Impossible d’aller à Sumatra sans passer par le lac Toba, c’est un point de passage incontournable lors d’un voyage dans la région et les indonésiens adorent ce lieu. Après la lecture de ce carnet de voyage, je pense que vous comprendrez pourquoi !

Après Bukit Lawang, nous avions prévu d’aller à Berastagi, mais l’éruption volcanique du Sinabung, la plus importante depuis plusieurs années en a décidé autrement. Nous avons donc rejoint directement le lac Toba après une interminable journée de 10h en voiture !

Scooter trip improvisé autour du lac Toba

C’est de nuit que faisons connaissance avec le lac Toba. Le ferry qui part de Parapat met environ 1h à relier l’île de Samosir au centre du lac, là où la plupart des hôtels sont répartis. Cette navette dessert les différents pontons des hébergements tel un taxi. Notre seule crainte, que la navette ne nous dépose pas au bon endroit. Mais finalement nous arrivons à bon port.

Comme à notre habitude, nous n’avons pas tellement regardé ce que nous pouvions faire ici. Le lendemain, nous comprenons qu’il nous faudra louer un scooter pour espérer découvrir l’ile. Les transports locaux sont réduits et même si nous ne voulons pas arpenter toute l’île, nous souhaitons en découvrir un aperçu.

L’île de Samosir, bordée par le lac Toba, est montagneuse en son centre. Quant à ses rives, elles sont bordées d’hôtels par endroits et de champs par d’autres. Une mosaïque de vert qui dévoile toute sa beauté quand on prend de la hauteur.

Nous prenons possession de notre bolide pour la journée. A trois sur le scooter, c’est parti mon kiki ! Il y a une seule route principale ce qui met un terme à notre indétermination chronique. 2 choix possibles, à droite ou à gauche. Nous démarrons dans un sens, un peu au hasard. Pour cette première journée, nous voulons d’abord apprivoiser l’île, la découvrir de manière naïve, sans chercher à savoir quoi faire.

Les intersections sont rares, mais à chacune d’elles nous nous regardons avec Seb pour savoir quel chemin nous inspire le plus. Bien souvent, nous n’avons pas la même intuition alors nous abdiquons tour à tour. Laisser l’initiative à l’autre permet de se surprendre soit même. Le bon exemple sera le village d’Huta Bolon où nous vivrons une belle rencontre éphémère comme on les aime. Seb avait repéré un petit chemin caillouteux qui montait. J’étais frileuse à l’idée de le prendre en scooter à trois. Finalement, il me rassure et nous finirons au milieu d’un minuscule village de maisons traditionnelles.

Nous nous y arrêtons, seule une femme est à l’entrée de sa maison. Elle trie des graines sur le sol. Je lui souris et prend l’initiative d’aller la voir, encouragée par la curiosité de mon fils.

Elle parvient tant bien que mal à m’expliquer que ce sont des graines de café qui sèchent au soleil. Puis elle m’invite à venir le goûter. Je m’exécute avec plaisir. Cette femme dont j’ai malheureusement oublié le prénom tient en fait la boutique et le café du village. Le breuvage arrive bouillant sur ma langue, comme à chaque fois à Sumatra, la poudre granulée vient titiller les papilles. Hélio est quant à lui plus intéressé par les multiples snacks qui font un ravage ici, nutritionnellement parlant.

Grâce à google traduction, nous arrivons à échanger un peu et son sourire s’illumine en entendant ma prononciation hasardeuse des mots en indonésien. Elle me reprend gentiment, me fait articuler de nombreuses fois le nom du village, sa sonorité résonne encore dans ma boite crânienne. D’autres femmes, intriguées par notre présence, viennent nous rejoindre. L’une d’elle parle anglais et nous permet de dire à notre hôte tout ce que nous souhaitions lui transmettre, notamment nos remerciements pour ce beau moment.

L’heure de midi approchant nous finissons par nous éclipser. Les paysages sur d’une beauté simple. Des parcelles vertes ou jaunissantes, des buffles nonchalants et quelques aigrettes se délectant dans la terre fraîchement labourée. Le reste de la journée, nous continuerons à nous arrêter, au pif, sans but autre que de provoquer quelques rencontres, ce qui se arriva.

Au cœur de la culture Batak

Au delà d’observer la vie quotidienne, la visite de l’île de Samosir nous permet de découvrir le peuple et la culture Batak. Les Bataks sont une ethnie qui représente plusieurs millions de personnes dans le nord de Sumatra. Autrefois animistes, au XXe ils deviennent protestants, une particularité marquante dans un pays essentiellement musulman.

Les Bataks se divisent en clans et la tradition exige qu’on épouse une personne d’un autre clan. Aujourd’hui les visiteurs découvrent la culture Batak en premier lieu par le prisme de son architecture bien reconnaissable. Les maisons batak sont faites en bois. Rectangulaire, le toit a une forme de selle de cheval et l’ensemble est maintenu par des grands piliers qui reposent sur des pierres plates (pour éviter l’humidité). Ce toit pointu ferait référence aux cornes des buffles. Ces maisons sont constituées d’un séjour au centre, entouré de différentes chambres. Une même maison peut accueillir plusieurs familles. L’originalité de ces maisons vient aussi du fait qu’aucun clou n’est utilisé pour leur construction. Et pourtant, cela ne les empêche pas d’avoir une longévité remarquable (jusqu’à + de 100 ans).

Le plus bel exemple de maison traditionnelle que vous pourrez voir est celui du musée Batak. A son entrée, on se sent vraiment tout petit. Les décors en bois sculptés sont riches. Nous avons pu les observer à Ambarita, un ancien village, et à Huta Siallagan, qui permet de voir d’autres maisons traditionnelles. Le village est entouré d’un mur en pierre de près de 2 mètres. En pierre également, des chaises forment un cercle au centre du village. Elles servaient à l’époque, pour partie, pour les notables (roi, reines etc..) lors de rendez-vous ou cérémonies importantes. L’autre partie, accompagnée d’une longue table en pierre servait quant à elle aux exécutions !

Pour profiter de l’éclairage sur les façades des maisons, préférez une visite en fin de journée. Des démonstrations de danses ont également lieu mais nous n’avons pas été super convaincus des performances.

Autre élément culturel que vous pourrez découvrir : les sépultures. Ici, elles forment comme des des maisons miniatures, richement ornées et colorées. Il faut dire que les Bataks prennent particulièrement soin de leurs morts et de nombreux rites funéraires perdurent. En sillonnant l’île en scooter, vous n’aurez aucun mal à en voir de nombreuses. Une très impressionnante se trouve en face de l’entrée du village de Siallagan.

Les deux autres aspects de la culture Batak que l’on peut découvrir facilement sont la musique et le tissage d’étoffe appelé Ulos. Pour les chants et les danses, il est facile d’assister à un spectacle car différents bars en proposent une fois par semaine.

Rencontres éphémères sur l’île de Samosir

Mais ce que je retiens le plus du lac Toba ce sont ces multiples scènes de vie quotidienne dans les rizières et les champs. Une mosaïque géométrique de verts illumine le sol pendant que le sommet des montagnes se pare d’un voile. La liberté du scooter nous a permis de nous immiscer dans l’intimité de ces moments. A plusieurs reprises, nous nous sommes arrêtés pour observer le paysage et les hommes qui le travaillent.

Au bout d’un chemin menant aux rives du lac, tandis que certains s’amusent sur des bananes flottantes tirées par des bateaux (sic !), nous observons un buffle mâcher tranquillement de l’herbe. Il faut se méfier de la tranquillité de ces ruminants. A côté, un couple est en train de semer des graines. En discutant, je comprends qu’il s’agit de maïs. Les mains de la femme sont rose fluo, signe de la présence de substances chimiques sur les semences. La barrière de la langue nous empêche d’aller plus loin dans l’échange. Ils restent troublés par ma curiosité, un peu timides. Je m’enhardis à leur demander de poser pour moi. C’est toujours un exercice très compliqué. Il faut les mettre à l’aise, cultiver cette ténue complicité pour conserver leur naturel. Comme de nombreux indonésiens que je croiserai durant ce voyage, ils cachent leur sourire derrière leurs lèvres quand l’appareil photo se pose sur eux. Comme si leur sourire était leur plus beau trésor, et c’est peut être le cas. Tel un pirate et armée de grimaces, j’arriverai à percer le coffre de cette femme, duquel en sortira un magnifique sourire. L’homme restera fier et ce n’est que l’appareil rangé que son sourire redevint illuminé.

La route reprend et nous continuons à avancer sur les chemins de traverses caillouteux et boueux. Parfois, par mesure de prudence, je descend avec Hélio du scooter pour que Seb manœuvre sur les passages les plus délicats. C’est en cherchant une plage que nous faisons une autre belle rencontre avec une famille. Beaucoup moins farouches que les agriculteurs, les sourires fusent de toute part. Il faut dire que nous avons un sacré point commun : un enfant. Une complicité nait autour de ces bambins qui s’apprivoisent tant bien que mal. L’une des femmes est particulièrement de bonne humeur et c’est elle qui me demande d’immortaliser ces instants. Je ne sais plus l’objet de nos fous rires mais il régnait dans ce petit coin de l’île de Samosir une bonne humeur à dérider un dépressif. Elles nous indiquent le chemin de la plage, Seb va y faire un tour en guise de repérage. Bof ! Est son verdict. Mieux vaut continuer à papoter puis aller manger dans les parages.

Un peu plus tard, nous trouvons un bout de plage dans un village. Les habitants sont étonnés de nous voir là et cette fois nous n’aurons pas la témérité d’aller discuter. A la place, nous observons le ballet des aigrettes sur le lac et des pêcheurs au loin.

Les jours suivants ce sont des étudiants et écoliers qui ont croisé notre route. Il suffit encore d’un regard et d’une pause pour provoquer l’échange. Sur la route, alors que je m’étais arrêté prendre une photo, un groupe d’écolière dans une échoppe attire mon regard. En me voyant, elles décident de venir jusqu’à nous pour nous demander un selfie ! Prises à leur propre jeu, je leur tirerai également le portrait (avec leur autorisation bien sûr).

Le dernier jour, nous voulions encore profiter des beaux paysages, nous sommes donc partis à la recherche de points de vue sympas. Nous cherchions aussi le début d’une randonnée (que l’on n’a pas vraiment trouvé). A la place, nous sommes restés ébahis devant de belles rizières encerclées par les montagnes. Nous sommes restés un moment à regarder les nuages cacher les sommets et les agriculteurs vaquer à leurs occupations. Imperturbables, ils bossaient, nous avons juste échangé quelques regards.

En fin de journée, alors que nous apprêtions à rentrer à notre hôtel, une femme nous coupe quasiment la route. Nous nous arrêtons et elle nous demande de l’aide pour ses élèves. Il s’agit en fait d’un groupe de jeunes qui est au lac Toba pour s’exercer en anglais. Ils ont pour mission d’arrêter les touristes pour taper la discut’ avec eux. Ce n’est pas la première fois que cela nous arrive mais ce groupe là, contrairement aux autres, est bien bavard. Ils nous assaillent de questions et nous faisons de même. Nous arrivons même à obtenir une petite démonstration de danse locale, ce qui fait bien rire le groupe.

Ce sont sur ces moments de partage et de rire que s’achève notre séjour sur l’île de Samosir, un endroit que nous avons beaucoup aimé, comme vous vous en doutez sûrement…

Guide pratique – visite du lac Toba et l’île de Samosir

Comment se rendre au lac Toba (Parapet et Tuk Tuk)

Transport vers le lac Toba depuis / vers Medan

Pour les infos sur les moyens de transport (bus, van, voiture) dans cette partie de Sumatra, rendez vous dans les infos pratiques de notre article sur Bukit Lawang. Vous aurez le détail des trajets entre les principaux points d’intérêt de l’île.

Transport vers l’île de Samosir (Lac Toba) depuis Parapat en ferry

Les ferrys qui relient Parapat à l’île de Samosir partent toutes les heures environ et passent dans les différents hôtels. Il suffit d’indiquer au conducteur quel est votre hébergement. Si vous n’avez pas réservé, demandez à descendre dans le centre de Tuk Tuk.

Il existe d’autres bateaux ou ferrys qui relient les autres parties de l’île plus au sud. Renseignez vous directement à Parapat pour les horaires, les trajets étant beaucoup moins fréquents.

Se déplacer sur l’île de Samosir

Voici les différents moyens de se déplacer sur l’île :

  • louer un scooter, (100 000 par jour)
  • louer un vélo (30 000 par jour)
  • tour privé en voiture possible aussi entre 400 000 et 600 000 la journée en fonction des distances
  • nous avons vu quelques minibus mais il ne semblent utilisés que par les locaux (scolaires etc…)

Où dormir sur l’île de Samosir ?

Pour des questions pratiques, nous avons choisi la ville de Tuk Tuk pour nous poser. Nous avions réservé une première nuit dans un hôtel qui ne nous a pas tellement plu, alors nous avons fait la tournée des hôtels à côté pour trouver mieux. Et il nous a juste fallu 5 min pour dénicher un bien meilleur plan.

Nous avons donc passé plusieurs nuit à Hariara Guest house. Notre chambre pour 3 (un lit double et un matelas supplémentaire pour notre fils) avec salle de bain (eau chaude) et wifi nous a coûté 250 000 roupies par nuit. Notre chambre avait une petite terrasse donnant sur le jardin avec vue sur le lac. Nous avons vu d’autres chambres de cette guesthouse et pour le prix c’était franchement très correct.

Pour le petit déjeuner, il y a avait de nombreux restaurants autour.

Renseignements et réservation

Que faire / que voir au lac Toba ?

 

L'indonésie autrement à Sumatra sur l'île de Samosir et le lac Toba
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Découvrir la culture Batak

  • Visiter le village culturel de Siallagan
  • Voir les expositions du musée Bataka
  • Flâner au village de Huta Bolon
  • Visiter Tomok, son marché et la tombe du roi sidabutar
  • Visiter le village culturel de Simanindo (maisons, marionnettes traditionnelles)
  • Tissage au Lumban suhi suhi village

Randonner sur différents sentiers et profiter des points de vues sur le lac

  • Randonnée en haut de Pusuk Buhit (5h)
  • Randonnée et point de vue à Holbung hill
  • Randonnée qui part d’Ambarita et qui va vers le geopark
  • Tour d’observation de Télé (point de vue sur la caldeira)
  • Coucher de soleil au Café panorama en allant vers Siallagan

 

Contempler les multiples cascades

  • Cascade Sipiso piso (120m)
  • Cascade Binangalom accessible en bateau – L’hôtel Caroline propose des excursions pour y aller
  • Sources d’eau chaude (Aek Rangat au pied de Pusuk Buhit) – Attention trop chaud pour s’y baigner

Farniente sur la plage et baignade

Personnellement, nous n’avons pas trouvé de belles plages. Souvent, il y avait beaucoup de déchets et beaucoup d’activités de loisirs style jet ski, banane etc.. Bref une ambiance qui ne nous intéresse pas tellement. Pour la baignade, je ne vous conseillerais pas de faire trempette au pied de votre hôtel, surtout à Tuk Tuk car il faut avoir à l’esprit que toutes les évacuations se font directement dans le lac !

Quand aller visiter le lac Toba, à quelle saison ?

Le climat du lac Toba est globalement humide toute l’année. C’est une région tropicale, cela n’a donc rien d’étonnant. Pour autant, s’il y a beaucoup de précipitations, cela ne veut pas dire que vous aurez de la pluie toute la journée. En réalité il pleut souvent en fin de journée et la nuit.

Les mois les plus favorables sont entre avril et octobre. Quant à la fréquentation touristique, elle est surtout importante les week end et pendant les vacances locales. Mais ce ne sera jamais une affluence très importante, Sumatra reste peu touristique.

Où trouver de l’argent au lac Toba ?

Vous trouverez plusieurs distributeurs de billets automatiques à Parapet et à Tuk Tuk. Il n’y aura donc pas de risque de pénurie d’argent liquide. Par contre prévoyez des réserves si vous résidez dans d’autres partie de l’île de Samosir, car il n’y a à notre connaissance pas d’ATM en dehors de ces deux villes.

Envie de poursuivre la lecture ? Vous préparez un voyage ? Retrouvez tous nos articles sur Sumatra et l’Indonésie

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