La Bretagne est un terrain d’exploration inépuisable pour nous. Cette fois-ci, c’est dans la Baie de Paimpol que nous allons chercher des pépites naturelles. Dans la baie, l’eau est évidemment un élément central et c’est elle qui va déterminer notre parcours. C’est donc au fil du Trieux que démarre notre séjour. Il nous amènera à son terminus, l’estuaire où il se mêle langoureusement avec le grand océan. Nous l’embrasserons cet océan, par l’entremise d’un bateau pour rejoindre l’île aux 1000 fleurs : Bréhat.
Une escapade avec tous les fabuleux ingrédients bretons dont nous ne nous lassons pas, ceux qui forment une belle alchimie entre rudesse et délicatesse.

 

Pour vous mettre dans l’ambiance, une courte immersion en vidéo :

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Prélude nature dans l’estuaire du Trieux, à la recherche des engoulevents

Arrivés en fin de journée à Paimpol, nos valises posées dans une très belle maison d’hôtes au bord de la mer, nous rembobinons le fil aquatique pour rejoindre la maison des estuaires du bord du Trieux où nous attend Dominic, garde littoral. Notre GPS nous invite à nous engouffrer sur une route en lacets épousée par la forêt.

Le trieux (rivière) a creusé le paysage. En contrebas, sur ses rives, des prés salés forment des plaques touffues bercées par la vase. C’est le repère des limicoles. Les flancs de cette vallée sont boisés, en haut, la maison des estuaires domine ce panorama sublime. Je taquine Dominic sur la très belle vue qu’il a depuis son bureau.

Il nous présente cette partie de la Baie de Paimpol. Pas tout à fait maritime, cette portion du Trieux est pourtant le trait d’union entre la terre et la mer, le monde rural et l’univers marin. Dominic est le gardien de ce beau patrimoine, il entretient notamment les quelques chemins de randonnées. Un de ceux que nous n’allons pas tarder à emprunter.

La lumière de fin de journée donne des ambiances féériques aux landes bretonnes qui s’épanouissent sur le plateau. L’éclat doré sur les bruyères cèdent la place à une ambiance doucement bleutée sur les prés salés. Seuls sur le chemin, nous sommes attentifs aux moindres détails : la flore et les oiseaux qui pépillent hardement à cette heure. Un concert de pics nous accompagne un moment, nous arriverons même à les distinguer au loin.

En face de nous, dans cet écrin naturel, le domaine de la roche Jagu trône fièrement. Cette vision me donne envie d’aller le découvrir mais nous n’en aurons pas l’occasion durant ce voyage.

Le soleil se couche tranquillement sur le Trieux et nous sommes plongés dans l’obscurité. Cela ne marque pourtant pas la fin de notre balade. Bien au contraire, cette pénombre va être le théâtre d’une belle découverte animale. Une rencontre avec l’engoulevent, cet oiseau qui se camoufle parfaitement avec son environnement. L’engoulevent est extrêmement dur à voir car il est nocturne, cependant nous allons avoir le droit à un concert de son magnifique chant.

Nous scrutons pendant des heures une ombre possible dans les buissons, ce moment est intense, notre patience infinie. Tous les bruits de la nature, les dernières lueurs du jour sont autant de cadeaux qui nous font oublier la fraîcheur piquante de l’air. Après ce concerto, nous décidons de repartir sans avoir aperçu les engoulevents. Et c’est à ce moment, comme pour nous dire au revoir, que plusieurs engoulevent volent gracieusement autour de nous, nous frôlant presque. A cet instant précis, nous nous sentons parfaitement en communion avec la nature et surtout terriblement privilégiés.

La roche aux oiseaux, le panorama idéal

Cette escapade bretonne a commencé sur une merveille, va-t-on aller crescendo ? Le soleil est au beau fixe et nous cherchons de jolies points de vues pour profiter de l’estuaire. C’est au lieu nommé la roche aux oiseaux (que nous avons bien galéré à trouver, merci le GPS !) que nous allons pouvoir le contempler sans aucune modération.

Ce promontoire rocheux surplombe l’estuaire et offre une vue à 360° à couper le souffle. C’est le genre d’endroit où tu laisses échapper gaiement une flopée de jurons tellement c’est beau.

D’un côté, le Trieux finit sa course, les champs s’étirent. De l’autre, des îlots rocheux constellent l’océan, au loin, l’île de Bréhat. Je m’approche du bord pour mieux apprécier la hauteur, le vent me gifle amicalement, le soleil me réchauffe et en inspirant profondément, c’est un sentiment de plénitude que m’apporte ce paysage. Mes deux amours crapahutent dans cet amas de rochers, je capture l’instant.

Sur la grève, des jeunes se prélassent dans une crique magnifique. Si vous passez par ici, nous vous conseillons de faire de même, baignade avec vue garantie.

La baie de Paimpol, pointe de Kerarzic, au royaume des huîtres

De retour dans notre charmante maison, nous profitons du cadre de la pointe de Kerarzic. A marée basse, il faut chercher la mer, le littoral se dénude laissant apercevoir les casiers de cultivateurs d’huîtres. Nous sommes surpris de voir la mer si loin, Soazic, la propriétaire nous explique qu’ici, les marées sont parmi les plus importantes du monde après la baie de Fundy et le mont Saint-Michel.

Notre maison d’hôte est tenue par un couple dont le mari est ostréiculteur. La ferme marine Arin est attenante aux hébergements et Soazic nous propose d’en faire la visite. Nous ne connaissons pas grand chose à la culture des huîtres, nous avions eu une petite sensibilisation en Catalogne mais le mode de production est très différent ici. Chaque étape nous est contée par Soazic. Les naissains (bébés huîtres) qui grossissent sur des sorte d’hélices en plastique sont ensuite placés dans des poches où ils vont grossir. Ces poches sont retournées fréquemment et manuellement pour que les huîtres aient une belle forme. En fonction de leur taille, elles sont ensuite réparties dans d’autres poches. Il y a de nombreuses manipulations avant d’arriver au produit final. Un travail dur pour un produit si délicat. Nous terminons cette visite par une dégustation dans le bar à huîtres de la ferme avec une vue imprenable sur la baie de Paimpol et les îles au loin.

L’abbaye de Beauport et ses jardins

De l’autre côté de la plage où se trouve notre maison, nous apercevons l’abbaye de Beauport, l’un des joyaux de la baie de Paimpol. Il s’agit d’un ensemble monastique datant du XIIIe siècle. Mis à part certaines toitures, il reste en très bon état et il est très fière représentation de l’architecture bretonne. Depuis 200 ans, il a perdu son usage religieux. Avant d’appartenir au conservatoire du littoral en 1992, il était la propriété de différentes familles qui l’ont tour à tour utilisé comme une ferme, une salpêtrière, une mairie, des appartements ou une cidrerie.

Depuis 1992, l’abbaye de Beauport mêle harmonieusement culture et nature, patrimoine et modernité. Elle abrite aujourd’hui des expositions ou évènements qui interrogent sur le rapport entre l’Homme et la nature ou l’histoire. Leurs rencontres « sciences Friction » nous ont interpellé, nous aurions bien aimé y participer. Elles invitent en effet des scientifiques, artistes, philosophes etc. à croiser leurs regards autour du rapport entre l’Homme et la nature. Forcément cela nous parle ! Une revue du même nom propose des textes issus de ces rencontres.

Nous avons aimé la magnificence de ce lieu et les contrastes entre la rigidité de l’édifice et l’exubérance de la végétation, l’austérité du granit et l’explosion de couleurs des hortensias.

L’Abbaye de Beauport est également un espace naturel préservé par le conservatoire du littoral. Ses jardins remarquables préservent des espèces rares et anciennes de pommiers. Autour de l’Abbaye, un espace naturel où il fait bon de se balader nous fait voyager à travers différents écosystèmes (molières, marais, roselières, forêts, ruisseaux…). Le GR 34 passe par ici et la visite de Beauport peut être une belle pause lors de votre randonnée.

Bréhat, l’île aux milles fleurs

Le lendemain, nous décidons d’aller explorer de plus près les îlots que nous avons contemplé la veille, et parmi eux, la fameuse île de Bréhat aussi surnommée l’île aux 1000 fleurs. Pour cela, il nous faut prendre une navette. Avant de nous débarquer, celle-ci fait le tour de l’ile et nous en apprenons davantage sur son histoire, mais aussi sa faune et sa flore. La brume voile le paysage et conserve le suspens. La terre ferme retrouvée, nous prenons possession de nos vélos pour la journée. L’île est petite, 3,5 km de long pour 1,5 km de large, mais pas autant que l’île de Sein que nous visiterons quelques jours plus tard. Il est donc possible de la parcourir à pied, mais si vous n’avez qu’une journée et qui plus est si vous êtes avec un petit bout, le vélo sera plus pratique.

Munis de notre carte, nous partons bille en tête en direction du phare du Paon tout au nord. Bien nous a pris car le site est superbe. Des gros blocs de roche aux teintes beiges presque rosé encerclent des plages de galets à l’eau bleu profond. Le paysage est changeant au gré du soleil qui joue un peu à cache cache. De notre côté, nous jouons à escalader les blocs, déambuler sans tomber sur les galets avant de terminer sur un bon pique nique.

Le reste de la balade est une succession de paysages splendides. Au cœur de l’île, des vaches paissent dans les champs, complètement indifférentes au passage des visiteurs. Sur le littoral, le relief est plus accidenté et morcelé, on aurait aimé avoir plus de temps pour faire le tour à pied et s’arrêter toutes les 5 minutes. L’île est aussi riche en patrimoine : phares, sémaphores et églises émaillent notre balade. A la chapelle Saint-Michel, nous profitons d’un panorama à 360°. Juste à côté, nous allons voir une curiosité locale, le moulin à mer situé dans un très joli cadre où nous avons passé un bon moment avant d’aller profiter de la plage du Kerzido où notre lémurien a pu gambader. Il voulait se baigner mais s’est vite ravisé au niveau des chevilles, je ne sais pas pourquoi (note aux mauvaises langues : rien à voir avec la température de l’eau bien sûr 😉 !

Guide pratique : visiter la baie de Paimpol

Organiser son séjour dans la Baie de Paimpol

Vous retrouverez l’essentiel des informations utiles sur le site de l’Office de Tourisme de la Baie de Paimpol.

Où dormir dans la Baie de Paimpol ?

Dans le cadre de ce reportage pour le comité régional de Bretagne, nous avons été invités à loger dans la Maison Rose de la famille Arin à Kérarzic. Soizic, la propriétaire, nous a accueilli avec beaucoup de gentillesse et de jolies attentions à notre égard. La maison est dans un cadre magnifique au bord de la mer avec une vue sur l’abbaye de Beauport. L’intérieur est sobre et cosy, nous nous sommes sentis immédiatement comme chez nous. Le petit plus : vous pourrez visiter la ferme aquacole attenante ainsi que déguster la production d’huîtres du mari de Soizic.

Renseignements et réservation

Où manger dans la Baie de Paimpol ?

Durant notre séjour dans la Baie de Paimpol, nous avions accès à une cuisine dans notre logement, donc nous avons principalement réalisé nos propres repas. Nous avons cependant testé un restaurant à Paimpol.

Il s’agit de La Cabane sur les quais situé sur le port de Paimpol. Le cadre est convivial et nous avons très bien dîné.

Randonner dans la Baie de Paimpol

Le fameux GR 34 qui longe tout le littoral de la Bretagne passe logiquement par la Baie de Paimpol. Vous retrouverez sur ce site l’itinéraire précis ainsi que les points d’intérêts sur le parcours.

Nous vous recommandons également les randonnées autour de l’Estuaire du Trieux. Pour avoir les parcours spécifiques, vous pouvez vous renseigner auprès de la Maison des Estuaires au bord du Trieux.

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Que faire, que voir autour de Paimpol et sa baie ?

  • Visiter la ville de Paimpol labellisée « beau détour de France »
  • Découvrir l’Abbaye de Beauport, ses jardins et évènements étonnants
  • Se balader dans l’estuaire du Trieux : Vous pouvez découvrir cet espace naturel sublime par de nombreux moyens. Par exemple, par la randonnée mais également à bord d’un vieux train « le vapeur du Trieux », en bateau ou en kayak. Nous n’avons pas eu le temps de visiter le domaine de la Roche Jagu avec son château, mais cela doit être intéressant. Vous pouvez même arriver à la maison de l’estuaire des bords du Trieux en TER ! Il suffit de s’arrêter à la station Traou-Nez et de marcher un peu.
  • Se balader sur les plages, observer la marée (une des plus importantes au monde) et déguster les huîtres locales.

Visiter l’île de Bréhat

La compagnie « Les vedettes de Bréhat » propose des traversées jusqu’à l’île de Bréhat toute l’année.  Les horaires varient en fonction de la saison. Il y a plus de possibilités durant l’été. L’embarcadère se situe à la pointe de l’Arcouest (Route de l’embarcadère à Ploubazlanec) à seulement 4 km de Paimpol.

Tarifs : Comptez 10,30 € pour un adulte (8,30 € pour les 4 à 11 ans et PMR) si vous choisissez un aller-retour classique. Pour un aller-retour avec en plus le tour de l’île commentée, il faudra débourser 16€ par adulte et 11 € de 4 à 11 ans ou PMR.

Dans la bateau ou à votre arrivée, on ne manquera pas de vous fournir une carte de l’île avec tous les points d’intérêts, les sentiers de randonnées et de vélo.

Si vous passez plusieurs jours sur l’île, la marche est le moyen le plus pratique pour profiter au maximum de Bréhat. Si vous y êtes pour une seule journée, nous vous conseillons de louer un vélo. Cela vous permettra de relier les principaux points d’intérêts rapidement et en profiter davantage sur place.

Nous avons loué les notres chez Dalibot Vélos qui propose des vélos classiques (VTC, VTT, VTT pour enfants) ou des vélos à assistance électrique sur des durées variables de 2h à plus d’une semaine. Retrouvez toutes leurs conditions sur leur site internet.

Que voir sur l’île de Bréhat ? Les lieux à ne pas manquer selon nous :

  • Phare du Paon
  • Panorama de la chapelle Saint Michel
  • Moulin à mer
  • Plage Kerzido
  • Sémaphore
  • Le bourg

 

Ce voyage a été réalisé en collaboration avec le comité régional de tourisme de Bretagne et l’Office de tourisme de Guingamp – Baie de Paimpol pour qui nous avons réalisé des articles et des vidéos pour leur site internet. Nos propos dans cet article n’en demeurent pas moins sincères et personnels !

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