À Kuala lumpur nous avons pas mal tergiversé sur la suite de notre itinéraire. Nous avions des envies de Borneo, mais cela revenait à faire machine arrière question avion et nous voulions limiter nos déplacements. Nous avons jeté notre dévolu sur Sumatra, et Georgetown en Malaisie était un des points de départ possible, assez logique après notre escapade verte dans les Cameron highlands.
Georgetown dont le centre historique est classé au patrimoine mondial de l’Unesco est souvent vanté pour ses œuvres originales de street art où l’on peut se mettre en scène.Curieusement, cet aspect de la ville nous a moyennement subjugué au regard de ce qu’elle a à proposer.

Georgetown ou le street art

Comme je le disais en préambule, les œuvres de Ernest Zicharevic sont très célèbres. A tel point que les voyageurs n’hésitent pas à faire la queue pour décrocher une photo les mettant en scène. Elles sont certes amusantes, mais commencent selon moi à vieillir. Les œuvres d’autres artistes restent rares.

En revanche, l’ensemble de dessins en fer représentant de manière caricaturale et humoristique des tranches de vie du quotidien ou des faits historiques de la Malaisie me semblent très intéressants. 52 scènes composent cette œuvre parsemant la ville. Une manière très originale et contemporaine d’appréhender la culture et l’histoire locale.
Pour trouver toutes ces œuvres, c’est très simple. Votre hôtel vous fournira probablement une carte détaillée avec les différents spots, ou vous pouvez la télécharger ici.

Georgetown ou l’immigration chinoise : des clan jetties au Khoo kongsi

A Georgetown, nous avons pris connaissance d’un pan important de l’histoire de la Malaisie. Terre d’immigration et de melting pot, elle a accueilli dès le XVe siècle de nombreux immigrés chinois. A Georgetown, des quartiers ou édifices en témoignent.

Les clan jetties et Chew jetty de Goergetown

Les clan jetties sont des villages flottants chinois datant du XIXe siècle. Construits anarchiquement avec les moyens du bord à l’époque ces quartiers ont accueilli les immigrés, qui, pour s’entraider, se sont réunis par clan. Plusieurs de ces jetties sont encore aujourd’hui habités par les descendants de ces différents clans. Mais ces derniers travaillent désormais en ville et leur cadre de vie s’est grandement amélioré.
Le Chew jetty est sûrement le plus touristique. La ruelle principale est bordée d’échoppes à souvenir, de marchands de glaces et autres spécialités au durian.

Le charme des jetties réside dans de minuscules détails. Une porte entrouverte sur la vie d’une famille, un vélo diablement photogénique devant une porte qui l’est tout autant, une bougie allumée sur le perron, les vapeurs d’encens s’échappant du temple… On se sent un peu voyeur dans ce microcosme exigu, mais l’accueil est chaleureux.

Après notre visite de chew jetty que vous pouvez découvrir dans un court hyperlapse ci-dessous, nous avons longé la rue principale pour nous faufiler dans le Tan jetty voisin. Son long ponton permet d’avoir une vue d’ensemble de Chew jetty et de constater le côté brinquebalant de ces constructions.

Le Khoo kongsi

Autre marqueur de la présence chinoise à Georgetown, les Kongsi. Il s’agit de maisons de clans chinois qui avaient pour fonction de soutenir économiquement les membres d’un même clan afin de les aider à réussir sur cette nouvelle terre d’accueil. Certains Kongsi comme le Khoo Kongsi étaient tellement développés qu’on pouvait parler de village au sein de la ville. Il possédait son propre temple, son système éducatif, financier et social. Ce mode d’organisation eu un rôle très important, puis s’est progressivement atténué. Situé au cœur du centre ville classé par l’Unesco, le Khoo Kongsi est intéressant de part la richesse de ses édifices et de son état de conservation, mais également car il dispose d’une exposition interactive retraçant l’histoire des chinois arrivés en Malaisie et le rôle des Kongsi. C’est selon moi une visite très intéressante du point de vue culturel.

Les shop houses de Georgetown

Enfin, la ville est réputée pour ses « shop houses », ces maisons étroites sur un étage dont le rez de chaussée servait de boutique et l’étage de maison pour le commerçant chinois et sa famille. Au centre de ces « shop houses » se trouvait une cour. L’alignement de ces shop house est particulièrement photogénique et donne beaucoup de cachet à la ville. Nous avons eu la chance de loger dans l’hôtel Areca qui a réhabilité plusieurs « shop houses ». Les structures verticales ont été conservées mais elles ont été ouvertes sur les côtés de manière à créer une continuité et former ainsi une belle enfilade et un joli patio intérieur. Être logé dans un bâtiment historique permet de vivre encore plus intensément la ville et son histoire. Une belle manière aussi de conserver ces maisons parfois à l’abandon et leur donner une seconde vie tout en respectant leur architecture initiale.

Georgetown ou le bouddhisme

En relation avec la diaspora chinoise, mais pas que, se trouvent de nombreux temples bouddhistes à Georgetown. Peu accoutumés à visiter une pelletée de temples, Georgetown nous a conquis au point de nous faire faire la tournée des temples bouddhistes.

Le temple thai du bouddha incliné Wat Chaiyamangalaram

Le plus chatoyant d’entre eux est celui de « Reclining Buddha Wat Chaiyamangalaram » qui comme son nom l’indique accueille un bouddha couché très impressionnant. Aussi spectaculaire, l’entrée du temple Thai et ses dragons en mosaïque de verre étincelant.

Le temple birman Chùa Phật Dhammikarama

Juste en face de ce temple, se situe un autre temple bouddhiste, cette fois ci d’origine Birmane. Plusieurs édifices le composent avec des bouddhas debouts ou assis. On y retrouve toute l’iconographie bouddhiste, ainsi que des animaux emblématiques comme le cerf. Le jardin entre les bâtiments est très agréable et peut permettre à vos enfants de gambader un petit peu tout en observant les poissons et les tortues des différents bassins.

Le temple de Ke Lok Si

A environ 45 minutes de Georgetown, se trouve le temple bouddhiste le plus impressionnant, le Ke lok si. C’est le plus grand de toute la Malaisie et certains disent même de toute l’Asie du Sud est. Sa construction sur les collines a demandé 37 ans. La pagode principale comporte 7 étages et 10 000 statues. Une imposante statue de 30 mètres en l’honneur de la déesse de la miséricorde complète ce monument hors norme. Impossible de le louper dans le paysage tellement Ke lok si est gigantesque. Lors de notre passage à Penang nous étions à quelques jours du nouvel an chinois. Pour cette occasion le temple se pare de milliers de lumières, une folie énergétique que nous avons voulu observer de nos propres yeux. Chaque année, le temple Ke lok si s’illumine et ouvre le soir pour les festivités du nouvel an chinois. Nous avons tenté notre chance mais nous nous sommes cassés les dents à l’entrée. Il n’ouvrait de nuit qu’à partir du lendemain… A un jour près, c’est rageant ! Mais le lendemain nous avions notre avion pour Sumatra (c’est ça de ne pas regarder les dates des évènements). Nous avons du nous contenter d’une vue générale sur le temple (ce qui est déjà très impressionnant) et manger dans un food court aussi typique qu’économique.

Georgetown, la belle indienne (little india)

Ce qu’il y a de magique en Malaisie c’est que l’on peut passer de la Chine à l’Inde en moins de 5 minutes. Après notre visite des clan jetties ou des Kongsi, à quelques encablures, nous voilà dans le quartier de little india où les chansons de bollywood résonnent à plein tube. Les magasins de saris et les restaurants indiens témoignent de la présence de cette communauté au sein de Georgetown. Appréciant particulièrement la nourriture indienne, nous y avons passé quelques midis, intéressés que nous sommes. L’occasion aussi de visiter le temple hindou de Sri Mahamariamman et de rencontrer des vendeurs de colliers et offrandes en fleur.

Disposés le long de la rue, près du temple, des fleurs par milliers attendent qu’on les assemble dans des couronnes ou colliers que les hindouistes utilisent pour de nombreux usages (offrandes, mariages, funérailles etc.). La présence d’Hélio m’aide à tisser le premier contact avec une femme qui tient un de ces étals. Les réalisations sont magnifiques, elles requierent du temps et de la patience. Plus loin, ce sont plusieurs hommes qui nous feront une démonstration de leur art et nous en dévoileront un peu plus sur ces fleurs et leurs usages. L’une d’elle, ici en photo, peut se conserver sans se faner ni sécher pendant 3 mois. Il m’en a donné une pour que je teste. Après 2 mois, je peux attester qu’elle a toujours un superbe éclat. Je suis impressionnée.

Au final, nous avons été agréablement surpris par le charme de Georgetown et la péninsule de Penang. Pour ceux qui aiment flâner et se laisser surprendre au détour d’une ruelle, c’est une ville idéale.

Guide pratique : visiter Georgetown (Penang) en Malaisie

 

découvrir georgetown, son street art, ses temples bouddhistes et toute l'histoire de l'immigration chinoise et indienne. #Malaisie
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Quand aller à Georgetown en Malaisie ?

Chaque année, Georgetown accueille un festival culturel et artistique très important. Expositions, dance, thêatre, arts de rue, c’est un programme riche qui anime la ville. Il se déroule en général fin aout-début septembre. Allez jeter un coup d’œil au site internet que j’ai placé juste pour vous faire une petite idée.

Un autre moment où il peut être intéressant de venir à Georgetown, et plus largement Penang, est la période du nouvel an chinois. Visiter le temple Ke lok si de nuit durant les illuminations, cela doit être impressionnant. Sans pouvoir y rentrer nous avons déjà été ébahis. Mais attention, à cette période les hôtels sont pris d’assaut…

Comment se rendre à Georgetown (Penang) ?

Transport Georgetown (Penang) – Kuala Lumpur en bus

Georgetown (Penang) est très bien desservi depuis Kuala Lumpur, c’est un des axes majeurs de circulation. Les bus partent principalement du Terminal Bersepadu Selatan et arrivent au Penang Sungai Nibong bus terminal (qui est à 20 minutes de Georgetown). Le trajet dure environ 4h30 et coûte entre 38 à 42 RM en fonction du standing du bus.

Arrivé au terminal à Penang, vous avez plusieurs options pour vous rendre jusqu’à Georgetown :

  • Soit vous prenez les bus de villes (les jaunes ou les Rapid Penang), plusieurs passent par le centre de Georgetown comme le U301,U303,U401, le Milan 3 ou 4.
  • Soit vous optez par le taxi via l’application Grab. Pratique et plus économique qu’un taxi conventionnel.

Si vous optez pour un bus venant de Kuala Lumpur dont le terminal est Butterworth (en face de l’île de Penang), il vous suffira de prendre le ferry (environ 15 minutes) qui vous amènera directement à Georgetown. La fréquence des ferrys est toutes les 20 à 30 minutes la journée et un par heure de 22h à 1h du matin. Le prix est de 1,20 RM pour les piétons. Si vous avez un véhicule, il faudra ajouter un supplément. Retrouvez ici toutes les informations pratiques sur le ferry.

Vous pouvez réserver votre billet de bus en ligne sur le site Busonlineticket, ainsi que consulter les horaires (les départs sont très fréquents).

Transport entre Georgetown et les Cameron Highlands en bus

Au départ des Cameron Highlands et plus particulièrement de Tanah Rata, il y a des bus qui desservent Penang. Tout comme les bus qui arrivent de Kuala Lumpur, le terminus est le Penang Sungai Nibong bus terminal. Arrivé ici, pour rejoindre Georgetown vous pouvez utiliser le bus ou le taxi comme décris dans le paragraphe précédent.

Si vous voulez plutôt prendre le ferry, il faudra vous arrêter avant le terminus au niveau du terminal de ferry de Butterworth.

Où se loger à Georgetown ? L’Areca hotel Penang

Nous avons logé dans le très bel hôtel Areca (où nous étions invités) à quelques minutes à pied du centre historique. Cet hôtel a rénové plusieurs shop house pour créer un endroit superbe. Dès la réception nous sommes tombés sous le charme du sol en mosaïque, des meubles et escaliers en bois, de la décoration ultra soignée.

Que dire de notre chambre si ce n’est que c’est sûrement une des plus belles chambres qu’on est jamais eu. Très spacieuse et bien agencée, elle a surtout beaucoup de cachet avec l’omniprésence du bois et des meubles anciens. Nous avons merveilleusement bien dormi grâce au calme de l’établissement.

Cet hôtel est parfaitement adapté aux familles. Les enfants ont droit à de jolies attentions à leur arrivée avec un petit kit d’accueil. Un espace jeu se trouve à la réception ainsi qu’une salle de jeux dans le patio. Il est possible d’emprunter des jouets et de les garder dans la chambre. Les chambres familiales sont très grandes avec un espace pour ranger ses valises, ce qui est très pratique.

Le personnel est très attentif et bienveillant vis à vis des enfants. Si vous avez besoin de quoi que ce soit pour votre enfant vous trouverez une équipe à l’écoute. Vous pourrez laisser votre enfant gambader dans l’hôtel et le restaurant sans avoir peur des regards réprobateurs.

Mais que les couples se rassurent, vous n’aurez pas à craindre qu’une myriade de bambins vous écorchent les oreilles. L’agencement de l’hôtel est tel que vous ne subirez aucune nuisance sonore. Une gageure en plein centre historique de Georgetown !

Informations et réservation : booking.com ou agoda

Que faire à Georgetown en Malaisie ?

  • Visiter le centre historique (heritage) et chasser les œuvres de street art dans les rues de Georgetown
  • Flâner dans le centre historique et observer la richesse culturelle et religieuse (visites des temples bouddhistes, hindouistes, mosquées)
  • Visiter un Kongsi pour en apprendre plus sur ce système d’entraide chinois
  • Se balader sur un jetty (Lim jetty, Chew jetty, clan jetties, tan jetty, Yeoh jetty…) et savourer quelques spécialités chinoises
  • Explorer les superbes demeures des riches commerçants chinois (Blue mansion cheong Fatt tze, Pinang Peranakan Mansion)
  • Manger et encore manger dans un des nombreux stands de street food, les possibilités sont infinies.

Que faire dans les environs de Georgetown – Penang ?

  • Randonner dans le parc national de Penang (article à venir)
  • Se balader à Penang Hill pour débusquer des singes et des écureuils géants
  • Visiter le temple bouddhiste Ke lok, notamment de nuit pendant le nouvel an chinois