Laponie, trois syllabes qui me faisaient rêver depuis un moment. Comme je suis une grande frileuse, j’ai souvent remis à plus tard ce projet. Le froid me fascine, mais je le redoute. Avant le départ en Laponie suédoise, j’avais donc préparé le grand arsenal pour les températures les plus extrêmes. Je pense que c’était bien comique de me voir m’agiter dans les préparatifs de cette grande expédition en chien de traineau !

Une courte introduction vidéo pour se mettre dans l’ambiance

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Pour cette première expérience en Laponie, nous sommes invités par Flarken adventure qui propose différents types de séjours en hiver et en été. Nous allons tester celui qui conjugue à la fois la pratique du chien de traineau et différentes activités (ski altaï, équitation, pêche blanche…).

Arrivant par le train de nuit, nous avons un peu d’avance sur le reste du groupe (nous serons 6 au total). Nous en profitons pour faire un tour du chenil accompagnés de Roxanne. Ce qui nous frappe assez rapidement, c’est la différence de caractère des différents chiens. Certains sont très sociables, d’autres plus distants, certains sont calmes et d’autres survoltés. Roxanne connait toutes leurs habitudes et leur singularité. On sent tout de suite qu’il y a une réelle bienveillance et un amour pour ces toutous.

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Départ des traîneaux

Nous observons un groupe partir avec les chiens, il y a une belle effervescence dans le chenil. Les chiens sont tout excités à l’idée de partir et nous aussi. En attendant, nous allons faire un petit tour en ski dans les environs et nous découvrons notre maison pour cette semaine en Laponie suédoise.

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Coucher de soleil en Laponie

J1 : S’initier au chien de traineau en Laponie suédoise

Un démarrage sur les chapeaux de roues

Durant cette semaine, nous serons accompagnés de Fred, guide et musher pour Flarken Adventure, Vincent (ladder), ainsi que de 4 participantes. Nous faisons leur connaissance au diner et au petit déjeuner pour les dernières arrivées. Tout de suite, le feeling passe bien, les mêmes attentes, les mêmes envies sont partagées. Un mélange d’excitation et d’appréhension gagne le groupe à mesure que nous approchons du chenil.

Aujourd’hui c’est le grand jour, celui de l’initiation au chien de traineau. Si nous avions déjà testé le chien de traineau en tant que passager à Orcières Merlette dans les Hautes Alpes, sa conduite nous est totalement inconnue. N’étant pas particulièrement douée pour le pilotage d’engin en tout genre, je stresse un peu d’être le boulet du groupe. Fred, durant la phase d’explication, note mon état d’esprit et s’en amuse gentiment. J’écoute assidument les consignes en prenant bien soin de poser des questions sur les pires situations qui pourraient arriver (la fille super optimiste !).

Le contact avec mes chiens (Zico, Doug, Spoon et Blake) m’apaise et me rassure. Faire du chien de traineau est aussi une question de confiance et de communication avec les chiens. Je les sens détendus, légèrement timides mais prêts à courir. Le moment du départ est un grand bazar nous prévient Fred. Il ne faut pas traîner pour atteler les chiens et partir. En effet, c’est assez fou à observer, mais les chiens sont survoltés et tellement impatients de partir que nous avons droit à un concert tonitruant d’aboiements. Certains sautent dans tous les sens, d’autres se dandinent.

« Une fois attachés au traineau, si vous ne voulez pas que les chiens partent sans vous, cramponnez vous et mettez vos deux pieds fermement sur le frein principal ! » me prévient Fred. Je m’exécute. De tout mon poids, je maintiens le frein. Mes chiens tirent, je ressens quelques à coups qui me confirment que le démarrage se fera sur les chapeaux de roues.

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Glisser sur un lac gelé en Laponie

Je suis en avant dernière position. J’ai tout le temps de voir les premiers partir, les autres mushers qui aident au départ m’invitent à garder mes pieds sur le frein et de brider un peu les chiens pour ne pas me retrouver par terre au premier virage.

Une histoire de confiance et de communication

A la première seconde, j’aime la sensation de glisse qu’offre le traîneau emmené par ces magnifiques chiens. J’observe leurs mouvements gracieux et puissants. Je me sens reconnaissante de l’expérience qu’ils vont me faire vivre.

Durant 35 km, j’apprends à connaître Zico, Doug, Blake et Spoon et leurs réactions. Peu à peu, je peux anticiper leurs comportements. Blake et Zico, en tête, veulent souvent dépasser mon voisin de devant. Je dois donc freiner légèrement pour maintenir une distance de sécurité. Lors des petits arrêts, je comprends vite qu’il faut que je reste bien accrochée au frein car ils n’ont qu’une idée en tête… Repartir.

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Les chiens plongent leurs museaux dans la neige pour réguler leur température

D’ailleurs pendant notre pause déjeuner sur les rives d’un lac gelé, il nous est conseillé de ne pas s’approcher des chiens car ils penseraient alors que c’est l’heure de repartir et ce serait de nouveau la cohue. Nous gardons donc nos distances pour qu’ils puissent se reposer. De notre côté, nous expérimentons avec plaisir le déjeuner au coin du feu avec vue !

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Notre cabane pour le déjeuner

Assez vite, je me sens vraiment à l’aise et toutes mes appréhensions s’envolent. Il ne me reste qu’à profiter du paysage magnifique qui défile sous mes yeux.

Le soir, en compagnie de Fred, Maria, Laurence, Sophie et Élodie, nous refaisons la journée. Nous rions des péripéties des uns et des autres et des frivolités de certains chiens un peu coquins. Impatients de les retrouver quelques temps plus tard pour un raid de 3 jours au cœur de la Laponie suédoise.

J2 : glisser et Flotter sur la neige en Laponie suédoise

Découvrir la forêt en ski altaï

Après un petit déjeuner convivial à la maison où nous logeons avec les autres participantes, nous partons non loin de là pour tester deux nouvelles activités. Nous allons parcourir ces contrées enneigées de Laponie suédoise grâce à deux moyens : le ski altaï et le cheval.

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Ski Altaï au lever du soleil en Laponie

Le jour de notre arrivée, en attendant le reste du groupe, nous avions déjà pu chausser des ski altaï pour prendre nos marques. Il s’agit de skis courts et assez larges qui permettent d’aller partout sans s’enfoncer dans la neige. La prise en main (ou pieds) est assez facile à plat. Pour les descentes, il faut connaître la technique. Si vous tentez le chasse neige, c’est la gamelle assurée. Une petite pente aura raison de Fred, Seb et moi ce qui provoqua un fou rire général. La poudreuse est un matelas moelleux pour nos chutes maladroites. Cette balade au cœur de la forêt nous fait un bien fou. Une lumière mordorée se fraye un chemin entre les bouleaux et les épicéas. Le lever de soleil s’étire inlassablement.

Nous revenons à la ferme de Floriane heureux et affamés. Cela tombe bien car une délicieuse soupe chauffe au dessus d’un feu crépitant. Nous savourons chaque lampée et nous nous resservons volontiers. Nous aurons maintes fois l’occasion de manger au coin du feu en extérieur et à chaque fois ce fût un plaisir.

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Repas au coin du feu en Laponie suédoise

Renouer avec l’équitation en Laponie

Je profite de la pause pour aller voir les chevaux avant notre balade. Depuis mon accident à cheval il y a quelques mois à la Dominique je ne suis pas remontée. J’ai une légère appréhension. J’ai peur de me dégonfler à la dernière minute. Ce sont des chevaux islandais et leur petite taille me rassure. En m’approchant, je constate aussi qu’ils sont très tranquilles et sereins.

Floriane, par sa douceur et sa bienveillance, m’aide à aborder paisiblement cette balade. Quel bonheur de pouvoir de nouveau monter et avoir cette connexion singulière avec un cheval. Ce qui est nouveau pour moi, c’est de me promener à cheval dans la neige. Les sensations sont différentes. A certains moments c’est comme si on flottait. La neige s’envole sous les pas des chevaux, la poésie est totale.

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Bien rassurée, j’ose même quelques instants de tölt, cette allure spécifique des chevaux islandais. Une belle découverte et une allure qui me semble beaucoup plus agréable et fluide que le trot. En chemin, Floriane nous raconte son parcours, sa passion des chevaux et du grand nord qui l’a mené de l’Islande à la Laponie suédoise.

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Après ces efforts, il est temps de tester un monument de la culture suédoise : le sauna ! Un rituel que nous prendrons vite l’habitude d’avoir chaque soir. Un moment propice pour se remémorer la journée et échanger nos impressions avec les autres personnes du groupe.

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Le soir, nous aurions pu être tenté de rejoindre nos couettes bien chaudes mais une alerte est arrivée sur notre téléphone portable. Il y a peut être une chance d’observer une aurore boréale. Nous décidons donc de tenter le coup et nous repartons dans les alentours de la maison. Nous distinguons vaguement quelque chose dans le ciel, comme un voile plus clair. C’est l’appareil photo qui dévoilera cette aurore. Elle était certes toute petite mais c’était une première pour nous alors forcément elle a quelque chose de spéciale.

aurore boréale laponie suedoise

J3 : Découvrir la culture Sami et l’élevage des rennes

Samis et rennes, une histoire liée

La région de la Laponie qui s’étend au nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et de la Russie est intimement liée aux Samis, son peuple autochtone qui était autrefois nomade. D’ailleurs j’apprends à l’instant sur Wikipédia que le terme de Laponie provient du terme étranger et péjoratif « Lapon » qui signifie « porteurs de haillons » et désignent les samis (ou sames)… Autant vous dire qu’il ne vaut mieux pas appeler un sami lapon !

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Aujourd’hui, c’est Bjorn, sami, qui va nous donner son propre regard sur son peuple et ses traditions. Il est éleveur de rennes comme l’étaient majoritairement les samis autrefois. Le destin des samis et des rennes reste encore étroitement lié. Bjorn nous accueille chez lui, dans sa ferme de rennes. L’élevage de rennes est singulier et ne ressemble pas à nos élevages de vaches ou moutons. Si les rennes sont considérés comme sauvages car ils se baladent en liberté sur le territoire, chacun d’eux appartient à une famille sami. Ils se distinguent par des entailles aux oreilles, différentes et propres à chaque famille.

En Norvège et en Suède, l’élevage des rennes est exclusivement réservé aux sames. Ils sont actuellement 10% à exercer cette activité. Bjorn garde près de sa maison quelques rennes « de compagnie » qui permettent aussi aux visiteurs d’approcher ces animaux emblématiques de la Laponie.

Une vie au rythme de la nature, entre tradition et modernité

La vie de Bjorn est rythmée par le cycle de vie des rennes. Laissés en liberté l’été, ils sont parqués en automne pour être comptés. Les petits sont marqués et les sames leurs donnent de l’alimentation supplémentaire pour les aider à grandir correctement. Les rennes vivent difficilement le réchauffement climatique. Les périodes de redoux forment des couches de glace dure sur le lichen devenant alors inaccessible à la consommation. C’est pour cette raison que les sames apportent de plus en plus d’alimentation d’appoint aux rennes à certains moments.

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La conversation se poursuit dans le salon de Bjorn où nous attend un copieux déjeuner. Dans la voix de Bjorn, il y a beaucoup de nostalgie. Il aurait aimé poursuivre l’élevage de rennes selon les modalités traditionnelles, mais le tumulte moderne, les nécessités financières en ont décidé autrement.

Aujourd’hui c’est à motoneige que l’on surveille les rennes et c’est en camion qu’ils sont amenés sur la côte l’hiver. Malgré ces changements, Bjorn ne conçoit pas l’élevage des rennes comme un simple travail, il entretient avec les rennes une relation singulière. Il n’est pas question de profit mais de générer suffisamment de revenus pour maintenir son mode de vie actuel. J’ai tellement été happé par la beauté des rennes et les paroles de Bjorn que j’en ai oublié de lui tirer le portrait.

J4 : Tomber sous le charme d’une île déserte de Laponie suédoise

J’attendais cette quatrième journée avec impatience. Mon âme d’enfant était impatiente de jouer à robinson crusoé en mode Laponie. Aujourd’hui nous allons rejoindre de charmantes cabanes nichées sur une île déserte. Seules différences avec Robinson Crusoé, les épicéas ont remplacé les palmiers et la mer est un lac gelé.

Traversée d’un lac gelé en ski altaï

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C’est à ski altaï, dans les dernières lueurs du jour que nous traversons le lac gelé. C’est peut être bête mais cela m’impressionne un peu. Je visualise sous la couche épaisse de glace, les eaux endormies du lac et les poissons emprisonnés. L’éclat de nos frontales perce la pénombre et ajoute beaucoup de mystère à l’instant. Le silence est à peine perturbé par la caresse de nos skis sur la neige.

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Un peu plus loin, des silhouettes élancées indiquent la présence d’un îlot boisé, notre refuge pour la nuit. Là, 4 cabanes en bois nous attendent. Nous nous empressons de les visiter et le charme opère tout de suite. Pour fêter cette arrivée, Fred a préparé un gouter au feu de bois en réchauffant des roulés à la cannelle, une spécialité suédoise. Les flammes réchauffent les corps et enveloppe ce petit village d’une lumière dorée. Ne reste plus qu’à percer la glace pour puiser de l’eau, couper du bois, allumer nos poêles et profiter de ces moments à la fois simples et merveilleux. Ce soir là, pour rien au monde je n’aurai échangé ma place pour un hôtel luxueux.

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Le lendemain, la magie se poursuit. Il a neigé pendant la nuit et quelques flocons continuent de danser dans les airs. L’air frais qui s’engouffre dans mes poumons est vivifiant. Je n’aurai jamais pensé aimer le froid de cette manière. Chacun d’entre nous semble se sentir bien ici, chacune de nos actions semble se dérouler au ralenti comme pour retarder le moment où il faudra repartir.

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Sur le trajet du retour, le ciel couvert nous offre un paysage immense en noir et blanc. Les formes du lac se dévoilent alors qu’hier elles n’étaient que le fruit de notre imagination. Je ne peux m’empêcher de regarder en arrière. Chaque enjambée nourrit un peu plus ma nostalgie.

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Pêcher les poissons ou les nuages ?

Un peu plus tard dans la matinée, c’est un autre lac gelé que nous retrouvons. Celui-ci se situe non loin des locaux de Flarken adventure, nous nous frayons un chemin en ski pour le trouver.

Une activité insolite nous y attend, la pêche sous glace.

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Dans un premier temps, il faut percer la glace avec une tarière. Mes pauvres biscotos abdiquent au profit de muscles plus expérimentés de mes camarades. J’ai toujours le prétexte de prendre des photos, malin non ? Ensuite, munie d’une toute petite canne à pêche, la patience est de mise surtout quand on a aucune expérience. Fred, le guide et pêcheur passionné n’attendra pas longtemps avant de faire plusieurs prises.

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Seb et moi n’auront pas beaucoup de patience. Le ciel distrait rapidement notre attention. Des nuages de nacre sont en train de se former. C’est un phénomène rare qui se produit sous nos yeux. Malgré la beauté de ces couleurs, ces nuages n’augurent rien de bon puisqu’ils augmentent le trou dans la couche d’ozone. De plus en plus fréquents, ils seraient liés au réchauffement climatique.

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Le soleil se couche au moment où nous nous apprêtons à déjeuner sous un tipi, drôle de sensation. Le soleil passe sous l’horizon vers 15h à cette période de l’année

Ensuite, c’est une deuxième journée qui commence avec un retour en raquette dans le noir et un sauna brûlant. Je commence à m’y faire à cette douce routine.

J5-J6 : Raid de 80 km en chien de traineau en Laponie suédoise

Après ces deux jours tranquilles, vient enfin l’heure de la grande aventure ! Celle de parcourir 80 km à travers la Laponie en chien de traîneau. Durant ces deux jours, notre équipe se composera de 7 traîneaux, 8 humains et 30 chiens.

Aventure entre forêts et marais

Le départ est moins chaotique que lors de la journée d’initiation. En revanche, l’excitation est encore bien palpable. Nous sommes tous heureux de retrouver nos chiens. Plus à l’aise, nous pouvons encore plus profiter du paysage et des nuances pastels de la lumière. Il faut dire que nous sommes particulièrement chanceux avec la météo. Il y a de la bonne neige, un ciel dégagé et des températures douces (-10° environ).

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Ce parcours sillonnant la Laponie suédoise est varié. Il oscille entre des chemins étroits dans les forêts d’épicéas, les vastes marais dénudés et les étendues infinies des lacs gelés. Pour les pauses, Fred sait nous dénicher les meilleurs endroits. Le premier jour, il nous surprend en s’arrêtant au milieu des bouleaux. Nous pensons que le déjeuner du jour sera froid mais c’était sans compter sur son ingéniosité. Quelques instants plus tard, un trou est creusé, les buches disposées et un feu réconfortant brûle, permettant ainsi de saisir des galettes à base de farine de pomme de terre. Manger au coin du feu fût à chaque fois un plaisir renouvelé lors de ce séjour.

Les kilomètres défilent et déjà le soleil paresseux se couche langoureusement. Plus la lumière décline et plus la sensation d’aventure est décuplée. A cet instant, la confiance accordée aux chiens est primordiale car notre visibilité est réduite. Je m’offre une petite frayeur car durant quelques minutes, n’ayant pas allumé ma frontale, et ayant été distancée, j’ai la sensation qu’on m’a semé ou que le chien a bifurqué au mauvais endroit. Je suis rassurée quand j’aperçois plus loin la faible lueur de mes camarades.

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Perpétuel émerveillement et doux réveil

Le lieu où nous nous posons pour la nuit est enchanteur. Une cabane au bord d’un lac gelé accueille un dortoir douillet réchauffé par une cheminée crépitante. Ici, il y a même un cabanon pour manger au coin du feu en étant abrité du vent et un sauna !!! Galvanisée par la journée, je testerais même une coutume suédoise, celle de se rouler dans la neige après le sauna. Je ne pourrais pas dire que c’est agréable, mais c’est tonifiant ! Et je ne voudrais pas dénoncer les autres mais j’ai été la seule courageuse à le faire !

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Enveloppés dans nos duvets bien chauds, la nuit fut douce. Le lendemain, je suis réveillée peu avant l’aurore. J’hésite un peu à m’extirper de mon cocon moelleux mais les couleurs sont trop belles pour ne pas les immortaliser. J’enfile doucement mes affaires pour ne réveiller personne et je prends la poudre d’escampette. Seule sur le lac, une sensation de sérénité m’envahie. Ce genre d’émotion que seule la nature peut me procurer. Yukon, un des chiens de Fred me taquine en tournant autour de moi dans la neige. Je resterais longtemps à contempler les variations de lumières sans me soucier du temps.

Vient le moment du petit déjeuner pour les chiens. Ils ont besoin de manger 1h30 avant de partir afin d’avoir le temps de digérer. Je câline mes chiens au passage, j’ai vraiment de la gratitude envers eux. Sans eux, cette aventure ne serait pas possible et n’aurait pas la même magie. De nouveau, ils s’agitent, pressés de reprendre la route.

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Je savoure chaque instant de cette dernière journée, je veux capter tous les détails, les sensations, le silence. Figer le temps m’est impossible mais je peux emprisonner durablement ces merveilleux souvenirs.

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Informations pratiques : préparer son voyage en Laponie suédoise

Comment se rendre en Laponie suédoise ?

Il y a plusieurs sites en Laponie suédoise où il est possible de séjourner. Il existe un réseau de vols internes qui permettent de relier la capitale à ces différents spots. Personnellement, nous avons opté pour le train de nuit afin de rejoindre Stockholm à la gare de Jörn. Sinon, nous aurions pu prendre un avion jusqu’a Skelleftea.

Comment s’équiper et se protéger du froid en Laponie ?

C’est bien entendu souvent la première question que l’on se pose. Finalement ce n’est pas si complexe que ça mais il faut respecter des règles essentielles :

  • Opter pour le système des 3 couches (un tee-shirt sous vêtement thermique, une polaire fine, une polaire plus épaisse pour le haut – un collant thermique et un pantalon de ski pour le bas )
  • Bannir le coton et les autres matières qui n’évacuent pas la transpiration. L’humidité est l’ennemi majeur !
  • Bien se couvrir les extrémités. Pour les pieds, ne pas lésiner sur de bonnes paires de chaussettes adaptées. Pour les mains, préférer les moufles (il ne faut pas qu’elles soient trop serrées). Vous pouvez aussi prendre des gants de soie en plus mais attention à ne pas les mouiller avant de les remettre dans les moufles sinon vous perdez le bénéfice. Pour la tête, un bonnet bien chaud ou une chapka (privilégier le confort et la chaleur au style !)
  • Avoir une paire de chaussures adaptée. Il faut vraiment des bottes spéciales anti-froid, bien isolantes et dont l’intérieur peut se sécher facilement. Si vous partez avec une agence, vérifiez qu’elle puisse vous en prêter.
  • Se munir d’une parka grand froid imperméable et respirante. Idem ce vêtement peut vous être prêté si vous faites appel à une agence sur place. Un manteau de ski peut faire aussi l’affaire mais ne sera peut être pas suffisant pour certaines températures ou activités.
  • Prévoyez des vêtements de rechange. Si vos vêtements sont humides ou mouillés, il faut se changer sinon vous aurez froid quelques soient les couches que vous aurez sur vous.
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Voyager en Laponie en hiver : en indépendant ou avec une agence ?

Voyager en indépendant en Laponie : possible selon les endroits

La Laponie se situe sur plusieurs pays (Norvège, Suède, Finlande et Russie). Il y a donc de multiples points d’entrée pour démarrer un voyage. Si vous allez dans des lieux très touristiques, vous trouverez toutes les activités sur place, il est donc possible de partir en indépendant. Cependant vous prenez le risque de voir des activités complètes en arrivant si vous n’avez pas réservé. Il vous faudra peut être aussi dans certains cas louer une voiture et conduire sur des routes enneigées ainsi qu’avoir votre propre matériel.

Enfin, il faut avoir conscience que vous partagerez les expériences avec beaucoup de monde, la sensation de grands espaces vierges est bien moins évidentes dans ce cas. Aussi, beaucoup de ces activités peuvent se faire à la chaine, sur de courtes durée…

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Les avantages de passer par une agence locale en laponie suédoise

Personnellement, nous avons voulu découvrir la Laponie dans une zone peu touristique pour vraiment nous sentir seuls au cœur de la nature. Et nous ne regrettons absolument pas ce choix. Avoir une neige complètement vierge (hormis les traces des animaux), profiter du silence d’un paysage désert, cela faisait partie selon moi de l’expérience inoubliable d’un voyage en Laponie.

Dans ces lieux moins touristiques comme à Flarken, il est essentiel de passer par une agence locale qui va tout organiser pour vous. Les avantages sont nombreux.

Tout d’abord, l’agence peut vous prêter du matériel adapté pour vous protéger du froid ce qui évite d’investir dans des vêtements que l’on ne portera pas souvent et d’être bien équipé.

Ensuite, les agences ont leurs propres coins secrets, leurs hébergements atypiques qui ne sont pas accessibles autrement. Par exemple, Flarken adventure avec qui nous sommes partis proposent des cabanes insolites, un bus à la Into The wild dans des cadres idylliques (je ne me suis pas remise de cette cabane sur une île au centre d’un lac gelé).

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Tout au long de notre séjour avec Flarken adventure, nous avons constaté toute la logistique nécessaire pour voyager en Laponie et faire de multiples activités. Nous avons vraiment apprécié de ne pas nous en soucier et de n’avoir qu’à savourer chaque instant. Quand on a peu de temps, cela permet réellement d’optimiser son voyage.

Notre expérience avec Flarken adventure

Si vous optez pour un voyage organisé, prenez bien le temps de choisir l’agence qui correspond à votre philosophie de voyage. En échangeant avec Flarken adventure nous avons tout de suite perçu que nos philosophies collaient tant sur la question du respect des chiens que sur celle du lien avec la nature.

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Nous avons aussi beaucoup apprécié l’équilibre entre aventure et confort que Flarken propose. Même si nous avons parfois dormi dans une cabane, mangé au coin du feu, partagé une maison ou utilisé des toilettes sèches, je n’ai jamais ressenti le manque de confort ou d’intimité. J’ai conscience que cela ne conviendra pas nécessairement à tout le monde. Pour certains, cela nécessite de sortir un peu de leur zone de confort, mais je pense que ces expériences valent largement la peine. Le luxe n’est pas toujours où l’on croit. Une mention spéciale pour la possibilité de faire un sauna quasi chaque soir tout en sirotant une bière fraîche !

Chose importante également, nous nous sommes régalés tous les jours. L’équipe de Flarken a composé des menus variés, délicieux et généreux pour notre séjour. On a beaucoup aimé de pouvoir manger chaud à chaque repas, les déjeuners au coin du feu vont me manquer !

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A tous ces points positifs s’ajoutent aussi la bienveillance, la bonne humeur et le dynamisme de toute l’équipe. La passion de ces grands espaces et des chiens animent chacun d’entre eux et cela fait réellement la différence !

Bref, vous l’aurez compris, nous vous recommandons à 100 % cette agence. Nous ne les remercieront jamais assez pour leur invitation. Nous avons vécu un voyage de rêve et ce n’est pas nos 4 camarades de voyage qui nous contrediront.

Toutes les informations sur Flarken adventure et coordonnées

Quid des aurores boréales en Laponie suédoise ?

C’est souvent un attrait majeur des voyageurs dans cette partie du globe. Oui, il est possible de voir des aurores boréales en Laponie suédoise, en hiver. C’est possible à Flarken où nous étions. Mais ce n’est pas systématique.

En principe, plus on se rapproche du nord, plus les chances de voir des aurores boréales sont fortes. Sauf que plus on va au nord de la Laponie, moins la météo est favorable, car plus souvent nuageuse…

Bref, Il faut avoir un peu de chance et rester à l’affut. Nous avons pu en voir plusieurs, bien que d’assez faible intensité.

Il existe des applications ou sites qui indiquent les probabilités de voir une aurore boréale, grâce à un indice nommé KP. Il mesure plusieurs facteurs, disons que grosso modo cela indique la force des vents solaires responsables des aurores.

L’appli que j’utilisais conjuguais indice KP et couverture nuageuse, donnant des prévisions assez fiables. Je recevais des alertes quand les probabilités étaient fortes. Mais cela ne doit pas empêcher de sortir même avec un indice KP faible, ne serait-ce que pour admirer la voute étoilée…

En ce qui concerne le lieu, qu’on soit en Laponie suédoise, finlandaise ou norvégienne, ça ne change pas grand chose… L’indice KP et la couverture nuageuse sont les deux facteurs clés et ils fluctuent en permanence. Aussi, il vaut mieux être loin des villes pour la pollution lumineuse et dans des nuits sans lune.

A Flarken, ils voient en moyenne deux grosses aurores boréales par mois, et des petites quasiment chaque semaine.

aurore boréale laponie suedoise

La météo en Laponie suédoise, on en parle ?

Le froid est un sujet de préoccupation majeure en hiver quand il s’agit de voyager en Laponie suédoise. Nous ne connaissons pas ces conditions extrêmes et cela provoque naturellement de l’appréhension. Les température en hiver en Laponie suédoise dépendent de où vous vous situez. Entre le sud et le nord de la Laponie, il y a plusieurs centaines de km, des zones dans les terres, en bord de mer, en plaine, en montagne… Bref, c’est très variable.

Pour prendre l’exemple que nous avons vécu, dans la région autour de Flarken, les températures varient en hiver de +5° à -40°C, ça laisse de la marge… Mais disons qu’on se situe habituellement autour de -20°C.

C’est froid, mais bien équipé et surtout en étant actif, c’est très loin d’être insurmontable. Vous le croirez ou non, mais nous avons eu plus froid dans le Sahara la nuit qu’en Laponie.

Si nous avons eu beau temps toute la semaine, avec même un beau soleil très présent, il y a parfois des semaines où le temps est couvert et neigeux… Impossible de savoir plus d’une semaine à l’avance !

Autre point important, le soleil se lève tard et se couche tôt. Mais l’avantage vers Flarken, c’est qu’on est pas trop haut. Du coup on a quand même pas mal de temps lumineux. De 9h à 15h30 pour nous fin janvier. Avec un soleil toujours bas sur l’horizon donnant des lumières dorées sublimes. Un coucher de soleil permanent, véritable régal pour les yeux.

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