Alors que la fin de notre voyage de 5 mois en Asie approche, nous nous apprêtons à vivre, sans le savoir encore, un de ses plus beaux moments lors d’un safari au Wilpattu national park.

Après notre safari à Udawalawe et les multiples rencontres animales que nous a offert le Sri Lanka, nous étions encore boulimiques de nature, d’espaces et d’espèces sauvages. Le parc national de Wilpattu, peu fréquenté, immense et préservé était tout indiqué pour satisfaire cette insatiable envie de voir des animaux. Pour nous aider dans cette quête, Namal du Wilpattu safari camp nous a gentiment invité pour nous guider.

Quand les animaux relient les Hommes

Pour le rejoindre, il nous faut quitter Jaffna en train jusqu’à Anuradhapura et de là prendre un bus, roulant à tombeau ouvert en direction de Colombo. La tâche la plus complexe consistant à le faire arrêter à un carrefour improbable. Défi que nous avons presque réalisé à 400 mètres près (le chauffeur étant un peu distrait et peu enclin à perdre une seule seconde).

D’ici, seul 7 petit km nous séparent du camp et donc du parc national de Wilpattu. Nous scrutons le moindre visage pour deviner qui est Namal. Un homme nous indique alors notre hôte. Namal, souriant, à la corpulence rassurante, nous accueille chaleureusement. Assez vite, Namal perçoit notre passion des animaux. Passion qu’il partage au delà de nos espérances. Nous sommes venus à Wilpattu sans trop d’attentes. Nous savons que l’observation des animaux est une question d’expérience mais également de chance. Nous ne voulons pas trop espérer voir l’animal qui nous fait tant rêver de crainte d’être déçus (peut être même par superstition). Nous l’avons cherché pendant des heures en Tanzanie, il y a quelques années, en vain.

Cependant, je me risque tout de même à poser la question « Est-il fréquent de voir des léopards ? « . Namal a des étincelles qui s’illuminent dans les yeux et me répond très calmement « une fois sur deux ». Cette réponse m’abasourdit, je sens poindre un sourire sur mes lèvres, je tente de réprimer l’excitation voir l’hystérie qui fulmine. Je comprend à ce moment que malgré mes résolutions, je ne pourrais, à partir de maintenant, qu’espérer à chaque instant croiser la route de ce magnifique félin. Rationnelle que je suis, cette statistique transforme un doux rêve en une réalité possible à laquelle je vais m’accrocher coûte que coûte.

Je tente de ne rien laisser paraître, mais je suis affreusement nulle pour cacher mes émotions. A ce moment, je pense que Namal a décidé de  tout mettre en œuvre pour être l’artisan de mon rêve de petite fille.

Namal, l’histoire d’un passionné passionnant de Wilpattu

Passé ce moment, la discussion reprend et nous en apprenons plus sur Namal, le propriétaire de ce camp. Autrefois, il travaillait dans une entreprise et passait le moindre de ses moments libres en safari à travers tout le Sri Lanka pour débusquer toute la richesse de sa biodiversité et la capturer par le prisme de son appareil photo. Cette passion dévorante lui a permis de contribuer à trois ouvrages de photographies animalières.

Le soir, dans l’obscurité de notre tente, éclairée à la lampe torche, je feuillette un de ses ouvrages. Mon émerveillement est total, au point de m’en faire perdre tout vocabulaire. Seul résonnait dans ma bouche quelques onomatopées primaires mais suffisamment claires pour comprendre ma fascination pour le léopard. La nuit, je rêvais de lui, élégant et nonchalant à la fois. Allais-je le croiser ?

Notre nuit fût courte, la nature appartient à ceux qui se lève tôt. Namal n’entend pas perdre une seule minute, il arrive même un peu avant l’horaire d’ouverture, au cas où les gardes auraient décidés de nous faire un petit cadeau. Le soleil se lève sur les lacs, une silhouette de crocodile apparait déjà dans l’eau. Hélio est aux anges, c’est la rencontre qu’il avait espéré.

Voir son sourire et son excitation me rassure sur le fait de faire ce safari de 6h avec lui. Réaliser un safari aussi long avec un enfant de 3 ans et demi, c’est un petit défi. Résultat à la fin de l’article.

Une fois les formalités administratives accomplies, la jeep ne perd pas de temps. La personne au volant n’est pas qu’un simple chauffeur, il est également un excellent guide et un passionné d’animaux comme toutes les personnes qui entourent Namal. Il nous explique qu’avec lui vous avez toutes les chances de voir des animaux, car il est le premier à vouloir les voir et les photographier. Et assez rapidement, nous nous rendons compte de sa dextérité à les repérer.

Nos premières émotions au parc national de Wilpattu

Accrochée fermement à la jeep, je scrute moi aussi l’horizon, le moindre tressaillement végétal, l’infime bruit de la forêt, les mouvements sensibles qui trahissent une présence. Les premières rencontres avec les daims, très nombreux ici, sont magiques. Si ce sont des animaux assez communs sous nos latitudes, les voir dans cet environnement rend l’expérience singulière. Tantôt à l’ombre dans les fourrés, ils ne tardent pas à s’aventurer dans la lumière mordorée du petit jour. A découvert, avec son petit, une femelle nous offre un spectacle de toute beauté. Mais un autre encore plus surprenant se déroule à côté, puisqu’un chacal traverse tranquillement la route sous nos yeux ébahis. Mon cœur bat la chamade, je sais au plus profond de moi que je vais aimer à en perdre la raison cette journée.

Un peu plus loin, dans un lac, un éléphant fait sa toilette sous les projecteurs de la douce lumière du matin. Il en profite également pour prendre son petit déjeuner en arrachant quelques herbes. Notre présence ne le trouble nullement et nous restons un long moment à le regarder. Soudain, nous sentons une vive excitation de la part de Namal, les appareils photos changent de direction et pointent vers le sol, sur la grève. Je regarde aussi, ne distingue rien de prime abord. Je perçois ensuite un oiseau et ses petits. Je m’étonne de l’engouement suscité par ce volatile. Namal m’explique qu’il est très rare de voir cet animal à découvert et encore plus avec ses petits. La scène qui se déroule sous nos yeux est donc particulièrement rare et inédite. Je suis le mouvement de cette frénésie photographique, consciente de vivre un moment unique.

Quand une boule noir se distingue sur la rive du lac, je crois à une hallucination. Mais il s’agit bel et bien d’un ours. Je sais que cela peut paraitre surprenant, mais il y a des ours au Sri Lanka, ce pays ne finira donc jamais de m’étonner ? Namal commence à percevoir que la chance est de notre côté.

La pause petit déjeuner me permettra de reprendre mes esprits. A moins qu’elle soit troublée par des macaques à toque, avides singes, venus à notre rencontre dans l’espoir de nous dérober de précieux bouts d’ananas. Je m’éloigne quelques instants sur les rives du lac.
Pensant m’extasier devant la végétation, c’est un très beau spécimen de crocodile qui attire mon regard. Il est vraiment très près et on le prendrait presque pour un tronc d’arbre. La vigilance est de mise.

Nous reprenons nos recherches aux abords des lacs, dans la foret épaisse et les étendues parsemées d’arbustes. A cet instant, je comprend que Namal le cherche, nous avons déjà vu beaucoup d’animaux et il a à coeur de nous offrir le spectacle ultime du léopard. Mais en vain.

Quand l’heure fatidique de 12h approche, nous commençons à réaliser que nous n’avons pas vu encore l’animal de nos rêves. Il se cache mais il ne sait pas encore qu’il a à faire à des entêtés qui n’ont pas dit leur dernier mot.

Notre seconde chance, sera t’elle la bonne ?

Juste le temps de déjeuner au camp et de se reposer durant les heures les plus chaudes et nous voilà repartis pour une deuxième session de safari. Celle-ci durera environ 3h (de 15h à 18h).

Je sens Namal et notre chauffeur concentrés et résolus à nous faire vivre un moment exceptionnel. Nous faisons et refaisons les mêmes trajets, longeons maintes fois les rives des différents lacs, lieux propices pour observer les animaux car ils viennent s’y désaltérer. Quand nous croisons une autre jeep, les chauffeurs s’échangent des informations. Nous les observons attentivement pour déceler dans leurs gestes ou quelques mots (ils parlent en cinghalais) des signes encourageants pour notre recherche.

Dans ce deuxième safari, je suis plus tendue, je ne veux louper aucune seconde à tel point que j’ai la sensation que mes yeux clignent moins souvent. Je pense ne jamais avoir connu un moment aussi intense en terme de concentration. J’étais à 1000% dans l’instant, là de la tête aux pieds, la moindre de mes cellules aux abois et prête à vivre enfin ce moment.

Nous observons des mangoustes, des cochons sauvages et nous voyons de très près un nid d’oiseau où des petits sont en train d’être nourris par leur mère. Nous ne restons pas trop longtemps car les oiseaux ont tendance à abandonner leur nid si on les dérange trop.

Si Namal prend le temps de s’arrêter de nouveau auprès des oiseaux rares de ce matin, il fait moins d’arrêts pour les autres spécimens. Il a en tête un but précis qu’il ne lâchera pas. Je ne relâche pas mon attention mais les minutes et heures s’égrènent sans que nous ayons des signes encourageants.

Une rencontre, un rêve au Wilpattu national park

Quand soudain, je vois Sébastien s’agiter, ouvrir grand les yeux, bafouiller un « il est là, p… il est là, juste là ». Je comprend et mon regard se trouble, l’émotion me fait regarder dans toutes les directions pour enfin me fixer sur lui.

Le léopard. Ce sublime léopard est sous nos yeux, à seulement quelques mètres. Tranquille, il avance avec grâce. Sa robe se distingue de l’herbe haute et verte. Il disparait pour réapparaitre l’instant d’après, près d’un tronc d’arbre où il se frotte négligemment, comme au ralenti. Durant tout cet instant, je serre fort mon fils dans les bras, je le porte et je pointe du doigt le léopard pour qu’il n’en perde pas une miette.

Il est sous le charme aussi, il comprend la rareté de l’instant. Il a attendu lui aussi toute la journée, il a espéré avec nous. Il a été d’une patience infinie car je suis convaincue qu’il a saisi à quel point c’était important pour nous. Alors que le léopard repart dans les fourrées, je pense la rencontre terminée.

Namal donne des instructions, que je ne comprend pas, au chauffeur. Il se place un peu plus loin au milieu de la route. Namal nous regarde et nous ordonne presque de nous tenir prêts avec notre appareil photo « il va passer juste devant nous », nous lâche-t-il tel un prophète. J’ai du mal à y croire, Seb me tend l’appareil car je suis mieux placée. J’attends tremblante et il arrive comme par enchantement. Je suis si émue que j’ai toute la peine à me concentrer sur la prise de photo. Je savoure l’instant. Le léopard est complètement à découvert, tous les détails de sa beauté sont parfaitement visibles. Mon cœur bat la chamade comme une adolescente amoureuse pour la première fois.

Mon regard croise celui de Sébastien, nous nous sommes oubliés un instant pour mieux nous rendre compte de ce qui nous lie. Pas besoin de mots pour comprendre que nous avons ressenti en tous points la même chose. Cette sensation indescriptible d’un rêve qui se réalise.

Mille fois merci Namal de l’avoir rendu possible.


Guide pratique : organiser son safari à Wilpattu

Comment se rendre au parc national de Wilpattu ? Les transports

Le plus simple est de venir depuis Anuradhapura, qui ne se trouve qu’à 50km. Prenez le bus qui va en direction de Colombo en passant par Puttalam. Il faut demander à vous arrêter à la Wilpattu jonction située entre Anuradhapura et Puttalam.

Depuis Colombo, il faut prendre un bus en direction d’Anuradhapura. Il passe par Negombo, Chilaw, Palaviya et Puttalam. Il faut demander à vous arrêter à la Wilpattu jonction sur la route entre Puttalam et Anuradhapura.

Quand vous êtes à la Wilpattu jonction (que vous arriviez d’un sens ou de l’autre), vous n’êtes plus qu’à 7km de l’entrée du parc. A cette jonction, vous trouverez des moyens pour y accéder. Peut être qu’on vous proposera même un safari.

Si vous avez un hébergement situé tout près du parc national de Wilpattu, il est fort probable qu’on vous propose de venir vous chercher là où le bus peut vous déposer sur la route. De nombreux hébergements se situent sur les 7 km après la jonction.

Où dormir au parc national de Wilpattu ?

Nous avons eu la chance de loger au Wilpattu safari camp qui se situe à la lisière du parc. Nous avons été invité par Namal que nous remercions infiniment. Le camp est parfaitement intégré à la nature, les tentes sont spacieuses et joliment décorées. Ici, le luxe est d’être en pleine nature avec des passionnés qui vous donneront le meilleur d’eux mêmes pour vous faire vivre un moment d’exception, tout en respectant les animaux et leur environnement. Le camp ne comporte que trois tentes. Il ne peut y avoir au maximum que 8 visiteurs.  Le Wilpattu safari camp propose une formule tout compris (hébergement, repas, entrée dans le parc, safaris).  Nous avons conscience que les tarifs ne sont pas à la portée de tous les budgets mais si vous avez les moyens nous vous recommandons à 100% cette expérience.

Namal et toute son équipe ont fait preuve de beaucoup de gentillesse et de professionnalisme. Le cadre est magnifique et la nourriture exquise. Notre séjour a été émaillé de multiples attentions et comme il y a peu de visiteurs, tout est personnalisé et nous avons vraiment eu le temps de passer du temps avec Namal qui est passionnant.

Pour les passionnés d’observation animalière et de photographie, c’est la garantie d’être dans les meilleures conditions possibles. Non seulement vous aurez les meilleures chances d’observer les animaux de Wilpattu, dont le léopard, mais aussi dans les meilleures dispositions, Namal étant un photographe animalier accompli. Les guides savent comment se placer par rapport à la lumière et ça change tout !

Plus d’informations sur le Wilpattu safari camp

Préparer un safari au parc national de Wilpattu. Comment s’organiser ? Quelle agence ?

Éléphants Udawalawe

Pour organiser votre safari au parc national de Wilpattu, il y a deux moyens :

Il y a deux moments pour faire des safaris au Wilpattu safari camp, comme la plupart des agences. Le premier est dès l’ouverture de 6h à 10h du matin. Le deuxième entre 15h et 18h.  Je vous conseille de faire les deux créneaux. Mais si vous choisissez de partir avec Namal, il y a de bonnes chances que vous dépassiez les horaires indiqués, voire faisiez une journée continue si vous êtes en forme.

Le parc se visite toute l’année, mais la meilleure saison se situe entre février et octobre.

Faire un safari au Sri Lanka avec un enfant en bas âge

Le Sri Lanka est une destination idéale pour réaliser un premier safari avec un jeune enfant (moins de 7 ans). Contrairement à d’autres pays, il est autorisé d’amener un jeune enfant. De plus, il existe des safaris à la demi- journée, ce qui est parfait pour tester la patience de votre enfant, comme à Udawalawe par exemple.

Si votre enfant a déjà l’habitude de faire des balades d’observation de la nature et qu’il s’intéresse aux animaux, un safari de quelques heures ne devrait pas poser de problème. S’il n’est pas habitué à observer les animaux, qu’il n’a pas cette sensibilité, je vous conseille de faire dans un premier temps d’autres types de balades où l’on peut voir des animaux.

Eléphants Udawalawe

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