En scrutant les espaces naturels remarquables de Taïwan, un nom revenait sans cesse : Taroko et son parc national. Un nom évocateur et puissamment musical. Taroko, Taroko, Taroko. Ma curiosité piquée au vif, je surfais donc précipitamment à la recherche de quelques photos (s’auto spoiler c’est moche, mais je n’ai pas pu résister). Ma curiosité se transforma en envie irrépressible de voir ces merveilles de mes propres yeux. Les gorges de Taroko ont été sculptées au fur et à mesure des années par une rivière qui a gentiment mais sûrement façonné le paysage de ces montagnes de granit et de marbre.  C’est le genre d’endroits qui justifient à eux seuls un voyage lointain…

Nous voilà donc en route dans un van pour aller découvrir les gorges de Taroko. Le temps est légèrement capricieux mais devrait nous offrir une accalmie salutaire pour profiter des paysages. De Hualien à l’entrée du parc, la montagne apparaît lentement et sonne les prémisses d’une belle journée.

Juste avant l’entrée du parc national, nous constatons que le marbre n’est pas exploité qu’à des fins touristiques puisqu’une très grande usine se tient là. Heureusement elle ne déborde pas sur les gorges !

Une mise en bouche spectaculaire aux falaises de Qingshui

Ayant réservé à la dernière minute notre excursion nous n’en connaissions pas tous les détails, laissant une belle part de surprise, comme lors de notre premier arrêt. Je vois que nous avons dépassé l’entrée du parc national de Taroko, je ne comprends donc pas pourquoi nous continuons à rouler. La raison apparait bientôt devant moi : de gigantesques falaises au bord de la mer. Ce sont celles de Qingshui, un des spots incontournables de la côte est. Un mirador a été installé afin de pouvoir les admirer. La couleur de l’eau est saisissante tout comme les mouvements des vagues qui se fracassent sur la roche. C’est un spectacle hypnotisant que nous aurons eu le temps d’apprécier. Je ne sais pas si elles sont accessibles à pied mais cela doit créer de nombreuses émotions de pouvoir les caresser de près. En attendant, je sors mon zoom pour capter l’essence de ce paysage et ses détails.

Au cœur du parc national de Taroko, le décor XXL du sentier de Swallow grotto et tunnel of nine turns

Notre guide nous amène tout d’abord sur les sites remarquables au milieu du parc. La route longe les gorges et traverse de nombreux tunnels. Les infrastructures pour rendre accessible ce site sont colossales. Les travaux ont du être titanesques. J’ai alors cette rengaine qui me revient en tête « jusqu’où le tourisme peux ou non protéger des espaces naturels ». Seb avait donné quelques éléments de réflexions dans un article davantage axé sur la faune. Mais quand est il du paysage, ne le détruit-on pas avec autant de routes, de ponts et tunnels ? Pour autant s’il n’avait pas été rendu accessible (et donc touristiquement et économiquement viable) serait-il encore préservé ?

Passée cette réflexion qui reste récurrente chez moi, j’ai rapidement été happé par la beauté du paysage.

Pour notre premier arrêt au sein du parc, au niveau du sentier de Swallow grotto (30 min de marche environ)  il nous faut d’abord nous munir d’un drôle d’accessoire, un casque ! N regardons avec Seb en nous demandant si une partie de spéléologie nous attend ou si c’est un excès de précaution. Hélio regarde son casque trop grand avec dédain, au point de ne pas vouloir le mettre. C’est donc Seb et moi, qui représenterons avec un certain sens du style, « la french touch ». Nous longeons la route creusée dans la roche qui jouxte le précipice. C’est ici sur le sentier de Swallow grotto que les gorges sont les plus profondes, mon objectif grand angle ne suffit pas pour les embrasser et les immortaliser. L’eau d’un bleu gris laiteux trahit le tumulte de la rivière et sa richesse en minéraux. Elle traverse, transperce les falaises de marbre blanc. Une petite boutique marque pour nous la fin de la balade et « the spot à selfie ». On ne comprend pas tellement pourquoi ici plutôt qu’à un autre endroit. En fait, à y regarder de vraiment plus près, on peut distinguer (parait-il) le profil d’un indien dans une paroi. Seb et moi sommes particulièrement réticents à ce qu’on essaye à tout bout de champs de trouver des ressemblances avec des personnes, animaux ou objets aux cailloux. Mais laissez les tranquilles bordayyyl.

Indien ou pas, le panorama est grandiose, j’aurai pu photographier chaque rocher, chaque mouvement de l’eau, chaque circonvolution, chaque courbe.

Contemplation au pont Cimu et au pavillon de l’orchidée

Nous ne sommes pas au bout de notre contemplation béate. Un autre arrêt va nous asséner un bon coup derrière la tête pour nous rappeler « c’est qui le boss ? ». Réponse : la nature.

Avant le début du Lushui trail, un immense pont rouge (Cimu bridge) traverse la rivière. Une prouesse d’architecture qui ne doit pas cacher la vraie merveille du site, juste à coté. Ici la rivière a creusé un lit aux courbes parfaites. Près de l’eau, la végétation absente met à nu le marbre blanc. Sur les hauteurs, la végétation est foisonnante, dense et sombre. Le contraste est saisissant. Le temps menaçant noircit ce tableau, lui conférant des airs dramatiques qui renforcent sa beauté. Seb et moi vérifions bien que nous avons capté ce lieu sous toutes ses coutures. La nature a fait preuve de perfectionnisme, chapeau l’artiste !

 

Pour nous ressaisir, nous allons déjeuner au quartier général du parc. Des communautés indigènes habitent encore le parc et ses abords, elles proposent quelques spécialités comme des champignons séchés qui ressemblent à s’y méprendre à des chips ou biscuits apéro. C’est excellent ! Côté repas, rien de très spécial, le même menu est servi à la plupart des visiteurs. Le centre quant à lui mérite qu’on s’y attarde un peu car il y a de nombreuses expositions et animations interactives (notamment pour les enfants) sur la géologie, la faune et la flore locale. C’est très bien fait et de mémoire il y avait des traductions en anglais.

S’extasier au sentier pédestre de Shakadang

Pour ce dernier arrêt de plusieurs heures, nous allons arpenter le sentier pédestre le plus plébiscité. Le Shakadang trail. Nous comprenons rapidement l’engouement autour de cette balade. Le sentier longe les gorges sur des portions où l’eau est limpide et turquoise. Il faudra que je trouve jour la raison pour laquelle l’eau turquoise rend hystérique 99,9% des personnes (dont moi même).

De gros blocs de marbres veinés de bleu et de gris entravent le passage de l’eau. Elle les contourne donc malicieusement, créant ainsi des piscines naturelles, des plages mêmes. De quoi narguer les visiteurs qui ne peuvent pas approcher de trop près ces merveilles. Notre pauvre lémurien n’aura de cesse de réclamer une petite baignade mais les lois de la nature sont impénétrables.

Le chemin n’est pas une boucle, nous n’aurons pas le temps d’aller jusqu’au bout et de revenir (ce qui prend bien 4-5h) mais la portion que nous avons vu méritait carrément de marcher un peu. D’autant plus qu’au retour nous avons encore eu la chance de croiser une bande de macaques de Formose.

L’eternal spring shrine : temple iconique des gorges de Taroko

Avant de quitter les gorges nous faisons un petit crochet au temple « Eternal spring », sûrement une des vues les plus iconiques de Taroko. Il faut dire que la vue de ce temple coloré qui semble comme coincé dans la montagne est particulièrement photogénique. Mais peut être pas autant que notre fils qui aura le droit à une séance selfie avec des touristes chinoises en amour devant son petit minois (au point de nous suivre jusqu’à l’intérieur du van pour une ultime photo).

Être soufflés à la plage de Qixingtan (ou Chisingtan)

La journée se termine bientôt mais une dernière surprise nous attend à Qixingtan. En effet, le tour comprend un dernier arrêt dans ce village de pêcheur réputé pour sa plage de sable noir et galets exceptionnelle. Le vent s’est levé et les bourrasques sont intenses. Les vagues s’abattent avec violence sur la grève. Hélio dormant paisiblement dans le van, Seb et moi en profitons pour jouer comme des gosses à défier les éléments. Nous narguons les vagues qui ne tardent pas à nous mouiller les pieds, puis le vent qui  nous décoiffe en une fraction de seconde. L’air est brassé et chargé d’humidité, il nous réveille, nous donne une bonne claque. Sans doute le panorama sans cette brume est il encore plus sublime, nous ne nous posons même pas la question. Cette ambiance d’apocalypse aquatique nous fascine.

La côte est de Taïwan regorge de trésors naturels, le littoral y est sauvage et puissant. Une région qui mérite qu’on s’y attarde. Elle nous aura offert un beau coup de cœur que nous vous dévoilerons très bientôt !

 

Guide pratique – visite des gorges de Taroko

D’où partir pour se rendre dans les gorges de Taroko

Le plus simple pour bien profiter de votre journée et ne pas passer votre temps dans les transports est de loger à Hualien (surtout si vous envisagez de visiter aussi la côte est) ou à Xincheng (si vous voulez être le plus proche du parc possible).

Où se loger à Hualien, à proximité de Taroko ?

En cherchant un hébergement à Hualien, nous voulions tout particulièrement faire plaisir à notre lémurien. Il venait de quitter les belles plages du parc national de Kenting alors il lui fallait bien un chouette endroit pour le réconforter. De plus, la météo s’annonçant capricieuse, nous voulions un hébergement confortable où nous pourrions nous reposer et travailler en cas de pluie intempestive. En recherchant sur des comparateurs d’hôtels, nous avons donc enclenché l’option « familles bienvenues » pour trouver chaussure à notre pied. Nous avons jeté notre dévolu sur la guest house de Glenwood à Hualien. Avant d’aller plus loin, sachez que nous avons été gentiment été invités par Alan et sa famille durant 4 nuits dans leur établissement (à notre initiative). Cependant nous sommes tout à fait libre de nos avis et ressentis.

Glenwood est une très belle maison agrémentée d’un jardin dans un quartier à 30 min à pied du centre ville de Hualien. Elle se distingue facilement dans le quartier et dénote par son architecture « à l’américaine ». Dès le parvis, on se sent comme privilégié, tout est aéré, joli et tout de marbre vêtu (il faut dire que la région s’y prête bien).  En entrant, on se sent très rapidement comme chez soi. Un large espace comprenant la réception, un petit salon, une grande salle à manger et une cuisine forment un cadre très convivial.

Cet espace sert tout autant à la famille propriétaire du lieu qu’aux clients lors du petit déjeuner. La cuisine est privative mais il est possible de demander à réchauffer des choses notamment pour les enfants. Notre chambre était lumineuse, propre et très agréable. Les lits étaient incroyablement confortables et un absolu silence à accompagné chacune de nos nuits (l’avantage de ne pas être en plein centre ni collé à d’autres bâtiments). Seul bémol, le revêtement des canapés du salon, vraiment pas à notre goût (mais c’est vraiment pour chercher la petite bête)…

Le plus qui nous a fait choisir cet endroit c’est une incroyable salle de jeu au sous sol pour les enfants. Dans un joli décor forestier, un toboggan, un tableau géant, un trampoline et un gigantesque château de princesse font chavirer le cœur des enfants. Sans parler des nombreux autres jeux à disposition. Les parents eux peuvent souffler un peu sur le canapé ou travailler sur la table attenante. En extérieur, il y a aussi de quoi occuper les enfants : piscine peu profonde, balançoire, bassin avec des poissons.

Au delà de l’excellent accueil d’Alan et de sa famille, notamment ses deux enfants avec qui Hélio s’est beaucoup amusé, nous avons apprécié toutes les attentions à l’égard des enfants (baignoire en plastique, petit banc, vaisselle adaptée, piscine, balançoire). Hélio a adoré pouvoir chiper des bonbons et gâteaux en libre service dans la salle à manger. Autre aspect pratique, un frigo commun est mis à disposition ainsi qu’un distributeur d’eau chaude et froide.

Le tarif est d’environ 60 € pour la chambre double, petit déjeuner et wifi gratuits. 90 € pour la chambre quadruple.

Infos et réservation

Comment se rendre jusqu’aux gorges de Taroko ?

De Taipei à Taroko

Les villes les plus accessibles et proches de l’entrée du parc national de Taroko sont Hualien (grand choix d’hébergements) et Xincheng (à 4km du parc mais choix plus réduits en hébergement).

Les deux villes sont accessibles en Train depuis Taipei. Prenez le train (MRA) à Taipei Main Station. Des guichets automatiques en chinois et anglais vous permettront de prendre facilement vos billets. Si vous voyagez à une période de forte fréquentation il est peut être judicieux de prendre son billet à l’avance.

De Hualien à Taroko

Des bus partent de la gare routière de Hualien et vous déposerons à l’entrée du parc national. Deux lignes desservent les différents points d’intérêts le longe de la gorge. Attention aux infos trouvées sur les sites en anglais, les infos ne sont pas à jour au moment nous écrivons cet article. Seul le site chinois possède les bons horaires (autant dire qu’il vaut mieux se renseigner sur place auprès de son hébergement). Nous avons malheureusement perdu les numéros de ligne… La fréquence était d’environ un bus toutes les 45 min. Il faut compter une bonne heure pour se rendre de Hulien aux gorges de Taroko, en fonction du traffic.

Vous pouvez aussi opter pour la location de voiture ou faire appel à une excursion organisée (tour).

De Xincheng aux gorges de Taroko

4 km séparent la ville de l’entrée, vous pouvez soit marcher, soit faire appel à un taxi

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Comment se déplacer dans les gorges de Taroko ?

A pied dans les gorges de Taroko

Au bureau principal à l’entrée du parc national, vous trouverez une carte détaillée précisant les différents « trails » pouvant être empruntés à pied. Un tableau récapitule les durées de marche nécessaire, le type de paysage à voir, ainsi que des commentaires divers). Certains sont des chemins creusés dans la roche et longeant les gorges à l’écart de la route, d’autres longent à la fois la route et les gorges.

Le parc propose 15 parcours, la plupart se font en 30 min-1h. Ils sont divisés en deux types :

  • les parcours « scéniques » permettant de longer les gorges, d’avoir de beaux points de vue
  • les parcours « randonnées » qui sont plus au cœur de la forêt et permettent une autre approche des gorges

Shakadang trail : 2,5 h aller. Une super balade vous attend si vous empruntez le plus célèbre des chemins Taroko. Il n’est pas difficile en soi. Il longe les gorges et offre de sublimes points de vue. Le trajet aller et retour est le même. Si vous souhaitez aller jusqu’au bout il faut donc comptez 4 à 5h.

En scooter dans les gorges de Taroko

Il peut être pratique de circuler en scooter dans l’enceinte du parc si vous souhaitez voir des spots plus éloignés du centre. Sachez toutefois que la location de scooter à l’entrée du parc n’est pas possible et que la circulation est importante au sein du parc. De nombreux gros bus circulent et la conduite en scooter n’est donc pas être de tout repos. C’est cependant le mode de déplacement privilégié des européens dans le coin.

La location d’un scooter coute environ 20 € par jour.

En excursion organisée (tour) dans les gorges de Taroko

Ne voulant pas louer de voiture ni de scooter mais ayant très envie d’avoir un aperçu global du parc, nous avons opté pour une journée organisée. Avec notre lémurien c’était parfait de pouvoir aller d’un endroit à un autre sans se fatiguer. Le groupe était restraint et les pauses pour chaque lieu n’étaient pas trop courtes. En général au moins 30 minutes. Nous avons également fait une randonnée sur 1h30-2h sur le Shakadang trail. Tout ça pour dire qu’on n’a pas passé toute la journée dans le van. Cette excursion incluait aussi un stop pour admirer les falaises de Qingshui ainsi qu’une très belle plage près de Hualien (Qixingtan) respectivement au nord et au sud du parc national.

Tarif par personne de l’excursion : 1000 dollars taiwanais soit 28 euros.

En bus dans les gorges de Taroko

Depuis Hualien, il existe un bus qui dépose à l’entrée et dans différents spots du parc. Renseignez vous à Hualien à la gare routière pour avoir les horaires actualisées et pouvoir vous organiser en fonction. Voir notre paragraphe plus haut.

Que voir dans les gorges de Taroko ? Les principaux points d’intérêt

Nous n’avons pas exploré tous les sites d’intérêt des gorges, mais pas loin. Voici un récapitulatif de ce que nous avons vu au parc national de Taroko :

  • Qingshui cliffs : bien que situées en dehors du parc national, ces falaises valent un petit détour. La vue plongeante sur la mer azurée est exceptionnelle
  • Cimu bridge et pavillon de l’orchidée : une prouesse technique dans un décor naturel parfait
  • Eternal spring shrine : l’icône du parc de Taroko et on comprend pourquoi
  • Shakadang trail : le principal sentier de randonnée à Taroko
  • Swallow grotto et tunnel of nine turns : la partie la plus encaissée des gorges
  • Sources chaudes de Wenshan : attention, suite à un accident mortel d’un touriste, les sources chaudes sont officiellement fermées et interdites d’accès. Dans les faits, les autorités ferment les yeux et laissent entrer les visiteurs. Mais le site se dégrade rapidement, alors c’est à vos risques et périls !
  • Plage de Qixingtan ou Chisingtan (plusieurs orthographes possibles…) : impressionnante plage, surtout par temps de grand vent comme nous l’avons expérimenté

Une carte détaillée du parc national de Taroko est disponible sur le site suivant.

Quand visiter les gorges de Taroko ?

Les gorges de Taroko peuvent se visiter toute l’année. Mais attention tout de même à la saison des typhons de juillet à septembre. En cas de vents violents, les gorges seront inaccessibles et on comprend bien pourquoi !

Tarif d’entrée dans le parc national de Taroko

L’entrée dans le parc national de Taroko est gratuite !

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