En ce début de mois d’octobre, j’ai eu la chance de pouvoir consacrer 3 jours entiers à une passion née durant mes voyages… Celle de l’observation des oiseaux. Et ce, dans un très beau décor : l’Algarve.

En effet, chaque année depuis 2009 a lieu à Sagres, le bout du monde selon certain, le festival d’observation des oiseaux et de la nature. Il faut dire que cette avancée sur la mer est un lieu propice pour cette lubie, puisque c’est un chemin emprunté par de nombreux oiseaux migrateurs.

C’est ceux là même qui durant une sortie en mer, me donnèrent beaucoup de fil à retordre. Je peux déjà dire pour résumer l’article que ce fût une des pires et une des plus merveilleuses expériences de ma vie. Un bouillon d’émotion aussi tumultueux que la mer ce jour là.

Tout commence par un déjeuner insouciant en compagnie de mes acolytes de ce voyage si spécial. Je suis en effet invitée par l’Office de tourisme de l’Algarve pour ce voyage de presse dédié au festival. Je suis accompagnée de fins connaisseurs : David d’Ornithomédia, Mike de Birdwatching Magazine et Megan de BBC Wildlife magazine. Nous partageons l’amour de ces animaux volants mais je dois le confesser, je fût vite dépassée par leurs connaissances. J’ai beaucoup appris auprès d’eux ce qui ne fît que décupler l’expérience.

Bref, nous sommes à table, tranquillement en train de discuter de l’observation du matin dans un marais. En évoquant la sortie en mer, il est question d’un possible mal de mer. Je me rappelle alors que j’y suis particulièrement sujette. J’accepte donc volontiers un cachet que me propose Megan. Je crois en être quitte pour cette fois. Naïve que je suis…

 

Arrivée à l’embarcadère, les photos de cétacés en tous genres du stand de Marillimitado, la compagnie qui va nous amener à la rencontre des oiseaux pélagiques (qui vivent en haute mer), me font tout oublier. Je suis comme une gosse de 5 ans devant une glace à la fraise. Complètement fascinée et hystérique. Je n’avais pas pensé à la possibilité de voir des dauphins en plus des oiseaux. J’avais déjà eu cette superbe chance lors de mon précédent voyage au Portugal non loin de Lisbonne. Je partais confiante quant à ma chance de les croiser de nouveau.

Nous embarquons dans un speed boat étroit et puissant pour aller directement au large et espérer voir de beaux spécimens d’oiseaux pélagiques. Ces derniers habitent en haute mer. Ils affectionnent particulièrement la limite du plateau continental. A cet endroit, de nombreuses matières organiques sont charriées par les courants marins, ce qui attire les poissons et par conséquent les cétacés et les oiseaux comme me l’explique David. Mes acolytes évoquent certaines espèces dont j’ignore l’existence. Je sais que je vais être nécessairement surprise.

Nous démarrons en trombe non sans un petit mot du pilote qui nous met en garde. La mer n’est pas favorable du tout aujourd’hui. Mon sourire fait place à une légère anxiété.

Nous constatons rapidement que le capitaine n’a pas exagéré son avertissement. Nous percutons avec force les vagues. Ces sensations me donnent l’impression de monter un cheval à cru sautant d’énormes obstacles ou d’être dans un grand huit particulièrement remuant. J’oublie, pour l’instant, l’idée de faire quelques photos des fous de Bassan qui nous ouvrent la voie. Ils nous suivent dans un vol altier et gracieux. L’un deux se fait chaparder son gueuleton par un grand Labbe majestueux.

Je m’accroche fermement car ça remue mais c’est plus l’adrénaline qui me guide alors. J’oublie toute peur ou crainte du mal de mer quand j’aperçois un mouvement que je commence à reconnaître parmi les vagues et les remous classiques de la mer. Des dauphins !

4 dauphins communs se rapprochent et viennent jouer dans les vagues créées par l’arrêt du bateau. Ils sont à 2 mètres de nous. Je suis si contente que j’en ai les jambes qui flageolent, je pousse des cris de surprise et de joie. Je ne peux contenir cette émotion qui, chaque fois, est aussi forte, jamais racornie par l’habitude. J’ai beau avoir observé à de nombreuses reprises ces animaux, je crois que je ne m’en lasserai jamais.

A tel point que la guide, une fois les dauphins repartis, me regarde avec un large sourire et souligne « Vous avez aimé ? Ça se voit ! ».

Je ressors groggy et regonflée à bloc pour la suite de l’observation des oiseaux. C’est lors des arrêts du bateau que le mal de mer arrive avec fracas me tenailler le ventre et perturber mon équilibre. Je me connais assez bien pour savoir que si je commence à avoir le tournis, mal à la tête et la nausée je peux tomber dans les pommes. Je respire donc fortement pour ne pas me laisser envahir et je regarde bien l’horizon.

Commence alors une lutte terrible, car il est hors de question que ce maudit mal de mer vienne me gâcher la journée. Je dégaine tout de même mon appareil et mes jumelles pour capturer ces beaux instants. Une dizaine d’océanites tempêtes, de minuscules oiseaux, volent à la surface de l’eau. Leur reflet sur les vaguelettes est poétique. Parmi eux, deux océanites de Wilson s’incrustent. Les différencier est très difficile mais notre guide a une sacrée expérience. J’avoue ne pas les avoir distingué malgré mes tentatives désespérées.

Plus imposants, les puffins majeurs transpercent les airs avec leurs corps fuselés, les sternes caugek nous narguent et les fous sont toujours aussi fascinants.

Oui, à cet instant, je me dis qu’il faut bien être fous, complètement fous d’oiseaux pour venir dans un galère pareille. Et le pire c’est que je profite tout de même du spectacle que je trouve splendide. Si je n’avais pas eu cette passion, j’aurais sûrement abdiqué et me serais recroquevillée sur moi même en attendant que le temps passe.

J’ai bien fait de lutter contre ce mal de mer pour voir le ballet de ces oiseaux, l’intensité et la précision de leur plumage, leurs chants stridents pénétrant le vaste océan.

Quand le pneumatique reprend sa route, j’ai toujours l’impression de jouer à saute mouton sur l’eau, le mal de mer se dissipe. Mon sourire se détend et j’ai la conscience d’avoir vécu une expérience bien singulière.

Mes acolytes, soucieux, m’adressent des gestes de sympathie, je les rassure à coups de « it’s just amazing » avec un air béat, les cheveux au vent.

Comme un dernier cadeau de la nature, à notre arrivée les hautes falaises de Sagres se dressent droit devant nous. Impassibilité rocheuse et mouvement aquatique, magie ornithologique et réalité corporelle, ou quand les exactes contraires se conjuguent pour nous faire vivre une expérience inoubliable.

Informations pratiques – Sagres, les dauphins et les oiseaux

où et comment observer des oiseaux et des dauphins près de Sagres en Algarve au Portugal.Se rendre à Sagres

L’aéroport le plus proche se situe à Faro. De là, vous pouvez rejoindre Sagres en bus ou en voiture de location. Il existe aussi des services de navettes partagées ou privées depuis l’aéroport de Faro. Une fois à Sagres il vous faudra une voiture pour visiter les différents spots (non desservis par les transports) donc l’option de la location de voiture me semble la meilleure.

Participer au festival « Observação de Aves » de Sagres

Le festival a lieu tous les ans début octobre. Vous trouverez le programme de cette année sur leur site. Il y a bien entendu de nombreuses activités d’observation d’oiseaux et ce dans des milieux différents. Par exemple, j’ai pu observer des oiseaux au niveau de marais, estuaire, steppe, falaise…

Le festival a aussi développé de nombreuses activités liées à la nature : kayak en mer, randonnée géologique, découverte des amphibiens, observation des dauphins, surf, stand up paddle…

Observer des dauphins et des oiseaux pélagiques à Sagres

Au port de la Baleeira à Sagres, il y a différentes compagnies qui proposent des balades en mer pour observer les dauphins, cétacés et oiseaux pélagiques. Je vous recommande la compagnie Marillimitado qui a été aux petits soins avec moi et qui a été soucieuse de mon mal de mer. Les guides sont tous biologistes. Leur approche des dauphins m’a semblé respectueuse, ils ne les ont pas suivis, ils ont laissé les dauphins s’approcher d’eux même et ne sont pas restés trop longtemps à l’arrêt pour ne pas les déranger.

Si comme moi vous êtes sujet au mal de mer, il suffit juste de partir un jour où la mer est calme.

Que faire à Sagres en dehors du festival :

  • Profiter des sublimes plages
  • Randonner le long du littoral et de ses imposantes falaises en empruntant le sentier de la route vicentine (nous avions exploré un bout de ce sentier en Alentejo)
  • Admirer le coucher de soleil au Cap Saint Vincent
  • Visiter les forteresses de Sagres et de Belixe
  • Embarquer au port Baleeira pour aller à la rencontre des dauphins et des baleines
  • Apprendre le surf (le coin est connu pour ses nombreux spots)

Comme je l’indiquais au début de l’article, cet article fait suite à mon invitation au festival d’observation des oiseaux de Sagres par l’Office de tourisme de l’Algarve. Une très belle opportunité pour une passionnée de nature et d’ornitho comme moi !

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