Après la chaleur torride du désierto de Tatacoa, nous retournons dans la fraîcheur relative de San Agustin. Nous avons longuement hésité avec Tierra Dentro et ce sont les longues heures de bus qui ont fait la différence. Si nous voulons un jour arriver en Argentine, il nous faut avancer.
San Agustin est très réputée pour ses nombreuses sculptures et sépultures qui ont été découvertes au cours du 20e siècle. Elles seraient les vestiges les plus anciens du continent sud américain mais leur datation exacte ne fait pas l’unanimité. Un peu de mystère, ça vous dit ?

Le plus intriguant dans cette histoire c’est que l’on en sait très peu sur cette civilisation malgré les recherches qui se poursuivent. Pourquoi la montagne est truffée de sépultures, pourquoi sont-elles orientées de cette manière, que signifient réellement les représentations zoomorphiques ? Autant de questions qui restent sans réponse ou presque.

Pour découvrir ces vestiges, toute la ville et ses nombreuses agences de tours organisés vous proposerons non pas une diversité de possibilités, mais 3 tours (à pied, à cheval et en jeep).

Le parc archéologique de San Agustin à pied et les raisins de la colère

Le premier est une visite guidée du parc archéologique situé à la sortie de la ville. Nous avons préféré le visiter par nous même. Le parc comporte un sentier qui permet d’en faire le tour et de découvrir les différents lieux. Il y a les mesitas, sorte de tumulus qui se composent de tombes dont l’entrée est gardée par des sculptures. Pour compléter la visite, un musée prolonge le plaisir.

Malheureusement, lors de notre visite, il était fermé « officiellement » pour rénovation et « officieusement » à cause du différend qui oppose les communautés de San Agustin et le ministère de la culture représenté par l’organisme de gestion du patrimoine, l’ICANH.

Les raisons de la dispute ? Pour l’année de célébration de la culture San Agustinienne, le musée national de Bogota projetait une exposition temporaire nécessitant le déplacement d’une vingtaine de sculptures de San Agustin. Les craintes et contestations sont différentes en fonction des opposants. Certains craignent que les sculptures ne reviennent pas (les sites ont déjà été victimes de pillage) ou soient détériorées. Ils sont d’accords sur le fait que tous les colombiens puissent les découvrir mais estiment que seules des répliques ont leur place dans le musée et que les originaux doivent être découverts dans leur contexte naturel. Les méthodes de gestion du projet ont aussi été critiquées. Enfin, une communauté pense que le déplacement de ces sculptures nuirait à l’harmonie mystique et aux énergies du site. Ces contestations bloquent actuellement l’exposition qui jusqu’aux dernières nouvelles n’aura pas lieu. Les arguments fusent de toutes parts, des campagnes de dénigrement se développent des deux côtés.

Sur les murs de la ville, on peut lire « Ne faites pas les statues, ne laissez pas partir les sculptures ! ». Affaire à suivre…

San Agustin à cheval et quelques courbatures

Le second tour consiste en une balade à cheval de 4h au trot ou au galop pour connaître 4 sites différents.
El tablon : 4 sculptures font partie de ce site. On ne sait pas trop pourquoi elles ont été mises ici, en tout cas, elles n’ont rien de spécial par rapport à celles que l’on peut voir dans le parc.
La chaquira : Mis à part la blague réchauffée que l’on peut faire avec le nom de ce site, les trois figures de la chaquira n’ont rien d’exceptionnel. En revanche, elles sont situées dans un décor bien sympathique puisqu’il s’agit d’un canyon. Personnellement, j’ai plus regardé le canyon et les maisons installées en contrebas (comment les gens font ils pour vivre ici ?) que les sculptures.

san agustin colombie
Le canyon où se trouve la chaquira

La pelota et el purutal : Les deux derniers sites m’ont plu par leur localisation en haut d’une montagne qui donne un joli panorama sur la campagne environnante. C’est aussi ici que les sculptures sont les plus belles selon moi, car certaines ont gardé leurs couleurs de l’époque. Quand je pense qu’un vernis à ongle ne tient correctement que quelques jours alors que ces teintes naturelles fabriquées à partir de sève d’arbre et fixées avec de la graisse animale sont encore belles et bien là 2500 ans plus tard !!!

Dommage qu’on ait pas les ongles en pierre ! (Dixit une femme qui ne se met jamais de vernis).

Notre guide qui s’appelle Luis se marre à chaque fois que les chevaux accélèrent, je pense qu’il doit percevoir ma crispation, davantage présente au trot (c’est tape cul et je sais pas comment me positionner) qu’au galop (qui est beaucoup plus confortable et amusant). Nous qui étions habitués aux promenades flemmardes à cheval, ça change.

San Agustin en jeep et l’enthousiasme à la colombienne

Le troisième tour a lieu en jeep (histoire de diversifier les modes de transports) et permet d’accéder aux sites les plus éloignés, ainsi qu’à de petites pépites naturelles. Seb et moi, on n’est pas hyper fan des tours en groupe (surtout dans un véhicule tout serré) mais la perspective de voir la 3ème plus grande cascade d’Amérique du sud est forte alléchante.

La chance nous a souri car nous avons comme compagnons de voyage une famille de colombiens incroyablement charmants et joyeux, ainsi qu’une timide touriste chinoise. Le ton est donné par une colombienne très expressive qui s’extasie de tout. Ça fait du bien de voir un enthousiasme aussi débordant. Ils nous entraînent dans leur gaieté et la discussion s’enchaîne rapidement dans la voiture entre les différents sites.

Nous nous marrons à les entendre parler quelques mots de français (avec un sacré accent snobinard) et un sujet nous lie immédiatement : la cuisine. C’est un point commun franco-colombien certain. Ils nous poseront beaucoup de questions sur ce que nous mangeons.

Adorables toute la journée, ils nous inviteront plusieurs fois pour boire un verre, un café. Dans le même hôtel que nous, en début de soirée, ils toquent même à notre porte pour nous offrir un dernier cadeau, une mangue énorme ! C’est la deuxième fois en voyage qu’on nous offre des mangues, la première c’était au Sénégal. Ils nous invitent même à Bogota, mais malheureusement nous n’y repasserons pas. Nous gardons précieusement leur contact car c’est sûr, nous reviendrons un jour en Colombie.

Avant de reprendre la route, une dernière rencontre

On dit souvent qu’internet en voyage, ça empêche les gens de se parler, de se rencontrer et si c’était le contraire ? Il y a quelques mois, je découvrais le blog d’Aurélie de Ailleurs du terre, qui m’a tout de suite plu. Après quelques échanges par facebook sur nos pages respectives, nous nous sommes vite rendues compte que notre itinéraire se croisait presque. Nous n’avons pas manqué l’occasion de nous voir pour de vrai à San Agustin. Plusieurs heures à parler de voyage bien sûr mais aussi à échanger sur la vie et des malheurs qu’elle avait récemment semée sur nos routes respectives.

C’est aussi ça la magie du voyage, rapprocher des univers inconnus et s’en sentir si proche, partager l’essentiel de ce qui nous rend humain avec une empathie et une douceur désarmante. Je n’oublierai pas la spontanéité et le naturel de cette rencontre et j’espère bien que nos chemins se recroiseront en Bolivie très bientôt.
Tu as raison Aurélie, il nous manque une photo, nous manquons à nos devoirs de blogueuses.

[mise à jour] Aurélie habite désormais à Nantes, nos chemins se croisent à nouveau !

Prochaine étape : Popayan puis noël à Otavalo en Equateur !

Infos pratiques – que faire, que voir à San Agustin

San Agustin
Épingle moi !

Hébergement à San agustin

Hostal Camping Gamcelat, chambre double avec salle de bain 40 000 COP (16 €). Wifi, cuisine et terrasse avec vue sur une mangeoire plein d’oiseaux, et des vaches ! Famille sympa quoique légèrement timide. Ils ont des chiens trop mignons.

Parc archéologique de San Agustin

S’y rendre à pied à partir du village ou prendre le bus spécifiquement prévu pour l’occasion (1000 COP aller). L’entrée est de 20 000 COP (8€) et vous permet d’entrer également sur les sites du tour en jeep.

Tour à cheval

Attention, bien comparer les prix, on nous proposait au départ 120 000 COP (60€) pour 2 et en demandant à l’association des loueurs de chevaux (à la sortie de la ville sur la route pour aller au parc), on a eu le même tour pour 80 000 COP (40€) pour 2. Grosse économie !
Tour à faire si vous aimez le cheval, les seules sculptures qui valent le coup pour moi sont celles du dernier site, qu’il est possible d’aller voir en s’avançant en bus puis en marchant un peu.

Tour en Jeep

30 000 COP (12€) par personne. Idem, faites jouer la concurrence. Difficile de vous dire si ça vaut le coup car nous avons tellement adoré nos compagnons de route, que nous n’avons pas vu tout le temps passer sur la route. Si vous êtes fan de cascades ou de vieilles pierres, allez-y mais si vous avez peu de temps, vous pouvez l’éviter.

 

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