Pour les amateurs de nature et d’observation animalière, certaines destinations sonnent comme de doux rêves lointains. Rencontrer les orang-outans de Sumatra dans le parc national de Gunung Leuser (Bukit Lawang), c’était pour nous un fantasme, au même titre que les gorilles d’Ouganda ou le tigre du bengale. Après les avoir croisé à Borneo dans un centre de réhabilitation il y a quelques années, nous rêvions de les voir dans leur élément, dans la jungle, en pleine liberté.
Bukit Lawang à Sumatra fait partie des derniers endroits ou ce rêve est encore accessible à travers un trek en forêt inoubliable. Pour combien de temps encore ? Nous n’avons pas voulu attendre de le savoir… C’est pourquoi nous avons pris la direction de Sumatra lors de notre périple au long cours en Asie du sud-est, détournant notre itinéraire initial pour avoir la chance de croiser le regard de ces primates si proches de nous.

 

Bukit Lawang et le parc national de Gunung Leuser : un des derniers sanctuaires pour les orang-outans en Indonésie

Je ne vous l’apprendrai sûrement pas, l’avenir des orang-outans est très sombre. Déforestation, braconnage, les menaces pesant sur cette espèce emblématique sont lourdes, très lourdes. A tel point qu’il ne reste que peu d’espoir de voir l’espèce survivre à ce siècle. Beaucoup d’initiatives publiques et privées voient le jour pour sauvegarder l’espèce, laissant augurer la préservation d’îlots de survie pour les orang-outans et leur cousins. Partout ailleurs les raisons économiques de court terme l’emportant…

Gunung leuseur trek orang outan

Mais nous ne sommes pas du genre défaitistes. Je veux continuer de croire que l’éducation à l’environnement et la manne financière apportée par le tourisme peuvent et même vont renverser la tendance. Espérons seulement que la bascule ne se fasse pas trop tard et que la forme touristique choisie soit soutenable.

Pour aller rencontrer ces grands singes roux dans leur milieu naturel, le choix n’est pas très vaste : soit sur l’île de Bornéo, soit sur l’île de Sumatra. Bornéo, nous y sommes allés il y a quelques années, nous laissant un très beau souvenir. Plusieurs lieux permettent d’observer les orang-outans, que ce soit du côté Malaisie (Borneo) ou Indonésie (Kalimantan) de l’île. Mais ce sont souvent des centres de réhabilitation plus que des réels treks dans la forêt. Ou alors il faut partir en expédition et ce peut être difficile, surtout avec un enfant.

A Sumatra, seul le parc national du Gunung Leuser permet d’aller observer assez facilement des orang-outans et le point de départ principal, c’est le village de Bukit Lawang. Un autre point d’entrée possible se situe à Ketambe pour une expérience « hors des sentiers battus ».

Nous avons choisi Bukit Lawang par facilité, les singes étant plus simples à observer. Cela nous semblait la meilleure option pour permettre à notre fils d’aller les rencontrer. Mais pour les plus aventureux, une excursion depuis Ketambe est probablement une expérience encore plus intense.

Point du village de Bukit Lawang

Situé à environ 90 km de Medan, la capitale de Sumatra, Bukit Lawang est facilement accessible en transports en commun, ce qui constitue sans doute la clé de son succès. Car oui, le village attire du monde, voire beaucoup de monde le week end et pendant les vacances scolaires. Beaucoup d’indonésiens viennent à Bukit Lawang pour bénéficier de son superbe cadre : en bordure de forêt, au bord de la tumultueuse rivière Bohorok.

Mais la plupart de ces visiteurs locaux ne sont pas là pour aller visiter la réserve et rencontrer les singes du parc national. Le coût des treks étant élevé et leur intérêt étant plutôt de fuir les villes bruyantes et surchauffées. Ainsi nous avons trouvé à Bukit Lawang un mélange agréable entre tourisme local et international.
Si l’on peut regretter le côté un peu « exclusivement dédié au tourisme » d’une partie de Bukit Lawang, les berges de la rivière traversant le village sont le théâtre de scènes de vie de famille charmantes où se mélangent toutes les générations et nationalités. Les voitures n’atteignant pas les petites ruelles où se trouvent les hébergements, il y règne une ambiance paisible où la nature est omniprésente.

Nous n’avons pas eu besoin d’attendre d’aller dans la forêt du parc national du Gunung Leuser pour avoir tout le loisirs d’observer les macaques et singes thomas leaf (semnopithèque de Thomas), des varans et même des calaos !

macaque Bukit lawang

 

2 jours de trek dans la jungle de Bukit Lawang

Mais nous n’avions pas fait tout ce chemin jusqu’aux tréfonds de Sumatra pour nous arrêter en bordure de forêt. Le véritable appel vers ce lieu réside au cœur de la jungle du parc national. Tous les passionnés de nature ont forcément un jour rêvé d’aller à sa rencontre, lui qui est si proche de nous, à l’instar du bonobo, du gorille ou du chimpanzé. Est-ce sa ressemblance avec l’être humain, nos ancêtres communs, ou bien la force tranquille, l’innocence qu’il dégage qui nous attirent tant ?

Je ne sais pas. Mais ce dont je suis sûr, c’est que je n’oublierai jamais le regard des orang-outans que j’ai rencontré.

Gunung leuser orang outan

Pour profiter pleinement de la forêt, voir ses habitants dans les meilleures conditions, j’ai décidé d’aller camper dans la jungle et passer deux jours à sillonner le parc national. Après coup je me dis que c’était bien trop court, qu’au moins 5 jours m’auraient permis de m’immerger davantage dans cet élément si passionnant, d’en ressentir toute la profondeur, la complexité. De voir sa douceur et sa brutalité, en prenant le temps d’oublier l’espace de quelques jours le bourdonnement stressé de nos vies artificiellement compliquées.

Marcher en pleine forêt, c’est pour moi le meilleur moyen de lâcher prise, de (re)prendre contact avec le réel. Encore faut-il pour cela se mettre dans de bonnes conditions, bien s’entourer.

Nous avions repéré l’agence Sumatra eco-travel avant d’arriver à Bukit Lawang, qui semblait proposer des excursions dans le parc national avec une réelle démarche éco-responsable, au delà du vernis « éco » de rigueur dans ce genre de circonstances.
Notre instinct et notre expérience ne nous ont pas trompé, car nous fument entourés de gens tous aussi passionnés que nous, dotés d’une grande connaissance de la forêt et animés d’un profond respect envers elle.

Un début de randonnée inquiétant

Passer au moins une nuit à bivouaquer dans la jungle, je l’avais déjà fait en Équateur avec Laura il y a quelques années. Une expérience fondatrice pour nous, ayant forgé notre amour alors grandissant pour le voyage nature.
Cette fois-ci, je suis parti sans elle et sans notre fils. J’aurai préféré partager cette expérience avec eux, mais Hélio était trop jeune pour cette excursion. Certains partent avec des enfants de 3 ans ou moins, mais tous les guides sérieux vous le déconseilleront formellement et je suis d’accord avec eux.

Nous sommes donc partis en petit groupe, extrêmement motivés face aux découvertes à venir.
Après seulement quelques centaines de mètres, la forêt se profilait déjà une fois des plantations d’hévéa passées. Pourtant mon excitation est vite retombée face au nombre grandissant de visiteurs postés à l’entrée de la forêt. Certes, nous étions le week end, à quelques jours du nouvel an chinois, mais je ne m’attendais pas à cela pour une activité nature.

A peine entrés dans la forêt, déjà nous voyons un attroupement qui ne laisse aucun doute sur la présence d’un orang-outan. Cette première rencontre, je ne l’imaginais pas ainsi, à une quarantaine de personnes en rond autour d’un arbre, observant le primate tous smartphones et appareils photos dégainés.

La magie n’opère pas, l’effet zoo est inéluctable. Trop de monde, trop d’agitation, je suis pris dans un étau entre mon envie irrésistible d’observer cette femelle orang-outan accompagnée d’un bébé et mon désir de faire déguerpir tout le monde pour laisser tranquille les primates. Mais la foule continue de s’amasser et les comportements idiots viennent avec l’effet de groupe. Un guide non officiel se croit malin en donnant quelques bananes au singe pour l’attirer, ce qui est désormais proscris. L’animal descend alors et s’ensuit une quasi bousculade pour aller se prendre en selfie près de lui. Heureusement des guides plus sérieux font reculer tout le monde pour éviter une catastrophe.

Je m’écharpe avec une touriste qui prend des photos avec son flash. Elle me dit qu’elle sait qu’il y a le flash, mais n’arrive pas à le retirer. Mon « eh bien prend pas de photos alors, bordel de m… » dans un anglais approximatif car énervé ne semble pas lui convenir.

Bref, cette première expérience de rencontre avec un orang-outan de Sumatra fut plus que décevante.

Bukit lawang orang outan

Après la foule, l’immersion au creux de la jungle

Ce prélude me faisait presque regretter d’être venu à Bukit Lawang, je n’avais pas du tout envie de participer à une excursion qui n’aurait fait qu’aggraver la pression exercée sur les animaux. Certes, les orang-outans situés à l’entrée du parc national sont semi-sauvages, ils sont habitués à l’homme et étaient autrefois nourris pendant la phase de réhabilitation (ce sont des singes récupérés blessés ou du commerce illégal), mais c’était vraiment trop.

J’en ai fait part au guide qui avait l’air aussi dépité que moi, presque soulagé de voir que je m’inquiétais de cette situation. En quelques années, il a vu grossir le nombre de visiteurs, dont beaucoup se soucient peu du dérangement provoqué sur la faune. Les autorités n’ont prévu aucune régulation du nombre de visiteurs jusqu’à maintenant.

Mais il m’a vite rassuré en me disant que ce n’était que l’entrée du parc et que bientôt l’expérience serait totalement différente.

Bukit Lawang arbre

Effectivement, quelques minutes de marche plus tard, passée cette foire sans nom à l’entrée du parc, l’excursion telle que je la rêvais a enfin débuté. Peu a peu, les groupes de visiteurs se sont faits plus rares, puis très rares. Nous pouvions enfin prendre le temps d’observer la végétation tranquillement, écouter les bruits de la forêt, apprécier sa quiétude.

Très vite, nous apercevons des petits groupes de macaques qui se chamaillent bruyamment dans les fourrées. Les petits se bagarrent gentiment pendant que les grands les observent d’un œil distant en épouillant leurs compères. Nous apercevrons 3 espèces de macaques distinctes durant cette excursion, dont une très imposante.

macaque Bukit lawang

Plus tard, ce sont des Thomas leaf monkeys, ou langurs de Thomas qui surgissent de la jungle. Avec leur crête blanche, leur donnant une allure de punk sympathique, cette espèce endémique de la région a de quoi surprendre. Je ne vous parle même pas de leurs bébés, une mignonnerie absolue !

thomas leaf Bukit lawang sumatra

Les orang-outans de Sumatra

Une fois réconciliés avec la forêt, une fois oublié ce début décevant, j’étais de nouveau prêt à rencontrer dans de bonnes conditions des ourang-outans. Autant vous dire que ce ne fut pas très difficile. Les semi-sauvages étant habitués à l’homme, je ne sais pas qui est le plus curieux de voir l’autre.

Certains sont même presque intrusifs, s’approchant très près, nous obligeant à prendre une petite distance de sécurité. Il aurait été très facile de les toucher ou de se prendre en photo avec. Certains ne se gênent pas d’ailleurs, mais ce sont des animaux qui restent sauvages et ces attitudes perturbent leur comportement et peuvent les mettre en danger.

Toujours est-il que côtoyer ces animaux majestueux est une expérience qui m’a bouleversé. Ce n’est pas tant leur ressemblance physique avec nous qui m’a marqué, mais leur comportement et surtout leur regard.

Portrait orang outan bukit lawang

Un orang-outan qui vous regarde dans les yeux, c’est un moment très troublant. Impossible pour ma part de ne pas y voir une forme d’intelligence. Ce n’était pas un regard vide, ou seulement observateur. J’avais l’impression de voir un regard en miroir, donnant la fausse impression que chacun se demandait ce que l’autre pensait. Je me suis alors imaginé à quel point ils pouvaient être doués de conscience. La frontière entre eux et nous m’a semblé à ce moment précis très ténue, trop ténue. Je dis trop car cela rend le sort tragique de beaucoup de ces animaux d’autant plus insupportable, notamment ceux qui sont arrachés à la forêt pour aller vivre en cage.

L'huile de palme, responsable de la disparition des orang-outans ? Pas si simple...
Suite à ce trek, je me suis longuement renseigné sur la situation des orang-outans et les dangers qui les menacent.
Comme beaucoup d’entre vous je suppose, j’ai souvent entendu parler de l’huile de palme responsable de la déforestation et de l’appauvrissement des sols. Le symbole du nutella a beaucoup fait couler d’encre en Europe et des législations ont même failli voir le jour par le biais d’une taxe pour contrer la prolifération de cette huile.
Mais ce n’est pas si simple.
Même si effectivement l’huile de palme a causé de la déforestation et la destruction de larges pans de l’habitat des orang outans à Sumatra et Borneo, ce n’est pas la plus grande menace qui pèse sur eux. La première cause de mortalité, c’est aujourd’hui la chasse, illégale. Parfois de subsistance, parfois pour la revente, elle est responsable d’environ un tiers des morts prématurées. La disparition de l’habitat est l’autre cause principale de la disparition des primates. Avec en premier l’agriculture qui se développe et grignote toujours un peu plus la forêt. Pour l’exploitation du bois (pâte à papier) en premier lieu et les autres types de culture dont le palmier à huile.
Bien sûr, bien que ce ne soit pas l’unique ou même la principale menace pour les orang-outans, nous continuerons d’éviter l’huile de palme, et nous vous incitons à faire de même ou au moins vous tourner vers une huile certifiée RSPO. Car il nous est plus difficile d’agir sur la chasse illégale, si ce n’est en faisant pression sur les gouvernements locaux via nos représentants ou certaines ONG pour qu’ils aient davantage de moyens dans la lutte contre le braconnage.

Un bivouac en bord de rivière, au cœur de la jungle

Dormir dans la forêt devait pour moi être un moment fort de cette excursion. J’avais en souvenir notre nuit mémorable passée en Amazonie en Équateur, avec un confort plus que sommaire. Cette nuit au plus près de la nature m’avait profondément marqué et j’étais très impatient de renouveler cette expérience.

Bukit Lawang rivière bohorok

Arrivés sur les lieux du bivouac, j’ai vite compris que ce serait très différent cette fois-ci. D’une part car des abris étaient construits, permettant d’être au sec quel que soit le temps, mais surtout parce que le campement était le même pour tous les randonneurs. Ainsi, même si le site était superbe en bord de rivière. Même si l’espace entre chaque abris était très important, l’impression d’être seul au cœur de la nature n’était pas aussi présent. Pour autant, je n’ai pas boudé mon plaisir : bavarder avec mes compagnons de randonnée de nos rencontres animalières de la journée, profiter des derniers rayons du soleil en se rafraîchissant dans un tumultueux ruisseau, écouter religieusement les bruits de la nuit s’installer…

Bukit Lawang rivière bohorok

Après une bonne nuit sous abris et un bon petit déjeuner, nous avons été gratifiés d’un spectacle extraordinaire. Une femelle orang-outan s’est invitée à nos côtés, allant s’abreuver au bord de la rivière Bohorok, dans un espace ouvert. Croisant un varan, j’étais totalement subjugué par la scène, la plupart des autres campeurs étant déjà repartis. Un moment exceptionnel comme on les rêve.

Bukit lawang orang outan rivière

Quelques chiffres sur les orang-outans
L’orang-outan fait partie des hominidés avec les gorilles, les chimpanzés et… Nous. Au sens scientifique du terme, nous faisons partie de la même famille !
Taille : 1m10 à 1m40
Poids : 40 à 80kg
Longévité : 30 à 40 ans (plus en captivité)
Durée de gestation : 245 jours
Durée entre deux gestations : 8 ans
Un rapide calcul montre qu’une femelle ne mettra au monde que 3 à 5 bébés dans sa vie, ce qui explique en grande partie la fragilité de l’espèce et son déclin rapide face aux menaces qui pèsent sur elle.

Un petit tour et puis s’en va… En tubing !

Non lassés par notre trek de la veille, nous sommes repartis à trois pour une courte, mais intense randonnée vers un panorama sur la jungle. Après une montée d’une heure très raide et difficile, sous une chaleur intense, nous parvenons à un chemin de crête où poussent de nombreuses orchidées. Malheureusement ce n’était pas la saison de floraison et l’horizon était un peu trop bouché pour bénéficier d’une belle vue sur la forêt. Mais ce n’était pas le plus important. Simplement marcher dans la forêt à l’écoute des bruits, à l’affût du moindre mouvement inhabituel suffisait à mon bonheur. Discrétion et patience récompensés de manière magnifique par un groupe de gibbons noirs auquel se mêlaient quelques gibbons blancs. Observation assez rare à laquelle j’ai eu la chance d’assister. Ces singes sont absolument fantastiques à admirer. Les voir se déplacer avec une grâce et agilité incroyable de branche en branche est vraiment très impressionnant.

De retour au campement, ma tête était encore avec les gibbons quand nous sommes allés nous détendre auprès d’une belle petite cascade. Un endroit parfait pour se remettre de ses émotions avant le final de ce trek : le tubing.

Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, c’est très simple. Imaginez de grosses chambres à air gonflées, posez les dans l’eau et grimpez dedans pour vous laisser dériver au fil de l’eau… C’est comme ça que je suis rentré à Bukit Lawang ! Souvent de manière très tranquille, parfois dans de petits rapides, cette descente en tubing constitue une activité très sympathique pour retourner vers la civilisation après cette parenthèse en pleine nature.

bukit lawang tubing

Épilogue : excursion à la journée en famille à la rencontre des singes de Sumatra

Je me suis senti très chanceux après ces 2 jours de randonnée à la rencontre des orang-outans. Ce sont des moments précieux et rares. Ma seule frustration, ne pas l’avoir partagé avec Laura et Hélio.
S’il n’était pas sérieux de partir avec mon fils dans une randonnée de deux jours avec des passages très escarpés et un accès aux soins difficile en cas de problème, il n’était pas non plus envisageable de ne pas l’emmener voir la forêt et ses habitants.

L’agence Sumatra eco-travel avec qui j’étais parti pour ce trek de deux jours nous a invité à une randonnée d’une demi journée dans le parc national. Une marche très facile, accessible au plus grand nombre où il est quasi sûr de pouvoir observer de nombreuses espèces de singe, dont les orang-outans.

Marche forêt de Bukit Lawang

Un peu échaudé par ma première expérience à l’entrée du parc où il y avait beaucoup de monde, notre guide nous a rassuré sur ce point. Nous étions en semaine, synonyme d’une fréquentation bien plus raisonnable.

Effectivement, disparus les groupes de visiteurs en tongs dans la jungle, partis les touristes en mode selfie avec des singes ! Nous avons pu profiter de la forêt avec notre fils dans un calme relatif. Il y avait certes du monde, mais on l’oubliait rapidement devant le spectacle de thomas leaf endormis ou de gibbons virevoltants. Et que dire de notre fils regardant les yeux dans les yeux un orang-outan… Un plaisir sur un plaisir, un moment qui fait voler en éclats tous les éventuels doutes sur notre décision de l’écarter de sa maison, de l’école pour quelques mois. Je dois l’avouer, j’ai même ressenti une certaine fierté en l’observant se délecter de cette rencontre.

Je sais qu’il ne se souviendra probablement pas de ce moment dans quelques années, mais il saura qu’il a eu cette chance extraordinaire de rencontrer des orang-outans sauvages à Sumatra. Même si ce n’est pas consciemment, il lui en restera certainement quelque chose au fond de son cerveau qui forgera en lui, je l’espère, un profond respect pour la nature. Peut être même qu’il le communiquera à son tour à ses amis, son entourage, continuant ainsi le travail du colibri qui essaie d’éteindre le feu qui ravage la forêt, goutte après goutte.

Guide pratique – trek depuis Bukit Lawang à la rencontre des orangs-outans de Sumatra

 

orang outan indonésie
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Comment de se rendre à Bukit Lawang depuis Medan ?

Beaucoup de voyageurs arrivent à Sumatra via l’aéroport de Medan. Ce dernier se situe assez loin de la ville de Medan, il peut donc être intéressant d’aller directement à Bukit Lawang sans passer par la ville.

Dans tous les cas, deux options s’offrent à vous : les transports privés (van ou voiture) ou les transports publics (bus et minibus). La seconde option étant bien sûr beaucoup moins onéreuse, mais plus longue.

Transport de l’aéroport de Medan (Kuala Namu) à Bukit Lawang

Depuis l’aéroport de Kula Namu (Medan) en bus, le plus simple et plus direct est de se rendre jusqu’à la ville de Binjai avec par exemple la compagnie ALS (Antar Lintas Sumatera). Cela vous coûtera environ 30000 roupies / personne. Ensuite prenez un minibus jusqu’à Bukit Lawang pour environ 20000 roupies par personne. La durée du trajet est assez variable selon les conditions de circulation et le temps de correspondance. Il faut compter 3-4h de route.
Une fois à l’arrêt de bus de Bukit Lawang (Gotong Royong), il vous faudra prendre un tricycle jusqu’au centre où se trouvent les hébergements.

En voiture ou van privé, comptez environ 50 € par trajet pour environ 3h de route.

Transport du centre ville de Medan à Bukit Lawang

Rendez vous au terminal de bus de Kampung Lalang en tuktuk. De là vous trouverez des minibus directs pour Bukit Lawang (20000 rouies), ou bien des bus passant par Binjai d’où vous pourrez prendre un minibus pour Bukit Lawang. Le trajet dure entre 3 et 4h. Une fois à l’arrêt de bus de Bukit Lawang (Gotong Royong), il vous faudra prendre un tricycle jusqu’au centre où se trouvent les hébergements.

Il existe également des bus touristiques climatisés qui partent du centre ville (grande mosquée) ou qui viendront vous chercher dans votre hôtel. Mais le coût est nettement plus élevé : 100 000 par personne.

Enfin, les voitures privées se négocient aux environs de 50 euros pour l’ensemble des places. Le trajet dure environ 2h30-3h selon la circulation dans Medan.

Astuce : nous avons réussi à négocier nos places dans une voiture privée qui de toute façon partait pour Bukit Lawang. Ce n’était qu’un potentiel supplément pour eux, ce qui permet d’obtenir de très bons prix. Nous avons payé quasiment le même prix qui si nous avions pris les transports en commun.

Pour trouver ces transports privés, adressez vous soit à votre hébergement à Medan, soit aux agences/hôtels de Bukit Lawang.

village bukit lawang

Transport de Bukit Lawang au lac Toba (Parapat ou Tuktuk)

Le lac Toba est une destination populaire depuis Bukit Lawang. De nombreux transporteurs privés proposent leurs services pour vous y emmener. En revanche, en transports en commun c’est plus compliqué, car nécessite de repasser par Medan.

Bus Bukit Lawang / lac Toba en transports en commun

Rendez vous à Medan jusqu’à la station de bus de Pinang Baris (Kampung Lalang). Rejoignez ensuite la station d’Amplas en taxi. Prenez ensuite un autre bus jusqu’au lac Toba pour la ville de Parapat ou Tuktuk (le ticket de ferry jusque Tuktuk est inclus dans le tarif). Le trajet est très long, prévoyez donc de partir tôt le matin.

Bus / van touristique Bukit Lawang / lac Toba

Il faut compter 7h et environ 200 000 roupies par personne pour rejoindre le lac Toba pour la ville de Parapat ou Tuktuk (le ticket de ferry jusque Tuktuk est inclus dans le tarif) depuis Bukit Lawang et vice-versa.

Transport de Bukit Lawang à Berastagi

Nous avions l’intention de nous rendre à Berastagi après notre randonnée, mais une grosse éruption a eu lieu juste avant notre départ. Nous n’avons donc pas pu nous y rendre… Une prochaine fois peut être !

Bus Bukit Lawang / Berastagi en transports en commun

Rendez vous à Medan jusqu’à la station de bus de Pinang Baris (Kampung Lalang). Prenez ensuite un autre bus jusqu’à Berastagi. Le trajet est très long, prévoyez donc de partir tôt le matin.
Dans l’autre sens, prenez garde à prendre un bus depuis Berastagi vous menant à Pinang Baris et non la station de bus Padang Bulan, sinon vous devrez rejoindre Pinang Baris en tuktuk.

Bus / van touristique Bukit Lawang / Berastagi

Il faut compter 5h et environ 150 000 roupies par personne pour rejoindre Berastagi et son volcan depuis Bukit Lawang et vice-versa.

Que voir, que faire à Bukit Lawang ?

A Bukit Lawang, les activités tournent évidemment autour des treks dans la jungle et des orang-outans. Mais il y a également quelques autres activités intéressantes et complémentaires.

  • Trek d’une demi journée à 15 jours dans le parc national de Gunung Leuser (voir le paragraphe suivant)
  • Tubing, canoë ou kayak sur la rivière traversant le village
  • Safari nocturne aux abords de la ville
  • Visite de grottes (bat cave)
  • Marché local le vendredi
  • Baignade dans la rivière
  • Zone éco-touristique de Tangkahan. Nous ne sommes pas allés dans cette zone à environ deux heures de Bukit Lawang proposant principalement de passer un moment avec des éléphants. Vous pourrez soit les laver, soit monter sur leur dos. Même si les éléphants sont apparemment « récupérés » de centres aux pratiques douteuses leur faisant subir des mauvais traitements, nous avons préféré faire l’impasse. Certes ils ont déjà subi les mauvais traitements dus au dressage, mais ce n’est pas une raison suffisante selon nous pour continuer les treks à dos d’éléphant. Réhabiliter les éléphants, c’est une très bonne chose, mais continuer à leur faire faire des randonnées nous fait penser que ce n’est pas un bon signal. Selon moi, on ne dénonce pas de mauvaises pratiques en les faisant perdurer, même si le mal est déjà fait. Après, à chacun de faire ses choix en conscience !
  • Bohorok Orangutan rehabilitation centre. Initié en 1973, c’est ce centre de réhabilitation qui a permis l’essor de Bukit Lawang, en réhabituant progressivement des orang-outans à la vie sauvage. Mais le centre a cessé ses activités il y a peu et les orang-outans ne sont désormais plus nourris. Ils sont redevenus quasiment sauvages mais restent à proximité des anciennes plates formes de nourrissage par habitude. Les randonnées passeront toutes par ces plates formes vous offrant la quasi garantie de voir des grands singes.

Excursion en forêt à Bukit Lawang, quel guide, quelle compagnie choisir ? Sumatra ecotravel

Avant de venir à Bukit Lawang, nous avons passé beaucoup de temps à chercher la bonne agence pour réaliser nos excursions dans la forêt du parc national. Nous voulions avoir la garantie que le milieu naturel serait respecté, que la faune serait le moins dérangé possible, que les orang-outans ne seraient pas nourris.

La plupart des agences clament être « eco », « green » ou « sustainable » pour attirer les visiteurs. Mais derrière ce vernis, peu ont réellement des pratiques eco-friendly. Suite à nos recherches, nous avons contacté Sumatra ecotravel qui nous a semblé l’agence la plus sincère et engagée. Non pas seulement au niveau environnemental, mais aussi social.

Nous avons alors noué un partenariat avec eux et nous ne l’avons vraiment pas regretté.
En plus de pratiques responsables, nous avons bénéficié d’un superbe accueil et nos guides étaient incollables sur la faune et la flore du parc national. Bien sûr, ils sont tous certifiés auprès du ministère de l’environnement (ce qui est très loin d’être le cas de toutes les agences… En fait seule une minorité ont réellement la certification et reversent les droits d’entrée au parc aux autorités).

Le petit plus qui fait toute la différence, c’est l’ambiance chaleureuse qui règne parmi les guides de Sumatra ecotravel. Nous avons passé de superbes moments avec eux même en dehors de nos excursions, à papoter, manger et même chanter avec eux. Ce sont des choses qui ne se feignent pas et montrent qu’ils prennent un réel plaisir à accompagner les visiteurs.

Sumatra ecotravel bukit lawang

Bref, nous vous recommandons chaudement de faire appel à leurs services si vous souhaitez passer un très beau moment sans avoir le souci de se demander si leurs pratiques sont responsables ou non.

Tarif d’entrée dans le parc national : 150 000 roupies par personne

Trek d’une demi journée : 26 € par personne

Trek de deux jours : 82 € par personne, comprenant les repas, la nuitée et le tubing

Informations et réservation

Quelle durée de trek à Bukit Lawang ? 1, 2, 5 jours ?

Les treks dans la jungle durent d’une demi journée à 15 jours, ce qui laisse de la marge !

Avec un jeune enfant ou un bébé, nous vous conseillons de faire une randonnée d’une demi ou d’une journée pour des raisons de confort et surtout de sécurité.

Mais l’expérience pour les adultes est vraiment plus enrichissantes à partir de 2 jours. Au final, je pense que c’était encore trop court pour réellement avoir le temps de s’enfoncer dans la forêt et observer des espèces plus rares, comme les orang-outans réellement sauvages (même si nous en avons vu un, mais nous avons eu beaucoup de chance) et les éléphants.

Pour observer les éléphants sauvages du parc du Gunung Leuser, il faut compter au moins 5 jours de trek depuis Bukit Lawang. Il est possible d’atteindre un promontoire d’où observer les derniers éléphants sauvages d’Asie. Ce doit être un spectacle incroyable que j’aurai vraiment aimé vivre.

Où dormir à Bukit Lawang ?

EcoTravel cottages

Il n’y avait malheureusement plus le place dans les cottages de Sumatra ecotravel. Dommage car l’emplacement est superbe et les chambres étaient magnifiques. L’architecture traditionnelle et le petit jardin nous ont vraiment impressionné et nous avons passé pas mal de temps à nous prélasser en observant la rivière. Si vous cherchez une adresse de charme, ecoresponsable, confortable et calme, c’est l’endroit parfait ! Surtout si vous projetez une excursion avec eux.

Pour ne rien gâcher, le rapport qualité prix est imbattable. 30 € / nuit la chambre double, 39 € / nuit la suite pour 4 adultes.

Informations et réservation (réservez longtemps à l’avance, ils sont souvent complets)

Eriono guesthouse

Les cottages étant complets, nous sommes donc allés à la guesthouse « Eriono » accolée à un restaurant du même nom réputé de Bukit Lawang.

Nous disposions d’un chalet spacieux rien que pour nous avec salle de bains et balcon, au dessus d’une tranquille boutique d’art. Économique, calme, spacieux, propre, bien placé et avec un accueil très attentionné et chaleureux. Que demander de plus !

17 € le chalet par nuit + 3 € par lit supplémentaire

Informations et réservation (demandez Eriono guesthouse pour être sûr d’avoir le bon chalet !)

Où manger à Bukit Lawang ?

Le choix ne manque pas pour se restaurer à Bukit Lawang, mais toutes les adresses ne se valent pas.

Eriono restaurant : simple, pas cher, bon, avec un très bon accueil. Nous logions juste à côté, ce qui en a fait notre adresse préférée !

Lawang inn : un peu plus cher, mais avec des plats plus élaborés, c’est une très bonne adresse pour se faire plaisir, située juste en face d’Eriono

Sam’s bungalows : situé au fond du village, ce restaurant est superbement situé en bordure de rivière. L’ambiance est chaleureuse et la nourriture délicieuse. Le petit plus, des jeux de société pour les bambins comme pour les grands !

Quand visiter Bukit Lawang, à quelle saison ?

La pluie est présente quasiment toute l’année à Bukit Lawang, avec 200 journées de pluie par an et 4000 mm. Pas de doute, nous sommes bien en climat tropical humide !

Les pluies sont malgré tout plus intenses de mi octobre à fin décembre, mais c’est aussi la saison des orchidées. Le mois de mars est le plus sec de l’année, mais tout est relatif.
En général, la pluie arrive en fin d’après midi ou la nuit, ce qui laisse le temps de profiter de la forêt durant les treks. Prévoyez tout de même des vêtements imperméables, des changes et des chaussettes montantes pour éviter les sangsues.

Concernant les pics touristiques, mieux vaut éviter les week-ends et vacances scolaires locales si vous voulez bien profiter de la forêt sans la foule.

Un trek à Bukit Lawang avec un enfant ?

Comme évoqué dans le récit, il est tout à fait possible d’aller randonner avec un enfant, ou même un bébé dans le parc national. En revanche, je conseille de se cantonner aux randonnées à la demi-journée ou à la journée jusqu’à l’age de 6-7 ans. Les treks de deux jours et plus nécessitent de passer par des endroits très escarpés et assez isolés. La jungle reste un milieu où il faut être vigilant vis à vis de certains dangers (insectes, serpents, plantes toxiques). Si pour les adultes il n’y a pas grand danger, la plupart des agences sérieuses ne vous emmèneront pas bivouaquer avec un jeune enfant.

J’insiste sur ce point car j’ai vu des familles avec des enfants dans la jungle et franchement les petits ne s’amusaient pas du tout, les guides devant les porter en équilibre dans des pentes glissantes.

Marche forêt de Bukit Lawang

Où trouver de l’argent à bukit Lawang ?

Il n’y a à ma connaissance aucun distributeur automatique de billets à Bukit Lawang et les établissements acceptant les cartes de crédit sont rares, voir inexistants. Alors soyez prévoyants en emmenant suffisamment d’argent en espèces avec vous.

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