Voyageur loser épisode 9 – le bus, l’éboulement et la mygale 18


Nous passons beaucoup, BEAUCOUP de temps en bus. Quand on voyage en transports en commun sur de longues distances et qu’on est pas riche, c’est assez incontournable ! Forcément, il arrive des moments où tout ne se déroule pas sans surprises plus ou moins agréables. Quand on conjugue une route de montagne étroite au nord du Pérou peu empruntée avec la saison des pluies, cela peu amener quelques imprévus…

Après une belle traversée de la frontière entre l’Équateur et le Pérou en 2 jours, nous nous pensions parés pour faire la route de nuit en montagne entre Chachapoyas et Cajamarca. Une simple formalité sur le papier, 10h.
Jusque 4h du matin, pas grand chose à dire, nous tentons de dormir tant bien que mal, les sièges ne s’inclinent pas vraiment et nos voisins ne sont pas très discrets, entre celui qui ronfle et celui qui fouette des pieds. Pour ne rien arranger, les lacets s’enchainent et quelques gamins ont la nausée…

Bref, la routine du voyageur en bus dans ces contrées, jusqu’à ce que l’engin s’arrête brusquement et que le chauffeur passe la tête dans le couloir et annonce laconiquement : « fin du service, il n’y a plus de route« , alors que nous sommes au milieu de nulle part, en haute montagne.

Terminus, tout le monde descend !

Après quelques secondes nécessaires pour sortir de la brume et réaliser la portée de cette phrase, nous commençons par formuler un bon : « c’est quoi ce bordel !? » à l’instar de nos voisins. Les questions fusent et nous comprenons que la route est bloquée à cause d’un glissement de terrain.
Nous descendons du bus pour voir de plus près, éclairés par des téléphones portables.
Le spectacle semble un peu irréel, devant nous se dresse un monticule de pierres et de boue barrant la route.

éboulement terrain nord pérou

Le fameux éboulement au réveil !

Les hypothèses fusent : cela va nous prendre deux-trois jours avant de pouvoir repartir, il va falloir faire demi-tour, il faut traverser à pied jusqu’au prochain village etc. Rien de bien engageant en tout cas…
Quelques personnes tentent de passer à pied sur les éboulis tous frais et instables. Ça passe, tant mieux pour elles, je ne m’y risquerai pas ! Apparemment il y a un petit village à quelques heures de là…

vue montagnes nord pérou

Le village est quelque part par là. La vue est pas mal.

Après un looong moment, le chauffeur finit par nous donner quelques infos plus crédibles, le jour pointant déjà son nez.
Nous allons attendre un bus venant dans l’autre sens pour faire l’échange de passagers et continuer notre route. Ouf ! Pas besoin d’attendre que ce soit déblayé ! C’est une bonne nouvelle, pas super de rester à côté d’un glissement de terrain, à flanc de falaise, alors que la pluie menace toujours. Les quelques mini éboulis sporadiques que nous constatons ne sont guère rassurants.

Déblayer un glissement de terrain à la main, on en parle ?

Dans le même temps, des personnes venues d’on ne sait où débarquent et commencent à déblayer… à la main ! Impossible. Mais bientôt, quelques autres personnes arrivent en voiture avec pelles et pioches et se mettent au boulot, mais ça nous parait toujours impossible. En fait, ce sont des gens du coin qui tentent d’aplanir une partie de l’éboulement pour permettre aux 4×4 de passer en attendant le bulldozer le plus proche, situé à plus de 100 km. Et ça marche ! Le passage du premier véhicule tout terrain nous semble périlleux, mais ça passe après 3-4 tentatives.

Pour passer le temps, un troc de vivres s’organise, puis nous avons un superbe paysage à admirer. Nous faisons même la rencontre d’une charmante habitante.

araignée nord pérou

Notre nouvelle copine qui peut sauter si on s’approche trop près

Une mygale ! Je ne savais même qu’il était possible d’en croiser à cette altitude, nous devions être à plus de 3000 mètres. La bestiole intrigue les passagers et fait passer le temps. Un gamin s’amuse à l’exciter avec un bâton, mais son père le freine en nous prévenant que l’araignée est capable de faire de jolis bonds.

éboulement terrain nord pérou laitier

Nos compagnons d’infortune, en première position, le laitier qui paye généreusement sa tournée

éboulement terrain nord pérou

Nous sommes cette fois ci de l’autre côté de l’éboulement, attendant que l’autre bus arrive. Tout le monde est impatient, heureusement que l’araignée nous occupe…

Au final, nous n’arriverons qu’avec 7 heures de retard et nous aurons pu profiter du paysage de jour.
Ce pépin nous aura permis de rencontrer les autres passagers du bus, très sympathiques.

enfant nord pérou

Seb attire quelque peu l’attention

Une autre Péruvienne rencontrée lors d’un arrêt du bus nous proposera même de nous accueillir dans sa ville natale après 1 min de conversation… Les mises en garde de certains voyageurs sur les Péruviens soit disant plus difficiles à rencontrer que dans d’autres pays latino-américains ne s’appliquent définitivement pas dans ce coin !

tong nord pérou

En plus d’être charmant, les péruviens rencontrés ont eu l’extrême délicatesse de ne pas nous parler de notre look tong chaussette. La veille, nous avions trempé notre unique paire de basket. Pas d’autres choix !

Encore une anecdote de voyage liée au bus. Il faudra qu’on fasse un palmarès un de ces jours. Vous devez aussi en avoir à partager !


A propos Seb

Jeune homme bien sous tous rapports aimant manifestement voyager. Accessoirement, entre deux voyages, je tente de sauver le monde en bossant comme animateur d'un réseau d'éducation à l'environnement. Heureusement, je suis pas tout seul, parce qu'il y a du boulot !


Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 Prévenez moi de tous les nouveaux commentaires siouplé !

 Je veux recevoir les réponses à mon commentaire uniquement

18 commentaires sur “Voyageur loser épisode 9 – le bus, l’éboulement et la mygale

  • Sophie D.

    Hello !
    j’ai beaucoup pensé à vous récemment car avec Alain on s’est regardé « carnets de voyage » film qui est issu des carnets de voyage que Ernesto Guevara, ensuite appelé le Ché, avait écrit pendant son périple de 6 mois ! Les paysages photographiés pendant votre nuit de bus/glissementterrain/bus sont très proches de ceux que l’on voit dans le film !
    Bon je vois que vous vous amusez bien et profitez un maximum de ce voyage … Super ! Ah une précision : il est interdit de transporter des animaux vivants sans autorisation spéciale … donc votre petite copine en photo là elle reste au Pérou !
    Bizz (même pas si froides que ça car l’hiver ne vient pas chez nous cette année ! )

    • Seb

      Oui ! Excellent film ! Le che est encore une icone dans beaucoup d’endroits ici, en particulier au Nicaragua. Mais c’est aussi devenue une icone commerciale… Des tas de gringos portent des t-shirts à son effigie made in china…
      Sinon je suis un peu deçu, moi qui voulait te ramener plein de bebetes locales connaissant ta passion des araignées. Quel dommage !

    • Seb

      Heureusement on a pas vu beaucoup d’araignées comme celle là ! De loin c’est sympa, mais c’est vrai que j’irai pas la prendre dans mes mains… Pour le style, c’est la « voyage roots touch » 😉

  • Julie - Du Monde au Tournant

    Ca fait un sacré souvenir à raconter ça dis donc. Belle aventure.
    Et la mygale, elle sortait d’où ?
    Quant aux commentaires sur les Péruviens difficile à rencontrer, nous avions eu exactement les mêmes sur les Boliviens pas sympathiques. La Bolivie fût un des meilleurs accueils de notre tour du monde. Comme quoi, il faut toujours se faire sa propre opinion.

    • Seb Auteur du billet

      Bonjour Julie !
      La mygale devait trainer dans le coin… Mais je me demande ce qu’elle pouvait manger vu qu’il n’y avait que des cailloux autour. Bref, quelle idée d’habiter là !
      En ce qui concerne les préjugés sur un peuple plus ou moins accueillant, je suis bien d’accord avec toi ! Les rencontres se font entre individus, alors on peut bien ou mal tomber partout.

  • Julie la blogtrotteuse

    C’est le premier post que je lis sur votre blog, et j’ai vraiment bien aimé ! C’est une expérience géniale, au final je dirais même que vous avez eu de la chance : seulement 7h de retard, pas de blessés, un paysage à couper le souffle (je suis jalouse) et une rencontre des locaux qui ne s’oublie pas. Bon, la mygale aurait peut-être pu être retirée du lot 😉

    Merci d’avoir « liké » ma page facebook en tout cas, ça m’a fait super plaisir. Je like la votre en retour et explore le monde à travers votre blog !

    • Seb Auteur du billet

      Bonjour Julie,
      Oui, même si sur le moment tout n’est pas agréable, on garde uniquement les bons côtés après coup. Puis le fait d’être en voyage sans contrainte particulière fait relativiser les retards ! Ces anecdotes deviennent de superbes occasions de rencontre. Au final je garde tout, surtout la mygale 😉 Je voudrais juste ne pas la croiser dans mon lit !

  • Voyage Nord du Perou

    Nous vivons Chachapoyas et effectivement les voyages en bus sont une aventure chaque fois. J’ai renoncé à un voyage Cajamarca cette énnée en avril car il y avait eu un éboulement et je ne voulais pas m’embarquer là-dedans avec les enfants surtout que cette route déjà à la base est très impressionnante. Mais que ce soit en direction de Cajamarca, Chiclayo ou même la jungle, au départ de Chachapoyas il y a toujours une incertitude si on voyage entre novembre-décembre et mai. Les bords de route ne sont pas stabilisés, les abysses sont incroyables. Il vaut mieux rester proche du bus s’il se passe quelque chose et ne pas tenter n’importe quoi. L’an passé, traverser un éboulis tout frais a coûté la vie à 9 personnes. Vaut mieux attendre. En même temps ce côté sauvage fait le charme de notre région, non? J’espère que vous avez apprécié le coin, tant de choses à voir côté nature et apprendre sur les civilisations pré-incas, car nous on y est vraiment bien et les gens y sont très sympas. Les bébêtes font aussi partie du paysage, plus tarentules que de mygales, cela gratte mais pas dangereux normalement. Philippe

    • Laura

      Nous avons adoré le nord pérou et nous aurions sans hésiter tenté d’autres aventures de la sorte pour en découvrir d’autres recoins. C’est sûr, si nous revenons au Pérou nous ne manquerons pas de rattraper nos lacunes (on choisira peut être la saison en revanche !). J’imagine qu’en effet le voyage sur ses routes avec des enfants doit se réfléchir plus longuement. Profitez en un peu pour nous en attendant qu’on revienne.

  • Aurélie

    Excellent, j’adore ! Cela me fait penser à un voyage récent en bus équatorien, entre Quito et Papallacta… Nous prenons donc le bus, quittons Quito, et là le chauffeur vient nous voir pour nous dire que finalement il va changer de trajet et nous déposer tout à fait ailleurs 😀 Pas d’éboulement de terrain, juste un raccourcissement de sa journée de travail je pense… autant dire qu’à 18H passées on était loin d’être chauds pour le changement de plan. Une insurrection française plus tard et on est repartis dans la bonne direction…

    • Seb Auteur du billet

      Ahah, ba ouai vous êtes gonflés aussi de vouloir aller là où le bus devait se rendre normalement. Quelle idée !?
      Ah ces français, toujours en train de râler 😉
      Plus sérieusement, heureusement que vous ne vous êtes pas laissés faire, c’est quand même hallucinant comme comportement. Mais bizarrement ça ne m’étonne pas tant que ça…

      En Bolivie on nous a fait un peu la même chose à La Paz, le chauffeur nous a laissé à l’entrée de la ville, mais il avait une bonne excuse, les routes étaient coupées par des manifestants. Remarque ça nous a forcé à comprendre rapido le système de bus que je qualifierai de « bordel organisé ».