Mindo, rencontres dans la forêt de nuages 5


L’équateur fût notre premier voyage sur le sol sud américain, notre première immersion en territoire latino. Une escapade initiatique entre Mindo et Puerto Lopez qui nous donna le goût de l’Amérique latine et l’envie insatiable de fouler sa terre du Nord au Sud. C’est ce voyage et ces anecdotes que nous vous racontons 10 ans après (il n’est jamais trop tard).

Mindo, un village niché dans les montagnes fût une de nos premières étapes de cette escapade équatorienne.

De Quito à Mindo, le défilé de paysages

A seulement 80 km au Nord Est de Quito, Mindo offre un tout autre visage de l’Équateur que sa capitale Quito, fière, altière où l’air se fait rare et l’altitude pesante.

A l’inverse, Mindo est une bouffée d’air, une brume vaporeuse et humide où la multitude d’êtres vivants ne se compte pas en êtres humains mais en animaux ailés et colorés. Cette transition entre ces deux univers, pendant les 2h de bus qui les séparent, est à elle seule une expérience à part entière.

Scotchée à la vitre du bus, je m’amuse avec l’air chaud et humide de mon souffle qui en trouble la transparence. Mon regard ne peut se détacher du paysage. Au delà d’être beau, ce qui me fascine c’est son caractère changeant.

Le bus, parti à 2850 m d’altitude de Quito, entreprend une longue descente. Au loin, on distingue les sommets enneigés tandis que l’altiplano dessine un paysage désert et hostile. Il est vite reconquis à mesure que l’on descend par une végétation qui ne cessera de se densifier. Les plantes croissent au rythme des degrés qui augmentent. Les nuances de vert envahissent alors mon champs de vision. Et bientôt, tandis que l’on pense avoir descendu suffisamment pour être au plus proche de la Pacha Mama, de cette terre nourricière et fertile, on lève les yeux et ils sont alors plongés dans le brouillard.

La tête dans les nuages, les pieds au sol, bienvenue dans la cloud forest « forêt de nuages ».

Village de mindo

Rencontre avec la cloud forest à Mindo

La cloud forest est un type de forêt tropicale dont la particularité, comme son nom l’indique, est d’être surmontée d’une brume de nuages quasi permanente au dessus de la cime des arbres. Elle se rencontre entre 1000 et 3000 mètres d’altitude.

brume cime des arbres

Ce qui est particulièrement remarquable et constitue une expérience sensorielle forte, c’est l’extrême humidité qui règne ici. Les végétaux y prolifèrent, retenant encore davantage l’eau. Chaque millimètres carrés est pulvérisé de micro-goutelettes (une sorte d’arrosage automatique hyper performant) ce qui en fait le terrain privilégié pour les épiphytes. Ce type de plantes a la particularité d’utiliser d’autres végétaux comme support pour pousser. Elles n’ont pas besoin de terre et c’est pourquoi on les retrouve dans de drôles d’endroits.

épiphyte mindo

Si vous observez attentivement, vous constaterez rapidement que la moindre branche est recouverte de mousse aux textures et nuances différentes, que les lianes se suspendent et relient les arbres entre eux, que les orchidées se nichent où elles peuvent. Ces différentes espèces s’enlacent dans une masse inextricable.

flore mindo

Le meilleur endroit près de Mindo pour observer cette flore est sans aucun doute le sentier des cascades. C’est une belle randonnée sur un chemin étroit envahi de végétation, qui serpente la montagne et où les cascades et ruisseaux se succèdent. Un parcours où on pourrait se prendre pour Indiana Jones.

On y accède avec un moyen de locomotion peu ordinaire, une tarabita. La tarabita c’est une nacelle qui relie une vallée à une autre. Propulsée grâce à un bidouillage motorisé à première vue douteux, ce moyen de transport tient encore la route 10 ans plus tard.

Cependant, peut être que le conducteur d’aujourd’hui a un look moins rétro ! Ceux qui ont le vertige auront surement quelques sueurs froides, surtout si un mec du coin s’amuse à se mettre debout en dehors de la nacelle (sur le rebord) simplement en tenant l’armature (genre c’est normal !).

La balade se fait facilement à condition d’aimer être trempé, car même sans suer à grosses gouttes, l’humidité atteint un tel paroxysme qu’on se prendrait pour une éponge oubliée au fond de l’évier. Vous verrez surement voleter également quelques espèces d’oiseaux.

fleur mindo

Car je ne l’ai pas mentionné mais une autre spécificité de la forêt de nuage c’est son incroyable biodiversité et particulièrement pour les oiseaux qui s’y sentent comme des coqs en pâte (jeu de mot foireux, quand tu nous tiens).

Le territoire des colibris

La star des oiseaux à Mindo est sans conteste le colibri ou plutôt les colibris. Par chance, nous étions tombés sur un hostal avec des petites cabanes en bois dans un joli jardin. La fenêtre de notre chambre offrait un écran sur celui ci, avec un zoom direct sur les mangeoires sucrées attirant une nuée de colibris. J’entends encore le vrombissement de leurs vols, ce son qui donne l’impression qu’un énorme bourdon va s’écraser sur votre tête. Je crois bien que c’est ici que notre fascination pour les oiseaux a commencé à s’affiner, s’immiscer en nous. Il faut dire que ces oiseaux sont étonnant par leurs couleurs irisées, leur taille et leur rapidité.

Armé de mon appareil de l’époque, je tente en vain d’obtenir une photo correcte, pas facile ! Dans la vallée de cocora en Colombie, 10 ans plus tard, j’aurai plus d’expérience et un matériel plus adapté pour réussir la prise de vue.

Pour ceux qui seraient tentés de photographier ces bestioles, je vous conseille l’excellent article de Mme Oreille sur le sujet.

Alors, envie de voir cette nature exubérante ?

 

Informations pratiques

Même si le voyage remonte à 2004, nous avons pris le soin de réactualiser toutes les informations pratiques ci-après (janvier 2016).

Se rendre à Mindo depuis Quito

De nombreux bus rejoignent Mindo depuis Quito. Pour cela, rendez vous à la gare routière nord appelée Ofélia. Le trajet dure environ 2h – 2h30 et le billet aller vous coutera 2,5 dollars.

Quoi faire à Mindo ?

  • La route des cascades

Il n’y a que 7 km qui séparent Mindo de la tarabita. Il y a trois options possibles : vos pieds, un taxi ou une chiva (camion à bétail en quelque sorte). En fonction de vos moyens et de votre empressement on vous laisse choisir votre transport préféré.

Le coût de la tarabita pour accéder à l’autre côté de la vallée et au chemin des cascades est de 5 dollars aller-retour.

  • Observer les colibris

Vous pourrez en voir dans de multiples lieux, cependant nous vous conseillons de choisir si possible un hébergement avec un petit jardin et des mangeoires pour pouvoir les observer de plus près. Un colibri dans la nature, dès que c’est à plusieurs mètres, c’est tellement riquiqui qu’on ne peut pas profiter de leur beauté.

  • Gouter un chocolat au El Quetzal

Si la brume nuageuse vous donne des impressions de mauvais temps ou que l’humidité vous refroidi la couenne, rien de tel qu’un bon chocolat chaud. Il paraît que ceux d’El Quetzal sont excellents. Perso, je suis plus café.

  • Découvrir le processus de fabrication du café

Et ça tombe bien que je sois plus café que chocolat, car la région est aussi productrice. De la croissance des grains de café jusqu’à la torréfaction, vous trouverez des occasions d’échanger avec les personnes qui continuent à faire perdurer ce savoir faire. Votre hébergement pourra vous mettre en relation facilement avec une finca (ferme).

  • Visiter une ferme de papillon

La ferme de papillons (Mariposario) n’existait pas lors de notre voyage, mais depuis, en lisant plusieurs articles, j’ai bien l’impression que c’est une étape incontournable notamment pour les enfants. Dans cette ferme, vous verrez évoluer différentes espèces de papillons, mais vous pourrez aussi les voir naitre. En effet, la nurserie est accessible aux visiteurs qui avec de la chance observerons un papillon sortir de sa chrysalide. Ce lieu est situé à 30 minutes environ du centre de Mindo. L’entrée vous coutera 5 dollars.

  • Faire du rafting

Vous n’aurez aucun mal à trouver une agence de sports extrême en tout genre comme le rafting si vous en avez assez des instants contemplatifs devant la nature.

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Mindo en Equateur

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A propos Laura

Droguée aux voyages depuis maintenant plus de 10 ans, je sillonne la planète avec Seb à la recherche de petites ou de grosses bêtes. Les forêts luxuriantes jusqu'au déserts lunaires m'offrent un terrain de jeu à ma deuxième passion : la photo. Entre deux voyages, je bosse dans le domaine de la prévention santé.


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5 commentaires sur “Mindo, rencontres dans la forêt de nuages

    • Laura Auteur du billet

      A l’époque nous écrivions sur des carnets, pas de blog mais la perspective de partager ce beau voyage quoique ancien était trop forte. Bien contente que cela t’ai plu et ce n’est que le début. D’autres articles vont suivre… En Équateur et ailleurs.

    • Laura Auteur du billet

      Mindo nous avait laissé un très beau souvenir, j’ai la sensation que ça n’a pas beaucoup changé et c’est tant mieux. La forêt de nuages se retrouve en effet également au Costa Rica, à Monteverde notamment où nous avions eu la chance de croiser un quetzal 🙂 Cet ecosystème est vraiment magique.

  • Leslie@VoyagePerou

    Incroyable! Moi ça me rend dingue les paysages comme ça, avec la vapeur qui flotte. Je me sens en vie, ça m’émeut. Faut vraiment que je me décide à aller en Équateur, depuis le temps que j’y pense!
    ps: mais ce dude il aurait tellement pu jouer dans Coming to America 😀