qu’on a cassé la tirelire, mais on ne pouvait pas renoncer à une si belle promesse !

La balade en canoë valait vraiment l’effort, le fleuve est tout simplement magnifique. Par contre, nous n’avons pas été très chanceux sur l’observation de la faune, par rapport au potentiel de la réserve.
Dès l’entrée du sentier, nous tombons sur de superbes traces toutes fraîches de jaguar. Il est quasiment impossible de les voir, mais rien que de savoir qu’ils vivent ici, ça fait quelque chose.

Quelle sensation de savoir que 2 jaguars ont foulé le même sentier que nous.
Quelle sensation de savoir que 2 jaguars ont foulé le même sentier que nous.

Très vite, nous réalisons le souhait de Laura, des dendrobates ! Ces petits batraciens très colorées sont touts mignons, mais attention ! Ces bébêtes sont parmi les plus venimeuses du règne animal.

Dendrobate

 

Les indigènes utilisaient son venin pour enduire leurs flèches de sarbacane. Un petit aller retour sur la peau de la bestiole et hop, de quoi tuer un singe ! Nous avons donc été un peu surpris quand notre guide a pris une dendrobate dans sa main… En fait, il suffit de ne pas avoir de blessure et de n’utiliser que la paume de la main qui n’a pas de pores… Simple non ?

Celle ci le guide ne s'est pas risqué à la toucher, plus petite mais costaude !
Celle ci le guide ne s’est pas risqué à la toucher, plus petite mais costaude !

Une belle journée au final, même si nous rêvions de voir un petit félin, un tapir ou des singes d’une espèce moins commune que le signe hurleur. Mais la réserve est tellement grande qu’il faut faire des expéditions de plusieurs jours pour voir un peu de tout.

Une belle conclusion pour notre séjour au Nicaragua, qui aura décidément été très complet, entre des canyons, un séjour en famille d’accueil à la campagne, des rencontres et des histoires sur la révolution, de la relaxation sur une île de rêve et de un trip dans une nature intacte. Il est pas beau ce pays ?

Arc en ciel
Arc en ciel sur le rio San Juan

Infos pratiques – visite du rio San Juan et El Castillo

  • Ferry Granada – Altagracia (Ometepe) – San Carlos : deux fois par semaine, les lundi et jeudi (vérifier les horaires de départ au port, ça peut varier). Trajet d’environ 15h en tout.
    Tarif Granada – Altagracia : 107 cordobas.
    Tarif Altagracia San Carlos : 212 cordobas.
  • Panga San Carlos – El Castillo : 6 par jour, mais attention, certaines seulement sont express. 2h contre 4h de trajet, pour une différence de prix minime.
    Tarif pour une express : 120 cordobas.
  • Conseil, à Castillo, n’attendez pas trop tard le soir pour aller manger, les restaurants et comedors ferment très tôt ! Après 19h, seul un hôtel où les repas sont très chers et pas meilleurs que dans les petits resto reste ouvert…

Expéditions ou « tour » : nous vous conseillons Juan Ardilla, très expérimenté et très agréable. Il est connu dans le village, vous le trouverez facilement en demandant (notamment à la casa del huesped de Chinandega, un endroit bien sympa pour dormir – 400 cordobas la chambre double avec sdb).

  • Virée nocturne sur le fleuve : 50 dollars, à partager par le nombre de touristes. Durée 2h.
  • Visite de la réserve d’indio maiz + canoë + baignade (entrée du parc incluse) : 100 dollars à partager par le nombre de touristes. Il est possible d’alléger la note en prenant un bateau à moteur, et/ou en allant sur le premier sentier, plus proche et plus court (65 dollars / groupe)

 

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