Suite à une belle invitation, nous avons eu le plaisir de découvrir l’Ardenne. Cette région naturelle et forestière se moque tant et si bien des conventions administratives qu’elle navigue allégrement entre la Belgique, le Luxembourg, la France et l’Allemagne. Cet ancien massif montagneux a gardé un relief surprenant et une nature terriblement verdoyante.

Pendant 10 jours, nous l’avons sillonné par tous les moyens (voiture, vélo, à pied et même en bateau électrique). L’Ardenne répondu à notre attente du moment, notre besoin irrépressible : l’appel de la forêt.

Le syndrome de manque de nature ou l’appel de la forêt


Nous habitons une région que nous adorons mais qui a le défaut d’être très peu boisée. Comble de l’ironie, notre environnement préféré est sans conteste la forêt. Alors l’Ardenne, d’abord en Wallonie puis au Luxembourg et en France, n’a pas eu besoin de nous appeler très longtemps. Nous commencions à être en manque de nature. Saviez vous que cela peut être néfaste pour la santé ? Des études ont montré des corrélations entre manque de nature et problèmes de santé (stress, dépression, obésité etc…). Le phénomène touche particulièrement les enfants mais pas seulement. Sédentarisation, hyperconnexion et aménagement du territoire qui exclu les lieux nature sont autant de facteurs qui nous éloignent des bienfaits des espaces naturels. Avant de lire cette étude, nous en étions déjà convaincus tant nous ressentons souvent ce besoin d’aller s’aérer, d’ouvrir l’horizon, de se fondre avec les éléments naturels. Le remède à cela ? Sortir, aller se balader en forêt par exemple. Dans certains cas, c’est même prescrit par un médecin !

La région Ardenne est idéale pour cette sylvothérapie comme on l’appelle.  Nous l’avons appliqué à nos carcasses fatiguées des vicissitudes urbaines. Le théâtre de ce traitement de choc :  Le Ninglinspo en Wallonie !

Notre coup de coeur nature en Wallonie : Le Ninglinspo

La simple évocation de ce nom est un voyage en soi. Je me prête à imaginer ce que c’est. Un personnage légendaire, une formation géologique curieuse, une plante aux vertues rares… Le Ninglinspo est en fait un ruisseau belge situé non loin de Liège. Tel un petit torrent, il dévale la pente, se frayant un chemin parmi les blocs de pierre et creusant des piscines naturelles. Au cœur de la forêt ardennaise, il règne en maître et donne une légère féérie au lieu.

Les hommes ont su tout de même l’apprivoiser pour mieux l’admirer. En effet, de nombreuses balades ont été aménagées à ces abords pour pouvoir en profiter. Sentiers balisés, petites passerelles en bois pour le traverser à certains endroits, mais rien qui ne dénature ce bel environnement. Cet espace est protégé et a même été inscrit au patrimoine immobilier exceptionnel de Wallonie (si ça en jette pas ça ! ). C’est ainsi que le nom de Ninglinspo est devenu celui d’une des plus belles randonnées de Wallonie.

Le chemin débute sur un petit parking entre Remouchamps et Stoumont. Nous craignions de ne pas trouver le point de départ, mais ce fût très facile.
Nous partons sans perdre de temps, il nous tarde de rencontrer la forêt ardennaise. Celle qui a résonné aux oreilles de Jules César et qui fût le décor des légendes elfiques.

Au premier instant, je su que je serais conquise. J’aime la forêt pour son pouvoir d’enlacement.
Immobile, elle me tend pourtant ses branches pour mieux m’attraper.
Silencieuse, elle met aux aguets mon ouïe pour la rendre plus fine.
Rugueuse, elle caresse cependant ma main de ses mousses duveteuses.
Monochrome au premier coup d’œil, elle développe des nuances subtiles où des formes apparaissent au regard des curieux.
Si on l’adore, on peut même la dévorer ! (à condition de s’y connaître en plantes médicinales).
Nos 5 sens sont en éveil, la vie ici est partout et nous voulons la débusquer dans ses moindres formes.

De découvertes en petits plaisirs le long du Ninglinspo

Le petit filet du Ninglinspo qui s’achève ici s’épaissit au fur et à mesure de notre balade. Premier arrêt dans un coin de la forêt composé de résineux. Bien alignés, droits, presque trop sages, ils offrent une beauté géométrique troublante qui joue avec la lumière. Nous nous amusons à déambuler entre les arbres pour voir la réaction de ses raies de lumière qui baignent timidement l’atmosphère. Tels des spots, ils illuminent parfois un détail que le manque d’acuité aurait pu nous faire rater.

 

Le végétal dense cache une vie animale insoupçonnée. Il faut être attentif pour croiser la route du scarabée ou celle plus fugace d’une grenouille aux reflets dorées. Pour la petite histoire, la coquine planquée derrière un rocher m’a défié au jeu des acrobaties photographiques, sous les rires non dissimulés de mes chers et tendres. Les oiseaux, peu farouches, précèdent parfois notre marche, un cortège volatile où le geai des chênes parade sublimement.

Pour calmer l’impatience de notre lémurien, j’attire sa main sur les textures ligneuses des troncs, soyeuses des mousses et chatouillantes des fougères. Il s’amuse à traverser ces drôles de passerelles et se demande où est passé l’autre bout du pont (les passerelles n’ont des rambardes que d’un côté). J’aurai toutes les difficultés à lui expliquer cette curiosité. Je pense que c’est une taquinerie belge pour faire tomber quelques imprudents à l’eau ! Blague à part, cela a un charme fou et préserve le côté naturel du site.

Plus tard, nous sommes charmés par une petite piscine creusée dans la roche surmontée d’un toboggan aquatique naturel. Le lieu est si paisible que nous décidons de l’accaparer l’espace d’un instant. Hélio se prélasse dans les feuilles mortes, tente une glissade sur le dit toboggan (c’était sans compter sur le regard de lynx de sa mère). Je craque pour un rayon de soleil qui rétro-éclaire des feuilles au vert tendre. Je veux capter cette beauté ordinaire, mais à mes yeux exceptionnelle.

J’aimerai voir ce décor à l’aube ou au crépuscule. Nul doute que mon imagination viendrait poser ça et là des petites créatures des bois. Nous nous arrachons malgré nous à cette pause magique pour continuer la balade. Sans carte, nous suivons quelques panneaux, nous n’avons pas une direction en tête mais nous nous laissons porter aux sonorités des lieux.

C’est donc par un pur hasard (vraiment !) que nous arrivons au point de vue Drouet. En prenant de la hauteur la forêt n’en est que plus sublime. Les nuances de couleurs nous indiquent les incursions de certaines essences. La cime semble impénétrable, nous passons de longs instants à contempler les moindres détails de ce panorama. Les couleurs, les courbes, les contrastes avec le ciel : tout est magnifique.

Mon corps balance pour continuer à rythmer le sommeil d’Hélio. Bercé par la chaleur de mon fils, ému par la grandeur de cette forêt, l’émotion est forte, tenace.

Elle est toujours aussi vibrante aujourd’hui devant mon clavier.

Informations pratiques : randonnée du Ninglinspo

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Se rendre à la randonnée du Ninglinspo

Le point de départ se situe près d’Aywaille entre Remouchamps et Stoumont, sur le parking à côté d’un bar appelé le Ninglinspo, dans le village de Sedoz. Sur google maps, vous trouverez super facilement, il y a même la petite icône qui signifie que c’est le départ d’une randonnée.

A partir de Liège, il faut compter 30 minutes de voiture.

Le départ de la randonnée est aussi accessible avec le bus 142 à l’arrêt Sedoz Renonceux (dixit Wikipédia). Étant véhiculés, nous n’avons pas testé cette option.

Randonner à Ninglinspo

La randonnée forme une boucle de 6 à 7 km. Mais il est tout à fait possible de réaliser une balade plus courte. Comme il y a différents chemins parallèles, cela permet de faire un aller et un retour différent. Ces variations en font une randonnée accessible aux familles. Les passerelles, piscines naturelles et animaux sont autant d’éléments qui pourront émerveiller vos enfants et les amuser. Il y a quelques passages étroits ou caillouteux qui peuvent être difficiles pour des enfants en bas âge, mais dans ce cas là ils peuvent être portés un moment, ou vous pouvez emprunter les sentiers plus larges.

Plus d’infos sur la randonnée ici

Autres conseils

Le Bar le Ninglinspo situé sur le parking ne sert pas de restauration hormis des soupes en sachet, chips etc… Donc nous vous conseillons de prévoir votre pique nique. Les restaurants aux alentours ne servent pas très tard non plus.

Se loger près du Ninglinspo

Lors de ce séjour, nous avons privilégié les chambres d’hôtes. Pour cette nuit, nous avons été gentiment accueillis par Catherine et Christian, de la Buissonnière (Rue Jehoge – 43 4190 Xhoris), qui ont été aux petits soins avec nous. Le grand jardin nous a permis de nous détendre après l’effort de la randonnée. Notre chambre était très spacieuse, joliment décorée et comble du luxe, il y avait un petit salon où nous avons pu travailler le soir sans déranger Hélio. Quant au petit déjeuner, tout est fait maison ! Les yaourts étaient savoureux ainsi que le cake salé et les confitures variées et originales. Une adresse que nous recommandons chaudement.

La nuit en chambre d’hôte est de 80 ou 85 euros selon la saison. Catherine et Christian proposent également une formule en gîte.
Infos et réservation

Envie de prolonger le voyage en Wallonie, découvrez aussi le récit de notre découverte d’un paysage étonnant et riche en histoire : la fagne.

Ce voyage a été réalisé grâce à l’invitation de l’office belge de tourisme pour la Wallonie et Visit Ardenne que nous remercions chaleureusement. N’hésitez pas à consulter leurs sites pour organiser votre voyage en Ardenne !

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