La Bretagne a ce charme particulier d’être reconnue au premier coup d’œil. Des signes distinctifs la trahissent, la distingue et sont autant de détails rassurants.
Le Conquet, dans le Finistère n’échappe pas à la règle. En arrivant, les maisons grises en grès réhaussées de volets et portes d’un bleu vif, confirment que nous sommes en Bretagne. Plus tard, les nombreuses crêperies exhalant le beurre salé en train de roussir attestent de cet état de fait. En se promenant, la brise salée qui tourmente les énormes hortensias roses et violets finissent par convaincre ceux qui n’auraient pas pris garde aux signes précédents.

Le Finistère est pour moi une terre familière, j’y ai passé de nombreuses vacances étant enfant, j’y ai amené le mien récemment pour qu’il voit de ses propres yeux la beauté de ce littoral et la force de son patrimoine. Depuis quelques mois, une amie avait glissé en moi une idée qui s’est insinuée pour ne plus jamais me quitter. Venir près de chez elle, au Conquet,  pour aller observer la faune du parc naturel de la mer d’Iroise. Au delà de cette magnifique expérience que nous vous avons raconté dans un article dédié, nous avons passé un excellent week end nature.

Le Conquet et sa ria, balades au fil de l’eau

Nous arrivons au Conquet par de petites ruelles fleuries où les maisons de grès sont bien entendue reines. Une légère pente nous amène au vieux port où nous logerons en premier. Le soleil bien présent permet de se rendre compte à quel point l’eau est translucide. Les petites embarcations flottent et se balancent avec le vent.

Nous nous promenons le long du vieux port puis longeons l’aber. Un aber (ou ria) est une avancée de la mer dans les terres. Subissant les marées, ces endroits sont tour à tour remplis d’eau ou complètement à sec. C’est un paradis pour les oiseaux limicoles qui trouvent leur pitance dans la vase ainsi dénudée. Et par conséquent, c’est un terrain d’observation particulièrement propice pour les ornithologues amateurs. Les enfants profiteront  aussi de la marée basse pour ramasser des coquillages ou déterrer de petits cailloux colorés.

A marée basse, par temps gris, la ria du Conquet prend des airs dramatiques. Elle se fait sombre et se détachent alors avec plus de grâce les aigrettes élancées, les huîtriers pies et les mouettes. Le maître des lieux, le héron, est invariablement délicat et élégant.

Le Conquet fût aussi pour nous un lieu de détente entre deux pauses natures. Gustativement parlant tout d’abord, car nous avons largement profité des produits et spécialités locales en testant plusieurs restaurants (voir dans les informations pratiques). Gourmandises que nous avons pu retrouver sur le marché hebdomadaire du mardi matin. Parmi nos découvertes, des minis galettes fourrées avec des pommes de terre et garnies avec les ingrédients de notre choix. C’est très bon, mais il faut vraiment avoir une faim de loup pour en venir à bout. A tester à la crêperie Louise de Bretagne du Conquet.

L’avantage quand le temps est maussade, c’est que cela offre une très bonne excuse pour traîner au restaurant ou au jacuzzi !!! Oui je le confesse, j’ai béni un crachin matinal quand j’ai pu profiter de 30 min (complètement seule) de pur bonheur dans le jacuzzi de l’hôtel de la Vinotière. Délice que j’ai réitéré le lendemain à l’Hôtel de la Pointe Saint Mathieu.

La presqu’île de Kermorvan et les dunes des Blancs Sablons

Le lendemain nous avons rendez vous avec Marcel, maire adjoint, qui connaît tous les secrets de la presqu’île de Kermorvan. Le temps capricieux n’aura pas raison de notre curiosité insatiable. Marcel nous raconte l’histoire récente du Conquet, comment la ville a échappé à un projet immobilier qui aurait défiguré le littoral. Nous réalisons en regardant la lande et l’étendue verdoyante de fougères mêlées à la dune que cela aurait un sacré gâchis.

Conscients de la chance de pouvoir profiter de cet espace naturel classé depuis 1977, nous nous délectons de la moindre découverte. La presqu’île est naturellement recouverte de lande, mais les fougères sont quelque peu envahissantes. La municipalité les coupe a quelques endroits de manière à laisser plus de chance à une végétation diversifiée de s’y installer. C’est ainsi qu’on découvre de la bruyère, des orchidées, du chèvrefeuille, carex, oyat, ronces, ajoncs, prunelliers…  Pour les fanas d’animaux, nous vous conseillons de venir ici à l’aube, on peut y observer de nombreux lapins et aussi quelques renards ! Tout au long de la journée vous pourrez aussi voir de nombreux oiseaux.

En chemin, le phare de Kermorvan apparaît au bout de la presqu’île. Il n’est pas ouvert au public mais ce jour là nous sommes accompagnés d’une personne possédant le sésame nous permettant de nous approcher de ce colosse de grès. Nous ne sommes pas seuls, preuve que les locaux connaissent le truc pour entrer malgré les interdictions. La municipalité aimerait que le fort et le phare puissent être visités comme d’autres voisins, mais des aménagements sont à prévoir. Espérons que cela soit le cas un jour car le site est grandiose. Au bout de la presqu’île, la vue sur le goulet de Brest et les îles (archipel de Molène, Ouessant) est splendide. Seb a même aperçu au loin des dauphins.

Nous reprenons notre chemin pour découvrir un autre fleuron de la presqu’île, la plage des dunes de blanc sablon. Une plage paradisiaque avec une longue étendue de sable blanc, de l’eau turquoise et des dunes colorées par une flore riche. D’ailleurs notre cher lémurien s’en est donné à cœur joie dans les vagues, nu comme un ver. Un joli moment !

La pointe Saint Mathieu, son abbaye et son phare

Que dire de la pointe Saint Mathieu qui n’ai déjà été dit ! C’est un lieu sacrément emblématique du Finistère à en croire le nombre de réactions que nous avons pu avoir sur ce site lors de nos lives. Il est vrai que cet endroit est diablement photogénique et impressionnant. Perché sur une falaise trône magistralement un phare, un sémaphore, une abbaye et une chapelle. Un ensemble architectural qui retrace une partie de l’histoire de la région emprunte de beaucoup de légendes.

pointe saint mathieu vue de la mer abbaye et phare plougonvelin

En premier lieu, nous montons les 163 marches du phare pour profiter de la vue à 360°. Cela permet de se rendre compte de l’imbrication des différents éléments du site. Au loin, on aperçoit la presqu’île de Crozon et les fameux tas de pois que nous avions approché un an auparavant.

Je me demande alors pourquoi choisir cet endroit pour y placer une abbaye. J’aurai la réponse une dizaine de minutes plus tard au musée attenant. Une légende raconte que des marins rescapés miraculeusement d’un naufrage rapportèrent ici des reliques de l’apôtre Saint Mathieu, il n’en fallut pas plus pour consacrer le lieu. Dès le XIIIe siècle, les bénédictins installés dans l’abbaye alimentent un feu en haut d’une des tours pour alerter les marins. C’est l’ancêtre du phare. Au fil des siècles, le système va se perfectionner et le phare actuel en est un bel exemple. Tout de granit, il mesure 37m de haut. Sa portée est de 55 km. Nous en apprenons aussi davantage sur le rôle des sémaphores qui surveillent le trafic, les différents signaux lumineux et leurs significations.

A la nuit tombée, ce phare est devenu hypnotique. Sa lueur frappait notre rétine toutes les 15 secondes, toujours rapide, insaisissable. Nous avons eu la grande chance d’être invité à l’hostellerie de la Pointe Saint Mathieu et d’avoir une chambre avec une vue imprenable sur ce géant de lumière. Une expérience que je ne suis pas prête d’oublier.

Le fort de Bertheaume

Le fort de Bertheaume est un de ces lieux où l’on peut apercevoir comment l’homme s’est approprié un espace naturel pour en tirer avantage. Le fort de Bertheaume se situe à Plougonvelin sur un promontoire à la localisation particulièrement stratégique, puisqu’on a une vue bien dégagée sur la rade de Brest. Ici, c’est un millefeuille historique que l’on peut toucher du doigt. Instinctivement lieu de défense, le fort de Bertheaume a su aujourd’hui se renouveler pour allier à merveille préservation de la mémoire, loisirs et culture.

J’avoue que c’est la manière dont est géré le site qui m’a le plus fasciné. Le fort se visite, mais d’autres activités se sont greffées au fur et à mesure du temps pour donner envie aux visiteurs de le découvrir. Il y a par exemple un parcours d’aventure ainsi que des chasses aux trésors proposées aux enfants. Une association locale fait revivre le lieu tous les mercredis soirs par des spectacles historiques, des reproductions de marchés de l’époque. Une manière ludique d’apprendre l’histoire. Le site accueille aussi une scène pour des festivals pendant l’été.

Les puristes pourraient s’offusquer de ce mélange des genres, mais j’ai trouvé que l’équilibre semblait ici atteint.

Le Conquet et ses alentours, vous avez pu le percevoir ne manque pas de charme et d’atouts. Mais amoureux du Finistère, nous ne sommes sûrement pas très objectifs 😉

J’espère que cela vous aura donné envie d’aller toujours plus à l’ouest pour découvrir cette belle région.

Informations pratiques – visite du Conquet et de la pointe Saint Mathieu

Se balader et découvrir la biodiversité autour du Conquet

La ville propose de télécharger gratuitement un circuit de découverte des différents espaces naturels de la ville (ria, presqu’île de Kermorvan et dunes des Blancs sablons). Au delà de la carte, cette brochure apporte de nombreuses informations intéressantes pour mieux comprendre ces milieux.

Sachez que le fameux sentier des douaniers, le GR 34 passe aussi par ici.

Où manger au Conquet et aux alentours

Nous avons testé des restaurants très divers durant notre séjour. Pour une crêperie traditionnelle succulente et dans un joli cadre, rendez vous à la crêperie Louise de Bretagne (6 rue Poncelin – Le Conquet). C’est ici que nous avons goûté les Kouign patates ! L’équipe est très sympa et c’est une adresse kids-friendly comme on dit. Ils nous ont prêté des jouets et ont mis des couverts en plastiques (si vous êtes parents vous comprendrez pourquoi on est enthousiastes, on a pu manger tranquilou).

Vous cherchez une brasserie, un lieu pour déguster des spécialités de la mer sans chichi, alors on vous conseille le relais du Vieux port (1 quai du Drellach – Le Conquet).

Pour des plats inventifs, frais et savoureux mais qui restent financièrement accessibles, la Passerelle (18 rue Saint Christophe – Le Conquet) saura, je le pense, vous régaler. Le restaurant est spacieux, il y a une jolie terrasse et un jardin. Des atouts quand on déjeune avec des enfants qui ont besoin de se dégourdir les pattes.

Et enfin, la cerise sur le gâteau, pour le petit plaisir ou la grosse folie (à vous de voir), le restaurant gastronomique de l’Hostellerie de la pointe saint Mathieu (en face du phare de Saint Mathieu) fera frétiller vos papilles. Nous nous sommes régalés de l’amuse bouche jusqu’au dessert (Hélio aussi avec son menu enfant particulièrement joli et bon). Les premiers menus hors menu enfant débute à 30 euros, donc cela reste accessible. Le service est irréprochable sans être pompeux. Même avec un enfant en train de jouer aux gommettes, on s’est senti à notre aise.

Où loger au Conquet ou dans les environs ?

Le relais du vieux port

Cet hôtel simple et chaleureux possède un atout majeur : une magnifique vue sur le vieux port. Depuis notre chambre, spacieuse, nous avions une vue directe sur la ria du Conquet. De quoi se faire plaisir ! Une option économique (à partir de  57 €).

Renseignements et réservation

Hotel spa la Vinotière

La Vinotière, située dans une demeure du 16e siècle superbement restaurée, possède un charme fou. Situé en plein centre ville, l’hôtel propose un spa dans un lieu on ne peu plus original et charmant : un ancien pigeonnier !

De 60 € à 190 € pour une chambre double (certaines chambres ont un jacuzzi !). De 110 € à 250 € l’espace familial.

Renseignements et réservation

Hostellerie de la pointe Saint Mathieu

Dans les environs du Conquet, si vous souhaitez vous faire un gros plaisir, nous vous recommandons de loger à l’hostellerie de la pointe Saint Mathieu, un hôtel spa 4 étoiles situé au centre du site historique.
Le cadre est exceptionnel, les chambres et le service impeccable. Les (gros) plus : une piscine et un jacuzzi accessibles gratuitement aux clients, un spa en supplément, un restaurant gastronomique délicieux et un bistro.

De 145 € la chambre double à 300 € la suite.

Renseignements et réservation

Préparer son voyage au Conquet et dans le pays d’Iroise

Pour organiser votre escapade, n’hésitez pas à consulter le site de l’ Office de tourisme du Conquet ainsi que celui de Plougonvelin. Ils fourmillent de documentations et d’actualité mise à jour.

 

Merci à Finistère tourisme et Iroise Bretagne tourisme pour leur invitation et leur accueil chaleureux. Nous avons élaboré conjointement un programme sur mesure aux petits oignons ! N’hésitez pas à vous rendre sur leur site pour préparer votre séjour.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Vous avez aimé ? Alors ne gardez pas tout pour vous, partagez ;)


Soyez foudingues, abonnez-vous à notre newsletter !