Anuradhapura était l’une des anciennes capitales du centre culturel que nous voulions absolument visiter au Sri Lanka. Après Sigiriya et son rocher au Lion, il nous fallait quelque chose d’exceptionnel. Aussi classé patrimoine mondial de l’unesco, Anuradhapura ne nous a pas déçu.

Aux abords de la ville nouvelle, les multiples vestiges de l’ancienne capitale du Sri Lanka (entre le IVè et le Xème siècle) se dresse fièrement sur des kilomètres de verdure. On s’y promène à vélo, à pied ou en tuk tuk à la recherche des stupas les plus impressionnantes, les temples les plus sacrés et les ruines les plus adulées. Un véritable voyage dans le temps qui permet de toucher du doigt la splendeur passée de cette ville.

C’est tout d’abord le long des rives d’un grand lac attenant à notre hébergement que nous admirons les stupas monumentales qui se fondent dans la brume tardive de la journée. Tel un mirage, elles nous appellent, nous voulons saisir un peu de leur mystère et découvrir leur histoire.

Comme le hasard est bien fait, le lendemain est jour de culte pour les Sri Lankais. Du vendredi au dimanche, ces temples sont le théâtre des prières et de rituels millénaires. Anuradhapura vit toujours dans le cœur et la ferveur des sri lankais, c’est ce que fait aussi tout son intérêt.

Voici le récit de nos deux jours intensément culturel.

La dagoba Ruwanwelisaya, la ferveur immaculée

Nous démarrons ce marathon culturel par l’un des plus impressionnant temples d’Anuradhapura, celui de Ruwanwelisaya. Notre chauffeur de tuk tuk nous dépose et il nous suffit ensuite de suivre les centaines de silhouettes blanches pour l’atteindre. Malgré la foule, l’ambiance est calme et sereine.

La stupa apparaît alors et on comprend tout le respect que l’on doit à un monument pareil. D’un blanc immaculé, elle appelle les bouddhistes à venir prier. Nous nous baladons en observant les rituels. Les personnes nous sourient, ils sont visiblement heureux de prendre le temps d’être ici. Nous faisons le tour de cette énorme stupa sans jamais la perdre des yeux. De la croyance des hommes naît des œuvres d’art. Les prières sont accompagnés à un moment par un groupe de musiciens qui rythment également la mise en place d’un ruban orange tout autour de la stupa. Le sol brûlant nous donne une démarche de lézard Jésus Christ. Un conseil, apportez des chaussettes !

Le dagoba de Mirisawetiya, spiritualité et générosité

Les gigantesques stupas côtoient des temples plus modestes mais qui sont eux aussi visités par les sri lankais lors de ces jours de culte. On doit la construction de celui de Mirisawetiya a un spectre. Le roi Dutugamunu qui possédait un spectre contenant une relique de bouddha le posa un jour pour se rendre à la fête de l’eau. A son retour, personne ne pouvait déplacer le spectre. Le roi décida donc de bâtir un stupa à cet emplacement, considérant qu’il s’agissait d’un signe important. Ici, nous assistons à la manière dont ils sont rénovés et rafraîchis. Une échelle légèrement arquée épouse la forme de la stupa et permet à un homme, plus ou moins en équilibre, de nettoyer ou repeindre les parois.

Un travail de longue haleine et minutieux. En observant cet étrange ballet (sans jeu de mot aucun), une famille sri lankaise nous sourit et nous invite à échanger un peu avec elle. Avec beaucoup de gentillesse, elle nous offre un magnifique bouquet de lotus que l’on utilise ici comme offrande. Hélio ne voudra plus le quitter. Un sourire gardé au creux de nos mémoires et nous voilà repartis.

Le temple de l’arbre Bodhi (Jaya Sri Maha Bodhi), recueillement millénaire

L’animation du week end nous allons en être témoin sur un des sites majeurs de Anadhapura, à savoir le temple de l’arbre Bodhi. Site emblématique du bouddhisme sri lankais, cet arbre soutenu par un échaffaudage peut au premier regard ne pas dévoilé toute son importance. Quand on connaît son histoire c’est autre chose.

Cet arbre serait issu d’une bouture de la branche d’un arbre sous lequel Bouddha aurait atteint l’éveil en inde. Détachée de son arbre originel, elle aurait été rapporté à Anuradhapura par la fille d’Ashoka (empereur indien de l’époque). C’est le roi du Sri Lanka qui décida de la planter à l’emplacement actuel. Si le site, pour nos yeux non croyant, n’a rien de spectaculaire, il règne une ambiance de ferveur toute particulière.

Assis en tailleur ou à genou, vêtus de blancs, concentrés, les sri lankais prient en silence. Des multitudes de bouquets de fleurs notamment des lotus s’accumulent autour de l’arbre. Les Sri lankais sont extrêmement bienveillant à notre égard. Ils nous accueillent chaleureusement dans cet instant si important pour eux au point de nous offrir de nombreux fruits. Nous sommes touchés de cette attention et de pouvoir vivre discrètement ce moment avec eux.

Nous repartons léger comme les nombreux morceaux de tissus accrochés ça et là à chaque prière.

Le palais de Lowamahapaya, les langurs font la loi

Avant de reprendre le tuk tuk nous faisons un arrêt devant un édifice gardés farouchement par d’élégants langurs gris. D’habitude distants, ces primates n’ont pas peur de vous approcher de très près. Toute une famille a élu domicile sur la rambarde rouge du temple. Ça s’égosille ou se papouille selon l’humeur.

Ce temple est assez énigmatique avec ces très nombreuses colonnes de pierres. Sur le moment c’est la présence simiesque qui nous attire mais en rédigeant cet article j’ai eu envie d’en savoir plus sur ce bâtiment. Il s’agissait d’un palais comprenant plus de 100 espaces à destination des moines. Les milliers de pilliers délimitent encore ces espaces même si l’ensemble de la structure n’existe plus. A l’époque où Anuradhapura était une capitale, on l’appelait palais du bronze à cause des tuiles de son toit constitué de cette matière. Quoi qu’il en soit Hélio et nous même sont aux anges de pouvoir épier ces si belles créatures. Une pause nature au cœur de la culture.

Temple d’Isurumuniya, bénédiction et chauve souris

Midi approchant et la chaleur écrasante avec, nous décidons de faire une dernière halte avant de rentrer. Près de notre hébergement, se trouve le temple d’Isurumuniya. Il a la particularité à l’instar de Dambulla, d’être intégré, creusé dans la roche. Deux jolis bassins l’entourent et quelques escaliers mènent à son sommet où l’on peut profiter d’une vue aux alentours (essayer d’y aller en fin de journée pour le coucher du soleil si vous le pouvez). Au centre du rocher, dans une salle sombre, nous entendons des prières rauques qui résonnent près d’un immense bouddha couché. Une file de croyants attendent leur tour pour que le moine leur offre une prière et un bracelet en fil.

Hélio est fasciné par la scène. Sans comprendre sa signification, il est très attiré et aimerait bien lui aussi avoir ce précieux bracelet. De nature timide et ne voulant offenser personne, je n’ose pas y aller. Le moine repérant mon hésitation et l’envie d’Hélio me lance un large sourire et m’invite par un geste à le rejoindre. C’est ainsi, avec quelques mots dans une langue qui m’est étrangère, qu’il nous offrit quelques fils en guise de protection. Nous les avons gardé un long moment, ne voulant pas briser le charme de ce moment.

En sortant de la pièce, une autre scène attire notre attention, une colonie de chauve souris squattant les interstices d’un rocher. Bien qu’à l’ombre, cet emplacement semble incongrue pour ce genre d’animal. Hélio les regarde entre peur et fascination.

Après tant de rencontres et d’émotions, nous retournons à notre hébergement pour retrouver un peu de fraîcheur. Comme la veille, nous terminerons à la journée sur les rives du lac à attendre le coucher du soleil tout en participant à des instants simples avec les habitants.

Le lendemain, nous repartons fringuant pour une deuxième tournée culturelle. La multitude de temple est impressionnante, je ne vous conseille pas de vous amuser à tous les visiter, vous pourriez en avoir le tournis. Choisissez ceux qui vous intéressent le plus ou effectuez la visite sur plusieurs jours pour éviter l’indigestion.

Le dagoba de Jetavanarama, le poids de l’histoire

Le deuxième jour, nous démarrons à partir du musée Jetavanarama. Derrière celui ci, une allée entourée d’arbres délimite des parcelles en ruines. Il est difficile de deviner ce qui pouvait se trouver là. En revanche la stupa de Jetavanarama est difficilement évitable. Imposante, du haut de ces 122 mètres de hauteur, elle nous laisse sans voix. Nous ressentons dès lors tout le poids de l’histoire sous ces millions de briques (93 pour être plus précise).

A cet instant, il n’y a que le soleil qui accompagne nos pas autour de l’édifice qui est encore désert. Complètement incultes sur la signification d’une telle construction, nous ne pouvons qu’admirer la capacité qu’on les hommes à construire des merveilles. Le plus surprenant, c’est que malgré ces dimensions, l’intérieur n’abrite que quelques reliques de bouddha. N’espérer pas trouver des salles secrètes ou d’autres labyrinthes. Ce sont près de 10 000 moines qui vivaient autour du temps de son apogée. Nous avons passé un long moment à profiter du calme du lieu et à réinventer l’histoire, jusqu’à ce qu’une classe d’étudiants viennent rétablir quelques vérités historiques.

Des moines à la piscine

Pour varier les plaisirs, notre chauffeur de tuk tuk nous amène voir cette fois ci d’autres styles d’édifices. Des petits arrêts comme devant la statue de bouddha Samathi de laquelle se dégage une aura rassurante et d’autres plus insolites sur les bords de piscines millénaires.

On n’a du mal à se le représenter mais des milliers de moines vivaient ici auparavant et différentes piscines leur étaient destinées. Vu le nombre, elle devait être conséquente par la taille. Le meilleur exemple est l’éléphant Ponds (Eth Pokuna). De dimension plus qu’olympique en apparence, c’est aujourd’hui un endroit idéal pour faire une pause entre toutes ces visites culturelles. S’abriter sous l’ombre bienfaisante d’un arbre et observer les oiseaux et les singes évoluer à leur guise.

Plus touristique mais néanmoins intéressante, vous pouvez aussi vous rendre à la twin ponds, comme son nom l’indique il y a deux bassins. L’architecture, la symétrie et la couleur de l’eau concoure inévitablement à faire de ce lieu un endroit très photogénique. Les nombreuses échoppes de souvenir autour vous confirmeront mes dires.

Des derniers vestiges pour la route !

Sur les différents parcours, ne manquez pas de jeter un coup d’œil à d’autres dagoba (comme celle d’Abhayagiri) et aux nombreuses ruines. Ses quelques pierres, des bases d’édifices marquent, trace des frontières historiques pour nous aider à reconstituer l’urbanisme de l’époque. Je vous avoue que ma imagination et ma projection à partir de ces éléments ne va souvent pas très loin mais elles permettent de rendre compte que Anuradhapura était bel et bien une ville et non pas un ensemble de quelques stupas.

Les restes du palais Mahasena ont par exemple titiller ma capacité à me projeter. Il n’en reste pas grand-chose si ce n’est des « pierre de lune » habillement sculptée qui marquaient les entrées. Ça paraît miraculeux qu’elles aient survécu aux affronts du temps. Elle témoignent de la finesse des artisans de l’époque.

Ce voyage dans le temps nous aura véritablement étonné. Avec le recul, j’aurai aimé faire appel à un guide afin de me plonger davantage dans l’histoire de chaque édifice et pour mieux comprendre l’histoire du bouddhisme au Sri Lanka.

Guide pratique pour visiter Anuradhapura :

Comment se rendre à Anuradhapura ?

Depuis Colombo, prendre le train et comptez 5 h.

Depuis Kandy, privilégiez le bus qui relie les deux villes en 3-4h selon la circulation

Conseils importants pour profiter au maximum de votre visite à Anuradhapura

– Habillez vous avec des vêtements qui recouvrent vos épaules et vos genoux (même si vous êtes un homme). Même si on peut vous prêtez un sarong à l’entrée de certains temples, c’est plus pratique d’avoir la tenue adéquate.

– Portez des chaussures facile à enlever car vous allez passer votre journée à vous déchausser. Les sites ne se visitent que pieds nus. Pour vous protéger des pierres brûlantes, pensez à prendre une paire de chaussettes.

– Prenez de l’eau et de la crème solaire (ça cogne fort!)

– Ne prenez jamais de photos où vous êtes dos à bouddha (comme un selfie par exemple), c’est considéré comme une offense et réprimé. Les panneaux de manqueront pas de vous le rappeler.

– Si vous êtes un enfant en bas âge, déplacez vous plutôt en tuk tuk que en vélo. Ça lui permettra de prendre le frais pendant les courts trajets et d’être à l’ombre. Et ça permet d’être plus flexible également.

– Partez tôt pour profiter de la fraîcheur du matin.

– Privilégiez les vendredis, samedis et dimanches. Ces jours, les sri lankais viennent se recueillir, faire des offrandes et pratiquer leurs rituels. Les sites vivent et n’en deviennent que plus intéressants.

– Attention, il y a beaucoup de singes aux abords de certains temples. Ils sont très habitués aux humains et peuvent parfois être agressifs. Rester donc à distance aussi mignons soit ils.

Conditions d’entrée aux édifices d’Anuradhapura et tarifs

Il est nécessaire de s’acquitter d’un droit d’entrée pour visiter certains sites. Pour vous procurer le fameux sésame, il faut se rendre au Musée Jethawanaramaya. Attention, lors de notre venue, il ne prenait pas la carte bancaire !!! L’entrée étant d’environ 25 dollars US par personne il faut avoir une somme non négligeable en liquide.

Cette carte m’a été demandé en nombreux endroits. Pour certains temples, il faut payer de manière séparée.

C’est le cas au Jaya Sri Maha Bodhi, à la dagoba Ruwanwelisaya et au temple Isurumuniya. Le tarif est alors autour de 200 roupies soit 1€

On peut aussi acheter le billet global en ligne.

Quoi voir à Anuradhapura ?

Voici la carte qui regroupe un nombre important de sites à découvrir.

Voir en plein écran

Où se loger à Anuradhapura ?

Nous avons logé au Water’s edge. Situé sur les rives d’un lac. Cette maison, situé dans un beau jardin, était parfaitement intégré à son environnement. Les singes et les oiseaux étaient nombreux à nous rendre visite. Notre chambre était spacieuse et décoré d’une manière sobre et élégante. Les espaces communs avec vue sur le jardin et le lac étaient idéaux pour se poser les heures les plus chaudes. Concernant les repas, ils étaient délicieux. L’équipe est tout à fait disponible pour vous aider à organiser votre séjour.

De l’hébergement, nous avons pu faire des balades autour du lac et rencontré les habitants qui vivent à proximité. Une manière d’être ancrés dans le quotidien des sri lankais.

guide pratique pour organiser son séjour à Anuradhapura au Sri Lanka
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