Il y a des lieux à part sur cette planète. Des lieux si singuliers qu’on a peine à croire qu’ils sont réels. Le sud Lipez et sa star, le salar d’Uyuni font partie des quelques endroits sur Terre qui font fantasmer la quasi totalité des voyageurs et autres amateurs de paysages. A juste titre.

Ce qui rend cet endroit si hallucinant, c’est son côté extrême. Extrême dans son isolement, son altitude (de 4000 m à 6500 m), son aridité, sa diversité, sa singularité, sa démesure.

désert bolivie
Décor aride

Nous n’avons que très peu préparé ce voyage, pour laisser place à la surprise, source d’émerveillement. Mais il faut bien avouer que nous avions tout de même deux trois immanquables sur notre itinéraire, et le sud Lipez en Bolivie était en haut de la liste.
Conseils pris auprès de voyageurs, nous arrivons avec quelques appréhensions à Tupiza, notre point de départ. D’une part à cause d’échos sur le mauvais temps. Certains nous ont affirmé que le salar était innondé à cette période de l’année et donc difficile à visiter. Aussi, nous savons que le seul moyen pour nous de visiter cette région grande et reculée, c’est le 4×4, partagé avec d’autres voyageurs.

Partager 4 jours avec d’autres voyageurs toute la journée dans une voiture, c’est pas vraiment ce qui nous attire de prime abord. Déjà pour les journées de bagnole et ensuite parce qu’on peut tomber sur des covoitureurs très sympas, mais aussi des gros lourds. Une expérience d’excursion au Maroc avec un couple de râleurs pot de colle nous a refroidi.

Une fois n’est pas coutume, un peu de préparation s’impose avant d’explorer le sud Lipez

Donc, le plan, c’est de partir de Tupiza et non Uyuni car le parcours est le même, mais dans le sens inverse du grand classique, donc avec beaucoup moins de monde. En plus Tupiza est une petite ville très mignonne, avec des alentours magnifique, où des excursions à la journée valent la peine.
La seconde partie du plan, c’est de trouver des gens sympas pour partager la voiture.
A notre descente du train (nous venons en direct depuis le carnaval d’Oruro), gros coup de bol, nous retrouvons sur le quai Mélanie et Charlotte, rencontrées brièvement quelques semaines plus tôt dans le canyon de Colca au Pérou !

train uyuni bolivie
Notre train arrêté en pleine voie … mais nous finirons par arriver

Nous sentons immédiatement que le courant va passer et que nous allons partir ensemble découvrir la région. Ça c’est fait !

Vu que nous ne sommes pas pressés par le temps, nous prenons le temps de préparer notre excursion de de découvrir Tupiza. Le carnaval est encore proche et nous en faisons les frais : le gringo est une cible de choix pour se faire arroser à chaque coin de rue, depuis les balcons, les voitures qui patrouillent pistolets à eau à la main… Une bonne ambiance qui dénote tout de même une légère envie de se payer une tranche de touriste.
Et puis il y a aussi le côté face de ce jeu bon enfant, le soir, l’alcool faisant son effet, ce ne sont plus les pistolets à eau que l’on voit dans les rues, mais les couteaux et autres fusils… Un peu moins rassurant.

Après trois jours passés à Tupiza, notre choix est fait, nous partons avec une agence qui nous a semblé très sympathique, réputée, pas trop chère et répondant à nos envies : seulement 4 voyageurs dans la voiture + le guide + une cuisinière. Le feeling est bien passé avec notre guide, la voiture est très confortable, on signe ! Le périple durera 4 jours et 3 nuits, il promet d’être mémorable.

Le sud Lipez et le salar d’Uyuni, enfin !

Pour la suite du récit, à savoir les 4 jours passés en compagnie de Charlotte, Mélanie et nos accompagnateurs, je serais moins prolix. Pour la description des paysages, leur variété, l’isolement, les grands espaces, la faune rencontrée, je laisserai parler les superbes photos de Laura.

Quelques bribes d’instants forts, voir magiques à l’intérieur de ce voyage halluciné en terre extrême.

1er jour : village fantôme et décor aride de l’altiplano

Une entrée en matière brutale : arrivée sur l’altiplano par des paysages de montagnes rouges, vertes, jaunes, des ravines, des vigognes, des viscaches (lapins chelous), des villages coloniaux abandonnés, des maisons isolées au milieu de nulle part. Nous ne croiserons pas grand monde sur la route ce jour là, deux autres 4×4 seulement.

désert bolivien couleurs

Charlotte nous aura également fait une superbe démonstration de ses talents linguistiques avec un superbe « moutchasse grassiace » qui ne laisse que peu de place au doute sur sa provenance géographique.

désert contraste bolivie

2e et 3e jour : laguna verde, laguna rosada, geysers, désert, volcans… Le sud Lipez quoi !

une succession de lagunes aux couleurs incroyables, des flamands roses, des geysers, des volcans, des déserts de sable, des montagnes colorées, un renard. Bref, les plus beaux paysages du monde, grosso modo.

Laguna verde
Laguna verde
Laguna Rosada et ses centaines de flamands roses

Cela ne nous empêche pas de nous défouler, entre deux contemplations béates, en mode blind test karaoké sur une sélection de standards internationaux préparée par notre guide.

Flamands roses en vol
Flamands roses en vol

4e jour : le salar d’Uyuni

Après une courte nuit passée dans un hôtel de sel (oui tout en sel, tables, lits, mûrs, tout), nous nous levons bien avant le soleil.

La voiture roule dans un noir quasi parfait, nous percevons vaguement autour de nous des étendues planes, une mince épaisseur d’eau parfois. Le chauffeur s’amuse à rouler phares éteints par moment pour ajouter à l’ambiance mystique.
Quand les premières lueurs font leur apparition, nous commençons à percevoir l’immensité plane dans laquelle nous sommes : le salar d’Uyuni le plus grand désert de sel au monde.

La contemplation est de mise, lever de soleil sur un des lieux les plus magique de ce monde

Bientôt la voiture s’arrête, nous nous en éloignons un peu, en marchant sur ce qui ressemble de la neige endurcie. Mais non, c’est plusieurs centaines de mètres de sel qui crissent sous nos pas.

Le soleil pointe à l’horizon, aveuglant, le noir le plus complet fait place à une lumière d’une intensité que je n’avais jamais vue. Une terre d’extrême, je me répète !

Le salar, ce n’est pas le plus beau de ces 4 jours pour moi, mais cette immensité blanche est très impressionnante.
Malgré tout, passée la visite d’une île coralienne (oui à 4000m d’altitude… les mouvements de la croûte terrestre sont à ce point puissants…), et les photos « alacon » qu’on se sent obligés de prendre (la planitude offre une perspective favorable aux effets « vachement poilants »), il n’y a pas grand chose à voir. Une demi journée passée dans cette merveille nous a paru suffisante.

L'île aux cactus en plein désert
L’île aux cactus en plein désert, faut le voir pour le croire

C’est alors le temps du retour à la civilisation, par un passage à l’entrée du salar par Uyuni, avec ses stands d’artisanat bons marché. Uyuni nous a paru une ville plutôt moche et triste, bouffée par le tourisme, mais on a fait que passer.
C’est ici que nous laissons Charlotte et Mélanie, non sans une certaine mélancolie, après une si belle expérience si bien partagée, nous n’avons pas envie d’en rester là ! Sûr que nous nous recroiserons un jour.

Au final, ce sont 4 jours en dehors du temps que nous avons passé. Nous n’étions plus en voyage, nous n’étions plus dans la civilisation. Juste nous face à cette immense beauté naturelle. Un instant parfait, un moment de pure grâce.

Youpi !

Infos pratiques – excursion dans le sud Lipez et le désert du salar d’uyuni

Agence pour le sud Lipez et le désert du salar d’Uyuni

Agence La torre tours : 1250 Bolivianos / personne les 4 jours pour une voiture de 4 personnes (130 €). Tout compris, repas excellents, guide parfait, faisant attention à éviter de trop se retrouver avec les autres voitures.
Vous pouvez rester à Uyuni à la fin ou revenir jusqu’à Tupiza.

Petits conseils pour préparer votre excursion dans le sud Lipez

  • soyez attentifs pour les repas, certaines agences « mutualisent » les cuisinières pour plusieurs voitures, la qualité s’en fait ressentir (on a fait des jaloux avec nos bons repas chauds devant certains dubitatifs face à un hamburger douteux)
  • le sud Lipez se situe environ à 4000 m d’altitude (sur les plateaux), il fait froid la nuit… N’attendez pas des hébergements grand luxe avec chauffage, alors si vous n’avez pas de sac de couchage bien chaud, négociez en un ! Apportez également des vêtements chauds pour le soir.
  • débrouillez-vous pour vous procurer les jumelles
  • rechargez bien les batteries de votre appareil photo… Pas d’électricité dans les hébergements pour les deux premières nuits

Transports vers Tupiza

Pour se rendre à Tupiza, vous avez le choix entre le bus et le train (si vous venez du nord). Nous avons pris le train, c’est un peu plus cher que le bus en 1er classe, mais le surcoût vaut la peine si vous voulez dormir la nuit (le voyage nous a pris presque 24h depuis Oruro à cause d’une panne). 180 bolivianos / pers (18,5 €).

Pour aller vers le sud, en Argentine, vous pouvez prendre un bus jusqu’à la frontière (le temps d’attente à la frontière est assez long). Après la frontière, il faut aller jusqu’à la gare routière à pied (10-15 min). Il y a aussi des taxis, mais je ne sais pas le prix.

Attention pour la monnaie, s’il vous reste des bolivianos, on ne vous les changera pas côté Argentin et du côté Bolivie, le taux de change est vraiment très mauvais. Il y a un distributeur de billets sur le chemin vers la gare, mais pas toujours approvisionné. Le mieux est d’arriver avec des dollars, vous trouverez des taux très avantageux au marché « blue ». Je ferais un article là dessus.

Vous êtes en forme ? Quelques volcans à grimper…

Avant toute chose…

Si les dénivelés ne sont pas tous énormes, à cette altitude, tout devient plus difficile, il est indispensable de bien s’être acclimaté à l’altitude ! Au moindre symptôme du mal d’altitude, le sorroche, redescendez (même si votre guide qu’avec un peu de coca ça devrait passer…)

  • Llicancahur (ou Licancabur) – 5916 m – 1400 m de dénivelé positif

Accessible depuis la laguna Verde, le Llicancabur est le volcan sans doute le plus grimpé du sud Lipez, mais il n’est pas simple ! Une bonne partie de l’ascencion se fait dans la cendre, ce qui rend la marche difficile. Mais la vue depuis le cratère est parait-il la plus belle de la région.

Comptez 8 à 10 heures aller retour pour des marcheurs moyens.

Profil complet de l’ascencion du Llicancahur

  • Tunupa – 5400 m – 900 m de dénivelé positif

En partant du village de Jirira, vous pourrez rejoindre le village voisin de Coquesa, point de départ pour monter jusqu’au mirador de Tunupa qui offre une belle vue sur le salar. L’accès au cratère est interdite depuis plusieurs années en raison de risque d’éboulement. Ensuite, engagez-vous dans les cendres volcaniques, en direction de la partie la plus basse du cratère.

Comptez 6-7 h aller-retour.

Profil complet de l’ascencion jusqu’au mirador de Tunupa

  • Ollagüe – 5870 m – 1000 mètres de dénivelé positif

Dans cette région peu fréquentée, à la limite entre le Chili et la Bolivie, l’ascencion de l’Ollague donne un sentiment d’être au milieu de nulle part. La particularité de ce volcan, c’est qu’une piste peu vous amener jusqu’à 5600 m d’altitude ! Des mineurs de souffre et autres minéraux travaillent dans le coin, à 5000 mètres d’altitude…

Si vous vous rendez au bout de la piste, vous n’aurez plus beaucoup de chemin à faire, ce qui en fait un des sommets à cette altitude les plus faciles à atteindre. Sinon, vous pouvez partir de la base du volcan pour un ascencion bien plus difficile, mais méritoire !

Profil complet de l’ascencion de l’Ollagüe (depuis sa base)

  • Uturuncu – 6008 m – 500 mètres

Relativement accessible, l’Uturuncu est un des sommets les plus hauts de la région. Sans cratère bien défini, le volcan est malgré tout bien actif avec des fumeroles visibles durant l’ascencion (ne vous approchez pas des gazs toxiques !). Il offre une belle vue sur le Lipez et ses lagunes. Attention tout de même, en fonction de la saison, la neige peu parfois bloquer le sommet. Encore plus qu’ailleurs, attention à l’acclimatation, nous sommes en très haute altitude !

Profil complet de l’ascension de l’Uturuncu

Quand à nous, nous poursuivons notre chemin vers le nord ouest argentin et sa sublime quebrada

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uyuni 1

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