Lors de notre dernier voyage au Portugal nous avions prévu de visiter Lisbonne. Mais assez vite, par le hasard de photos ou de récits parsemés ça et là sur la toile, nous avons jeté notre dévolu sur l’Alentejo et son parc naturel. Bien moins médiatisé que sa voisine l’Algarve, cette région du Portugal n’en est pas moins intéressante.

En route pour le littoral de l’Alentejo et ses plages

L’Alentejo est une des plus importantes régions du Portugal. Elle comprend la moitié sud du pays au dessus de l’Algarve et s’étend du littoral ouest jusqu’à la frontière espagnole. Patrimoine historique, tourisme rurale et paysages impressionnants s’y conjuguent à merveille.

Ce territoire étant vaste, nous avons choisi pour ce road trip de nous concentrer sur le littoral (les amoureux de paysages valideront ce choix), dans le superbe parc naturel du su ouest alentejano et Costa Vicentina. Accrochez votre ceinture ou chaussez vos baskets et venez découvrir avec nous quelques pépites naturelles locales.

Sans le savoir, lors de notre rencontre avec les dauphins de l’estuaire du Sado  nous avions déjà mis les pieds en Alentejo. Troia, un des points de départ de cette balade en fait effectivement partie.

Mais pour réellement commencer ce voyage empli d’embruns, nous décidons d’aller un peu plus vers le sud. Nous avons choisi de poser nos sacs à Zambujeira do mar pour quelques jours histoire de découvrir les alentours. Nous allons vous raconter notre itinéraire de manière décousue, comme nous l’avons réalisé, car nous revenions au même point chaque soir. Cependant, à la fin de l’article, nous vous avons concocté un itinéraire linéaire du nord au sud pour que vous puissiez l’utiliser en cas de road trip au Portugal.

Notre première étape est le Cap Sines, situé comme son nom l’indique dans la ville de Sines. Muni de notre gps et d’une co-pilote à la fiabilité douteuse (c’est à dire moi !), nous cherchons ce fameux promontoire rocheux (j’avais vu une photo et ça m’avait donné envie). La localisation que nous indique cet engin, aussi utile qu’exaspérant, nous amène droit dans un énorme complexe pétrolier. Nous nous sommes littéralement retrouvés devant les barrières de sécurité du dit complexe. Je vous passe les odeurs entêtantes et acres du pétrole qui viennent embaumer notre déception.

En tant que voyageurs nature, ça nous a bien fait rire (un rire crispé tout de même !) de nous retrouver devant l’antagonisme absolu de notre idéal.

Mais un voyage sans accrocs, ça n’a pas de saveur. Nous repartons bredouille en direction de notre hébergement. Le littoral de Sines est très industrialisé et nous commençons à avoir des doutes sur nos découvertes naturelles à venir. Finalement, les bâtiments industriels quittent le littoral. La nature reprend ses droits débutant le parc du sud ouest alentejano et costa vicentina.

Cabo Sardao, magistral et surprenant

Pour arriver à Zambujeira do mar, nous quittons légèrement le littoral pour découvrir la campagne de l’Alentejo. Ses petites routes où les arbres forment des haies d’honneur ont un goût de vacances.

Le lendemain, de bon matin, nous sommes d’attaque pour prendre notre revanche. Nous démarrons par la découverte du Cabo Sardao.

Lors de notre session de birdwatching dans l’estuaire du Tage (article à venir), notre guide nous avait parlé de ce lieu à la particularité étonnante. C’est sûrement un des rares endroits au monde où des cigognes ont eu l’idée saugrenue de venir installer leurs nids au creux des aspérités de la falaise. Il faut préciser que l’océan est ici de nature agitée.

 

Nous ne verrons pas les cigognes qui ont déserté leur habitat ce jour là (lui préférant la douceur de la campagne), mais leurs nids imposants sont bel et bien là. Ils paraissent tenir en équilibre. On pourrait penser que le souffle du vent pourrait les renverser mais ce serait sous estimer leur robustesse. Nous ne sommes nullement frustrés car des cigognes ont jalonné ce road trip. Depuis Lisbonne, il suffit de regarder les immenses poteaux électriques pour apercevoir de nombreux nids occupés par ces volatiles. Un programme de protection des cigognes a permis l’installation de plateformes sur tout le réseau électrique. Les cigognes avaient la fâcheuse tendance à faire leurs nids sur les parties les plus dangereuses et elles pouvaient finir rôties si vous voyez ce que je veux dire.

La population de cigognes est impressionnante et j’ai adoré profiter de ce spectacle depuis la route (d’où ma prestation de copilote calamiteuse).

Praia Samoqueira, un petit coin de paradis

C’est pas tout, mais ce vent sifflant ça creuse. Nous partons à Porto Covo pour nous sustenter (pour s’empiffrer oui !). Il s’agit d’un village bien animé l’été mais, qui au mois de janvier, est particulièrement calme. Quelques locaux cohabitent avec des retraités camping caristes tannés par le soleil. Attablés en terrasse en janvier, cela n’a pas de prix ! Ou bien si, celui dérisoire d’une sardine grillée et d’une bière fraîche. Ce moment simple est un signe d’augure très favorable pour la suite.

N’ayant pas trouvé le cap Sines la veille mais étant de nature obstinés, nous y retournons. Cette fois-ci nous voulons trouver la plage de  Samoqueira. Nulles turpitudes ce coup-ci, nous la trouvons sans problème.

La première belle surprise ? Elle est absolument et totalement déserte. Quel luxe ultime d’avoir un si bel endroit rien que pour nous. Des falaises tentent de la cacher aux regards indiscrets mais la lumière de midi l’illumine puissamment. Lumière qui accentue les contrastes entre la roche et le sable, la terre et le ciel.

L’énergie des vagues nargue l’immobilisme de cet écrin rocheux. Elles se fracassent sur les rochers à moitié immergés. Je m’amuse à regarder les traces de mes pas, je tente de suivre ceux de Seb pour laisser au maximum intacte cette toile quasi vierge. Ce lieu est revitalisant, sa force me donne une sacrée claque, m’étourdit presque. Il parait qu’à marée basse, il est possible d’aller visiter les grottes creusées par l’érosion. A marée haute, vous comprendrez aisément que je n’ai pas tenté de vérifier cette assertion.

Le charme intemporel de Porto Covo

Nous revenons ensuite à Porto Covo pour aller nous poser un peu sur la plage de l’île des passagers (Praia da Ilha do passagueiro). Cette plage a beaucoup de charme. Un petit resto ne s’est pas trompé en s’installant ici. Une large étendue verdoyante de plantes maritimes laisse la place au sable. Celui-ci regarde une petite île qui autrefois a accueilli quelques activités romaines. Le panorama nous invite davantage au voyage. L’hiver, il n’est pas possible d’y accéder mais en été, de petits bateaux peuvent vous y amener.

Nous ne sommes pas rassasiés de plages et de panoramas alors nous décidons de faire une autre halte sur le chemin du retour à Zambujeira.

Moments en famille à Praia do Malhao

C’est en traînant sur le web que j’ai entendu parler de la plage do Malhao à Villa Nova de Milfontes. Impossible de retrouver où. En revanche même si cette plage est plus isolée que ses voisines, nous n’avons eu aucun mal à la trouver.

Baignée par la lumière douce et orangée d’une fin d’après midi, les falaises étaient joliment colorées. Elles encerclaient magnifiquement cette large baie.

Ce lieu fût notre terrain de jeu familial pour quelques instants. Courir les uns après les autres, crapahuter, escalader cette drôle de pierre aux formes de cœur, autant de joies simples et précieuses.

Nous avons même eu la chance d’assister à un joli spectacle entre puissance et poésie. Le ballet d’un pêcheur dans les vagues déchaînées.

A contre jour, cette silhouette fine se dégage, elle ne paraît pourtant pas fragile. Bien agrippée sur le rocher, elle est son prolongement. Et il en faut de la force pour résister aux assauts salés de l’océan. Imperturbable, le pêcheur continue à titiller les poissons. Nous restons bouche bée, captivés au point d’en oublier le temps. Le pêcheur finit par s’en aller, sa silhouette s’approche de nous, un regard est échangé.

La lumière déclinante nous redonne une indication de temps, celle de partir. Nos pas traînent jusqu’à l’escalier qui offre une dernière vue exceptionnelle. Nos corps parlent, nous ne voulons pas quitter ce lieu.

J’adore cette sensation en voyage. Celle d’être comme dans un coton, groggy, comme enivrée. J’aime encore plus l’instant où je reprends connaissance comme pour mieux saisir la réalité de cet instant magique. Non, je n’ai pas rêvé.

Cette journée s’achève doucement à la terrasse de notre logement. Ces derniers instants sont rythmés par le chant des oiseaux et les péripéties d’un paon qui joue les acrobates sur la cheminée de la maison.

Notre coup de coeur, les dunes d’Almograve

Le lendemain, nous décidons de consacrer plus de temps à un site spécifique : les dunes d’Almograve. Une randonnée en boucle permet de profiter de cet écosystème ainsi que de la campagne attenante. Ce fût sans conteste le coup de cœur de notre séjour en Alentejo (voir notre carnet de voyage à ce sujet). Nous sommes accueillis par une brume mystérieuse qui cache la beauté des dunes mais l’enveloppe d’étrangeté. Peu à peu le soleil chasse ce voile. La végétation typique de dune, rase et tenace, s’épanouit et explose de couleurs.

La panorama est sublime, et le sol recouvert de nombreuses espèces végétales offre des surprises de chaque instant. Ce paysage nous rappelle un peu celui de certaines côtes Bretonnes. Sublimes mais jamais hautaines. Magnifiques mais accessibles.

Nous nous trouvons un magnifique spot de pique nique au soleil. Au loin les rouleaux se fracassent sur la rive. Encore un spectacle naturel dont on ne se lasse pas.

En fin d’après midi, pour un ultime au revoir à cette belle région, nous allons profiter du coucher de soleil à Zambujeira do Mar.

Est-ce que ce récit vous a donné envie de découvrir l’Alentejo et son parc naturel ? Vous pensez que c’est une belle alternative à l’Algarve ? Dites-nous tout en commentaire.

Informations pratiques – Visite du littoral de l’Alentejo et ses plages

Itinéraire sur le littoral de l’Alentejo – parc naturel du sud ouest alentejano

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    Hébergement à Zambujeira do mar

    Nous avons loué un appartement dans une maison. Ce n’était pas très grand mais le cadre bucolique, la présence de toute la basse cour, des chèvres etc… était idéale pour notre fils. Quant à la petite terrasse, autant vous dire qu’après une longue journée de visite, c’est très appréciable d’y boire un petit verre.

    Si vous optez pour cette solution, vous pouvez utiliser notre code de parrainage et bénéficier de 20 € de réduction sur airbnb.

    Randonnées sur la route vicentine

    L’Alentejo est aussi une très belle région pour randonner grâce à la route dite vicentine.

    La rota vicentina est un long chemin pédestre qui s’étend sur plus de 300 km. Il est divisé en deux parties :

    • le sentier des pêcheurs qui longe le littoral sur une centaine de kilomètres entre Porto Covo et Odeixe. Certaines des étapes dont nous parlons en font partie. Pour en savoir plus, vous pouvez aller consulter le site qui lui est dédié
    • le chemin historique de 241 km entre Santiago do Cacem et le cap de Sao Vicente qui permet de découvrir l’aspect rural de cette région.

     

     

    Envie d’autres découvertes près de Lisbonne ? Lisez notre carnet de voyage dans le parc naturel de Sintra Cascais, dans l’estuaire du Tage et notre rencontre avec les dauphins de l’estuaire du Sado. Le meilleur pour la fin, les dunes d’Almograve, notre coup de coeur en Alentejo

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