Géoparc, ça vous parle ? J’ignorai leur existence il y a encore quelques mois de cela… Et pourtant, ce réseau de parcs naturels d’intérêt géologique mondial labellisé par l’UNESCO est une pure pépite. Allant bien au delà de l’aspect purement géologique, je vous emmène visiter le geopark Famenne Ardenne en Belgique (Wallonie), labellisé en 2018. Si le nom ne vous dis pas grand chose, vous connaissez peut être déjà certains de ses atouts touristiques majeurs : la ville de Durbuy, les grottes de Hotton ou encore les grottes de Han-sur-Lesse.

Un petit nouveau donc, et le seul géoparc de Belgique pour l’instant. Mais pas des moindres : des paysages calcaires aussi beaux en surface qu’en sous sol, avec des réseaux parmi les plus grands et beaux d’Europe. Mais ce n’est pas tout : patrimoine, tourisme durable et même brame du cerf sont au menu.

Dans ce reportage video, j’évoque surtout le brame du cerf, mais aussi le geoparc Famenne Ardenne !

Une visite du geopark Famenne Ardenne qui débute sous terre…

Afin d’être labellisé géoparc (écrit geopark en Belgique) par l’UNESCO, il faut réunir un certain nombre de critères que j’évoquerai tout au long de ce récit. Mais le premier, évident, est d’avoir un ou des sites géologiques d’importance mondiale. Rien que ça… Ca calme ! Pour le tout jeune geopark Famenne Ardenne, c’est avant tout son karst (la Calestienne) qui a motivé ce classement.

En simplifiant, le karst, c’est un sous-sol calcaire parsemé de cavités, de galeries érodées par l’eau. Des grottes quoi ! Et de ce point de vue, le karst de Famenne Ardenne est de tout premier ordre, aussi bien en quantité, avec le plus grand réseau d’Europe de l’ouest, qu’en qualité par la nature de ce karst, les concrétions etc.

Alors il aurait été impensable de ne pas commencer cette visite du geoparc par un peu de spéléologie !

grotte de hotton

Le domaine des grottes de Han

Je dois vous faire une confidence, si j’étais seul pour ce voyage, nous étions déjà venu dans le coin il y a deux ans et l’an dernier (oui, nous aimons cette région !). Je ne connaissais pas à ce moment l’existence du geopark Famenne Ardenne… Honte à moi, même s’il n’avait que quelques mois, c’était un bien grand tort.

Mais quand bien même, nous n’avions pas loupé une visite majeure quand on parle de karst : le domaine des grottes de Han. Ce sont sont doute les grottes les plus connues de Belgique, les plus visitées également. Il faut dire que les galeries ont des dimensions impressionnantes, certaines salles ont des proportions démentielles, et il n’y a qu’à Bornéo que nous avions visité de plus grandes cavités (bon, il faut dire que ce sont les plus grandes du monde…).

Seul bémol, elles se visitent uniquement accompagné, en groupes assez importants (jusqu’à 50 il me semble). C’est un moyen pour éviter la dégradation des concrétions, très fragiles, mais les groupes sont un peu trop grands à mon gout (mais bon, ça limite le coût de la visite…).

grottes de Han
La visite des grottes de Han se termine sur un superbe spectacle son et lumières

Les grottes de Hotton

Les grottes de Hotton sont également très réputées, en particulier pour leurs superbes concrétions calcaires (stalactites, drapeaux etc.). Si je n’ai exploré qu’une toute petite partie de la visite touristique aménagée, j’ai eu la chance de m’enfoncer davantage dans les galeries non aménagées avec Serge, géologue au geoparc Famenne Ardenne, également spéléogue.

L’occasion de vivre très différemment ces grottes, percevoir leur aspect brut, éclairé par une frontale. Nous nous sommes notamment promenés dans une immense galerie haute de plus de 30 mètres et longue de plusieurs centaines de mètres, jusqu’à une petite rivière souterraine. Un moment fort, privilégié.

Mais au delà des sensations, c’était aussi l’occasion de mieux comprendre les phénomènes d’érosion du calcaire en jeu, l’origine même de ceux-ci (des dépôts marins d’il y plusieurs millions d’années (oui, il y a avait la mer ici fut une époque lointaine…). Preuve en est, nous sommes tombés sur de beaux fossiles agglomérés, dont on distingue encore parfaitement la forme.

En me projetant l’image de ces dizaines, voir centaines de kilomètres de galeries souterraines parsemant la région, creusées au fil des temps par l’eau, cela m’a donné un légère sensation de vertige. Un vertige doux et grisant.

Cette balade sous terre, un monde méconnu que nous côtoyons pourtant fréquemment, possède évidemment de multiples liens avec la surface, notamment par le biais de l’eau, mais aussi des activités humaines.

Le calcaire, artisan des paysages du geoparc Famenne Ardenne

La résurgence d’éprave, cet interface entre le monde souterrain et la surface

Si l’eau a creusé ces galeries souterraines dans le sous-sol en dissolvant le calcaire (grâce à l’acide carbonique qu’elle contient), c’est quelle a pu s’infiltrer dans sol. Mais l’inverse existe également !

L’eau s’infiltre par endroits, elle ressort par d’autres. L’eau se moque de la topographie, elle ne souhaite qu’une chose : emprunter le chemin le plus simple, attirée irrémédiablement vers le bas par la gravité. S’il faut pour cela creuser dans la roche sur des kilomètres, la dissoudre, ressortir à l’air libre, soit. Elle a le temps de faire son chemin.

J’ai pu admirer deux de ces résurgences, une première lors d’une géobalade (je vous en parle plus loin dans l’article), mais elle était presque à sec. Une seconde bien plus impressionnante à côté de Rochefort, la résurgence d’éprave.

L’eau, opalescente, semble apparaitre spontanément au pied d’une falaise, se déversant ensuite dans la Lhomme. Avec les connaissances acquises lors de ce séjour, je me met à imaginer le parcours invisible qu’elle a parcouru sous terre avant de retrouver l’air libre.

Resteigne, d’anciennes carrières de reconquête de la nature

Ces sous sols calcaires, l’Homme les a longtemps exploité en tant que ressource, principalement pour de la pierre à bâtir, mais aussi dans certains endroits pour fabriquer de la chaux ou comme amendement dans les champs.

La plupart de ces carrières ont aujourd’hui fermé, comme celle de Hampteau, à l’origine de la découverte des grottes de Hotton.

carrière d'hampteau
point de vue depuis le haut de la carrière d’Hampteau

Si ces carrières ont eu un impact indéniable sur l’environnement pendant leur exploitation, avec la modification de l’environnement, le soulèvement de poussières etc. Leur réhabilitation aujourd’hui n’est pas sans intérêt d’un point de vue biodiversité.

Nous en avions eu un bel aperçu aux anciennes mines d’Abbaretz près de chez nous, avec la recolonisation végétale par des espèces remarquables.

A l’ancienne carrière de Resteigne, certains animaux ont trouvé un abri idéal avec des falaises calcaires peu végétalisées, notamment certains reptiles et le hibou grand duc.

D’ailleurs je suis quasiment persuadé d’en avoir aperçu un en vol un lors de la fin de ma visite. En tout cas c’était un rapace et il avait bien plus l’allure d’un grand hibou que d’une buse ou d’un milan. Ce qui me fait douter, c’est que nous étions en fin d’après midi. Mais bon, je ne suis pas spécialiste…

Le gouffre de Belvaux, ou perte de la Lesse, emblème du geopark Famenne Ardenne

A l’inverse des résurgences, les cours d’eau s’engouffrent parfois sous terre, traversant les massifs calcaires, formant des galeries souterraines majestueuses.

Le plus bel exemple est sans aucun doute le gouffre de Belvaux, voyant la Lesse disparaitre avec fracas sous terre. Situé dans le domaine des grottes de Han, il illustre parfaitement les forces à l’œuvre ayant mené à ce réseau de galeries souterraines.

gouffre

Situé dans le parc animalier, son accès n’est pas libre malheureusement, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée et prendre un transport interne pour s’y rende.

Si je ne suis pas fan des parcs animaliers, celui-ci a l’avantage de permettre d’observer des espèces locales en semi liberté sur une vaste plaine (cerfs, daims, chevreuils…). J’y étais en pleine période du brame du cerf, à l’aube, des conditions idéales pour observer ce phénomène. En première approche avant d’aller en milieu naturel, ce peut donc être une option intéressante pour apprendre les enjeux liés au brame, connaitre les bonnes pratiques pour l’observation des animaux, accompagné par un guide.

En revanche, les enclos plus restreints pour les loups, ours, lynxs m’apparaissent moins pertinents, la captivité me semblant bien plus contraignante pour les animaux. Ce rapport à la nature ne me correspond pas, induisant un rapport de domination / spectacle qui ne me semble pas aller dans le sens d’un respect de la nature, mais c’est un débat que je laisse ouvert !

Les geobalades, des randonnées parfaites pour découvrir le geoparc Famenne Ardenne

Il existe une multitude d’options pour visiter le geopark Famenne Ardenne, comme les visites de grottes déjà évoquées, de villages, d’ateliers d’artisans…

Selon moi, le meilleur moyen c’est d’emprunter les parcours de randonnée créés par le geoparc, qu’ils ont intitulés géobalades.

Le géoparc a mis en place un réseau de partenaires artisans, restaurateurs, hôteliers, acteurs touristiques qui se sont engagés pour un tourisme durable à travers une charte. A l’instar que ce que nous avions observé avec la marque valeurs parc dans les Pyrénées catalanes.

Le double avantage, c’est d’une part pouvoir se rendre chez des prestataires de qualité qui s’engagent pour leur territoire du point du vue du visiteur. D’autre part de créer du lien entre les acteurs du territoire dans un but d’amélioration continue sur le plan environnemental, économique et qualité d’accueil. Un cercle vertueux en somme !

Par exemple, nous avions séjourné l’an dernier à la ferme du pré charmant près de Durbuy, un endroit à l’accueil incomparable, paradis des enfants que nous recommandons chaleureusement.

Vous pouvez retrouver la liste des partenaires sur le site du geopark famenne Ardenne

J’ai pour ma part emprunté la géobalade de Tellin sur les conseils de Simon (chargé de projets au geoparc). Sinuant autour de Resteigne, elle offre un aperçu parfait de ce que peut offrir la région, tant au niveau géologique, que paysagé et patrimonial.

Entre villages et forêt, champs et carrière, j’ai randonné avec la nature pour seule compagnie. Et quelle belle compagnie…

Marcher seul en forêt est une des mes activités favorites, totalement concentré sur ce qui m’entoure, à l’affut des bruits et des odeurs, m’émerveillant devant le chant d’un oiseau ou la forme d’une fougère. C’est aussi l’occasion de se recentrer, de se perdre dans ses pensées. Bref, la forêt permet tout et son contraire, c’est un révélateur d’humeur.

Cette randonnée autour de Resteigne m’a offert de très beaux paysages, notamment un point de vue sublime depuis le rocher du pic qui porte bien son nom (pour moi qui ai le vertige…).

rocher à pic resteigne

Elle m’a fait découvrir une ancienne carrière abritant aujourd’hui des hiboux grand duc, laissé arpenter des pelouses calcaires à la végétation particulière, comblé d’un magnifique moulin, d’un château, d’une résurgence et j’en passe…

Tout cela en quelques heures seulement et pour une seule des 8 géobalades. Je n’ose imaginer la richesse de diversité que doit représenter faire la totalité de ces randonnées.

Chaque geobalade s’accompagne d’une carte et d’un livret indiquant de manière très détaillée ce que vous pouvez observer pendant votre parcours. Alliant ainsi la randonnée à la découverte.

Retrouvez le descriptif de la geobalade de Tellin que j’ai pu vivre

Des villes et villages, parties intégrantes du geoparc : visite de Durbuy

Un des aspects qui m’a charmé dans la philosophie du geoparc, c’est qu’on ne se contente pas de l’aspect purement géologique. C’est une vision globale du territoire, avec un lien à la géologie qui devient évident quand on prend la peine de s’y intéresser. Le lien Homme nature que nous aimons tant explorer prend tout son sens quand on visite un geoparc comme celui de Famenne Ardenne.

Par exemple, j’évoquai les carrières de calcaire qui servaient de matériaux de construction. Mais on peut également citer la topographie qui a décidé des lieux d’implantation des villes et villages (présence d’eau, reliefs pour la protection, cours d’eau pour le transport, qualité des sols pour l’agriculture ou l’élevage etc.). Tout ceci influençant directement la culture locale. Bref, tout est lié, tout nous ramène à la nature, qu’on le veuille ou non.

visite durbuy

Durbuy est une parfaite illustration de cette interconnexion. Cette belle petite ville (qui se clame plus petite ville du monde, mais passons sur ce détail historique devenu anecdotique) s’étale au bord de l’Ourthe, protégée par une falaise, un anticlinal calcaire de toute beauté. L’implantation est donc idéale, entre l’eau apportant une voie de communication et cette falaise protectrice.

Le ruelles pavées et maisons de pierre, le château et l’église sont de toute beauté. Ce fut un régal pour moins de déambuler au hasard.

Mais petit aparté tout de même. S’il n’y avait pas grand monde lors de ma visite de Durbuy, je me suis laissé dire que c’est une ville très touristique, mieux vaut donc éviter la visiter l’été si vous avez le choix !

A l’automne, une visite idéale combinant géoparc et brame du cerf

Je ne pouvais pas terminer cette visite du geopark Famenne Ardenne sans vous parler du petit plaisir que je me suis fait cet automne. Que dis-je… Un énorme plaisir ! Je peux même dire que j’ai réalisé un rêve repoussé trop longtemps. Celui d’aller écouter, et même observer le brame du cerf.

Il faut dire que juste à côté du geoparc se situe l’endroit idéal pour cela, avec la forêt de saint Hubert. Sans doute l’un des endroits les plus accessibles en Europe pour cela. Oui, j’ose le dire, même sans être spécialiste ! En tout cas il n’y a pas vraiment d’équivalent en France à ma connaissance, à part peut être Chambord.

Qu’est-ce qui rend cet endroit si particulier ? Des aires de vision aménagées près des places de brame. Bien intégrés dans l’environnement, ces affuts font partie du paysage pour les cerfs, tant et si bien qu’ils n’hésitent pas à se montrer très régulièrement pendant la saison du brame, de mi-septembre à mi-octobre environ.

Les règles sont très claires, interdit de pénétrer dans la majeure partie de la forêt en dehors de ces aires de vision pour la quiétude des cerfs et biches. Dans les affuts, la discrétion est de mise. Des fascicules sont mis à disposition, des carnets d’observation à disposition.

Tout cela m’a semblé très, très bien organisé pour des personnes comme moi qui souhaitent s’initier à l’observation animalière en toute sécurité.

En vrai, c’était d’une facilité déconcertante d’observer les cerfs, mais l’émotion n’en était pas moins très intense. Voir un majestueux cerf sortir de la forêt accompagné de biches, l’admirer avançant lentement et se mettre à bramer, levant la tête au ciel, est un moment incroyable.

J’ai encore dans ma tête ce son rauque et les images de ces cerfs aux bois surdéveloppés. Dès son apparition, une sorte de frémissement retenu survenait dans les affuts, entre ceux qui se cramponnaient à leur appareil photo et ceux rivés à leurs jumelles. Un partage sans parole, une pure émotion vécue en commun.

Car si dans certaines aires de vision on peut se retrouver seul, vous aurez la plupart du temps des personnes présentes au lever et coucher du soleil, les meilleurs moments pour observer le brame. Mais c’est une belle chose.


Guide pratique tourisme :
le geoparc Famenne Ardenne, visite de Durbuy aux grottes d’Han-sur-Lesse

Que voir, que faire en Famenne Ardenne ?

Que faire en Famenne Ardenne ? Visiter le géoparc bien sûr ! Mais pas seulement, ou plutôt sous divers aspects. Un petit résumé de mes coups de coeurs et suggestions :

  • Randonner dans le geoparc Famenne Ardenne en suivant les geobalades
  • Visiter les différentes grottes du parc (Han, Hotton, Lorette-Rochefort…)
  • Découvrir les anciennes carrières, à la recherche du hibou grand duc (carrière de Resteigne notamment)
  • Se relaxer au bord d’une résurgence, comme la résurgence d’Eprave
  • Admirer le paysage depuis de superbes points de vue (rocher à pic, belvédère d’Han sur Lesse, rocher d’Eprave…)
  • Visiter les charmants villes et villages, comme Durbuy et son célèbre anticlinal
  • Remonter le temps en découvrant le patrimoine historique, comme le chateau de Resteigne ou l’ancien moulin à proximité
  • Observer le brame du cerf depuis une aire de vision

Et encore, je n’évoque que des endroits que j’ai visité en seulement 3 jours ! Les possibilités sont bien plus étendues, avec beaucoup d’autres sites géologiques, des sites mégalithiques, des activités touristiques familiales, des artisans partenaires, musées etc.

visite geopark famenne ardenne

Carte du Geopark Famenne Ardenne et ses principaux sites touristiques / géologiques

Où dormir en Famenne Ardenne ?

J’étais idéalement situé au coeur de Rochefort juste en face de l’église, point de départ parfait pour rayonner dans le geoparc.

Je logeais à l’hôtel la malle poste, partenaire du geopark Famenne Ardenne.

Si je peux dire que l’hôtel restaurant était dans un superbe bâtiment, bien aménagé et décoré, que le personnel était accueillant, je dois avouer que je n’en ai pas beaucoup profité… Je partais avant l’aube et revenait après le coucher du soleil allant observer le brame du cerf à ces moments propices, et explorant les environs dans la journée. Je ne peux donc en dire guère plus, à part que j’y ai bien dormi !

Plus d’infos sur l’hôtel la malle poste

Où se renseigner sur les activités en Famenne Ardenne ? Les offices du tourisme pardi !

J’ai remarqué que beaucoup de lecteurs n’avaient pas/plus le réflexe d’aller se renseigner auprès des offices du tourisme pour connaitres les activités touristiques, balades, randonnées etc. C’est bien dommage ! Vous aurez de vrais conseils personnalisés, allant au delà de ce que vous pouvez trouver sur les sites et blogs.

Il y a des offices du tourisme dans les principales communes du géoparc. Vous trouverez leurs adresses ici.

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Retrouvez nos suggestions d’itinéraires

Et tous nos carnets de voyage (en Ardenne et ailleurs en Wallonie)

Ce voyage a été organisé en partenariat avec Wallonie Belgique Tourisme et le l’UNESCO global Famenne Ardenne Geopark. Un grand merci pour leur accueil ! N’hésitez pas à consulter leurs sites pour préparer votre visite, ils sont très riches et bien construits.