Une semaine auparavant, nous sirotions une bière bien fraîche à Bukit Lawang en compagnie d’un couple de blogueurs installés en Indonésie. En leur parlant de la suite de notre voyage sur l’île de Sumatra en Indonésie, ils nous conseillent d’aller dans la vallée d’Harau. Leur description d’un petit coin nature encore éloigné des circuits touristiques suffit à nous convaincre.

Abdi homestay, un petit coin de paradis dans la vallée d’Harau

Une fois n’est pas coutume, nous réservons à l’avance notre hébergement dans la vallée d’Harau car les hébergements (réservables en ligne) sont rares.

C’est depuis le lac de Maninjau, à l’occasion d’un petit road trip que nous arrivons dans la vallée d’Harau. Un petit panneau sur la route principale indique timidement Abdi homestay, notre point de chute pour ces quelques jours. Nous avions très peu d’images de ce que peut être cette vallée.

L’endroit nous enchante immédiatement, des bungalows en bois, au pied d’un immense bloc rocheux d’où coule une cascade. A nos pieds, des rizières s’étendent, grenouilles et oiseaux viennent s’y délecter. A l’instant, nous savons que nous allons être bien ici. Et ce fût le cas. L’équipe nous accueille avec des sourires et une douceur désarmante.

 

La vallée d’Harau n’est pas le genre d’endroits où l’on coure les attractions. Pour nous imprégner de cette vallée, nous louons un scooter. Pendant plusieurs jours, nous errons au hasard un peu comme au lac toba. Nous nous arrêtons pour admirer les paysages, ces collines ou formations rocheuses au tapis vert fluo, celui des rizières. Partout où nous passons, les sourires et les salutations fusent. Les habitants du coin sont amusés de nous voir crapahuter à trois sur le scooter, le sourire aux lèvres.

Errances à scooter et cri des gibbons

Pour notre première balade à scooter, nous avions entendu parler de plusieurs cascades. Arrivés devant la plus célèbre du coin, les multiples échoppes devant et le filet d’eau malingre nous font quelque peu fuir. Nous préférons pousser un peu plus loin pour voir d’autres cascades. Un peu perdus, un homme nous fait comprendre, à sa façon, le chemin. Un duo de voyageuses allemandes les cherchent également. Face à un bout de forêt nous entendons rapidement des cris chantant que nous croyons reconnaître. Ce sont des singes, plus précisément des gibbons. Éberlués, nous ne sommes pas complètement sûrs, ils semblent si proches et si nombreux. Nous nous avançons et cherchons à les débusquer dans l’épaisseur du feuillage. Au loin, quelques silhouettes. Nous ne les verrons pas davantage. En revanche, nichés dans les arbres, au creux de la roche, leurs chants résonnent à nous en faire vibrer le cœur. Ce moment est extraordinairement beau, presque surnaturel.

Nous atteignons la cascade (Surasai Murai) qui amplifie cette sensation de moment joyeusement incroyable. Nous nous baignons avec cette mélopée qui nous enveloppe et nous intrigue. Les deux allemandes nous ont rejoint profitent de ce coin caché pour se livrer à une petite baignade naturiste sous notre regard amusé.

Nous repartons groggy de ce moment. Sur la route, de multiples pauses viennent ponctuer notre trajet. Le paysage en mosaïque encerclé par les falaises est somptueux.

Quelques jours plus tard, nous aurons la chance de voir les gibbons de très près. Ils se sont arrêtés près de la route, dans un lieu où les touristes indonésiens font fréquemment un stop pour se prendre en photo. Ils ont du être attirés par des restes de nourriture. Je les regarde fascinée.

La beauté des rencontres éphémères

Le lendemain, le temps est orageux et la pluie lessive les environs. Nous restons à l’abri dans notre bungalow et l’espace commun du Abdi homestay. L’occasion de faire plus connaissance avec les employés du lieu. Ils sont jeunes, souriants, et Hélio se lie très facilement d’amitié avec eux. Il tisse une relation nouvelle avec deux d’entre eux, une complicité avec des adultes inconnus que nous ne lui connaissions pas. Ces interactions nous amusent et nous émeuvent beaucoup. Ce fût un déchirement lors de notre départ. Hélio nous parle encore de Rinal avec qui nous sommes restés en contact via les réseaux sociaux.

D’autres rencontres, plus fugaces, nous en avons fait de nombreuses lors de ces quelques jours. Il n’est pas rare que nous soyons arrêtés par des indonésiens pour prendre la pose. Que ce soit sur le bord de la route ou lors d’une fête populaire, nous ne comptons plus le nombre de demandes de selfies faites dans la vallée d’Harau. Ce qui est curieux pour  nous c’est que bien souvent, cette demande précède même une éventuelle discussion. Je ne sais pas ce qui pousse les indonésiens à avoir des selfies d’occidentaux dont ils ignorent tout, mais j’avoue que ça déstabilise un peu tout de même. Après ces demandes, nous en profitons pour tenter un échange plus approfondi mais parfois cela s’arrête à la prise de photo, ce qui est vraiment déroutant.

La vie au coeur des rizières de la vallée d’Harau

Nos balades nous amèneront aussi à échanger avec des agriculteurs. Dans les rizières, les poissons s’épanouissent et les agriculteurs en profitent pour les pêcher. C’est ce spectacle qui nous fait nous arrêter un instant le long d’une rizière. Quand on arrête le temps, les rencontres apparaissent comme par magie.

Une femme au sourire ravageur s’approche de nous, à moins que ce soit le contraire. Commence alors une conversation bon an mal an(elle ne parle pas anglais, vive google tradution !). Elle nous invite à partager son repas composé de riz et de petits poissons séchés. Hélio avale goulûment ce présent et fait fondre littéralement cette femme. Elle nous renseigne sur la culture du riz, elle nous livre le secret de ces mystérieuses noix de coco séchées posées sur des bâtons. Ils servent en effet à effrayer les oiseaux quand le riz est arrivé à maturité.

Il n’y a pas que les poissons qui profitent des rizières pour se cacher. Je l’apprendrais à mes dépends. Ayant aperçu quelques jours auparavant un jeune homme faire fuir un serpent, je savais que leur présence n’était pas rare. Une après midi, profitant de la sieste d’Hélio, je suis partie me balader seule. Je dois avouer que je n’étais pas rassurée à l’idée de tomber sur un reptile mais j’oubliais vite cette peur devant le paysage grandiose. En revenant à notre bungalow, mon regard est happé par le mouvement d’une grenouille qui, au loin, a un drôle d’air. Je déclenche mon appareil instinctivement avant de m’approcher. Je fais un pas et me fige immédiatement. La grenouille a bougé, je me rend compte qu’elle a le regard exorbité et qu’elle nage dans le vide. La raison : un serpent longiligne la serre dans sa mâchoire décidée. Il file avec sa proie, me laissant avec une belle frousse.

Je saisi mon appareil pour regarder la photo que j’ai prise avant de me rendre compte de cette scène macabre. Sur le cliché, on distingue déjà très bien que la grenouille est en mauvaise posture.

Cela résume bien la vallée d’Harau, en apparence simple mais qui révèle de belles pépites à qui sait la regarder.

Guide pratique : visite de la vallée d’Harau

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Comment se rendre dans la vallée d’Harau ?

A partir de l’aéroport de Padang, le moyen le plus simple (mais pas le plus économique) consiste à faire appel à un chauffeur. Si vous êtes plusieurs ça peut valoir le coût. En revanche, il est important de bien négocier car les premiers tarifs sont souvent bien loins de ceux pratiqués ordinairement.

La vallée d’Harau se trouve à 45 kilomètres de Bukkitingi.

Sinon vous pouvez prendre les transports en commun. Ils vous amèneront assez facilement jusqu’à Bukkitingi. Ensuite il faudra trouver une camionnette jusqu’à la vallée d’Harau, ce qui demande un peu plus de patience car il n’y en a pas beaucoup.

N’oubliez pas que la vallée d’Harau n’est pas sur les circuits touristiques internationaux, son accès n’est pas pas ultra simple.

Où se loger dans la vallée d’Harau ?

Sans hésitation, nous vous conseillons d’aller à Abdi Homestay. Pour avoir sillonné pas mal la vallée, nous pouvons vous dire que les hébergements ne sont pas si nombreux et certains sont chers pour ce qu’ils sont (en comparaison d’Abdi homestay). L’emplacement est idéal pour sillonner la vallée, le cadre est magnifique. Nous avions prévu de rester 2 ou 3 nuits, nous sommes restés 5 jours…

Le prix des bungalows est franchement trop bas pour la qualité de l’emplacement et l’accueil. Nous leur avons dit qu’ils devraient augmenter leurs prix ! Croyez moi, ça ne nous arrive pas souvent.

Tarif : 150 000 IDR (9 euros…) pour un bungalow / nuit (nous étions trois, mais on peut facilement dormir à 4). Il y a l’électricité le soir et une salle de bain privative avec eau froide (réservoir d’eau).

Renseignements et réservation : via leur page facebook ou mieux, via whatsapp 085263781842

Que faire dans la vallée d’Harau ?

  • Se balader en scooter, trois routes serpentent ce canyon
    • La route centrale et principale qui traverse le village d’Harau et va jusqu’au fond de la vallée. C’est le long de cette route que vous trouverez les différents hébergements et quelques lieux simples pour manger. La vue sur les falaises et les rizières est magnifique. C’est là qu’une des cascades principales se trouve. Un peu plus loin, un point de vue sympa est aménagé.
    • La route sur le côté droit (en arrivant sur Harau). Juste après la mosquée, en arrivant sur Harau, vous avez une bifurcation à droite. Cette route mène à différentes cascades. Ce n’est pas le coin que nous avons préféré. Les cascades sont prises d’assaut par les indonésiens le week end (ce qui n’est pas un problème en soi). Le souci c’est que de nombreuses échoppes pour manger ou de souvenirs ont fleuri de manière anarchique et qu’il n’y a aucune gestion des déchets. C’est donc incroyablement sale au niveau des deux premières cascades. Il y a ensuite un sentier pédestre pour atteindre une dernière cascade. Comme il faut marcher un peu, il n’y avait personne et le cadre était beaucoup plus naturel.
    • La route sur le côté gauche (en arrivant sur Harau). Sur la route principale d’Harau, il faut bifurquer à gauche avant d’arriver à Abdi homestay. Cette route donne d’incroyables points de vues sur la vallée et une autre perspective. Je vous conseille de ne pas la louper.

Nous avons essayé de rejoindre la route centrale et celle sur le côté gauche. En principe, c’est possible mais le chemin qui relie les deux est un peu aventureux en scooter, surtout à trois dessus (fortes pentes sur des routes en terre ou rocailleuses). A pied, ça me semble plus réaliste.

  • Cascades de Bunta, Barayun Akar, Sarasah Luluh, Sarasah Murai.
  • Découvrir le Canyon de Sianok, nous y sommes passés rapidement en voiture en arrivant dans la vallée d’Harau. Cela ne nous a pas semblé exceptionnel. Si vous passez par Bukkitingi, le détour n’est pas énorme donc pourquoi pas !
  • Visite d’une fabrique de chips de tapioca. Si vous êtes accompagnés d’un guide, il sera très facile d’aller voir une fabrique de chips de tapioca dans les environs. Si vous voyez des feuilles roses sécher au soleil ce sont des chips ! Elles agrémentent quasiment tous les plats. Un incontournable culinaire à Sumatra !
  • Marcher dans les rizières de la vallée à la rencontre des habitants. Ils vous accueilleront avec un grand plaisir ! Par contre la plupart ne parlent pas anglais, mais vous pouvez utiliser une application de traduction hors ligne comme google traduction, très efficace !

Quand visiter la vallée d’Harau ? A quelle saison ?

Le climat est de type équatorial dans la vallée d’Harau, ce qui signifie qu’il pleut régulièrement toute l’année. Malgré tout, d’octobre à décembre les pluies sont plus intenses, il vaut mieux éviter cette période si vous avez le choix. Le reste de l’année, les pluies sont davantage concentrées la nuit ou lors d’orages assez brefs.

La température est relativement constante toute l’année et très agréable, autour de 25-26 degrés le jour.

Si la vallée d’Harau attire très peu de visiteurs étrangers, il y a pas mal de visiteurs locaux, surtout le week end. Ils visitent principalement les cascades accessibles par la route goudronnée. Si vous voulez être tranquilles, évitez donc ces dernières en fin de semaine. Si au contraire vous voulez faire des rencontres, vous savez où aller !

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