De la pointe du Raz, au delà du phare de la vieille, nous apercevons au loin l’île de de Sein. Un petit bout de terre dépassant à peine des flots. Nous avons entendu maintes histoires et légendes sur cette petite île. De quoi piquer notre curiosité. Alors nous embarquons pour une visite de l’île de Sein qui se révèlera pleine de surprises…

Ce n’est surement pas la plus connue des îles du Ponant, et c’est tant mieux, cela lui permettant de garder un caractère fort et une part de mystère visibles au premier coup d’oeil.

S’imaginer l’île de Sein

Pour vous représenter l’île de Sein, fermez les yeux. Tracez un S inversé de 2 km de long et de 50 à 800 m de large selon les endroits. Ce S rocailleux fait de granit semble posé au milieu de cette mer agitée et dangereuse, la mer d’iroise. Poussez votre imagination jusqu’à apercevoir les contours immergés de l’île qui se prolongent et forment ainsi un récif qui protège l’île des assauts de la mer, la chaussée de Sein.

Sur terre, ce S splendide est bordé de plages de galets et de sable d’un blanc immaculé. La couleur de l’eau oscille dans une palette du bleu profond au vert émeraude. Au sud, les maisons se concentrent dans le bourg, elles sont très rapprochées les unes des autres, pour mieux s’entraider et s’opposer aux tempêtes.

Maintenant, sentez le vent qui balaye la végétation, regardez danser les quelques plantes qui osent s’aventurer ici. Ce sont des guerrières face aux assauts du vent et du sel. A l’époque où les habitants cultivaient, ils avaient trouvé une astuce pour offrir un abri à leurs semences : construire des murets de pierre.

Quand je l’ai moi même imaginée avant de m’y rendre, je n’ai pu m’empêcher de frémir et de m’interroger. Comment cette île peut elle survivre au cœur de cette zone maritime si tourmentée ? Comment n’est elle pas balayée d’un revers de déferlantes ? Comment peut on vivre sur un confetti qui semble à la merci de l’océan ?  Si l’île de Sein vit régulièrement des tempêtes, elle est toujours restée debout. La chaussée de Sein la protège, l’Homme a aussi construit des digues, mais chaque tempête grignote et fragilise l’île. L’érosion gagne du terrain.

Découvrir l’île de Sein par la mer

A l’embarcadère d’Audierne, nous empruntons la navette pour l’île de Sein. Coup de chance, la mer est calme aujourd’hui et mon mal de mer ne pointera pas le bout de son nez. Accoudée sur le bastingage, je savoure donc les vues sur la côte du Cap Sizun et la pointe du Raz. Au bout d’une petite heure, l’île de Sein apparait. Nous pouvons l’apercevoir dans toute sa longueur. C’est cette longueur que nous allons dans quelques instants redécouvrir au ras de l’eau en kayak de mer jusqu’au phare de Goulenez.

Notre loulou nous accompagne pour cette balade d’une heure. Il est possible d’allonger à 2h et plus mais ce jour là un petit vent frais calme nos ardeurs. Accompagnés d’un guide et du léger mouvement des flots, l’île de Sein apparait dans toute sa beauté. Nous longeons la côte, découvrant ainsi les formations rocheuses granitiques peuplées d’oiseaux marins. Des huitriers pies nous narguent en nous survolant de quelques centimètres. Quant aux maîtres des lieux, les phoques et les dauphins, ils ne se montreront hélas pas. Mais le plaisir de la balade n’est en rien entamé. Au niveau de la mer, nous prenons pleinement conscience du fait que l’île est incroyablement plate. Sa vulnérabilité apparait tout entière. Arrivée à la balise rouge près du phare du Goulenez, le groupe se sépare en deux. Notre lémurien a un peu froid et nous préférons revenir, cette activité doit rester un plaisir, une occasion de contempler autrement l’île.

Le reflet de l’immense phare du Goulenez dans la mer imprime notre rétine, nous percevons un mouvement rapide, surement un phoque gris, mais trop fugace pour en être certains. Sur le chemin du retour, nous longeons les embarcations du port, le bateau des sauveteurs en mer, la navette et les bateaux de plaisance.

Découvrir l’île de Sein côté terre

Après nous être séchés et rassasiés au restaurant le Tatoon. Nous partons arpenter l’île à pied. Tout de suite, nous percevons le côté authentique de l’île. Même si l’activité touristique est au centre de son économie, c’est avant tout une île où 242 senans vivent à l’année. D’ailleurs, nous n’avons pas arrêté de nous imaginer le quotidien de ces habitants.

Viscéralement terrienne, j’ai toujours eu du mal à me voir vivre sur une île. J’aime les étendues infinies, la sensation de pouvoir partir n’importe quand et d’emprunter milles chemins. Savoir que des personnes habitent une île si petite, cela me rend donc particulièrement curieuse. A l’heure où tout va vite et où il faut toujours être dans l’action, j’imagine ici une vie où les moindres détails se savourent, où le lien avec ses voisins est singulier, où le rapport à la nature et en particulier à la mer est à la fois méfiant et aimant.

Nous ne pouvons que faire des conjonctures et nous préférons donc laisser nos questions de côté pour nous concentrer sur les éléments. Nous voguons de plages en criques, nous observons les goélands nicher et protéger vaillamment leurs petits (déjà bien costauds). Ce courage est au paroxysme quand nous voyons un couple de goélands piquer sur un labrador et crier si fort que le chien finira par s’enfuir.

Découvrir l’île de Sein depuis les airs (ou presque)

Arrivés au bout de l’île, le phare de Goulenez que nous avions découvert en Kayak ce matin nous appelle. Par chance, il reste encore un peu de temps avant sa fermeture. Nous grimpons avec hâte les 250 marches qui nous séparent de son sommet qui culmine à 51 mètres.

D’en haut, la vue est à couper le souffle, et du souffle il n’en manque pas. Le vent est puissant mais ne nous dissuade pas de passer du temps à contempler cet angle de vue à 360°. Ce que nous venons de découvrir à terre prend une autre dimension.

Nous pouvons notamment apercevoir la chaussée de Sein, ce prolongement granitique sous l’eau qui protège en partie l’île. L’amoncellement de galets sur les plages, les rochers et les digues autour de l’île sont autant de moyens de protection.

Ce phare a été construit en 1839. Avant la réalisation des phares autour de l’île de Sein, les naufrages sur l’île était fréquents. La violence des courants est bien connue ici, la réputation dangereuse de l’île aussi. En attestent certains chants marins :

« Qui voit Ouessant voit son sang,
Qui voit Molène, voit sa peine,
Qui voit Sein, voit sa fin,
Qui voit Groix, voit sa croix. »

Ces naufrages apportaient des marchandises et des ressources rares pour les habitants de l’île qui venaient prélever tout ce qui pouvait l’être. Un droit de bris existait à l’époque. Les seigneurs possédant la côte où un navire s’échouait devenaient propriétaire de son contenu. Mais le peuple, bien souvent, venait se servir avant que le seigneur n’arrive sur les lieux. Le bois était particulièrement recherché sur cette île qui ne compte aucun arbre !

Captivés, nous avons du mal à redescendre, mais nous devons reprendre le chemin vers l’embarcadère. Sur le sentier du retour, nous rencontrons une animatrice du parc marin de la mer d’Iroise qui durant l’été sensibilisera les passagers des bateaux durant leur traversée ainsi que sur l’île. Grâce à sa longue vue, nous profitons des derniers spectacles naturels que l’île peut nous offrir, comme celui de la cohabitation entre mouettes rieuses et mélanocéphales que nous arrivons, grâce à ses conseils, à distinguer l’une de l’autre. Nous voulions emprunter un chemin près de jolis rochers mais les goélands en train de nicher sont particulièrement agressifs et nous ne sommes pas très enclins à nous prendre des coups de becs. C’est donc à travers le bourg que nous rejoignons l’embarcadère pour dire au revoir à l’île de Sein. Nous regardons jusqu’à la dernière minute le phare de Goulenez s’éloignant derrière nous.

Nous repartons avec plein de questions sur cette île qui ne nous a pas laissé indifférents.

Guide pratique – visite de l’île de Sein

Visiter l’île de Sein de manière durable !

Sur l’île de Sein, l’eau potable est obtenue à partir d’eau de mer  dessalée et l’électricité grâce à une centrale thermique. Autant dire que les ressources sont rares et précieuses. Nous vous recommandons donc d’être particulièrement économe lors de votre séjour, que ce soit pour l’utilisation de l’eau ou de l’énergie en général. La gestion des déchets qui sont collectés et compactés pour être traités sur le continent est aussi un point crucial. Évitez autant que possible les déchets inutiles.

Autre point très important, les galets ! S’il peut être tentant d’édifier des cairns ou de ramener un beau galet comme souvenir, abstenez vous de le faire. Les galets constituent des remparts naturels, s’ils disparaissent un à un cela fragilise réellement l’île de Sein. Il en va de même pour les murets en pierre qui sont fragiles et qu’il ne faut pas escalader.

Enfin, pour le bien être des oiseaux et leur permettre de nidifier tranquillement, évitez de marcher dans les zones de nidifications qui sont bien balisées et restez sur les sentiers.

Comment se rendre sur l’île de Sein ?

Vous pouvez rejoindre l’île de Sein en bateau toute l’année depuis Audierne ou en saison depuis Brest et Camaret avec la compagnie maritime Penn Ar bed.

Au départ d’Audierne, le trajet dure une heure et permet de longer la pointe du raz et traverser le raz de Sein avant d’arriver sur l’île. Hors saison, il y a généralement un seul départ par jour. Au coeur de l’été, il peut y en avoir deux.

Horaires et tarifs de la compagnie Penn Ar bed

De fin juin à mi septembre une autre compagnie, Finist’mer propose également des traversées.

Aller sur l’île de Sein une journée, un week end ou davantage ?

En une journée, il est déjà possible de faire le tour de l’île à pied et de découvrir ses différents paysages. Mais je pense qu’il est intéressant d’y passer une nuit voir plus pour saisir un peu ce que peut être la vie et le quotidien ici et avoir le temps de rencontrer les sénans. En y allant une seule journée, nous sommes un peu restés sur notre faim sur cet aspect là. En effet, c’est une île qui vit à l’année avec ses 242 habitants et nous aurions aimé pouvoir découvrir les facettes de cette vie insulaire si singulière.

Où manger sur l’île de Sein ?

Lors de notre journée, nous avons déjeuné au restaurant Le Tatoon. En terrasse, face à la mer, nous avons mangé du poisson de qualité servi avec le sourire, que demander de plus ?

Quoi voir, que faire sur l’île de Sein ?

Épingle moi sur Pinterest !
  • Faire le tour de l’île de Sein à pied

Sachez qu’il n’y a pas de voitures sur l’île de Sein, vous ne pourrez croiser que 3 véhicules : le camion pompier, le camion citerne et un tracteur ! . L’été il est même interdit de circuler en vélo. Pas de panique, l’île n’est vraiment pas grande et tout se fait très facilement à pied. A bord du bateau ou chez les différents commerçants, vous pourrez vous procurer facilement un plan de l’île qui détaille les différents itinéraires ainsi que les points d’intérêts et leurs histoires.

Le circuit principal prend 1h45 et il est accessible aux personnes à mobilité réduite ou aux poussettes. Des petites boucles permettent de faire des petits détours pour prolonger la balade.

Attention, certains chemins ne sont conseillés que par mer calme ou en fonction des horaires de marée.

  • Découvrir l’île de Sein en kayak de mer, paddle…

L’Ile de Sein nautisme propose de nombreuses balades en kayak de mer, accessibles à tous les niveaux de 1 à 4h. D’autres activités nautiques sont aussi possibles comme le paddle. Fait rarissime en France, ils acceptent les très jeunes enfants !

Toutes les informations pratiques sur leur site.

  • Monter en haut du phare de Goulenez au bout de l’île

Il est possible de visiter le phare de Goulenez uniquement lors de la saison estivale. Grimper les plus de 250 marches vaut la peine car vous aurez une vue à 360° sur toute l’île. Attention, la dernière visite s’effectue à 15h15 !

L’entrée est de 3€ pour les adultes.

  • Visiter l’espace muséographique de l’île de Sein

Ce musée présente l’histoire du sauvetage en mer autour de l’île de Sein, la vie sur l’île d’hier à aujourd’hui et la place de l’île de sein dans l’histoire, notamment lors de la seconde guerre mondiale.

  • Observer les oiseaux de l’île de Sein

L’île possède différentes zones de nidifications où vous pourrez observer des oiseaux marins.

  • Se baigner autour de l’île de Sein

Même si pour nous l’eau est un peu fraîche, il y a de nombreuses plages très jolies et très pratiques pour se baigner ou bronzer tranquillement autour de l’île de Sein. Notamment la plage située dans le bourg, bien protégée avec avec du sable fin.

Découvrez nos autres articles sur le Finistère :

 

Ce voyage a été réalisé en partenariat avec Finistère 360°. Une mine d’informations pour préparer votre séjour !

Vous avez aimé ? Alors ne gardez pas tout pour vous, partagez ;)


Soyez foudingues, abonnez-vous à notre newsletter !


En vous abonnant à notre newsletter, vous acceptez notre politique de confidentialité. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.