En voyage depuis bientôt deux mois en Asie, notre curiosité insatiable envers les animaux n’était pas rassasiée bien au contraire. Taïwan et les Philippines nous avaient seulement offert quelques rencontres animales furtives comme avec le tarsier à Bohol ou le macaque à KentingAlors quand nous sommes tombés sur la possibilité d’observer des bêtes à poils, à plumes et à écailles à seulement 1h de Georgetown, nous n’avons pas longuement hésité pour nous rendre au parc national de Penang.

Penang, le plus petit parc national de Malaisie, entre plage et jungle

« Petit », c’est le qualificatif que nous avons le plus lu au sujet du parc national de Penang. Le Taman Negara Pulau Pinang (son petit nom en malaisien) a en effet pour surface 25 km2. Ce qui ne l’empêche pas d’être très riche d’un point de vue paysager (6 types d’habitats) et faunistique (une cinquantaine espèces d’oiseaux, plus de 140 animaux différents).

Parmi les écosystèmes présents dans le parc, il y a bien entendu de la forêt tropicale, des plages de sables fins et des récifs coralliens, mais également de la mangrove et un lac méromictique.

Ce type de lac est caractérisé par le fait que les eaux profondes et de surface se mélangent moins d’une fois par an. Parfois c’est même très rare et ce mélange ne se produit que tous les 10 ans. Les couches d’eaux profondes ont la particularité d’être très pauvre en oxygène ce qui empêche le développement de la vie (à l’exception de certaines bactéries), l’oxygénation et la décomposition des matières organiques. Ces lacs, du fait de ces caractéristiques, peuvent accumuler des gazs qui relâchés en quantité s’avèrent être redoutablement dangereux (merci  wikipedia !).

Accueillis par un cortège volatile

Dès notre arrivée, nous avons été témoins de la biodiversité du parc. A l’entrée, un varan en manque de soleil nage pour rejoindre des rochers en plein cagnard sous le regard d’un héron impassible.

Pendant que Seb est parti en mission « je cherche un truc à manger pour le pique nique improvisé », un aigle pêcheur survole les alentours, me donnant l’espoir de le capturer en photo, espoir qui se transformera en torticoli. Ses autres compères volatiles, plus colorés et plus discrets ont achevé mes cervicales à force de jouer à cache cache.

 

Une fois Seb revenu, nous démarrons la randonnée. Nous avons choisi celle qui mène à la « turtle beach » car le sentier vers la « monkey beach » était en partie fermé et nous aurions dû faire appel à un bateau. Le sentier large et bien balisé ne souffre aucune hésitation quant à l’itinéraire. Assez vite, un premier animal croise notre route, un énorme varan. Ses gestes sont plus maladroits que dans l’eau, mais il reste impressionnant. Une chose est sûre, cet animal est tout de muscle vêtu. Nous ne nous aventurons pas à nous approcher de trop près.

Un macaque peut en cacher un autre

Le début du sentier longe la plage, c’est ici que nous verrons nos premiers macaques. Comme tous ceux de leur genre, ils ne sont pas farouches et ne manquent pas d’astuce pour essayer de vous dérober quelque chose à grignoter. Mais nous sommes aux aguets car nous tenons absolument à ne pas participer au nourrissage des animaux sauvages. D’une part car cela nuit à la santé des animaux, mais aussi celui induit un comportement qui n’a plus rien de sauvage. Prenons l’exemple d’un singe qui devient de moins en moins distant car il est nourri par les visiteurs. Celui-ci perd petit à petit la capacité à chercher sa nourriture par lui même (ou devient flemmard, la conséquence est la même). Il devient alors agressif vis à vis des visiteurs qui sont désormais sa seule source potentielle de nourriture. Il peut aussi s’aventurer dans des zones où il n’aurait pas osé aller auparavant et être ainsi exposé plus facilement à d’autres dangers (circulation,etc…). A noter également qu’un animal qui ne se méfie plus de l’Homme devient une cible toute trouvée pour le braconnage et la chasse. Bref, vous l’aurez compris, si vous aimez les animaux sauvages, ne leur donnez rien à manger.

 

Afin de ne pas se faire subtiliser quoi que ce soit, nous regardons partout, connaissant la technique des singes. Pendant que l’un deux pose avec son regard de biche trop mignon, un autre en profite pour passer par derrière et chiper tes affaires. Le stratagème marche souvent mais on n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace ! Nous nous sommes fait avoir une fois en Tanzanie…

Quand le sentier s’écarte de la plage, c’est comme une autre randonnée qui démarre. Les racines des arbres s’entremêlent dans un sol parfois glissant et escarpé. L’humidité frôle les 100% ce qui accentue la sensation de chaleur. Si la randonnée n’est pas difficile en soi, ce paramètre corse tout de même le chemin.

Trek et rencontre « so cute » dans la jungle de Penang

Nous avançons sans bruit dans la jungle. La nature appelle au silence, surtout lorsqu’on nourri l’espoir de faire une rencontre bestiale. Notre cible du jour est un adorable singe, surement l’un des plus mignon qu’il m’ait été donné de voir. Son petit nom est le semnopithèque obscur. Il est reconnaissable par les taches blanches autour de ses yeux et de sa bouche qui font penser au maquillage d’un clown. Notre mutisme permet de repérer quelques bruissements suspects dans un arbre. Nous nous arrêtons donc pour figer l’endroit d’où provient ce son troublant. Nous n’avons pas eu besoin à attendre longtemps pour le repérer, les mouvements des feuilles ne trompent pas. Il est là sous nos yeux. Un peu loin et caché par les branches, nous nous contorsionnons pour trouver l’angle le plus adéquat pour le contempler.

Après 10 min de gymnastique tropicale, nous reprenons la randonnée en espérant le voir de plus près sur le chemin du retour. Nos prières (oui c’est peut être un poil exagéré) furent exaucées car nous en reverrons plusieurs sur la plage. J’étais tellement fascinée que j’ai eu un mal fou à repartir, prenant le risque d’exaspérer Seb, qui, quoi que passionné lui aussi, sait être davantage raisonnable que moi.

Une plage, des méduses et des tortues

Encore tout émus de cette rencontre, nous poursuivons jusqu’à Pantai Karachut, la plage où pondent les tortues. Exténués et trempés par notre marche, nous n’avons qu’une envie, nous jeter à l’eau. C’était sans compter ce panneau d’avertissement qui nous a refroidit aussi rapidement qu’une trempette en Antarctique. Cette pancarte indiquait tout bonnement la liste des périls que nous encourions à nous baigner ici. Entre noyade et piqûre mortelle de méduse, nous avons choisi de pique niquer en toute sécurité sur le sable chaud. J’oublie de dire que ce panneau indiquait aussi le nombre de visiteurs décédés les dernières années sur cette plage… Ça nous a glacé le sang et nous ne devions pas être les seuls car je ne vis aucun orteil s’aventurer dans l’eau ce jour là.

Après qu’un autre aigle pêcheur ne nous nargue encore une fois, nous sommes allés voir le sanctuaire des tortues. Le centre se compose de seulement 3 bassins pour récupérer les tortues blessées. Pour Hélio c’était une belle occasion de revoir des tortues de près mais cela n’avait pas la même saveur qu’à Port Barton. La partie pédagogique et sensibilisation manquait un peu de relief. Nous aurions aimé avoir une personne qui nous explique le fonctionnement du centre. Seules les installations pour protéger les oeufs sur la plage attestaient d’une activité en faveur des tortues. Nous sommes repartis un peu déçus de ne pas avoir pu creuser le sujet sur la situation des tortues à cet endroit précis.

A court d’eau, nous allons en demander aux gardes du parc qui acceptent gentiment de nous en donner. Seul bémol, elle est bouillante car elle vient juste d’être stérilisée. Je n’aurai pas cru que de l’eau chaude puisse désaltérer par 40°, mais après avoir testé, je peux vous dire que c’est mieux que rien.

La perspective de boire un jus bien frais nous motiva à accélérer la cadence pour rentrer. Mais comme je le disais plus haut, un peu avant la sortie du parc, d’autres semnopithèques et macaques se trouvèrent sur notre chemin. J’oubliai alors ma soif, ma faim, ma fatigue. Ne resta plus qu’une compagne, l’émerveillement.

Je garde un fort souvenir de cette randonnée au parc national de Penang. Même si rétrospectivement, elle me paraît moins spectaculaire que d’autres espaces naturels que nous découvrirons par la suite à Sumatra et au Sri Lanka. Cette randonné combla remarquablement un manque de nature que nous vivions à ce moment là.

Guide pratique – visiter le parc national de Penang

Comment se rendre au parc national de Penang (Taman Negara Pulau Pinang) depuis Georgetown ?

 

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Il y a deux entrées pour accéder au parc national.

L’entrée terrestre se situe à Teluk Bahang. Il y a trois moyens de transport :

  • En véhicule personnel (voiture ou scooter).  Il suffit de régler votre GPS sur Telu Bahang. Depuis Georgetown, il faut compter entre 45 et 60 min en fonction de la circulation.
  • En bus.  Depuis Georgetown ou Batu Ferringhi, le bus 101 et Rapidpenang 1 desservent l’entrée du parc (Teluk Bahang).
  • En grab ou uber. Réservez très facilement depuis votre application, ces dispositifs sont très répandus en Malaisie.

Il est également possible d’accéder au parc par voie maritime depuis Kampung Kuala Sungai Pinang.

Horaires et tarifs du parc national de Penang

De 8h à 17h, des gardiens se trouvent à l’entrée pour vous enregistrer mais le parc reste ouvert au delà de ces horaires. L’entrée est gratuite.

 

Randonnée dans parc national de Penang – trek vers monkey beach et turtle beach

Il existe plusieurs sentiers de randonnée dans le parc de Penang. Un plan se trouve à l’entrée, vous pouvez le photographier afin d’avoir toutes les informations, notamment les durées estimées de randonnées.

Dès l’entrée on vous proposera de faire le retour en bateau, nous n’avons pas choisi cette option car nous l’avons trouvé onéreuse et nous étions là essentiellement pour voir des animaux donc il était plus pertinent de marcher.Si vous choisissez de prendre un bateau il peut être plus judicieux de ne pas le réserver à l’avance et d’attendre un bateau sur la plage. Il reste souvent des places et elles sont bien moins chères. Et au pire, si vous ne trouvez pas de place vous pourrez rebrousser chemin à pied.

  • Le sentier le plus populaire longe la côte et mène à monkey beach (Tuluk Duyung). Il faut environ 1 à 2h pour y accéder. En général, le retour s’effectue en bateau. Vous serez probablement abordés à l’entrée du parc par des personnes souhaitant vous vendre un tour en bateau autour du parc. La plage en question contient quelques installations et est réputée pour ses nombreux singes qui n’hésitent pas à s’approcher des visiteurs.  Il est possible de poursuivre ce sentier jusqu’à un phare (comptez 1h45 de plus aller). Il était fermé en partie lors de notre passage (février 2018).
  • Le sentier en direction de turtle beach (Pantai Kerachut) qui traverse la jungle pour accéder à une plage où vienne pondre les tortues. Ce sentier peut réserver quelques passages difficiles à cause des racines et de la chaleur mais il reste accessible même avec un enfant. Il faut compter entre 1h30 et 2h aller. Pour le retour, il est possible de prendre un bateau pour rejoindre la monkey beach puis l’entrée ou rebrousser chemin à pied (ce que nous avons fait).
  • Le sentier en direction de Teluk Kampi. Pour y arriver, soit vous prenez le sentier de turtle beach et vous le prolongez, soit vous prenez le sentier qui y mène directement. Il faut compter deux heures aller.
  • Un dernier sentier permet de rejoindre les campements les plus éloignés de l’entrée que sont Kem Seraya et Bukit Batu Hitam à respectivement 4h et 6h de l’entrée.

Camper au parc national de Penang

Il y a 4 campements disponibles au sein du parc :

  • Titian Kanopi (20 min depuis l’entrée)
  • Pantai Kerachut (1h20 depuis l’entrée)
  • Kem Seraya (4h depuis l’entrée)
  • Bukit Batu Hitam (6h depuis l’entrée)

Les campements disposent de toilettes et d’eau mais celle ci n’est pas potable. Il faudra donc prévoir de l’eau en quantité suffisante ou de quoi purifier votre eau. Prévoyez large car il fait très chaud et humide dans ce parc, on a donc tendance à boire plus fréquemment. Nous parlons en connaissance de cause puisque nous sommes tombés en rade d’eau durant notre randonnée.

Se baigner au parc national de Penang

Malgré la beauté des plages, ce parc national n’est pas vraiment idéal pour se baigner. Les méduses y sont très nombreuses en fonction des saisons et certaines plages sont traversées par des courants dangereux. Sur la turtle beach (Pantai Kerachut), un panneau met en garde les visiteurs, il indique le nombre de personnes décédées après avoir tenté une baignade ici. C’est assez dissuasif !

La plage la meilleure pour se baigner est sans doute la monkey beach, mais elle est bien plus fréquentée que le reste du parc. Prenez garde aux panneaux pour savoir si les méduses sont présentes ou non.

Observer les animaux au parc national de Penang

Le parc national étant petit, les animaux sont très concentrés et il est très facile de les observer. Comme dans la plupart des parcs nationaux, les animaux sont visibles au début des sentiers car ils sont habitués aux passages, qu’il y a souvent des poubelles et que malheureusement certains visiteurs les nourrissent parfois. Ils sont donc moins craintifs, mais aussi plus agressifs. Vous pourrez observer des animaux partout dans le parc et personnellement, je préfère largement les rencontrer dans les arbres plutôt que près des poubelles !

Vous pourrez observer sans aucune difficulté des aigles pêcheurs (tête blanche et corps marron), des varans, des macaques, des semnopithèque obscurs, des écureuils géants et de nombreux oiseaux (hérons, martins pêcheurs …). Cependant pour mettre toutes les chances de votre côté n’oubliez pas les règles essentielles d’observation des animaux que nous avons regroupé dans ce guide.

Quand visiter le parc national de Penang ? A quelle saison ?

La péninsule de Penang en Malaisie étant soumise à un climat tropical humide, les pluies sont fréquentes toute l’année. Mais vous serez relativement épargnés de mai à aout et en janvier / février. Le mois de novembre est particulièrement arrosé. Concernant la fréquentation touristique, les alentours du nouvel an chinois voient une fréquentation importante, mais c’est aussi une saison intéressante culturellement… A vous de voir !

 

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