Restés plus longtemps que prévus à Siquijor, nous avons tout de même fini par décider de la poursuite de notre itinéraire aux Philippines. Voulant tout d’abord rejoindre Negros, nous avons finalement jeté notre dévolu pour un petit crochet à MoalBoal avant de rejoindre l’île de Palawan.

Des prémices chaotiques, une journée de transport pleine de rebondissement

Un typhon c’est plus fort que toi

Notre billet d’avion réservé, nous avions donc un impératif de dates et peu de jour devant nous.

Et je dirais même encore moins de temps que prévu car aux Philippines ce n’est pas vous qui décidez tout le temps de votre planning. La météo, capricieuse, peut se jouer de vous très rapidement.

Une alerte typhon annule immédiatement tous les ferrys par souci de sécurité. C’est ce qui nous est arrivé le jour où nous avions décidé de quitter Siquijor. Nous avons donc décidé de reporter notre départ au lendemain en scrutant la météo toute le journée et en croisant les doigts. Pas de chance pour nous car nous avions déjà un planning ultra serré à Moalboal et nous perdons au passage une nuit que nous avions déjà réservé la-bas.

Nous arrivons à la première heure au port, environ 6h30 – 7h, pour avoir la chance d’obtenir un ticket pour le bateau de 10h. En arrivant nous comprenons que ce ne sera pas nécessairement une partie de plaisir, une énorme file d’attente est déjà bien implantée. Nous décidons tout de même d’attendre. On patiente d’abord tranquillement puis l’heure du bateau avançant nous devenons de plus en plus septique sur la possibilité d’embarquer. D’autant plus que le guichet n’ouvre toujours pas et une fois en service, la file ne semble pas bouger d’un iota. Nous avançons finalement très lentement et je décide de faire une pause dans la cafétéria attenante au guichet. C’est là, en papotant avec ma voisine de table que j’apprends que le bateau que nous souhaitons prendre est déjà complet depuis un moment et que les gens devant nous attendent pour avoir des billets pour celui d’après à 14h !!! Je déchante immédiatement car nous attendons alors depuis déjà 3h et la perspective d’ajouter 4h au compteur de n’emballe pas.

Elle m’indique qu’il y a une autre compagnie qui a des disponibilités pour un bateau express à 14h et que j’aurai plus de chance d’obtenir des billets car la file d’attente est quasi inexistante. Seb et moi hésitons mais notre impatience a pris le dessus. En 5 minutes j’accède à ces précieux sésames. Il nous reste la question de « Que faisons nous pendant 4 heures au port avec nos valises, notre gamin, la foule, la chaleur et la poussière ? ». Ce fût vite réglé, nous repartons pour notre hôtel et nous leur demandons l’asile pour ce temps d’attente. Ils ont l’habitude et c’est donc à la piscine qui nous patienterons tranquillement !

La course contre la montre commence

Le voyage de Siquijor à Moalboal ne fait que commencer car il nous faudra après ce bateau, prendre un tricycle pour rejoindre l’autre embarcadère et atteindre notre deuxième ferry. Pour celui ci une immense file d’attente nous attend également, on commence à se demander vu l’heure si nous allons réellement parvenir à MoalBoal ce soir. Mais cette fois ci, elle avance rapidement et les bateaux sont fréquents. Encore un tricycle, cette fois ci pour atteindre la gare routière et chopper un bus pour Moalboal. Nous sommes debout depuis 6h, il doit être 17h et nous roulons à tombeau ouvert dans un bus sans clim, toutes fenêtres ouvertes. Sur les rotules, nous ne rêvons que de notre arrivée à Moalboal. Les 2 ou 3 heures de bus sont interminables mais nous arrivons enfin. Je regarde mon fils, avec ce sentiment de culpabilité de lui avoir fait endurer une journée pénible. Je lui dit « oh c’était long aujourd’hui, t’es pas trop fatigué », il me répond « c’était une journée rigolote maman ! ». Le bougre, c’est un bourlingueur ce lémurien.

Mais pourquoi aller à Moalboal ? Le sardine run

Mais au fait, pourquoi on se tape cet itinéraire pénible pour seulement une journée (au lieu de 3 prévus au départ) !!! Pour des clopinettes, non ! Pour des sardines !!!! Pas une, ni deux, ni une centaine mais un million (il faut bien ça quand même). On appelle cela, le sardine run. Il y a peu d’endroits sur la planète où l’on peut observer ce phénomène. Un des autres spots reconnus pour cela se situe en Afrique du sud.

La ville de Moalboal au-delà d’être réputé comme une ville très économique pour s’initier à la plongée a la particularité d’accueillir des immenses bancs de sardines facilement observables en snorkeling.

Par chance notre hébergement n’est qu’à 5 min de la plage où l’on peut observer ce phénomène. Dès le matin, nous enfilons notre masque de snorkeling, pour vérifier de nos yeux si cette journée de transport en valait la peine.

Il ne faut nager que quelques minutes depuis le bord pour voir les bancs de sardines. J’ai du mal à croire qu’il puisse y avoir là, si près, autant de sardines, un million même. Et pourtant, à peine me suis je écartée de la rive que le spectacle magique opère. La quantité de sardines est impressionnante, au-delà de ce que mon imagination aurait pu imaginer. Elles sont reliées ensemble par un instinct de protection et de survie. Elles forment comme les cellules d’un individu qui se meut selon son environnement.

A chacun de mes gestes c’est donc un amas rapide qui se déplace, elles se séparent creusant parfois des tunnels, des vagues et d’autres formes invraisemblables. La rapidité de leurs réflexes et de leur synchronisation est bluffante. Elles ont raison de ce méfier car les thons connaissent bien le spot et viennent ici pour les traquer. Sébastien aura la chance de voir leurs stratagèmes de chasse.

Leur peau lisse accroche parfois le soleil et ce sont des reflets lumineux et irisés qui clignotent alors dans l’eau. Le spectacle n’en ait que plus beau. J’ai eu un mal fou à quitter ce spot invraisemblable.

L’expérience est vraiment magique et grisante. Si vous avez l’occasion de passer par là ou de faire un crochet je pense que c’est quelque chose d’assez unique à vivre. Curieuse et à l’âme scientifique, j’aurai aimé connaître la raison de la présence de ce banc de sardines. Malheureusement malgré mes recherches, je n’ai trouvé aucune explication. Sachez que ces sardines sont protégées, la pêche aux filets y est interdite. Seuls les pêcheurs locaux ont le droit d’en prélever quelques unes pour leur consommation personnelle à l’aide de petites lignes. Vous en verrez surement quelques uns lors de votre visite.

Bien sûr même si nous n’avons pas pu découvrir les autres merveilles de Moalboal nous ne serions que vous conseiller d’y rester plus longtemps que nous pour prendre le temps.

Informations pratiques : préparer sa visite de Moalboal

Transports depuis / vers Moalboal

Se rendre à Moalboal depuis la ville de Cebu :

Des bus fréquents relient les deux villes. Il faut compter environ 3h pour arriver jusqu’au terminal de bus. Vous avez le choix entre des bus avec ou sans climatisation. Le trajet coute 115 pesos par personne.

Se rendre à Moalboal depuis l’île de Siquijor :

Voici le petit périple

  • Prendre un bateau de la ville de Siquijor ou Larena (sur l’île de Siquijor) jusqu’à Dumaguete (sur l’île de Negros) – 1 à 2h en fonction du bateau – Tarif entre 100 et 150 pesos par personne.
  • Une fois au port de Dumaguete, il faut rejoindre le port de Sibulan situé à quelques kilomètres. Pour cela prenez un tricycle, nous avons payé 100 pesos pour nous trois et nos bagages.
  • Au port de Sibulan, prenez un ferry jusqu’à Illio (sur l’île de Cébu) – Le trajet dure environ 30 min et coûte 52 pesos par personne. Il y en a environ toutes les heures.
  • Au port d’Illio, prenez un tricyle et demandez le terminal pour prendre un bus vers Moalboal ou Cebu. Nous avons payé 130 pesos pour nous trois et nos bagages.
  • Au terminal, il y a des bus fréquents qui partent en direction de Cebu ou Moalboal. Vérifier bien que celui que vous prenez s’arrête à Moalboal. Je ne suis pas sûre qu’il y ait des horaires ou si les bus partent une fois qu’ils sont assez remplis. Certains bus sont climatisés et d’autres non. Le trajet en non climatisé coûte 77 pesos par personne et dure environ 3h. Comptez environ 6h pour aller jusqu’à Cebu.
  • Ensuite arrivés au coeur de Moalboal, il ne vous restera plus qu’à prendre un tricycle jusqu’à votre hébergement. La plupart sont situés à quelques kilomètres de là près de la fameuse plage !

Quand aller à Moalboal ? Quelle est la meilleure saison ?

Les sardines sont présentes toute l’année mais pour avoir la chance d’avoir les meilleures conditions météo de votre côté mieux vaut privilégier la période de novembre à Avril. Il y a moins de chance d’avoir des typhons à cette période là.

Où se loger à Moalboal ?

Pour cette nuit, nous avions trouvé un airbnb à 10 min de la plage. La propriétaire à plusieurs appartements de plein pied dans une cour comportant un jardin. Chaque appartement comporte une pièce principale avec plusieurs lits (un lit double et des lits superposés en plus), une kitchenette et une salle de douche avec toilettes. Devant chaque appartement il y a une petite terrasse. L’endroit est vraiment sympa, nous aurions vraiment aimé pouvoir en profiter plus.

Pssst : si nous n’êtes pas encore inscrit sur airbnb, faites le depuis notre lien de parrainage, vous aurez 25 € de réduction sur votre première réservation 😉

A 10 min vous avez accès aux différents restaurants et infrastructures touristiques. Avant vous trouverez aussi des petites épiceries et des eatery (restaurant local où vous pouvez prendre vos repas et notamment le petit déjeuner pour un prix dérisoire).

Sinon vous n’aurez aucun mal à trouver des chambres très bon marchés, nous avons vu par exemple des chambres doubles pour 600 pesos (10€). On peut pas vous dire ce que vous avez pour ce prix là mais c’est possible de se loger vraiment pas cher ici, surtout si vous cherchez une fois sur place. De nombreuses maisons affichent des panneaux « room for rent » spécialement adressés à ceux qui restent un petit moment à Moalboal.

Quoi faire à Moalboal ? Nager dans les bancs de sardine bien sûr, mais pas que…

  • Observer et nager avec les bancs de sardines sur la plage de Panagsama. Au niveau du bar « Chili bar » vous verrez un ponton jaune, elles sont tout simplement là, à quelques mètres du bord. Vous pouvez le faire en snorkeling mais également en plongée (environ 5 mètres de profondeur).
  • Faire de la plongée, cette ville est réputée comme la moins cher pour exercer cette activité. De nombreuses personnes viennent y passer leur différents niveaux de plongée PADI. Les plus belles plongées se situent autour de l’île Pescador.
  • Se prélasser sur la white beach à 10 min en tricycle de Panagsama
  • Se rafraichir aux cascades de Kawasan

Distributeur automatique de billets (DAB) à Moalboal

Il n’y a pas de distributeur de billets (ATM) sur la plage de Moalboal, là où se situent les hébergements à ma connaissance, mais seulement dans la ville. Prévoyez donc en conséquence !

Retrouvez tous nos articles sur les Philippines ! De nos carnets de voyage aux infos pratiques pour préparer votre voyage.

Crédit photo : Photo du banc de sardine en couverture – Creative Commons – Lakshmi sawitri. Toutes les autres photos sont les nôtres.