Nous passons beaucoup, BEAUCOUP de temps en bus. Quand on voyage en transports en commun sur de longues distances et qu’on est pas riche, c’est assez incontournable ! Forcément, il arrive des moments où tout ne se déroule pas sans surprises plus ou moins agréables. Quand on conjugue une route de montagne étroite au nord du Pérou peu empruntée avec la saison des pluies, cela peu amener quelques imprévus…

Après une belle traversée de la frontière entre l’Équateur et le Pérou en 2 jours, nous nous pensions parés pour faire la route de nuit en montagne entre Chachapoyas et Cajamarca. Une simple formalité sur le papier, 10h.
Jusque 4h du matin, pas grand chose à dire, nous tentons de dormir tant bien que mal, les sièges ne s’inclinent pas vraiment et nos voisins ne sont pas très discrets, entre celui qui ronfle et celui qui fouette des pieds. Pour ne rien arranger, les lacets s’enchainent et quelques gamins ont la nausée…

Bref, la routine du voyageur en bus dans ces contrées, jusqu’à ce que l’engin s’arrête brusquement et que le chauffeur passe la tête dans le couloir et annonce laconiquement : « fin du service, il n’y a plus de route« , alors que nous sommes au milieu de nulle part, en haute montagne.

Terminus, tout le monde descend !

Après quelques secondes nécessaires pour sortir de la brume et réaliser la portée de cette phrase, nous commençons par formuler un bon : « c’est quoi ce bordel !? » à l’instar de nos voisins. Les questions fusent et nous comprenons que la route est bloquée à cause d’un glissement de terrain.
Nous descendons du bus pour voir de plus près, éclairés par des téléphones portables.
Le spectacle semble un peu irréel, devant nous se dresse un monticule de pierres et de boue barrant la route.

éboulement terrain nord pérou
Le fameux éboulement au réveil !

Les hypothèses fusent : cela va nous prendre deux-trois jours avant de pouvoir repartir, il va falloir faire demi-tour, il faut traverser à pied jusqu’au prochain village etc. Rien de bien engageant en tout cas…
Quelques personnes tentent de passer à pied sur les éboulis tous frais et instables. Ça passe, tant mieux pour elles, je ne m’y risquerai pas ! Apparemment il y a un petit village à quelques heures de là…

vue montagnes nord pérou
Le village est quelque part par là. La vue est pas mal.

Après un looong moment, le chauffeur finit par nous donner quelques infos plus crédibles, le jour pointant déjà son nez.
Nous allons attendre un bus venant dans l’autre sens pour faire l’échange de passagers et continuer notre route. Ouf ! Pas besoin d’attendre que ce soit déblayé ! C’est une bonne nouvelle, pas super de rester à côté d’un glissement de terrain, à flanc de falaise, alors que la pluie menace toujours. Les quelques mini éboulis sporadiques que nous constatons ne sont guère rassurants.

Déblayer un glissement de terrain à la main, on en parle ?

Dans le même temps, des personnes venues d’on ne sait où débarquent et commencent à déblayer… à la main ! Impossible. Mais bientôt, quelques autres personnes arrivent en voiture avec pelles et pioches et se mettent au boulot, mais ça nous parait toujours impossible. En fait, ce sont des gens du coin qui tentent d’aplanir une partie de l’éboulement pour permettre aux 4×4 de passer en attendant le bulldozer le plus proche, situé à plus de 100 km. Et ça marche ! Le passage du premier véhicule tout terrain nous semble périlleux, mais ça passe après 3-4 tentatives.

Pour passer le temps, un troc de vivres s’organise, puis nous avons un superbe paysage à admirer. Nous faisons même la rencontre d’une charmante habitante.

araignée nord pérou
Notre nouvelle copine qui peut sauter si on s’approche trop près

Une mygale ! Je ne savais même qu’il était possible d’en croiser à cette altitude, nous devions être à plus de 3000 mètres. La bestiole intrigue les passagers et fait passer le temps. Un gamin s’amuse à l’exciter avec un bâton, mais son père le freine en nous prévenant que l’araignée est capable de faire de jolis bonds.

éboulement terrain nord pérou laitier
Nos compagnons d’infortune, en première position, le laitier qui paye généreusement sa tournée
éboulement terrain nord pérou
Nous sommes cette fois ci de l’autre côté de l’éboulement, attendant que l’autre bus arrive. Tout le monde est impatient, heureusement que l’araignée nous occupe…

Au final, nous n’arriverons qu’avec 7 heures de retard et nous aurons pu profiter du paysage de jour.
Ce pépin nous aura permis de rencontrer les autres passagers du bus, très sympathiques.

enfant nord pérou
Seb attire quelque peu l’attention

Une autre Péruvienne rencontrée lors d’un arrêt du bus nous proposera même de nous accueillir dans sa ville natale après 1 min de conversation… Les mises en garde de certains voyageurs sur les Péruviens soit disant plus difficiles à rencontrer que dans d’autres pays latino-américains ne s’appliquent définitivement pas dans ce coin !

tong nord pérou
En plus d’être charmant, les péruviens rencontrés ont eu l’extrême délicatesse de ne pas nous parler de notre look tong chaussette. La veille, nous avions trempé notre unique paire de basket. Pas d’autres choix !

Encore une anecdote de voyage liée au bus. Il faudra qu’on fasse un palmarès un de ces jours. Vous devez aussi en avoir à partager !

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