Sur la route des lémuriens – épisode 2 – Le parc de Ranomafana 4


Notre première immersion dans la forêt malgache à Ialatsara et la rencontre avec ses adorables occupants poilus fût pour nous le début d’un parcours semé de découvertes animales étonnantes. Pour la deuxième étape de notre route des lémuriens, direction le parc national de Ranomafana, une des réserves les plus connues de Madagascar.

Prélude villageois – Ifanadiana

Pour l’atteindre il faut quelque peu bifurquer de la RN7 et s’arrêter dans le village du même nom. Au premier regard, on se doute quelque peu que ce village existe grâce au parc national de Ranomafana. Il paraît avoir été posé là, le long de la route. C’est le premier lieu où nous ressentons un peu le tourisme, quelques voyageurs s’égarent dans les échoppes de souvenirs. Les bungalows sont légèrement en périphérie tandis ce que qu’au cœur du village la vie bat son plein entre un marché de produits frais et une séance de basket improvisée.

charrette

Charrettes de transport typiques dans le village de Ranomafana sous la brume

A notre arrivée, même si le temps est maussade, nous nous risquons à nous promener dans le village. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous ne passons pas inaperçus et nous comprenons vite pourquoi : notre fils ! Ce qui surprend les gens ici, ce n’est pas de voir des visiteurs, mais plutôt l’âge de l’un d’entre eux. Les 18 mois de notre lémurien en étonnent plus d’un. On nous prendra d’ailleurs à plusieurs reprises pour des expatriés. Il semblerait que peu de personnes voyagent à Madagascar avec des bébés.

C’est la première fois depuis notre arrivée que nous ressentons à quel point ce voyage sera différent de part la présence d’Hélio. Les contacts se font plus faciles, Hélio joue les entremetteurs malgré lui. Entre parents, même de pays très éloignés, il y a comme une sorte de connivence et cette même lueur dans les yeux en regardant notre progéniture se faire un ami du bout du monde.

Père et fils

Exploration du village entre père et fils

En s’arrêtant boire un fanta (je le confesse ! Mais dans une bouteille consignée !) dans un bar local, Hélio débute ici sa longue tournée des visites d’arrière cuisine. A partir de ce moment là, il essayera systématiquement d’explorer les coulisses de chaque restaurant qui nous accueillera.

Au restaurant, les serveurs et cuisiniers fiers et charmés l’emmèneront même faire une visite VIP nous permettant ainsi de déguster tranquillement notre viande confite (porc ou bœuf) agrémentée de haricots et de riz. Pas diététique, mais super bon !

Une drôle de bestiole hybride à Ranomafana

Le lendemain matin au réveil, le temps est toujours maussade. Il a plu une bonne partie de la nuit, la brume envahit la cime des arbres et la pluie, tenace, ne cesse de tomber. Nous hésitons à remettre au lendemain notre randonnée. Passer 4h sous un crachin, pour nous pas de souci, mais pour notre loulou qui n’a rien demandé c’est un peu limite.

parc ranomafana

On y va ou pas ?

Heureusement le petit déjeuner passé, la pluie s’arrête. Le temps reste humide et brumeux mais Toky (notre accompagnateur) nous assure que le matin ici c’est toujours ainsi. Alors on pourrait toujours remettre au lendemain sans fin à ce compte là.

Le parc est recouvert de forêt humide, luxuriante et arrosée très régulièrement. Elle a cette même brume caractéristique des forêts de nuages d’Amérique centrale. Cette humidité accentue la brillance des nuances de vert et gonfle les cours d’eau devenant ainsi cascades.

feuille ranomafana

Feuilles sublimées par la pluie

Contrairement à la réserve de Iala Tsara, les sentiers sont bien délimités et balisés dans la réserve de Ranomafana. Dès l’entrée, notre guide détecte une des minuscules stars du parc, le scarabée girafe. Se planquant un peu trop loin de mon objectif je ne pourrais immortaliser cette rencontre mais le voici capturé par un autre.

Scarabée girafe - Creative commons wikimedia

Scarabée girafe – par Axel Strauss – licence CC by SA 3.0

Il se nomme ainsi à cause d’une particularité anatomique étonnante : son cou exagérément long par rapport à son corps. Dénommé à tort scarabée, il s’agit en fait d’un charançon (mais on ne va pas chipoter). Cet atout lui sert en amour ! Soit pour charmer ces dames, soit pour repousser ses concurrents qui essaieraient de lui piquer sa future bien aimée.

Quand les mâles usent de cet appendice pour combattre, les femelles l’emploient pour construire leur nid d’amour. Pliage, poinçonnage, c’est un vrai travail d’architecte qu’elles réalisent grâce à la flexibilité de leur membre.

Lémuriens dans la brume du Ranomafana national park

La balade continue d’un pas décidé. Notre guide, informé par d’autres, repère rapidement des spécimens très rares de lémuriens, les hapalémurs dorés. Je maudis alors la brume, le contre jour et la végétation dense qui ne me permettront pas de profiter au maximum des dites nuances dorées de son pelage. Néanmoins, nous savourons cette rencontre rare.

hapalémurs dorés

Hapalémurs dorés qui nous narguent

Elle se poursuit par l’observation de lémuriens à ventre roux et de makis à flanc brun qui font un vrai vacarme dans la forêt et sont en pleine orgie de fruits. Dans le quatrième épisode de cette saga, on tombera même nez à nez avec eux …

Le clou du spectacle sera sans nul doute le repas d’un cercopithèque d’Edwards au milieu du sentier. Observé par une dizaine de personnes, il continuera à manger consciencieusement son fruit, en toute indifférence.

La rencontre des lémuriens n’a pas le même charme ici qu’à Iala Tsara car elle apparaît un peu plus artificielle. Les animaux ne semblent pas nourris, mais nous trouvons cela cependant curieux que les cercopithèques de Edwards aient, à ce point, investis l’espace près du promontoire d’observation. C’est un espace où les visiteurs mangent quelques encas… Le lien est rapide à faire.

cercopithèque de edwards

Cercopithèque de Edwards en plein festin et trempé

Sur le chemin du retour, un petit rat des bois nous fera l’honneur de sa présence. Je profite ensuite du calme, de l’ambiance, pour observer davantage l’extraordinaire richesse de la flore locale.

Nous repartons satisfaits mais légèrement frustrés car il nous a manqué ce supplément d’âme que nous recherchons chez nos guides. Ce dernier était certes compétent, mais nous n’avons pas senti de passion dans son discours et cela fait toute la différence.

 

 

Informations pratiques – visite du parc national de Ranomafana

Transport vers Ranomafana

  • En voiture privée, il suffit de longer la RN7 jusqu’au croisement de Alakamisy Ambohimaha, à 40 km de Fianaratsoa. La vous pourrez prendre la RN45 sur 30km jusqu’au village de Ranomafana – Ifanadiana.
  • En taxi Brousse. Au départ de Fianarantsoa, vous trouverez des véhicules qui pourront vous emmener jusqu’au village de Ranomafana. C’est à 67km environ mais impossible de vous donner un temps précis tant cela peut être aléatoire.

Du village de Ranomafana jusqu’à l’entrée du parc national, il y a 6 km. Si vous n’avez pas de voiture, vous pouvez tenter le stop si la marche à pied vous rebute.

Hébergement à Ranomafana

Nous avons logé « Chez Gaspard »

Les bungalows privés avec salle de bain sont charmants et installés dans un jardin luxuriant de toute beauté. Il vous en coutera 55 000 ariarys pour le bungalow. L’hôtel dispose aussi d’un restaurant où les plats sont entre 7000 et 15 000 ariarys. La nourriture y est bonne.

Restaurants

Outre le restaurant de « Chez Gaspard » nous avons testé à plusieurs reprises celui de l’hôtel Manja. Sa spécialité est la viande confite (zébu, porc…) servie avec du riz, des brèdes et des haricots. Les plats sont entre 7000 et 15 000 ariarys.

Au niveau du centre du village, vous pourrez trouver aussi de petites échoppes qui vendent des snacks tels que des sambossas à un prix dérisoire.

Visite du parc national de Ranomafana

L’entrée du parc est de 55000 ariarys par personne pour une journée.

Pour les services d’un guide il faut compter 75 000 ariarys pour un circuit de 3-4h pour un groupe de 1 à 4 personnes, 105 000 ariarys pour 6h.

Les tarifs officiels du parc et du guidage sont affichés à l’entrée de la cabane d’accueil du parc (là où il y a aussi la boutique).

Différents itinéraires sont possibles allant de 3-4h à plusieurs jours. Il est plus prudent de se renseigner sur place sur les randonnées faisables. Dans certains tronçons du parc, il n’est pas toujours possible de randonner à cause de la présence d’orpailleurs illégaux qui posent de sérieux problèmes de sécurité.

Pour les sentiers les plus fréquentés, il n’y en revanche aucun souci. Nous vous conseillons de vous munir d’un poncho de pluie, de baskets fermées, d’eau et d’un encas. Si vous ne voulez pas être embêté par les sangsues, optez pour des vêtements longs.

 

Enregistrer


A propos de Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.


Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 Prévenez moi de tous les nouveaux commentaires siouplé !

 Je veux recevoir les réponses à mon commentaire uniquement

4 commentaires sur “Sur la route des lémuriens – épisode 2 – Le parc de Ranomafana

    • Laura Auteur du billet

      Le choix du guide est vraiment primordiale quand on visite un site naturel et qu’on s’intéresse aux petites et grosses bêtes ! Il faut qu’il s’y connaisse tout en transmettant son savoir avec passion et enthousiasme. Ce n’est pas donné à tout le monde. Mais heureusement pour nous il a quand même fait le job, sans supplément d’âme mais nous avons pu voir de nombreux animaux alors c’est le principal.

  • Mathilde - Voyager en photos

    Notre guide non plus n’avait pas fait preuve de passion lors de notre visite du parc. Il a fait le boulot, on a vu les lémuriens. Je garde des souvenirs exceptionnels de la rencontre avec ses animaux sauvages dont certains étaient vraiment proches de nous. Je pense qu’au bout d’un moment certaines espèces commencent à s’habituer à l’homme surtout que certains leurs donne à manger quand bien même cela est interdit…

    • Laura Auteur du billet

      Donner à manger aux animaux sauvages, on ne le répètera jamais assez, c’est une très mauvaise idée. Soit, à court terme on observe les animaux de plus près mais à moyen terme cela modifie considérablement le comportement des animaux, qui deviennent bien souvent agressifs. Quel intérêt d’observer des animaux dans de telles conditions. Personnellement je préfère les voir mener leur vie tranquillement de loin plutôt qu’avoir des comportements domestiques à deux pas de moi.