Laissez moi vous préciser le contexte de cette initiation en terre aveyronnaise. Pour sa 5e édition, le salon des blogueurs de voyage se tenait à Millau. La veille, les office de tourisme locaux nous avaient concocté des programmes plus alléchants les uns que les autres. C’est sur le plateau du Larzac que s’est penché mon dévolu. Le Larzac c’est pour moi un territoire inconnu mais un nom qui appartient à mon histoire familiale. Celle de ma mère plus exactement. Pour elle, militante de la première heure, le Larzac est un symbole. Je l’ai souvent entendu parler du mouvement de désobéissance civile des années 70 s’opposant à un projet d’extension de camp militaire sur des terres agricoles.

L’époque n’est plus la même mais ce symbole de réussite d’un mouvement collectif raisonne encore fort dans le cœur et la raison de personnes aujourd’hui encore engagées.

C’est donc avec ce bagage que j’arrive à Millau. J’y retrouve les copains blogueurs rencontrés au fil des années. Une communauté virtuelle qui n’a besoin que de quelques secondes pour passer au réel. A force de se suivre et d’interagir ensemble toute l’année, nous avons la sensation de bien nous connaitre, les échanges n’en sont que plus faciles.

Accueil chaleureux en Aveyron

Krystelle et Solveig de l’Office de tourisme de Larzac Vallée nous accueillent chaleureusement. L’ambiance est immédiatement à la rigolade, à tel point que je n’ose vous répéter les premières blagues qui fusent à l’intérieur du mini van. Je suis en compagnie de Laurianne d’Un pied dans les nuages, Aurélie de Chouette World, Vanessa de le tour du monde à 80 cm, Pascal de Dreamsworld et Emilie de Parents voyageurs. Une bande de gosses curieux et enthousiastes, c’est ce que nous sommes. Solveig qui ne mâche pas ses mots, renforce cette ambiance joviale. Et c’est avec cette bonne humeur que je découvre les premiers paysages d’Aveyron et du Larzac. Contrairement à l’atmosphère, les paysages sont plutôt hostiles. Comme le dira Solveig, le Larzac c’est « 10 mois d’hiver et 2 mois d’enfer ». Malgré cette phrase, je sens immédiatement chez Solveig un amour incommensurable pour cette terre et une tendresse communicative. D’ailleurs, ce sont souvent dans les paysages les plus rudes que se forgent la générosité et l’attachement profond à sa terre. La suite de la journée ne viendra pas me contredire sur ce point.

La Couvertoirade, village fortifié des templiers

village de la couvertoirade sur le plateau du Larzac dans l'Aveyron

Notre première découverte de la journée est un village qui fait la fierté de ses habitants. Il s’agit de la Couvertoirade. Ce village médiéval entouré de tours de guets fait partie des plus beaux villages de France. L’architecture en pierre calcaire et les toits en lauze bien préservés donnent beaucoup de cachet à ce village, tout comme les innombrables détails (fleurs, enseignes en fer forgé…) que les habitants, attentionnés, ont disposé pour embellir leur trésor.

Ce village a une histoire riche marquée par la présence des templiers puis celle des hospitaliers. D’ailleurs, on retrouve ici l’unique château templier de France. Ils se sont installés ici car on leur avait donné des terres. Ce château servait d’école pour ceux qui partaient en croisade. Si les templiers avaient fait vœu de pauvreté, ils vont finir par amasser un patrimoine foncier considérable.

Les templiers gardaient les économies des pèlerins en échange d’un morceau de bois. Si les pèlerins réussissaient à atteindre Jérusalem, ils récupéraient leur économies en montrant le bout de bois sinon les templiers les gardaient. C’est de là que vient l’expression « faire un chèque en bois ».

Après le procès des templiers et leur condamnation, le château fût repris par les hospitaliers. Du château, il ne reste pas grand chose. En revanche, nous pouvons visiter une très belle église qui réserve une surprise en son centre mais je ne vous en dit pas plus.

Nous regardons le village à travers ses différentes époques, Solveig nous raconte même ses souvenirs de petites filles car c’est le village qui l’a vu grandir et où elle vit d’ailleurs toujours. Elle nous permet aussi de voir des détails qui nous auraient échappé comme les différents systèmes de récupération d’eau de pluie (gouttières, toits et rues en pentes…).

A l’extérieur du village, on peut même apercevoir une lavogne, il s’agit d’une mare naturelle aménagée, très appréciée des animaux qui viennent s’y désaltérer, tout particulièrement les brebis.

L’agro-pastoralisme, tradition incontournable du Larzac

On ne peut pas parler du Larzac sans évoquer l’agro-pastoralisme. Ici les brebis ont façonné le paysage. Les pâturages ont permis aux paysages de rester ouverts et de préserver la biodiversité. Le territoire est reconnu par l’unesco pour cette tradition de l’agropastoralisme et la belle harmonie entre l’Homme et la nature. La relation des bergers avec les brebis s’accompagne de celle avec leurs chiens. Sans eux, ils serait difficiles de rassembler les troupeaux.

Un de ces bergers, Etienne Serclerat, a noué une relation singulière avec ses différents chiens. Ils communiquent avec chacun d’eaux avec un langage qu’il a lui même inventé. Talent qui lui a valu le titre de champion de France d’élevage de chien de berger. Chaque langage est spécifique à chaque chien pour qu’il puisse comprendre que l’ordre donné lui est adressé. En effet, ce berger peut coordonner l’action de 4 chiens en même temps. On l’entend dire des noms de fruits, des mots en anglais, et bien d’autres codes. L’ensemble parait farfelu dans les premières secondes mais quand on voit les chiens s’exécuter instantanément, c’est l’admiration qui succède à la stupéfaction.

Ce ballet est à la fois touchant et spectaculaire. La relation, la communication entre l’homme, les chiens et les brebis est exemplaire.

Sur le plateau du Larzac à cheval

Pour continuer cette balade sur le Larzac, c’est un autre animal avec lequel nous allons devoir communiquer : le cheval. Il s’agit d’une petite immersion dans les paysages du Larzac. D’ailleurs, pour votre information, sachez qu’il ne faut jamais dire DANS le Larzac. Le larzac est un plateau calcaire érodé par le temps et les éléments. On peut donc être au dessus mais non dedans.

Ici, ce type de paysage s’appelle un causse (en l’occurrence, c’est donc le causse du Larzac). Le terme causse provient d’un mot signifiant coquillage car il y a 200 000 ans, c’est la mer qui s’épanouissait ici. Ce plateau karstique se distingue par une pelouse rase qui s’épanouit à même la roche. La végétation suit les courbes du relief, rien ne dépasse vraiment à part dans les dolines, des sortes de cuvettes où quelques arbustes peuvent se développer. A cheval, en prenant de la hauteur, les subtilités du paysage apparaissent.

A cheval, pas évident de prendre des photos nettes !

Initiation à la gastronomie aveyronnaise

Qui dit paysage dit terroir et qui dit terroir dit gastronomie ! Le cheval nous y amène puisque notre point d’arrivée n’est autre que le domaine de Gaillac où nous attend un repas typiquement aveyronnais. Farçous en entrée (galette faite à base de blette ou d’épinard, de jambon et de lait), aligot et viande grillée au flambladou (un flamboir permet de verser du lard fondu sur la viande pendant sa cuisson) pour le plat principal, roquefort et pérail pour les fromages et flaune (sorte de flan) pour le dessert.

Nous goûterons aussi aux charcuteries locales travaillées artisanalement. Plus tard dans la journée, nous rencontrerons Yvon, propriétaire du domaine du roc Nantais. Il aura la gentillesse de nous accueillir dans sa cave personnelle où lui et ses amis dégustent des vins et autres alcools de la région et d’ailleurs, ainsi qu’à différents vins dans la cave personnelle d’Yvon, un habitant de Nant et propriétaire du domaine du roc nantais. Un endroit insolite, une ambiance singulière qui nous marqueront tous. A l’image de cette journée, conviviale, chaleureuse et ne manquant pas de piment !

Une dernière étape à Cantobre, village perché

Sur le chemin du retour, un village perché sur un éperon rocheux attise notre curiosité. Nous nous y arrêtons quelques instants. Sur ses versants, des cultures en terrasses se déploient. Sur le Larzac, il y a peu de terres fertiles alors on ne gâche aucun centimètre carré. Traditionnellement, les terres les plus fertiles étaient léguées aux ainés des familles. Ceux qui n’avaient pas de bonnes terres montaient à Paris pour vendre du charbon l’hiver et de la limonade l’été, c’était ce qu’on appelait les « bougnats ».

Village perché de Cantobre sur le plateau du Larzac dans l'Aveyron
Village perché de Cantobre

Nous flânons quelques instants dans ce village, Solveig nous distille quelques derniers secrets sur sa terre, sa région. Comme celui de la Cardabelle, cette plante qui a le pouvoir de prédire le temps. De la famille de l’artichaut, elle donne de grandes fleurs dont le centre se resserre quand le temps s’annonce humide. Au contraire, par temps ensoleillée elle s’étire. On la retrouve séchée sur les portes des maisons, c’est une sorte de porte bonheur et baromètre local. Solveig nous a vanté toute la journée sa région avec un certain brio, sûrement une de ses meilleures ambassadrices.

Un premier aperçu de cette région qui donne envie de revenir pour en comprendre toute sa richesse, sa beauté et sa complexité.


Guide pratique : visiter le Larzac, que voir, que faire ?

Comment se rendre sur le plateau du Larzac ?

Le plateau du Larzac s’étend entre Millau et Lodève. On peut y accéder bien entendu en voiture. Pour venir en train, il faudra vous arrêter à Montpellier puis prendre une navette jusqu’à Millau.

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Que faire sur le plateau du Larzac ?

Pour découvrir les paysages du Larzac, ses steppes et ses vallées, rien de tel que des activités de plein air. Le Larzac en propose de nombreuses comme :

  • VTT
  • Randonnées
  • Équitation
  • Canyoning
  • Escalade et parcours aventure
  • Visiter les villages

Côté patrimoine, le Larzac est bourré de villages au charme fou comme Cantobre, La Couvertoirade et Saint Eulalie de Cernon que nous avons visité mais il en existe des dizaines d’autres.

Pour les amateurs d’architecture et d’histoire, le territoire possède des églises romanes remarquables ainsi que des sites templiers et hospitaliers très bien conservés (cité fortifiée de la Couvertoirade, commanderie de Sainte Eulalie de Cernon (où nous avons eu la chance de faire une fête médiévale insolite)…

Pour aller plus loin : pendant que j’explorais le chaos rocheux, Seb arpentait le chaos rocheux de Montpellier le Vieux non loin de là. Découvrez son récit !

Un grand merci aux offices de tourisme de l’Aveyron et du Larzac – Vallée pour cette invitation. N’hésitez pas à consulter leurs sites internet pour préparer votre séjour et avoir davantage d’informations.


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