Il est des journées parfaites presque irréelles. Celles où les éléments s’alignent avec harmonie et ou aucun obstacle ne prend la peine d’intervenir. Le 24 décembre 2017 nous avons vécu une journée de cet acabit à Pamilacan. Entre ambiance douce, surprises extraordinaires et joies de l’ordinaire.

Départ aux aurores à l’embarcadère de Baclayon


Il est 6h quand démarre cette journée. Le prix du bonheur sans doute. Encore ensommeillés nous sommes pourtant d’une humeur guillerette.
Une banka (bateau traditionnel philippin) nous attend à l’embarcadère de Baclayon (sur l’île de Bohol). Il est baigné par les lueurs rosées de l’aurore. Celles ci ont un effet apaisant et rassurant que je ressentirais aussi à Siquijor lors de mes balades matinales sur la plage avec Hélio.
Notre engin démarre et semble faire la course avec le soleil. Les embruns nous sortent un peu plus de notre torpeur. Cela tombe bien car nous avons besoin d’être aux aguets. Se réveiller si tôt requiert une motivation d’importance. La nôtre ce jour là : voir des dauphins. Une colonie a ses habitudes au large de Pamilacan. Matinaux, pour les observer il faut les imiter.

Rencontre avec les dauphins de Pamilacan (Bohol)

La mer quelque peu agitée forme des milliers de vaguelettes qui sont autant de mirages. Elles font apparaître artificiellement des ailerons qui n’en sont pas. Après maintes désillusions le capitaine semble s’agiter. Son regard s’anime.
Ils sont là. De petits gabarits et farouches, on les aperçoit au loin. Les dauphins s’amusent entre eux et de nous. Nous pourrons ensuite nous en approcher sans pour autant les traquer. Le capitaine à une démarche très respectueuse.

Ce sont des dauphins à long bec (long snouted spinning dolphins). Ils ont la particularité de faire des vrilles impressionnantes et nous seront effectivement gratifiés de quelques jolis sauts.

Ce qui m’émeut au delà de la vision des dauphins (qui est toujours source d’une grande émotion que ce soit au Portugal, en France ou ailleurs) c’est l’histoire de Pamilacan et des dauphins. Il y a encore quelques années les dauphins ainsi que les requins baleines, baleines et raies manta étaient chassés par les habitants de Pamilacan. La nécessité faisait loi. Cette pratique a été interdite par l’état en 1985. Celui ci a incité les pêcheurs de l’île à mettre en place des activités éco-touristiques. Aujourd’hui un programme de protection des dauphins qui profite aux habitants a été mis en place. Le tourisme généré par l’observation des dauphins est une manne qui profite non seulement aux anciens pêcheurs mais également aux autres habitants qui ont développé des hébergements et commerces sur l’île. Un superbe exemple de reconversion allant dans le sens d’un développement durable. Malheureusement quelques personnes continuent à braconner et tuer les dauphins dont la chair se vend à prix d’or.

J’ai notamment lu une histoire d’un touriste qui a vu un bateau profitant d’une séance de dolphin watching pour aller chasser des dauphins sous leur nez… Espérons qu’une patrouille soit mise en place pour éviter cela !

Le reste de la journée nous le passerons sur la toute petite île de Pamilacan (un confetti à l’échelle des Philippines). La plage qui nous accueille a tout d’un petit coin de paradis.

Préparatifs de Noël et plage sur l’île de Pamilacan


C’est ici que nous prendrons un petit déjeuner gourmand concocté avec amour par Sally de la Casita de Baclayon, notre hôte à Bohol.
Il est encore tôt mais il y a déjà de l’agitation dans le village. Va et vient dans la jolie église bleue, fourmillement autour de la place, les préparatifs de noël sont en cours. Discrets, nous observerons tout cela, un peu trop timides pour enclencher la discussion. En revanche, ce n’est pas jour de fête pour les animaux car le cochon et la chèvre vus quelques heures auparavant finiront dans les marmites ou à la broche. Le lechon est un plat typique incontournable aux Philippines, spécialement durant les fêtes. A midi, pendant que nous déjeunons, une partie du village s’est réunie pour partager un repas de fête. C’est toujours intéressant de voir comment chaque pays décline cette même fête de Noël. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que nous sommes en voyage à cette période, en Tanzanie, nous avions passé un sacré noël !


De notre côté, nous profitons des joies de la plage. Hélio lie connaissance avec tous les gamins du coin et s’improvise chef de clan.

Le sanctuaire marin de Pamilacan et mon tête à tête avec une tortue

Informés de la possibilité de voir des tortues et des fonds sous marins intéressants, Seb improvise une session snorkeling. Ensuite ce sera mon tour mais accompagnée d’un guide puisque je souhaitais tenter ma chance au sanctuaire marin. Encore une autre initiative de l’île pour protéger la biodiversité.

Mon guide peu loquace m’amène sur le site en kayak. Quand je lui demande ce que je peux voir il me dit « fishes » « a lot of fishes ». Bon, pour les explications naturalistes détaillées on repassera… Mais l’essentiel n’est pas là. A la manière d’un chef d’orchestre, il organise ma session de palme masque tuba. Je verrais effectivement beaucoup de poissons. Je me moque du guide, mais niveau poisson mon vocabulaire est également assez limité. Il faudrait que j’approfondisse mes connaissances à ce sujet.
Ma plus grande surprise sera de voir sortir des profondeurs une tortue. Dans l’eau un peu trouble, je distingue une forme d’abord inconnue, puis reconnaissable entre toutes. Quel bonheur. Un tête à tête qui a le parfum d’éternité. Je ne le sais pas encore mais à Port Barton, je verrais d’encore plus près une imposante tortue ôlivatre. Moment que je partagerais avec mon fils, cette dernière nous ayant fait le cadeau de sortir sa tête hors de l’eau.
A cet instant, j’aimerai que Seb soit là à mes côtés. S’il y a bien un point commun fort qui nous lie c’est notre passion pour les animaux. Passion que nous avons à cœur de partager avec notre fils. Lors de ce voyage de plusieurs mois en Asie nous avons fait en sorte qu’il puisse lui aussi s’émerveiller devant une tortue à Port Barton, des grands singes à Sumatra et des éléphants du Sri Lanka.
L’émerveillement et la beauté du monde, voilà notre programme pédagogique pour sa première année de maternelle.

Dernières rencontres dans un village de Pamilacan

Je retrouve donc mes deux amours bien occupés à la plage, Helio s’amusant avec les enfants du coin.

Pour terminer cette journée, nous décidons de nous balader un peu dans le village. Les sourires que nous rencontrons sont sincères et généreux. C’est exactement le genre d’endroit où nous aurions aimé passer quelques jours pour provoquer quelques rencontres.
Un regard happe Sébastien et l’étourdi. Celui d’une petite fille aux yeux bleus. Son regard intense paraît surréaliste. Une petite fille Philippines aux yeux bleus ça ne courre pas les rues. Nous discutons avec sa maman qui doit être habituée aux regards hébétés devant le minois de sa fille.
Je lui demande la permission de la prendre en photo. La petite fille espiègle m’offre son regard accompagné de grimaces. Je n’insiste pas.

A quelques mètres de là, un groupe d’enfants joue une sorte de football avec des tongs en guise de ballon.
Il est déjà l’heure de repartir. La mer s’agite et nous ne voulons pas retenir trop longtemps notre capitaine qui doit lui aussi préparer son réveillon.

Cette fabuleuse journée nous pourrons la partager avec nos hôtes de la Casita de baclayon qui nous ont invité à partager leur repas de fête.
Décidément, aujourd’hui tout nous a sourit : le soleil, les dauphins, les tortues, les habitants de Pamilacan et de Baclayon.

Guide pratique – excursion à Pamilacan (Bohol) :

Observer les dauphins de Pamilacan

Depuis Panglao (plus spécifiquement à Alona beach), il existe quelques agences qui proposent ce tour mais le chemin de Panglao jusqu’à Pamilacan est plus important qu’entre Baclayon et Pamilacan.
Donc si vous n’aimez pas trop faire de bateau et si vous voulez optimiser vos chances de voir les dauphins en arrivant tôt, mieux vaut partir de Baclayon.

Tour privé en banka pour observer les dauphins
Tarif : 2550 pesos pour la journée
Ceci comprend l’aller et retour en bateau entre Baclayon et Pamilacan ainsi que la navigation pour voir les dauphins au large.
Ensuite le capitaine vous laissera du temps sur l’île (à définir avec lui) avant de repartir.
Nous avons réservé notre visite à Pamilacan via Sally de la casita de Baclayon. Elle saura vous indiquer des personnes de confiance pour vos excursions à Bohol.

Comment se rendre à Baclayon (île de Bohol)

Depuis Panglao, compter 30 à 45 minutes en tricycle (200-300 pesos selon d’où vous partez) pour rejoindre Baclayon où plusieurs solutions d’hébergement existent, notamment la casita de Baclayon que nous vous recommandons chaudement.
Depuis Tagbilaran, le trajet dure 15 min en tricycle et vous coûtera environ 50 pesos.

Pour savoir comment se rendre à Bohol en ferry, regardez les infos pratiques de notre article consacré à cette charmante île.

Où dormir à Baclayon ? La casita de Baclayon

Nous avons décris notre expérience à la casita de Baclayon dans notre article sur Bohol. Un lieu vraiment exceptionnel pour son charme, son approche écologique et durable. Un des plus beaux hébergements que nous ayons jamais expérimenté et abordable qui plus est !

Le soir de notre journée à Pamilacan, nous avons fêté Noël avec nos hôtes. Un cadre superbe où la nature est au centre de toutes les préoccupations, des personnes sensibles et engagées pour l’écologie. Les photos parlent d’elles mêmes.

La casita de Baclayon est située à Baclayon, à quelques minutes en tricycle / moto du centre. Sally peut aller vous chercher au port ou à d’autres endroits de l’île pour venir jusqu’à elle. Elle pourra aussi vous aider à organiser vos excursions et visites à travers l’île.

Tarif : comptez environ 2950 pesos pour une nuit, petit déjeuner inclus (soit 47 euros) la chambre double.

Infos et réservation (en direct)
Si le site ne fonctionne pas (ce qui est le cas au moment où j’écris), vous pouvez également passer par airbnb.
En suivant ce lien pour vous inscrire, vous aurez 25 € de réduction grâce à notre parrainage 😉

Quoi faire sur l’île de Pamilacan

  • observer les dauphins en banka
  • faire du snorkeling dans le sanctuaire marin. Compter 200 pesos pour qu’un guide vous y accompagne en kayak (guide obligatoire). Il vous suffira de demander à votre capitaine pour en trouver un. Il est possible de louer des masques sur place.
  • faire du snorkeling depuis la plage publique. C’est gratuit si vous avez votre masque et tuba ! Pour les coraux, partez depuis le fort espagnol vers la gauche (fin de la plage).
    Pour observer les tortues, allez plutôt vers le milieu de la plage jusqu’à la limite du récif (environ 100 m).
  • se restaurer sur la plage
    Pour vous poser de manière confortable vous pouvez louer un cottage c’est à dire une table recouverte d’un toit. Nous étions au Junior et Nemesia’s Cottage, situé juste à côté de l’église. Vous pouvez y poser vos affaires et y prendre vos repas. Comptez 750 pesos pour 2 pour déjeuner (location cottage pour la journée inclus).
    Nous avions apporté notre propre petit déjeuner.
    Je pense qu’il est possible d’apporter son déjeuner aussi et de manger sur la plage. Dans ce cas là précisez le à votre capitaine. Mais je pense qu’il est d’usage d’utiliser ce système qui permet aussi à d’autres personnes de l’île de tirer des revenus du tourisme.
  • aller se balader dans l’île. Vous pouvez notamment traverser l’île depuis la plage publique pour aller au village de pêcheurs et rencontrer les habitants.
  • profiter de la plage (sable blanc au top et eau chaude et turquoise). Il n’y a qu’une plage publique, il existe d’autres petites plages, mais elles sont privatisées par des resorts (grrr).

A quelle saison visiter Pamilacan ?

Les dauphins sont présents toute l’année. Les mois où la météo est la plus agréable sont entre novembre et avril. Nous étions en plein dans le pic de la saison touristique, mais nous avons croisé que deux groupes de 3-4 voyageurs dans la journée. Donc autant vous dire que vous ne serez pas dérangés à ce niveau quelque soit la saison. Rien à voir avec Alona beach !

Pamilacan en famille ou avec des enfants ?

Il est tout à fait possible de réaliser cette journée avec des enfants à condition qu’ils supportent le bateau (et d’être réveillé aussi tôt). Le trajet entre Baclayon et Pamilacan ne dure que 40 min mais il faut compter plus à l’aller puisqu’il y a le temps d’observation des dauphins. Si la mer est un peu agitée, il est possible d’être un peu mouillé alors je dirais qu’avec un bébé ce n’est pas l’idéal.

Une fois à Pamilacan, les enfants pourront jouer à la plage et se baigner, il y a même des coins ombragés. Les parents pourront se relayer pour faire du snorkeling vu que les spots sont à proximité. Si votre enfant est en âge de faire du snorkeling vous pourrez y aller avec lui.

Comme il  s’agit d’un tour privé, vous gérez votre timing comme vous voulez et vous pouvez ainsi décider de rentrer plus tôt pour la sieste de votre enfant. Hélio a quant à lui dormi un peu à l’aller et au retour, il a été bercé par le bateau.

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