Des petites galères, des anecdotes douteuses, des plans foireux, des aveux inavouables… Voyageur loser c’est un peu tout ça à la fois. Une série qui ne se prend pas au sérieux et vous dévoile (non sans un trait d’humour) les situations cocasses que nous avons vécu au cours de nos voyages.

Autant certaines anecdotes sont faciles à raconter, par leur côté bon enfant, sympathique et pas bien méchant, autant celle-ci me reste encore en travers de la gorge pas loin de 10 ans après… Pour notre défense, nous étions jeunes et innocents, la bouche en cœur et les yeux sans poches. Mais quand même, on s’est bien fait rouler !

Pourtant ce n’était pas notre premier voyage, j’étais déjà parti vivre 6 mois au Sénégal, et nous étions partis en Équateur avec Laura. Nous en avions déjà vu venir des petites ou grosses arnaques, mais sans tomber dans le panneau. Sauf une fois, un grand classique. Arrivés tard en Équateur, nous n’avions pas d’autre choix que de prendre un taxi. Et pauvres de nous, nous n’avons pas demandé, que dis-je, négocié le prix de la course en avance. Une erreur de débutant ! Si bien que nous nous sommes trouvés coincés à payer un tarif survitaminé. Mais bon, ça n’arrive qu’une fois et ce n’est pas bien méchant.

Thaïlande – Cambodge, un passage de frontière terrestre comme les autres… Ou pas !

Les passages de frontière terrestre, je ne sais pas pour vous, mais moi ça me stresse toujours un peu. Ce ne sont jamais les mêmes formalités, des fois on nous réclame des taxes, d’autres non, des fois il y a des visas, d’autres non. Les guichets ne sont pas toujours bien indiqués, il y a souvent des gars louches qui trainent, parfois c’est la cohue ou au contraire le désert… Bref, c’est pas souvent un super souvenir de voyage. D’ailleurs, nous avons écrit un mini guide de survie là dessus, pour que tout se déroule sans accrocs.

En 2007, nous sommes partis au Cambodge, superbe pays d’ailleurs. Mais pour y aller, nous arrivions par Bangkok en Thaïlande, l’avion étant bien moins cher. Je ne sais pas pourquoi, mais nous n’avions pas envie de visiter la Thaïlande à ce moment, donc nous avons directement filé vers la frontière.

Ce passage de frontière par  Poipet – Aranyaprathet a mauvaise réputation et est fameux pour ses petites arnaques. Il n’y a qu’a voir le nombre d’articles de blog sur celui-ci pour en juger… Mais à ce moment là nous n’étions pas du tout amateurs de lecture de blogs et pas au fait de cette réputation. Mais quand bien même, nous n’avons jamais lu quelque chose sur une mésaventure semblable, bien que je sois persuadé que des centaines de gens se font avoir sans s’en rendre compte.

Les arnaques et larcins les plus répandues sont assez classiques dans l’ensemble : porteurs de bagages qui vous forcent un peu la main, taxes supplémentaires sur le visa, bus « gratuit » qui vous rabat vers son restaurant favori…

Mais parfois, c’est plus élaboré : la vente de faux visas dans des épiceries (ne faites jamais ça malheureux !), la dépose de taxis au mauvais endroit (variante de rabattage sauvage).

Nous, on s’est fait avoir sur aucun de ces classiques, c’était plus artistique que ces basses œuvres communes 😉

Les moutons sont de sortie ! Les pigeons aussi…

Donc, nous arrivons à la frontière en bus, nous devons traverser à pied. Nous évitons les porteurs de bagages et autres guides officiellement officieux qui veulent tous nous aider le cœur sur la main, mais moyennant une petite pièce. Rien de bien répréhensible à ça ! Après tout, si on est un peu perdu et qu’on veut se faire aider, pourquoi pas.

En bons franchouillards, nous déclinons poliment, et taillons notre route à travers les formalités administratives sans trop de soucis.

Une fois tamponnés (nos passeports hein, pas nous), nous partons à la recherche d’un transport jusqu’à notre destination finale au Cambodge.

Une fois dans le bus, rempli a rabord de touristes (premier signe inquiétant), un « guide » nous explique qu’il va nous accompagner jusqu’à destination (second signe inquiétant).

A peine le bus démarré, il nous fait son speech je ne sais plus trop sur quoi, et nous explique que si nous avons des sous, il faut absolument que nous le changions dès maintenant, car ensuite ce ne sera plus possible. Dans le reste du pays, il n’y a pas de bureau de change acceptant les bats (monnaie de la Thaïlande) ou les euros.

Bien sûr, nous sommes étonnés par cette affirmation, ça nous semble bizarre qu’à l’échelle d’un pays il ne soit pas possible de changer certaines monnaies sauf près de la frontière. Mais le doute s’insinue…

singe cambodge
J’aurai préféré me faire voler par des singes !

5 minutes après, le bus se range sur le côté et l’accompagnateur nous invite à descendre du bus pour changer notre argent. Tout le monde s’exécute, alors comme des moutons, nous nous disons qu’il faut qu’on fasse de même, au risque de nous retrouver avec des bats dans les pattes sans pouvoir les changer par la suite.

Si tout le monde le fait, c’est que ça doit être vrai !.

C’est biiiiin con comme raisonnement, mais l’effet mouton est super puissant, quand on est un peu paumé. Au final, nous changeons quelques 200 € de mémoire (faut pas déconner, on a quand même pas changé tous nos sous, les cartes bleus ça existe).

La très grosse erreur (que nous ne reproduirons plus par la suite, enfin on va essayer…), c’est de ne pas avoir vérifié les taux de change bats / riel (monnaie du Cambodge).

Des bleus je vous dit !

billet cambodge
On croyait avoir fait une affaire… En apparence seulement

Si bien qu’arrivés à destination, je vérifie tout de même le taux de change, pour voir si on s’est pas fait berner (ba oui, on le sent quand même venir quand on s’est fait avoir). Et là, je vois qu’il nous manque une bonne cinquantaine d’euros par rapport au taux de change officiel…

Plus de 25 % de commission ! Un record qu’on ne voit nulle part, même pas dans les arnaques officielles que sont les bureaux de change des aéroports !

Évidemment, les bureaux de change pullulent dans toutes les grandes villes du Cambodge, et acceptent toutes les monnaies à des taux raisonnables…

Quelques conseils pour ne pas vous faire plumer comme nous
  • Privilégiez le retrait d’argent au fur et à mesure par carte bancaire en monnaie locale
  • Passez les frontières avec peu d’argent, seulement ce dont vous avez besoin, plus un peu de marge (au cas où…)
  • Vérifiez TOUJOURS le taux de change officiel sur Internet et regardez bien l’argent que vous obtenez au final par rapport à ce qui est annoncé (il y a même des petits malins qui utilisent des calculatrices truquées)
  • Évitez les bureaux de change des aéroports et ceux vers lesquels on vous rabat
  • Vérifiez et revérifiez les informations données par les pseudo guides (avant d’être sur place… C’est plus simple !)
  • Lisez notre guide complet sur le change d’argent en voyage 😉

 

Le plus rageant dans l’histoire, je crois que c’est de penser à toutes ces personnes qui se font avoir sans même s’en rendre compte. J’imagine que le business est toujours florissant aujourd’hui étant donné qu’il n’y a rien de vraiment d’illégal, à part le mensonge proféré par les accompagnateurs de bus.

Heureusement, de l’eau a coulé sous les ponts et nous avons maintenant acquis une certaine expérience en matière de passage de frontières et de change. Mais l’apprentissage se fait parfois dans la douleur…

 

Pour aller plus loin sur ce fameux passage entre la Thaïlande et le Cambodge par Poipet / Aranyaprathet, les formalités, les pièges à éviter, les transports etc. vous pouvez consulter les billets de nos collègues blogueurs :

 


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