A peine arrivés au Sri Lanka, notre dernière destination d’un voyage de 5 mois en Asie du sud, nous filons vers la côte sud du pays, à la recherche de ses plages réputées mondialement. Notre premier arrêt : Hikkaduwa, station balnéaire connue pour sa plage et ses tortues. Notre déception sera profonde et douloureuse. Une première image du pays très négative, heureusement vite effacée par les merveilles croisées plus tard…

Notre arrivée au Sri Lanka, une entrée en matière chaleureuse à Colombo

Après notre séjour à Sumatra où nous avons passé des moments merveilleux, entre découvertes naturelles et rencontres intenses, le Sri Lanka s’annonçait comme une fin de voyage au long cours en apothéose. Tous les ingrédients semblent réunis pour faire de cette destination un endroit parfait pour nous : climat, paysages, faune et flore, culture, tout semble concourir à un séjour passionnant.

Encore marqués par la gentillesse, l’accueil des indonésiens à Sumatra, nous débarquons à Colombo dans une chaleur écrasante. Un peu assommés, nous découvrons une ville bouillonnante, à la circulation bordéliquement organisée typique des grandes villes d’Asie du sud. Mais la comparaison s’arrête là, car l’ambiance, les senteurs sont très différentes de ce que nous avons vécu jusqu’alors. La cuisine, la culture, l’organisation, tout est en décalage avec ce que nous avons vécu auparavant. Nous pressentons immédiatement que c’est nouveau voyage très différent qui commence.

Après un petit tour en ville, nous nous dirigeons vers la plage. L’ambiance y est très particulière en ce début de soirée. La plage est bordée par une voie de chemin de fer qu’il faut traverser pour atteindre le sable. Beaucoup d’habitants viennent s’y promener, jouer au foot, ou pêcher. Je ressens cet espace comme une zone tampon entre la ville vibrante et le calme plat de l’océan. Un entre deux qui permet de respirer, coincés entre la mer et le passage fracassant des trains bondés.

Même si cet instant ne manque pas d’intérêt, nous ressentons immédiatement le besoin de vite sortir de la ville pour retrouver ces plages, cette côte dénuée du brouhaha. Nous sommes toujours plus à l’aise dans le calme.

plage de colombo au Sri Lanka

Dès le lendemain, nous filons donc à la gare, le train étant un moyen de transport bien développé au Sri Lanka. Bien développé et populaire, car encore plus économique que le bus. Plusieurs personnes du coin nous avaient conseillé le train, plus facile avec des bagages. Sauf qu’une fois à la gare, nous apercevons les trains et surtout à quel point ils sont bondés. Les portes sont laissées ouvertes et ils sont tellement remplis que des personnes s’accrochent à l’extérieur du train…

Quand arrive notre train, en le voyant pris d’assaut, en regardant nos bagages, en pensant à Hélio coincé dans ces conditions, nous avons suffisamment d’hésitation pour laisser le train repartir avant d’agir. De plus, nous n’étions pas certains que ce soit le bon train nous menant à Hikkaduwa. Bref, il nous passe sous le nez et nous révisons finalement nos plans et optons pour le bus.

Nous trouvons tant bien que mal un minibus où nous payons des places pour nous ainsi que pour nos bagages (il n’y a pas vraiment de coffre pour les gros bagages, donc obligés de prendre un siège passager dans ces vans). Avec l’expérience, nous arrivons à éviter les rabatteurs nous amenant vers des bus qui font la queue et ne seront pas partis avant plusieurs heures pour nous diriger vers celui en tête de cortège et partir rapidement. Après avoir demandé les prix et tenté de voir s’ils n’étaient pas (trop) gonflés, nous partons pour quelques heures de voyage. Même si nous partons avec toutes les places occupées, d’autres passagers embarquent au fur et à mesure, restant mi-debout pendant un long moment, nous rappelant les transports en commun dans d’autres parties du globe, comme en Amérique centrale ou en Afrique de l’ouest, dans une moindre mesure.

Premiers pas à Hikkaduwa, une déception immédiate

Après de longues heures de trajet, nous sommes soulagés d’arriver à Hikkaduwa. Notre première impression n’est pas bonne, la ville est assez grande, très touristique (mais ça nous nous en doutions) et surtout la route longeant toute la côte sud, très fréquentée, longe la plage. Elle coupe littéralement la ville de la plage et chaque fois qu’il faut la traverser, la vigilance s’impose, surtout avec un enfant de trois ans.

Bref, nous verrons plus tard ce qu’il en est vraiment, nous partons vers notre hébergement situé plus en arrière, relativement au calme. Un petit coup de tuktuk et nous sommes bien au calme, enfin posés.

Nous repartons le soir même chercher à manger vers la plage pour effacer cette première vision négative et profiter du coucher du soleil.

Mais sans succès… Nous avons beau essayer, cette grosse route longeant la plage nous empêche de profiter de la plage. Qui plus est, elle n’a pas grand intérêt : il n’y a peu de végétation et elle est bordée de boutiques de souvenirs, restaurants et bars standardisés et totalement inintéressants. Heureusement Hélio s’en fout un peu, du moment qu’il y a du sable, il s’éclate. Le seul intérêt que nous trouvons ce soir là, ce sont des chauve-souris gigantesques qui nous survolent au crépuscule (nous en croiserons partout au Sri Lanka) et quelques lucioles…

Mais je dois l’avouer, le farniente à la plage, ce n’est pas notre truc, alors je ne suis pas objectif. Mais j’ai du mal à comprendre pourquoi certains voyageurs font des milliers de kilomètres pour venir dans un endroit comme celui-ci et ne pas en décoller (oui il y a des séjours longs ici…). La véritable raison pour laquelle nous sommes venus spécifiquement à Hikkaduwa, c’est qu’on peut y observer facilement des tortues marines depuis la plage.

Les tortues sur la plage d’Hikkaduwa, du grand n’importe quoi !

Nous avions lu que ces tortues peu farouches se retrouvaient tous les jours sur la plage d’Hikkaduwa, à seulement quelques mètres du bord. En voyant le monde présent, nous avons commencé à nous douter du cirque que cela pourrait devenir de faire cohabiter des tortues avec beaucoup de vacanciers.

C’est donc tôt le matin que Laura est allée avec Hélio sur la plage, espérant ainsi éviter la foule. A 7h il y avait peu de monde, mais les personnes présentes étaient déjà amassées autour de tortues gigantesques paissant tranquillement dans l’eau. Enfin tranquillement… Immanquablement, l’envie du selfie, de la photo sensationnelle à montrer à ses proches fait faire n’importe quoi à ces personnes visiblement peu conscientes du bien être des tortues.

Tortues poussées, sorties de l’eau, retenues, prises sous tous les angles. Tentatives de les nourrir avec n’importe quoi… Un beau cirque alors que la journée est à peine entamée et que la foule n’est pas encore arrivée. Malgré les protestations, rien à faire, chaque fois c’est une nouvelle personne qui arrive, surprise par cette présence à laquelle elle ne s’attendait visiblement pas, et le cirque recommence, l’effet de groupe faisant le reste.

Ma plus grande interrogation, c’est pourquoi ces tortues continuent de venir ? J’imagine que c’est la nourriture qui les maintiens dans ce coin (même si elles venaient naturellement ici à l’origine). Mais je n’ose imaginer ce qu’elles reçoivent comme régime et crains sérieusement pour leur avenir à court terme.

Symptomatique du type de tourisme sans aucune espèce de considération éthique, nous avons croisé des personnes arpentant la plage accompagnées de serpents ou de singes, cherchant quelques touristes désireux de faire un selfie avec ces animaux arrachés à la nature. Activité qui rencontrait un certain succès à mon grand énervement. Je n’en veux pas tant aux personnes qui cherchent à tirer des revenus de cette activité que celles qui acceptent ce commerce et le financent.

Quel choix (ou non choix) de développement touristique pour la côte sud du Sri Lanka ?

Le Sri Lanka s’est très rapidement et massivement ouvert au tourisme ces dernières années, avec la fin de la guerre civile qui a déchiré le pays.

Le sud du pays concentre une bonne partie de ce boom touristique, avec une frange de touristes venus pour le soleil et la plage, sans grand intérêt pour la culture ou la faune. Du coup, c’est la rencontre de deux mondes très différents, entre un pays peu habitué à ce type de tourisme, avec une faune et des paysages encore assez bien préservés, une culture traditionnelle et des voyageurs en recherche de soleil bon marché, faisant fi du décalage culturel.

Combien d’hommes et de femmes croisés en maillot de bain dans la ville, oubliant que ce n’est pas du tout dans la culture locale ? Combien de chaînes d’hôtels venant implanter d’énormes et horribles bâtiments au milieu de superbes criques, à côté de minuscules villages dépassés par ce bouleversement ? Dans cette partie du littoral, nous avons ressenti comme un énorme déséquilibre en marche. Comme une ruée vers l’or touristique via un type de développement faisant totalement fi des populations locales au profit d’un tourisme international standardisé.

Ce n’est pas vrai sur toute la côte, fort heureusement nous le découvrirons plus tard, comme à Tangalle ou Talalla. Mais cette première escale fut pour nous une énorme déception, un symbole de ce qu’on peut faire de pire quand un pays s’ouvre au tourisme de manière non raisonnée. Il y a des plages beaucoup plus belles et tranquilles dans les environs, nous avons entendu parler notamment de la plage de Narigama, ou du snorkeling à Polhena où les tortues sont également présentes, mais pas juste au bord de l’eau, donc moins harcelées. Mais nous n’avons pas cherché à y aller, trop déçus pour ne pas fuir l’endroit et aller voir plus loin si l’eau y est plus bleue…

Guide pratique – (ne pas) visiter Hikkaduwa au Sri Lanka

Vous l’aurez compris, nous déconseillons vivement de visiter Hikkaduwa, il y a beaucoup d’autres endroits bien plus intéressants sur la côte sud. Mais peut être préférez-vous voir par vous même et tenter de dépasser cet aperçu assez superficiel de notre part, je le concède. Alors voici quelques infos pratiques pour passer un séjour un peu moins pire !

Comment se rendre à de Colombo à Hikkaduwa ?

Colombo – Hikkaduwa en train

Rendez-vous à la gare centrale de Colombo, les trains parcourant la côte sud ont des départs assez réguliers, mais les horaires fluctuent et tous les trains ne desservent pas toutes les villes. Le mieux est donc de se renseigner directement à la gare. Il n’y a pas de 1er classe sur ces trains, seulement 2e et troisième classe.

C’est le transport le plus économique, mais pas forcément le plus rapide. Si vous avez de la chance, vous aurez une place assise. Pour cela ne partez pas aux heures de pointe comme nous l’avons fait ! Il vaut mieux éviter le matin et le soir.

Colombo Hikkaduwa en bus

Près de la station de train centrale de Colombo, il y a une gare de bus avec des mini-bus pouvant vous mener jusqu’à Hikkaduwa. Les minibus partent plus régulièrement que les grands bus et sont climatisés. Pour autant ils ne sont pas forcément plus confortables car remplis à raz bord et plus chers, mais c’est plus rapide…

Nous avons préféré les grands bus par la suite, mais c’est à vous de voir !

Dans tous les cas, faites attention à bien choisir le bus qui partira en premier, des rabatteurs peuvent tenter de vous amener vers leur bus alors que ce n’est pas le premier en partance. Pour vous en assurer, vérifiez qu’il y a déjà beaucoup de monde à bord et qu’il se situe en début de file (s’il y en a une…).

Vous pouvez également lire notre guide spécial bus adapté à ce genre de voyage si vous n’avez pas une grande expérience en la matière.

Que voir, que faire à Hikkaduwa et ses environs ?

  • la plage d’Hikkaduwa… mais comme évoqué dans le récit, nous l’avons trouvé sans intérêt et très fréquentée
  • snorkeling depuis la plage d’Hikkaduwa. Les récifs sont assez intéressants, mais il vaut mieux y aller en plongée
  • la plage de Narigama, nous sommes juste passés devant rapidement, elle est plus belle et moins fréquentée, mais il y a toujours cette satanée route qui passe à proximité. Les vagues sont assez importantes et propices au surf
  • snorkeling à Polhena, spot moins connu que Hikkaduwa mais sûrement plus intéressant et avec des tortues marines
  • surf, il y a de beaux spots dans la région d’Hikkaduwa, mais bien plus fréquentés qu’un peu plus loin sur la côte
  • shopping, ce n’est pas du tout notre tasse de thé, mais la station balnéaire étant très fréquentée, il y a de nombreuses boutiques touristiques
  • faire la fête. Si vous cherchez un endroit au Sri Lanka en bord de mer où aller faire la fête dans un bar ou aller danser, Hikkaduwa est sûrement une bonne destination pour ça

Où dormir à Hikkaduwa ?

Ce fut sans doute le point le plus positif de notre séjour à Hikkaduwa ! Nous avons atterri dans un hébergement vraiment très sympa. En fait un appartement totalement équipé au sein d’une maison. Les propriétaires étant réellement adorables. Je pense que nous étions dans leurs premiers clients parce que la guest house n’était pas connue des tuktuks et le tarif vraiment trop bas. A tel point que nous avons donné plus que demandé. J’espère qu’ils ont augmenté leurs tarifs depuis, en tout cas nous leur avons fortement conseillé en voyant ce qui se pratiquait ailleurs.

Seule contrainte, c’est un peu en retrait dans la ville, mais pas si loin de la plage. Ça reste bien accessible à pied et au pire, en deux minutes un tuktuk vous aura emmené.

12 € la nuit pour un appartement complet, très bien équipé, pouvant accueillir au moins 4 personnes…

Renseignements et réservation

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