Des petites galères, des anecdotes douteuses, des plans foireux, des aveux inavouables… Voyageur loser c’est un peu tout ça à la fois. Une série qui ne se prend pas au sérieux et vous dévoile (non sans un trait d’humour) les situations cocasses que nous avons vécu au cours de nos voyages.

En 2007, j’ai eu la chance d’être invité par une association pour faire partie d’une délégation française au forum social mondial de Belèm au Brésil.

A quelques heures du départ, je trépigne d’impatience mais réussi tout de même à siroter négligemment un cocktail en toute insouciance avec une amie à Paris. C’est à ce moment que commencent les ennuis. Mon téléphone retentit… Le vol est reporté au lendemain.

Je ne m’inquiète pas encore et me rend donc le lendemain à l’aéroport. Je ne me doute pas de l’enchaînement de couacs que ce vol Paris-Belem va subir pendant ces 48h prochaines heures.

Dès mon arrivée, je comprends tout de même que ça ne va pas se passer comme prévu. Je sens les hôtesses nerveuses et agitées au comptoir d’embarquement. L’heure du vol n’est pas annoncée. Nous sommes prévenu d’un retard… d’une durée indéterminée. Puis vient la rumeur d’une annulation. Finalement non, et puis si, et puis non…

Enfin si, nous allons partir, mais nous ferons 2 escales au lieu d’une. Je me demande bien quel chemin va nous mener à Belem et si nous n’allons pas finir par faire le tour du monde à l’insu de notre plein gré.

Après un moment qui me parut très long (aussi long que cette introduction), nous obtenons enfin une information fiable et définitive :

  1. Nous allons enfin partir
  2. Nous ferons une escale à Rio, de là un avion nous attend pour nous amener à Belèm

Youpi c’est parti !

Je vole avec une compagnie bien connue qui dans mon imaginaire est assez classe. Ça commence par Air et fini par France… Bref, je m’attends à un certain standing.

Là encore la grosse déception. J’ai traversé tout l’atlantique sans écran pour me distraire. Je me suis donc contentée d’observer  les sièges rétro et fatigués. Un ami steward me confirmera plus tard que cette célèbre compagnie est très bien, sauf pour les Paris-Rio, bouh la loseuse ! Je profite tout de même du vol et me laisse aller à mes quelques penchants inavouables.

Et là c’est le drame… où comment naît une insurrection !

Arrivés à Rio, nous nous renseignons rapidement sur notre vol de correspondance… Que nous ne trouvons pas, ou plutôt qui partira mais sans nous. Incompréhension, colère, stress, nous passons par toutes les émotions.

Comme je vous le disait auparavant, ce voyage devait me mener au forum social mondial. Ce que j’ai omis de vous préciser, c’est que je n’étais pas la seule de ce vol. Une délégation d’une cinquantaine de militants français faisaient partie du voyage. Vous me voyez venir ?

La compagnie de départ a sacrément merdé et laisse sur le carreau 50 militants surentrainés aux techniques de contestation, de manifestation et blocus en tout genre ! FAIIIIL

Un militant ça passe, un militant français ça se corse (sans mauvais jeu de mot), 50 militants français énervés, c’est très très risqué.

Une fois que chacun s’est rendu compte de l’entourloupe, la moutarde n’a pas tardé à monter au nez des plus énervés. Les solutions proposées pour le moment ne sont pas satisfaisantes : prendre un avion dans 2 jours au mieux, voyager en bus durant 72h au pire. Quand on a du temps, pourquoi pas, quand ça grignote la moitié du forum, c’est moyen.

C'est la pagaille devant le comptoir de la compagnie
C’est la pagaille devant le comptoir de la compagnie

J’observe cela un peu à distance, trop occupée à discuter avec d’autres jeunes de mon âge et tout simplement contente d’être là quelques soient les péripéties. Putain, on est à Rio quoi !

Un groupe se forme vite, les grandes gueules s’illustrent au mieux par leur gouaille, au pire par leur agressivité auprès des hôtesses de la compagnie (qui n’y peuvent rien mais sont payées à encaisser la mauvaise humeur des clients). Ça gueule, ça se scandalise, ça menace, à tel point que ça frise le ridicule. Menacer d’empêcher le décollage d’un avion en faisant un sitting sur la piste, c’est peut être too much…

Certains refusent les coupons pour aller manger gratos en attendant que ça se décoince. Moi et mes acolytes allons nous empiffrer en douce. Il faut savoir rester pragmatique dans ce genre de situation…

Après plusieurs heures à squatter le bureau de la compagnie, tout le monde est exténué et un terrain d’entente est trouvé.

  • Un avion sera affrété demain
  • En attendant, nous serons logés et nourris gratos dans un 3* sur la plage de Copacabana
Petite astuce en passant si une mésaventure similaire vous arrive
Saviez vous qu’en cas de retard conséquent sur un vol d’avion vous avez souvent le droit à une indémnisation allant jusqu’à 600 € ? Malheureusement c’est souvent un parcours du combattant pour obtenir le remboursement auquel vous avez le droit. Pour vous faciliter la tache, vous pouvez utiliser les services de spécialistes tels que flightright, rompus à la tache. L’avantage : vous ne payez que s’ils obtiennent gain de cause.

Tout est bien qui finit bien ?

Ce dernier nom mythique finit de dérider les plus vénères. Un bus nous amène jusqu’à l’hôtel et mes acolytes et moi restons scotchés le nez à la vitre. L’aéroport fait place aux favelas puis au cœur de Rio et s’arrête tout près de la plage.

Un repas nous attend. Oui je le confesse, on a re-mangé ! Toujours par pragmatisme bien entendu. L’hôtel est très classe, et nous n’en revenons pas. C’est là où l’article de Voyageur loser, une fois n’est pas coutume se transforme en Voyageur winner.

Vue depuis ma chambre !
Vue depuis ma chambre !

Une nuit très confortable dans ce qui nous parait être un palace, et une matinée à flâner sur la plage de Copacabana, y’a pire. Cependant c’est tout de même sadique de nous faire dormir dans une super chambre quand un dortoir d’une centaine de personnes en fond de cale vous attend par la suite.

 

Nous nous levons aux aurores pour aller profiter de la plage et admirer la vue depuis le roof top muni d’une piscine.

Roof top
Toit de l’hôtel, trop dur

Malgré les mises en garde de sécurité, nous allons fouler la célèbre plage de Copacabana qui semble s’étendre à l’infini. Faut prendre des risques dans la vie non ? Surtout que cette fois-ci la mise en garde était largement abusive.

Moi qui n’aime pas les plages bétonnées, celle-ci m’a séduite. Allez savoir pourquoi ? Le jet lag et les émotions en cascades sans doute.

Copacabana
Vue sur la célèbre plage de Copacabana

Derniers rebondissements pour la route

La trêve de la lose sonne le glas en retournant à l’aéroport, car les histoires ne sont pas terminées. Certains militants en manque de combat trouvent désormais toutes les occasions pour critiquer le vol qui nous est réservé. Il s’agit d’une toute nouvelle compagnie brésilienne, et cela sème le doute parmi les phobiques de l’avion qui ne veulent plus prendre ce vol.

Cette peur est accentuée par un formulaire de décharge qu’on nous demande de signer. En réalité c’est juste une formalité car cette compagnie « loue » ce vol pour une autre et veut tout simplement se protéger. Des militants s’improvisent juristes et nous disent de rajouter un astérisque par là, une clause par si pour rendre la décharge caduque l’air de rien. Euh, en même temps si on meurt en plein crash, on s’en fout un peu de cette décharge non ? Non ! ah ok, on est défenseur des droits jusqu’à la mort ou on ne l’est pas. Mais quand on a déjà peur de l’avion, je comprends que cela puisse être la goutte d’eau !

D’autres ne peuvent pas embarquer car ils ont pris en bagage à main du matériel qui ne doit pas l’être. Avec tout ça, nous sommes bien entendu en retard et continuons à avoir le sentiment que nous n’arriverons décidément jamais !

Mais le vol part enfin ! Sans les phobiques, mais avec les journalistes (oui y’en avait aussi) et leur matériel.

Rien à signaler pendant le vol à part que le personnel fût un des plus sympathiques qu’il m’ait été donné de rencontrer. Je commence à percevoir les buildings de Belem qui percent le ciel, la ville apparaît comme une oasis inversée au cœur de la forêt.

buildings Belem
Quelques jours plus tard, vue sur les buildings de Belem en arrivant par bateau

Nous sommes enfin prêts à vivre ce forum social mondial, mais ceci est une autre histoire…

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